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LES FETES NATIONALES EN 1794 ET ANNÉES SUIVANTES

Rapport de (Grégoire, au nom du Comité d'instruction publique, sur les moyens d'e.xécutio/i pour une nouvelle grammaire et un vocabulaire nouveau de la langue française et l'étude propre à leur donner le caractère gui convient à la langue de la liberté. — Grégoire insiste dans ce rapport sur les moyens divers à employer pour faire cesser les patois, instituer une littérature populaire élevée et notamment sur le rôle des journaux; il demande égale-

(l) J-e loi Je Satdaigne, V'ictoi-AmcJcc III, maljj^ic les iL-ntoris que lui avait envoyés l'Autriche sous le commandement du général marquis de Vins, n'avait pu reconquérir la Savoie. Avant eu toutefois un instant, sur les promesses de la coalition, l'illusion de s'annexer le pays Ivonnais et... la Provence, et devançant les premiers actes de sa future restauration, le prince avait arrêté de constituer immédiatement des commissions militaires pour juger et faire pendre ceu.v des habitants du pays qui avaient pactisé avec les troupes françaises. Une chaml>re ardente avait même été établie dans ce but à Moustiers et il avait été question d'offrir le poste d'avocat général prés cette commission militaire à Joseph >.le Maistre qui repoussa cette odieuse et imprudente politique qualifiée de « système de Turin ». (Lettre de J. de Maistre au baron Viguet des Etoles, agent diplomatique de Sardaigne à Berne, 4 sept. 1793 citée par Cogordan). Les généraux ("rouvion et Kellermann, d'un simple rassemblement, firent repasser les monts au général de Vins et aux troupes austro-sardes que Schérer suflit à battre quelque temps après, en attendant la campagne de Bonaparte.

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ment le remplacement du « style gothique de la chicane >\ usité dans les parlements et tribunaux de Tancien régime; il termine en incitant les pouvoirs publics à favoriser l'enthousiasme des chants républicains : " La chanson d'Harmodius et d'Aristogiton qu'Athénée (i) nous a conservée, dit-il textuellement, était chez les Grecs ce qu'est parmi nous V Air Jcs Marseillais. (18 prairial an II, G juin 1794.) »

Rapport de Merlin de Thionville sur les fctcs nationales. — Merlin y dislingue les fêtes d'avec les spectacles. Dans les fêtes, le peuple doit être partie coopérante; il n'y -est souvent que simple spectateur. Le spectacle sans le peuple n'est que l'accessoire. Le peuple doit être à la fois spectateur et spectacle, auteur, ordonnateur et acteur dans les fêtes nationales. Merlin esquisse le projet d'une grande fête pour célébrer l'évacuation du territoire de la patrie par l'ennemi; il indique l'emplacement, la répartition des orchestres, des batteries qui tireront le canon, l'ordre des marches et défilés des grands cortèges populaires (16 fructidor an II, 3o septembre 1794).

Nous voyons qu'en 1794, après thermidor, Marie-Joseph Chénier remplace David comme organisateur des fêtes nationales données à Paris pour célébrer les victoires des armées. Gardel, le maître des ballets de l'Opéra, reste chargé de la direction officielle des marches, danses, pantomimes dans les cérémonies et fêtes publiques.

(1) Athence dont l'crudilion de Grcs^oirc évoque ici le nom, el;iil un écrivain grec qui enseignait la grammaire et la rhétorique à la fin du il" et au commencement du ni« siècle ap. J.-C) ; il a laissé un livre curieux les Deipiiosophistes (les savants à table) où, en dehors de détails intéressants sur les mœurs du temps, se trouve un grand nombre de citations d'ouvrages en prose et en vers aujourd'hui perdus dont, sans cette compilation, les auteurs fussent restés tout à fait inconnus.

On ne saurait nier que ce Grec se montrât homme d'esprit dans le choix des traits représentatifs et des anecdotes instructives quand il rapporte la mesure héroïque imposée par le Gouvernement d'Athènes aux citoyens qui survivaient aux ravages d'une grande épidémie de peste ou aux hécatombes d'une guerre meurtrière de toute une jeunesse sous les armes.

Pour remplir les vides de cette dépopulation, la multiplicité des maternités familiales s'élevait au rang de raison d'Etat, et, la polygamie légale remplaçant la monogamie, devenait non jvis seulement facultative mais obligatoire. Ainsi décrétait le Gouvernement athénien.

Conséquemment Socrate, pour se conformer à la loi, observe Athénée, dut en bon citoyen, maugréant quelque peu sans doute malgré la sagesse de sa philosophie, risquer l'aléa d'une seconde union susceptible d'installer au foyer conjugal une émule de sa première compagne, cette Xantippe dont la langue et la main firent, il y a deux mille quatre cent cinquante ans, ralentir des échos prolongés jusqu'à nous.

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