ACTE m. SCENE II
THOMRYS.
Mais souviens- toi, Latro : s'il Taime, s'il lui cède. Le secret d'en finir, c'est moi qui le possède. Je peux te délivrer de lui, tu sais comment.
LATRO
Je ne veux pas.
THOMRYS.
Pourquoi ? Par quel aveuglement ? Pourquoi le refuser, ce que t'offre mon zMe?
LATRO
C'est lui seul qu'il s'agit de perdre, et non pas elle. Or, en le dénonçant, lui, tu n'as pas songé...
THOMRYS.
Crois-tu? Je sais jusqu'où va la haine que j'ai. Mais, quelque soif qu'elle ait, trôuve-la naturelle. Car mon amour pour toi fait ma haine contre elle. Cette haine, d'ailleurs, tu dois l'avoir aussi!
LATRO
Haïr Flammeola, nvoi ! Non !
THOMRYS.
Raisonne ! Si !
Io6 LA MARTYRE.
C'est pour être à lui, va, qu'elle se fait chrétienne ! Peux-tu souffrir qu'à ton rival elle appartienne Sans la haïr, et sans vouloir te venger d'eux? Or, en le dénonçant, je les perds tous les deux. Veux-tu? Mais réponds-moi, brute.
LATRO
Tais-toi, vipère !
THOMRYS.
Lâche! Ce n'est pas vrai, qu'un bandit fut ton père! Ou tu n'aimes donc pas, que tu n'es pas jaloux? Ton cœur, que tu prétends pareil au cœur des loups. N'est que celui d'un chien, vil, qu*on fouaille, et qui pleure.
LATRO
Tu verras que non.
THOMRYS.
Quand ?
LATRO
Peut-être tout à l'heure.
(Un nouveau chant liturgique se fait entendre plus distinct.)