‹ La martyreChapitre 42 sur 117 · ACTE II. SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II. SCENE VIII

Avais-tu de chercher cette absurde querelle, Et d*ameuter la foule en déclamant contre elle?

(Montrant les pauvres.)

Ces pauvres haletaient après ce bon moment.

Et tu faillis les en priver. Pourquoi, vraiment?

ARUNS.

Pourquoi ! N'était-ce pas mon devoir, dans la rue, Quand tout un peuple impur au théâtre se rue Pour y voir s'étaler, parmi des jeux sanglants. Ta prostitution, Luxure en cheveux blancs.

N'était-ce pas mon saint devoir, le tien, le vôtre. De crier à ce peuple en quelle auge il se vautre. Et, pour le rendre au bien que nous en espérons. D'emboucher contre lui les plus âpres clairons ?

JOHANNÈS

Frère, tu comprends mal nos devoirs, je t'assure. Contre la violence et contre la luxure, Notre doux Seigneur Christ, le modèle accompli. N'usait que du pardon, père et fils de l'oubli. Fidèle à sa douceur, je crois qu'il n'est pas sage D'outrager le méchant de crachats au visage.

Et que ceux dont quelqu'un lui fit subir l'affront. Il faut les essuyer en le baisant au Iront.

78 LA MARTÎRE.

Sait-on d'ailleurs qui sont les méchants, les infâmes? Christ, éternel et pur, voit seul le fond des âmes. Mais nous, l'un envers l'autre, impurs et moribonds. Nous n'avons qu'un devoir certain, c'est d'être bons.

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