SCÈNE II
Les Mêmes, LA PANTHÈRE.
LA PANTHÈRE, entrant en coup de vent par la porte du fond.
Quelqu'un vient-il aux jeux avec moi, la Panthère?
BUCCO.
La tribu des yeux creux!
LA PANTHÈRE
Celle des ventres pleins!
RUFUS
Tu ne veux pas t'asseoir, faiseuse d'orphelins?
LA PANTHÈRE
Ce n'est pas de refus, soit, faiseur de marmaille. Car j'aime les enfants.
l'exfant.
Ouin!
LA PA?îTHÈRE.
Surtout quand ça braille.
C est signe qu'ils seront batailleurs à vingt ans.
SCAPHA.
Tu n'en as pas, d'enfants, toi?
LA PANTHÈRE
Je n'ai pas le temps.
(Elle a pris Fenfant et le câline. Les buveurs et les mangeurs de la popine se sont remis à boire et à manger. En bas, les gueux; servis par Congrio, se repaissent silencieusement, quelques-uns avec avidité. Certains, dont Sergius et Murrhina, regardent la pitance, leur écuelle posée sur leurs genoux, sans y toucher.)
THOMRYS, à Latro.
Toujours triste, Latro! Toujours le regard sombre!
LATRO
Pourquoi m'as-tu suivi, toi?
THOMRYS.
Demande à ton ombre Pourquoi ton ombre suit tes pas. Demande aussi Pourquoi Flammeola va tout à l'heure ici Suivre cet homme qui depuis une semaine A travers les quartiers dangereux la promène.