X log 6 000 = 2,83 x
ou, en nombre rond, 10. On pourra donc, par suite de cette seconde source d'attractions ajoutée à la première, supposer les molécules dix fois moins denses et leur nombre dix fois plus considérable, c'est-à-dire égal à
Ces considérations prouvent que l'action exercée par . les sphères ou molécules les unes sur les autres, est due à deux sources distinctes qu'il importait de considérer chacune en particulier.
La première est l'action de molécules à molécules contiguës; elle n'a pour effet ni d'augmenter ni de diminuer la longueur totale que formeraient les molécules si on les supposait toutes placées à la suite les unes des autres. En effet, dans le cas qui nous occupe, cette longueur est
12^000000x^060 = 2* ««« ^ "^ '' «'^'^««lorsque chaque sphère a un mètre de diamètre : or.
58 Matière et i^ûrcë.
pour des sphères d'un millimètre de diamètre, par exemple, on aurait également
de sphères ayant un diamètre mille fois plus petit, ce qui formerait la même longueur de 24 000 millions de mètres.
La seconde source de la cohésion est l'action des molécules non contiguês ; or, il a été démontré que cette seconde action crott proportionnellement au logarithme du nombre des molécules, et dépend plus particulièrement encore de Tétat de division et de densité auquel ces molécules sont réduites. Nous voici donc arrivé à cette conclusion fondamentale que, pour expliquer les phénomènes de la cohésion, sans recourir à d'autres causes que l'attraction newtonienne, il suffit complètement de supposer : 1* que les molécules des corps se groupent par files d'autant plus longues que la cohésion est plus grande ; 2** que les dimensions des molécules groupées par files sont si petites qu'elles dépassent toutes les idées que nous pouvons nous faire de quantités infiniment petites.
On comprend, en effet, alors que le logarithme du nombre qui exprime la quantité des molécules contenues dans une file d'une longueur finie, aussi petite que l'on voudra, pourra être lui-même assez grand pour augmenter indéfiniment la force attractive qui lie entre elles les diverses parties du système : on pourra par là même supposer que la densité de chaque molécule, et par conséquent l'attraction qu'elle exerce individuellement sur sa voisine, est d'autant moindre que le logarithme du nombre des molécules qui constituent la file est plus grand.
Ces conclusions de M. Seguin, relativement au nombre immense et à la petitesse infinie des molécules des corps,
n'ont rien que de très-conforme à Topinion commune des physiciens. Déjà Mushenbroeck avait énoncé, comme démontrées, même expérimentalement, les deux propositions suivantes : 1** quelque grand que soit le volume d'un corps, les vides compris entre ses molécules sont assez étendus pour qu'on puisse concevoir que ce corps, sans rien perdre de sa substance, puisse être réduit à un volume infiniment petit, à celui d'un grain de sable ou du plus petit atome de matière visible ; 2<* dans le plus petit grain de sable, dans le plus patit atome de matière visible, il y a assez de parties séparables, ou actuellement séparées, pour qu'on puisse en former un globe aussi grand que l'on voudra, et dans lequel deux atomes voisins ou contigus seront placés à une distance plus petite que toute longueur assignable. M. Seguin énonce autrement, et sans sourciller, ces mêmes propositions du savant physicien hollandais : quelque denses que soient les corps, dit-il, leurs derniers atomes sont relativement à leur volume aussi éloignés l'un de l'autre que le sont les corps célestes dans l'espace !
Le groupement des molécules par iile n est pas moins confirmé par les faits, puisque nous le voyons nettement dessiné dans nos expériences de projections dos phénomènes de la cristallisation, comme aussi dans la congélation de l'humidité de l'air à la surface des vitres de nos appartements. (Voyez page 13.)
Distension ou action des fx sur les m. — Nous appelons distension, avec M. Seguin, l'effet résultant de l'action exercée par les [a ou centres de forces animés de très-grandes vitesses, dans leur passage à travers les m ou les systèmes de molécules liées entre elles par la cohésion.
Supposons deux de ces dernières molécules, m et m', placées dans l'espace, la première à l'occident de la seconde, et maintenues à distance par Teffet de l'action d'une force quelconque, égale et opposée à celle de
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rallraclion moléculaire qui tend à les rapprocher : elles resteront en repos, et conserveront leur position respective tant que les forces qui maintiennent Téquilibre subsisteront. Mais si une troisième molécule (x, venant (le Tespace, se dirige vers elles, d'occident en orient, en suivant, en ligne droite, la direction sur laquelle elles se trouvent placées, cette molécule en s'approchant de m l'attirera à elle, en même temps qu'elle en sera atti-. rée ; m tendra donc à s'écarter de m\ et à s'approcher de |x ; en même temps, le mouvement de \i. s'accélérera jusqu'à ce que jx se trouve très-près, et presque au contact de m. Arrivées à ce point, et si w' n'existait pas, les circonstances du mouvement relatif de m et de [jl se représenteraient dans le même ordre, mais dans un sens inverse, jusqu'à ce que m fût revenue à la place qu'elle occupait d'abord, et que jx eût repris sa vitesse initiale. Mais si w' est placée de telle manière qu'elle commence à exercer une action sur |x pendant que cette dernière molécule est encore soumise à l'influence de m, le mouvement de fjL, qui tendait à se retarder, s'accélérera de nouveau ; m, par cela même, sera soustraite en partie à l'action de [a, qui l'aurait ramenée à la place qu'elle occupait d'abord ; elle restera donc un peu en arrière ou plus éloignée vers l'occident qu'elle ne l'était avant le passage de [x. D'un autre côté, fx entrant dans la sphère d'attraction de w' avec une vitesse plus grande que celle qu'elle avait avant d'avoir subi l'action de m\ elle restera moins longtemps soumise à l'action de m' ; elle s'éloignera d'elle en l'entraînant par son attraction, et m' restera plus à l'orient qu'elle ne l'était avant le passage de (JL ; le résultat final du passage de la molécule [k à travers le système m m' sera donc que les molécules m et m' se trouveront plus éloignées l'une de l'autre qu'elles ne l'étaient auparavant, absolument comme si elles s'étaient repoussées.
Si, au lieu de considérer une seule molécule mobile
traversant le système fixe m m\ nous supposons qu'une succession indéfinie de ;x passe successivement le long de la droite qui unit m et m\ les [a, en s'approchant du système m m\ prendront une vitesse de plus en plus grande en raison de Tattraction exercée sur eux par m ; leurs distances, ou les intervalles qui les séparent, augmenteront évidemment en même temps, elles seront plus grandes près des molécules fixes m et m\ et dans leur intervalle, qu'en dehors de Tattraction de ce système ; donc le nombre des molécules mobiles, ou des fi. qui agiront pour écarter du centre de gravité commun chacune des molécules fixes, placées sur les confins du système, sera plus grand que celui des fi. qui, déjà engagés dans son. intérieur, ont pour effet de ramener ces mêmes molécules vers le centre de gravité.
Le passage des molécules ji. à travers le système des m aura donc pour résultat d'amplifier ou de dilater ce système en éloignant les molécules qui le composent du centre de gravité commun. Mais, de plus, par ce passage, l'état dynamique de chacune des molécules m a été modifié ; il y a eu en elles accumulation d'une certaine quantité de mouvement ou de force mécanique qui n'existait pas auparavant; et, par une réaction nécessaire, les molécules (x, en traversant le système des w, auront perdu une partie de la vitesse qui les animait avant d'y entrer.
Résumé et synthèse des phénomènes naturels, — Nous avons considéré un svstème, ou ensemble de molécules ou monades, obéissant librement à l'action qu'elles exercent les unes sur les autres ; nous avons appelé m celles qui sont groupées autour d'un centre de gravité commun, et qui sont arrivées à un état de repos relatif, avec la faculté toutefois de pouvoir osciller autour de leur position d'équilibre ; nous avons appelé (x les molécules à rélat de liberté absolue, animées de vitesses excessives, en traversant en tous sens le svstème des m.
Matière et Force. 2**
6â MATIÈRE ET FORCE.
L'effet de l'action des (j. sur les m est d'abord de les maintenir à distance, de les empêcher de se concentrer au centre de gravité commun, de produire en un mot une force de distension faisant fonction de force répulsive et contrebalançant la force de gravitation qui les entraîne Tune vers Tautre. Si le nombre et la vitesse des |x vient à varier, la force de distension variera aussi ; elle sera plus faible ou plus forte, et par là même les m Se rapprocheront ou s'éloigneront ; il y aura contraction ou dilatation. Si le nombre et la vitesse des fx va toujours croissant et atteint des proportions assez considérables, le corps formé de l'agrégation des m passera à l'état liquide ou même à Tétat gazeux; il y aura vaporisation. Les m quelquefois se changeront eux-mêmes en fA, et pourront produire à leur tour les mêmes effets, devenir à leur tour des causes de mouvement; ils travers seront les corps en ligne droite, ils se répandront dans leur intérieur sous forme de chaleur et de lumière, ou circuleront soit autour des corps entiers, soit autour de leurs dernières molécules sous forme de fluide électrique ou magnétique. Tant que la vapeur d'eau est pourvue de calorique ou animée par les f*, elle peut ou échauffer à son tour d'autres corps liquides ou solides, ou soulever le piston de la machine et produire des effets mécaniques, etc. ; mais dès que le calorique l'abandonne, dès qu'elle cesse d'être animée par les fx» elle redevient eau ; ses molécules reprennent leur état primitif de m ; elles le reprendront bien plus encore dans l'acte de la congélation. Quoique l'attraction des m soit très-grande, un corps ne peut rester constitué qu'autant que les molécules en nombre indéfini se disposent en files, ce qui produit la cohésion ; elles ne pourraient pas résister sans cela à l'action désorganisante des (a. Aussi, l'expérience prouve que si la matière arrive à un état de division très-grande, elle s'enflamme ou se décompose presque subitement ; c'est ce qui arrive, par
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exemple, à toutes les poudres fulminantes. Quelquefois, le passage des (a, comme lorsqu'un courant galvanique va, à travers Teau, d'un électrode à l'autre, déterminera une décomposition ; quelquefois, au contraire, comme lorsqu'une étincelle électrique éclate au sein d'un'mélange d'oxygène et d'hydrogène, ou que quelques atomes de diastase sont mis en contact avec de l'amidon, on verra se combiner instantanément des molécules jusque-là sans action les unes sur les autres. On comprend même très-bien que certaines substances réduites par la trituration dans un état de division vraiment excessif, introduites ainsi dans l'organisme, éminemment aptes à céder à l'action des fx de la chaleur et de l'électricité animales, entraînées dans le torrent de la circulation, puissent produire des effets hors de proportion en apparence avec leur volume infiniment petit, compensé par le nombre immense des alomes et l'immense étendue de leurs surfaces réunies.