‹ La martyreChapitre 107 sur 117 · ACTE V. SCÈ>E IV. ' I · texte numérisé non relu

ACTE V. SCÈ>E IV. ' I

Non, je te jure.

ARUNS,

Tu mens.

FLAMMEOLA.

Oses-tu bien lui faire cette injure!

Penser qu'il a pu vous trahir, qu'il- s*est enfui! Mais j'ignore aussi, moi, ce qu'on a lait de lui! J'ai peur qu'on le réserve aux plus cruels supplices; Et c'est afin que vous ne soyez pas complices De ses bourreaux, c'est pour l'y soustraire, au besoin, Malgré lui, pour qu'il puisse avec toi prendre soin De tant, d'âmes qu'il faut guérir, c'est pour qu'il tienne Sa promesse envers moi de me faire chrétienne. C'est pour cela, ce n'est que pour cela, vraiment, Que je te dis : Retarde encore le moment Où vous proclamerez la foi du divin Maître; Quelques jours seulement consens à te soumettre ; Tes frères te suivront; tu les en convaincras; Ils aiment Johannès; ils ne sont pas ingrats; Vous le disculperez d'avoir été l'apôtre; Et quand il sera sauf, plus tard, un jour ou l'autre, Bientôt, nous y courrons, au martyre rêvé.

Mais tous ensemble alors, avec lui retrouvé.

<i ARUNS.

C*est toujours le Malin qui parle par ta bouche. Le sort de Johannès est le seul qui te touche. Si tu l'aimais ainsi que moi, chrétiennement, Bien loin de retarder l'heure du dénouement, A la hâter pour lui tu serais la première, Voulant déjà le voir au chemin de lumière Où le martyr vainqueur porte resplendissant L'ostensoir en rubis des gouttes de son sang. Adieu ! Laisse mon cœur à l'ineffable joie De sentir approcher cette aube qui rougeoie Et d'en verser la pourpre et le vin et le miel A tous ces voyageurs en route pour le ciel.

(n se dirige vers la grille.)

FLAMMEOLA, à ravant-«cène.

foi qui les soutiens, ô force surhumaine, Viens à mon aide!

LE CE^ïTURION, à Aruns, en le retenant en scène.

Reste en ce lieu.

(Aux gardes qui surveillent les Chrétiens.)

Qu'on ramène Les accusés !

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