ACTE QUATRIÈME
Non, mon ami, je te réponds.
Tu es toujours de mon avis; donc tu boudes.
MADAME MARÈZE.
Tu m'avoueras qu'après ce que tu as dit devant moi, hier soir...
MARÈZE.
Je ne t'ai rien appris de nouveau.
MADAME MARÈZE.
Tu m'en as appris encore plus que je n'en devi nais... Tu as été cruel... Pour la première fois tu as confessé tout haut des choses qui m'humilient et qui me torturent, tu le sais bien... Je ne te demandais pas tant de franchise, mon ami.
MARÈZE.
Ce n'est pas à toi que je parlais... Et puis... c'était involontaire... Enfin, je ne veux pas que tu boudes... Cela m'est très pénible, surtout en ce moment.
l'.lll
MADAME MAliKZK.
Tu es admirable 1 En somme, tu veux faire ce qu'il te plaît, mais tu ne veux pas que j'aie l'air d'en souffrir. Tu veux me tourmenter et rester bien avec moi .
MAMÈZE.
C'est vrai. Je ne peux pas supporter que tu m'en veuilles. Ça prouve que je t'aime bien tout de même, ma pauvre femme... Et puis je ne veux pas que tu m'en veuilles, parce que c'est injuste, parce que j'ai conscience de n'être pas méchant, de ne jamais mériter que tu sois mal avec moi, quelles que soient les apparences... D'ailleurs, moi aussi j'aurais des reproches à te faire si je voulais. C'est toi qui, en te montrant si injuste pour cette pauvre petite, as fourni à Jacques l'occasion de s'échauffer pour elle ; et tout est parti de là, il ne faudrait pourtant pas l'oublier.
MADAME MARÈZE.
C'est entendu, mon ami. C'est moi qui ai commencé... (Bondissant.) Ah ! mon Dieu, et ton élection?