‹ La Maternité Cantonale de Saint-MauriceChapitre 9 sur 27 · EC · texte numérisé non relu

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femmes enceintes, à la salle d’accouchements, à la consultation des mères nourrices.

Pour la syphilis : les organes génitaux et les seins sont examinés; par conséquent, chancre, roséole, plaques muqueuses ne peuvent passer inaperçus. De plus, beaucoup de syphilis latentes se manifestent uniquement par des signes intéressant soit l’œuf entier, soit le fœtus ou l’enfant, soit les annexes, c’est naturel- Jement à la Maternité que ces signes seront le plus facilement reconnus, soit directement, soit à l’interrogatoire. D’ailleurs, comprenant en général assez facilement toute l’importance qu’il peut y avoir pour son enfant à ce qu’un tel diagnostic soit très fermement posé, la femme en état de gestation acceptera plus facilement qu’une autre une enquête très franche et complète.

Pour la tuberculose, on peut certes être mis sur la

voie du diagnostic, à l’interrogatoire, par le passé

pathologique de la famille, mais l'important c’est d’y penser, d'interroger les femmes systématiquement dans ce sens et de les ausculter souvent.

Ce dépistage de la syphilis et de la tuberculose ne peut être fait sérieusement que par un médecin. Lui seul peut apprécier la valeur des différents signes cliniques qu’il peut reconnaître et lui seul peut conduire efficacement un interrogatoire complet.

Mais encore faut-il que ce médecin soit en liaison constante avec des organisations spécialisées; bien souvent, il ne pourra faire à la consultaticn qu’un diagnostic de probabilité ou même de suspicion: c’est

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à des organisations spécialisées que revient le soin de faire un diagnostic de certitude, d’instituer le traitement et de transmettre à la Maternité les indications appropriées sur les mesures qui devront être déclanchées au moment de la naissance de l'enfant.

Pour la syphilis, M. le Professeur Couvelaire a montré () le gros intérêt qu’il pouvait y avoir à ce qu’il existât un dispensaire antisyphilitique annexé directement à une Maternité, Dès 1919 un tel dispensaire a été organisé à la Clinique Baudelocque. Son fonctionnement et les premiers résultats obtenus ont été étudiés dans la thèse de Berthier (2). Depuis, des dispensaires analogues ont été créés à la Clinique Tarnier, à la Maternité de la Charité, à celle de la Pitié, à celle de Lariboisière, et, en province, à Saint-Etienne, à Lyon, à Chambéry, à Pau (3).

Pour la tuberculose, la Maternité doit d’abord être en liaison avec le ou les dispensaires antituberculeux ayant le même rayon d’action. En effet, d’une part, le dispensaire signale soit les femmes en traitement susceptibles de venir accoucher à la Maternité, soit le mari malade; d’autre part, la Maternité envoie au dispensaire, pour enquête, les femmres reconnues sus-

(1) Loc. cit.

(2) Paul BERTHIER. Organisation d’une consultation et d’un traitement ambulant de la syphilis à la Clinique d’accouchement Baudelocque (Thèse Paris, 1920).

(3) H. Vianes et Gazzror. La prophylaxie des accidents hérédo-syphilitiques dans les Maternités parisiennes (Progrès Médical, 6 janvier 1923).

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pectes ou malades. La Maternité doit aussi être en liaison avec des œuvres de placement d'enfants, soit directement, soit par l'intermédiaire du dispensaire.

Nous nous proposons maintenant d'indiquer quels ont été, à la Maternité Cantonale, les moyens employés pratiquement :

A la consultation des femmes en état de gestation:

À la salle d’accouchements;

À la consultation des mères nourrices, pour répondre à ces trois indications :

Assistance obstétricale (ou surveillance de l’allaitement, à la consultation des mères nourrices);

Assistance sociale;

Assistance médicale, et particulièrement pour le dépistage et le traitement de la syphilis et de la tuberculose.

Nous insisterons surtout sur le dernier point (syphilis et tuberculose) puisque, ainsi que nous l’avons dit, c’est surtout sur son étude, à la Maternité Cantonale, que nous nous sommes limité dans ce travail.

Dans un autre chapitre nous indiquerons les résultats obtenus.

Ia Consultation

Cest une consultation permanente, organisée d’après les principes adoptés par M. le Professeur Pinard dès 1890 à la Clinique Baudelocque.

La plupart des femmes se présentent entre 9 heures et midi. À ces heures, lun des médecins, l’interne en

L'opece

général, assiste régulièrement à cette consultation et examine toutes les consultantes.

Assistance obstétricale. — Reconnaître la nrésentation, pour la rectifier au besoin si possible, s’assurer : de la possibilité d’un accouchement non dystocique, en employant les méthodes habituelles, simples, c'est là évidemment le premier point envisagé. Nous n’insisterons pas autrement. Nous répéterons seulement que la Maternité Cantonale reste en liaison avec les Maternités de Paris, pour le traitement des cas compliqués.

Assistance sociale. — Un interrogatoire souple et toujours très discret au début, permet de se rendre compte de la situation sociale de la consultante.

Est-elle mariée ? C’est là un premier poi::t capital. En effet une fille-mère est digne d’une attention toute particulière; c’est elle surtout qui a besoin de conseils appropriés à sa mentalité, et de l’aide procürée par les différents organismes d’assistance sociale. Elle est parfois portée au découragement, sa famille, ou même des étrangers, la considérant comme déshonorée. Elle peut avoir besoin qu’on lui apprenne à respecter le fruit qu’elle porte. Bien souvent elle ignore qu’il existe actuellement des œuvres bien organisées qui peuvent l'aider et lui procurer les moyens d'élever son enfant au sein dans de bonnes conditions.

La consultante, même mariée, a-t-elle l'intention d'élever son enfant au sein ? A-t-elle besoin d’être

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