‹ La martyreChapitre 52 sur 117 · ACTE II. — SCENE IX. gx · texte numérisé non relu

ACTE II. — SCENE IX. gx

LATRO

Qui sait? A Tamour qui me dévore Comment eût-elle pu répondre? Elle Tignore.

THOMRYS.

Dis-le-lui donc.

LATRO

J'ai peur.

THOMRIS.

Peur d'être rebuté!

LATRO

Hélas!

FLAMMEOLA, sortant de sa rêverie.

Comme c'est beau, cette fraternité!

Tous égaux, par ce peu de chose que nous sommes! Jusqu'aux esclaves même, ainsi, seraient des hommes?

LATRO, se précipitant vers elle.

N'en doute pas.

FLAMMEOLA.

Que veux -tu dire?

LATRO, dans un trouble croissant.

Rien!... Pardon!

Je... Non!... Et cependant!... Ah! que n'ûi-je le don,

Comme lui, de parler avec des mots qu'on trouve! Mais qui me l'eût appris? Je suis lîls d'une louve Et d'un brigand. Enfin voici. Depuis le jour De la litière... Non! C'est depuis mon séjour Chez toi, depuis surtout que je te vois si tendre Aux malheureux... Or, j'en suis un. Tu dois m' entendre. Oh! ne m'arrête pas de ce regard moqueur.

Je suis esclave ; mais j'ai tout de même un cœur. Je soufTre. De quel droit, c'est vrai? Je me retire. J'aurais voulu pourtant te dire... Ah! quoi te dire? Je ne sais plus, moi!... Si! tiens, ceci, seulement : C'est que je t'aime, c'est que je t'aime.

(U s*écrouIe aux pieds de Flammeola.) FLAMMEOLA, méprisante.

Vraiment !

A qui crois-tu parler? Quelle est cette folie! Ton cœur s'éveille. Eh bien! Vois, Thomrys est jolie. Elle t'aime. Aime-la!

THOMUTS, hautaine.

Pas ainsi. J'attendrai Qu'il se donne lui-même à moi de son plein gré.

FLAMMEOLA.

Soit! Soit! Qu'on s'aime ou non, il ne m'importe guères. Ne me fatiguez plus de ces choses vulgaires.

(Sur un geste de Latro.)

Page 1