ACTE TROISIEME
ne repousses pas ce mariage pour des motifs d'ordre pratique, ou d'intérêt, ou de vanité, quelle raison as- tu de le repousser ? Encore une fois 5 j'admettrais, à la rigueur, que mon projet te paraisse imprudent, peu sensé, et que tu me le dises tranquillement. Mais ce n'est pas cela, il y a donc autre chose.
MAKKZK.
Qu'est-ce que tu veux dire? Prends garde!
Tu ne me traites pas comme un fils qui a pu se tromper : tu me traites comme un criminel. Tu mets dans ton refus de la colère, tu y joins des injures, des accusations odieuses... Pourquoi, papa, pourquoi?
MARÈZE.
Eh 1 j'y mets de la colère parce que... parce que... Tu es là... content de toi... Tu as l'air de croire que cette enfant était faite pour toi... que di n'avais qu'à te baisser... qu'elle ne pouvait pas résister à ta séduction... Eh bien, quoi?... oui, ça m'exaspère !
JACQUES
Enfin, papa, c'est bien étrange, mais on dirait que je te la prends.
Eh bien, oui, tu me la prends ! et c'est cela qui est abominable... Dieu sait si notre amitié était innocente!... Mais cette enfant-là... je ne peux pas dire ce quelle était pour moi... Un rayon de soleil d'automne... une grâce... une chanson... une romance, si tu veux... la dernière... Elle me refaisait un cœur jeune, malgré mes rides... elle avait la charité de me laisser croire qu'elle avait besoin de moi... Non, je ne peux pas dire... mais tu comprendras.,, plus tard... Et tu veux me la prendre?... De quel droit?
JACQUES
Eh ! du droit de mon âge !
MARÈZE.
Du droit de ton âge? Tu me dis ça en face? Tu me dis en face que je suis un vieux, que je suis ridicule, que je me trompe de saison, que je n'ai