‹ La marquise de Montalle: comédie en cinq actesChapitre 87 sur 106 · ACTE V, SCENE Vit IO · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE Vit IO

W Vie d'une femme qui ne lui avait jamais &it de mal^ et ses remords me vengeront assez, .

LE COMTE

Aviez-voûseu quelque relation avec ce lML.de Clarasse?.*

Aucune. Je ne l'ai vu qu'une seule fois.

LE COMTE, à part.

Cela me rassure. (Haut,) Je dois vous en prévenir ^ l^adame,il est capable de tout j mensonge , calomnie ^ ^en ne lui coûte pour parvenir à ses fins ^ ou perdre ^es rivaux.

LA MARQUISEé

Vous le connaissez.

LE COMTE

Qui ne le connaît pas ?

Ah ! monsieur le Comte, à quoi une femme n'estelle pas exposée quand elle est sans appui sur la terre l

LE COMTE

Vous sans appui ! quel homme balancerait à se déclarer votre Chevalier ! Il n'est pas de Seigneur en France, qui ne se crût honoré de mettre son cœur et sa fortune à vos pieds.

LA MARiQUISE.

Après une aventure si cruelle, dois*je songer à contracter de nouveaux liens.

LE COMTE

Pouvez-vous, Madame, empêcher un insensé d'escalader les murailles, ou de crocheter les portes, pour venir tomber à vos genoux?

Hélas!

LE COMTE

Si j'avais le droit de vous donner un conseil, je vou»

ÎXO II ^ MARQUISE BJE MONTALtE.'

dirais : jeune et belle , comme yous^ êtes ^ vous nd pCfoivtA rester plus lougtems veuve. Faites un heureux ^mettea- Tous sous la protection d'un homme qui puisse y en vous donnant son nom, vous déièndrej'à l'avenir^ oontre de pareilles entreprises.

LA MAKQUISS.

Ah ! M. le Combte ^ que me conseillez-vous !

LE COMTE

Votre cœur n'est pas libre, peut-être?

Hélas ! il est des sentimens qu'on ne peut , qu'on ne doit pas avouer.

LE COMTE

Parlez^ Madame^ d'un seul mot de tous dépend le bonheur ou le malheur de ma vie.

Ah ! Dieu !

Pardonnez ma témérité ; il mW impossible de tous cacher plus Iqng-tems une passion terrible , indomptaUe, je vous aime , prononcez mon arrêt : si oies vœux soDt agréés , acceptez à l'instant mon nom et ma fortune. Si un autre est préféré , je ixie retire ^ la présence d'un malheureux ne Ëitiguera pas vos regards.

J'avais juré de ne contracter jamais un nouvel engs^ gement.

LE COMTE

Révoquez ce serment cruel, si vous ne voulez pas que j'expire devant vous.

M. le Comte, que voulez-^ vous àe moi?

LE COMTE

Votre cœur, adorable Marquise.

JLCTE V, S€]feKE YIλ HIJ

Pourquoi voui ai-je connu ?

LE COMTE

- Dit€îs-moi que vous ne me haïssez pas«

Vous baïr , vous I

LE COMTE

£k bien ! comblez les vœux du cœur le plus épns y ^^:2ceptez ma main.

Connaissez-vous Fétat de ma. fortune.

LE COMTE, avec inquiétude.

Gomment ?. •

Elle est bonnète^ mais la vôtre est si considérable »1

LE COMTE , se remettant*

Que m'importe votre fortune. C^est votre cœur que ie veux.

Quelle délicatesse 7 ,

LE COMTE

Âb ! dites oui , prononcez ce mot ebarmant.

Eb bien ! oui.

LE COMTE

Je suis le plus beureux des bommes.

Que je suis faible I

LE COMTE

Vous avez consenti à ma félicité ; maintenant, Madame^ je ne dois rien négbger pour en bâter le moment. Qu'aujourd'bui même, ce matin, à l'iivitaiit^ le contrat soit signé.

ils LA MÀRQtJIlSE DE iHOtnJLLLK:

Quoi ! vous voulez. . . que dira-t-OD 7

LE COMTE

Vous avez donci^ votre consentement, pourquoi diï^ férer ? Mon bonheur fera des envieux y n'en doutez pas; Os tâcheront d'empêcher une si douce union j qu'un lien indissoluble, nous attache k jamais l'un à l'autre ! Prèc h posséder un trésor , ne dois-je pas craindre qu'il m'échappe ?

LA marOui^i^- Comment^ aujourd'hui même ?

LE COMTE

Je sors y je vais amener un notaire ^ • des témoins } et pour la vie y chère Marquise , vous serez à moi. .

Il me semble que je rêve !

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