CHAPITRE II
L'Organisation et le Fonctionnement général du Service |
Nous avons étudié l’organisation et le fonctionnement du service, à la Maternité Cantonale, en envisageant séparément : -
L’assistance obstétricale, concernant l’aide aux : femmes pour les accouchements normaux, et pour le traitement prophylactique ou curatif des dystocies.
L'assistance sociale.
L'assistance médicale, concernant l’aide aux femmes pour le traitement prophylactique ou curatif de toutes les maladies compliquant la gestation, mais particulièrement des deux grandes maladies qui ont une telle importance en puériculture, la syphilis et la tuberculose.
Assistance obstétricale. — Dans une petite Maternité, du type de la Maternité Cantonale, ne peuvent être pratiquées que des interventions assez simples. Le rôle d’assistance obstétricale consiste donc à prévoir, tant à la consultation qu’à la salle d’accouche-
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ments, les accidents obstétricaux afin de pouvoir diriger à temps les femmes qui peuvent les présenter sur une maternité plus importante, à assister les femmes pour les accouchements normaux, à pratiquer des interventions simples jugées utiles, à surveiller les suites de couche.
Assistance sociale. — Même avec les moyens modestes dont on peut disposer dans une petite Maternité, l’activité peut être aïiguillée vers : l’assistance aux filles-mères; l’encouragement à l’allaitement au sein; la protection des femmes obligées de travailler; lindication des secours qui peuvent être demandés, secours légaux (loi Strauss de 1913) et secours fournis par des œuvres particulières; le placement d’enfants dans certains cas particuliers; etc.; ces indications peuvent d’ailleurs être multipliées. Nous ne pouvons que les résumer très sommairement et, nous le savons, incomplètement. La solution de toutes les questions qu’elles posent nécessite naturellement une liaison avec différentes œuvres : asiles ouvroirs, maison maternelle, consultation de mères nourrices, Office d’hygiène, œuvres de placements d'enfants, œuvres particulières fournissant des secours. Cette réalisation serait beaucoup facilitée par lle concours d’une assistante sociale. Un petit service, même aussi modeste que celui de la Maternité Cantonale, où d’ailleurs les consultations sont assez actives, pourrait très bien comporter un tel concours; cette assistante sociale pourrait également surveiller les familles tuberculeuses et syphilitiques.
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Assistance médicale. — Dépister et assurer le traitement de toutes les maladies qui peuvent compliquer la gestation, et dont les plus importantes sont certainement les toxémies ,la syphilis, la tuberculose, tel est le but de cette assistance médicale ainsi que nous l’avons comprise.
Nous ne parlerons ici que de la lutte contre la. syphilis et la tuberculose. L'importance de cette lutte est particulièrement grande dans une maternité, si modeste soit-elle. De nombreux auteurs ont insisté sur ce point. C’est qu’en effet : la syphilis et la tuberculose tuent encore un grand nombre d'enfants’ beaucoup de ces morts peuvent être actuellement évitées; dans cette lutte le rôle de l’accoucheur est considérable.
La syphilis et la tuberculose tuent encore un grand nombre d’enfants. Il est certes très difficile de donner des chiffres exacts montrant l'étendue des ravages causés par ces deux maladies.
La statistique officielle citée par M. le Professeur Couvelaire (1) accuse 38.641 morts-nés en France au cours de l’année 1920. Ce chiffre indique le nombre d'enfants morts du 6° mois de la vie intra-utérine au 3 jour après la naissance. Or M. le Professeur Couvelaire admet que la moitié environ de ces morts (soit 19.000 environ) a été causée par la syphilis. L: nombre :
(1) Prof”. CouveLairE. La mortinatalité (Presse Médicale, 19 novembre 1921). — (Leçon faite à Baudelocque le 17 novembre 1921).
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des morts par syphilis avant le 6 mois de la vie fœtale est inconnu. M. le Professeur Pinard admet le chiffre de 40.000 environ. Enfin dans les familles de syphilitiques, le nombre des morts d’enfants en bas-âge paraît être supérieur à celui des morts avant terme et à celui des fausses-couches (1).
Pour la tuberculose, il y aurait environ 60 % de morbidité et 40 % de mortalité chez les enfants restant au contact de parents tuberculeux (2). Or s’il est très difficile de dire, même 'approximativement, combien il peut y avoir actuellement en France de foyers infectés, on peut cependant se rendre compte de limportance du fléau en pensant que, d’après les statistiques officielles du ministère de lIntérieur, le nombre des morts par tuberculose était, en 1913, de 84.000 par an environ (3).
Beaucoup de morts d’enfants par syphilis ou par tuberculose peuvent être actuellement évitées.
Pour la syphilis «le traitement avant la procréation, pendant la gestation et après la naissance donnera une certitude presque absolue de succès au point de vue vie €t vitalité de l’enfant » (4).
(1) Hazzez. Symptômes et diagnostic de la syphilis héréditaire du nouveau-né et du nourrisson (Progrès Médical, 4 novembre 1922).
(2) ARMAND-DELILLE. Rapport à la Conférence Internationale contre la tuberculose, Londres, juillet 1921 (C. R. Presse Médicale, 19 octobre 1921).
(3) Prof' Léon BERNARD. La tuberculose pulmonaire (Masson, Paris, 1921).
(4) Prof’ CouvELAIRE. Création d’un dispensaire antisyphili-
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Les résultats obtenus au dispensaire antisyphilitique de la Clinique Baudelocque en 1921 illustrent singulièrement cette affirmation :
21 femmes traitées avant et pendant la gestation : 21 enfants vivants (1).
Pour la tuberculose, les travaux de Grancher, de MM. Nobécourt et Schreiber (2), de MM. Léon Bernard et Debré (3), ont tout particulièrement montré les modes de contagion de la tuberculose chez les enfants
et des méthodes de préservation à employer. Pour les enfants du premier âge, MM. Léon Bernard et Debré ont montré « que le nourrisson contracte la tuberculose au contact de sa mère atteinte de la maladie, que la contamination se consomme en général assez vite, que si l’on sépare l’enfant de sa mère assez tôt, on peut éviter la contamination » (4). Cette contamination se
tique annexé à la Maternité Baudelocque (Presse Médicale, 4 juin 1921).
(1) Prof’ CouvELAIRE. Organisation de là prophylaxie et du traitement de l’hérédo-syphilis dans les Maternités (Soc. Belge de Gynéc. et d'Obst., 1° avril 1922). — (C. R. Gynécol. et Obst., 1922, tome VI, p. 70).
(2) P. NogécourrT et G. SCHREIBER. Préservation de l’enfant du premier âge contre la tuberculose. — De la nécessité d’éloigner l’enfant, dès la naissance, du foyer familial (Congrès du Royal Institue of Public Health, mai 1913 et Archives de médecine des enfants, avril 1914).
(3) Léon BERNARD et Robert DEBRé. Sur le mode d'infection et de préservation de la tuberculose chez les enfants du premier âge (Ac. de Médecine, 5 octobre 1920. — Paris Médical, 1°" janvier 1921).
(4) Loc. cit.
PCR 7 » Ze à dé Léa : ie, 2