ACTE III. SCèîïE VII
JOHANNÈS, avec horreur.
Oh! non! Pas cela! Pas cela!
. (Avec accablement.)
C'est quand même un péché mortel que j'ai fait là.
(Éclatant en sanglots désespérés.)
Ah! mon Dieu! mon Dieu!
ARUNS.
Frère, apaise-toi. Ton crime Fut grand, oui; mais l'horreur que ton cœur en exprime Et ta contrition sont telles, qu'à l'instant Je puis rendre la paix à ce cœur sanglotant En prononçant les mots sacrés qui vont t'absoudre.
(Il murmure à voix basse la formule de l'absolution en faisant au-dessus du front de Johannès le signe de la croix ; puis il le relève, et lui montre la galerie conduisant au sanctuaire.)
Pour pénitence, va, la face dans la poudre.
Humilier aux pieds du Seigneur ton orgueil.
Pas à l'autel! J'en suis indigne. Sur le seuil, Ici, comme un impur qu'on a chassé du temple. Et qui, proscrit, de loin seulement le contemple.
ARUNS.
Soit! mon frère, et prions ensemble.
joh.an:«es.
Non! Toi, cours Chez cette femme, dont l'insidieux discours M'a pu séduire. Écoule et combats sa folie.
Dis-lui que je démens la mienne, et qu'elle oublie Le misérable aveu dont elle triomphait.
aru^s.
Bien. Selon ton désir, mon frère, il sera fait.
(Johannès s'agenouille au seuil de la galerie conduisant au sanctuaire, et Aruns avant de s*en aller par le chemin de sortie, à droite, lui dit de loin :)
Prie. Et que ton remords brûlant se désaltère Dans l'eau fraîche où fleurit l'oraison solitaire.
(Il sort.)