HLLL DE LA CHARITÉ
innées — ;nmu-
nautc. — Appari:; .r Cather:
- Sa murt.
i un préju indu, que ceux
qui sont : i m mu ni cations sur-
naturelles doivent avoir quelque chose rdinairc dans leur personne et dans leur manière de vivre. On leur prête facilement un i de p. m qui les met en quelque sorte a part du
commu:. bomme cca-
tter q
inion q . vient à ivrir
mfidents divi nie-
mem infirmités, on »n est même tenté
de se scandaliser. Parmi les chrétiens qui ne coi> naissaient saint Paul que de réputation, plusieurs éprouvaient une espèce de déception en le voyant de près; on les entendait dire qu'il représentait mal et que son langage trop vulgaire n'était pas digne d'un apôtre. Les Juifs ne se scandalisaient-ils pas de ce que Notre-Seigneur mangeait et buvait comme tout le monde, de ce que ses parents étaient pauvres, de ce qu'il sortait de Nazareth, de ce qu'il conversait avec les pécheurs? Tant il est vrai que le peuple est toujours porté à juger d'après les apparences.
Il n'en est pas ainsi de Dieu. Il voit le fond des cœurs, et souvent ce qui paraît méprisable au jugement du monde est grand devant lui. Ce qu'il aime surtout, c'est la simplicité et la pureté. Les qualités extérieures, les dons de l'esprit, la naissance, l'éducation, sont à ses yeux de peu de valeur; ordinairement, c'est à ceux qui en sont dépourvus qu'il s'adresse de préférence, quand il a une importante mission à confier. Il fait ainsi éclater sa sagesse et sa puissance, en se servant de ce qui est faible pour faire de grandes choses. Quelquefois même il choisit pour instruments des sujets imparfaits; il va jusqu'à permettre qu'ils commettent des fautes, qu'ils aient des imperfections, afin de les tenir dans l'humilité et de montrer clairement que les faveurs dont ils sont gratifiés ne sont point accordées à leurs mérites, mais sont l'effet de sa pure bonté.
Ces observations ont naturellement leur place en
tête de ' raphie de sœur Catherine; elles résou-
dront a l'avance Les difficultés que pourrait taire naître, dans l'esprit de le contraste d'une vie
siaimpk commune ave< - dont l'humble
tille fut combL..
ur Catherine, née Z S Labouré, vint au monde
mai 1806, dans un petit village de la Or,
nommé Fain-1 paroisse de Moutiers-
Saint-Jean. . rnier lieu, particulièrement cher a
saint Vincent, n'est ; ceau de saint
îard, ce grand serviteur de Marie, et de l'endroit
ou sainte Chantai ane partie : comme
M le sol, aussi bien que dans le sang, il v avait
quelque >positi< . ^rtus
héredi:
chrétiens, vivaient honorablement en cultivant leur bien i aient L'aisance que donnent aUX . la Campagne l'activité du il et la simplicité vit . Dieu avait béni leur union et leur avait accordé une nombreuse famille :
une heure la maison paternelle SœUJ 'eux . niais cette m. .a la L. . Ile eut
: itice, i!
Une de ses tantes, qui demeurait à Saint- Remy, la prit chez elle avec sa plus jeune sœur; mais son père, homme pieux qui, dans sa jeunesse, avait songé à embrasser l'état ecclésiastique, voulut élever luimême ses enfants, et, au bout de deux ans, il les rappela près de lui.
Une autre raison le poussait encore à agir ainsi. La fille aînée pensait sérieusement à quitter la famille pour entrer dans la communauté des Filles de la Charité, et le pauvre père ne pouvait se résoudre à confier sa maison à des mains mercenaires. Dans un âge où les autres enfants ne pensent qu'à leurs jeux, Zoé dut se façonner dès lors aux plus rudes travaux.
Vers douze ans, elle fit sa première communion dans l'église de Moutiers-Saint-Jean avec un cœur pur et fervent. Désormais, son unique désir fut d'appartenir sans réserve à Celui qui venait de se donner à elle pour la première fois.
Aussitôt après, la sœur aînée partit pour son postulat à Langres, et Zoé, devenue petite maîtresse de maison, faisait la cuisine, avec l'aide d'une bonne qui lui fut adjointe pour les plus gros ouvrages. Elle portait la nourriture aux moissonneurs et ne reculait devant aucun travail pénible.
Moutiers-Saint-Jean possède une maison de sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Zoé allait les voir aussi souvent que le lui permettaient ses occupations, et la bonne supérieure, qui l'aimait beaucoup, Tencoura-
' :< CATHERI1
gcait dans sa vie lai i rodant l'enfant ne
s'ouvrit point à elle sur vi vocation naissante; Elle
attendit avec une secrète impatience qu : tir, plus
jeune de deux années, pût se charger seule des soins du ménage. Zoé lui lit la confidence de
plus chers; et commença pour les deux s-eurs
cette vie intime, toute de labeur et de devoir, dont les lemenl '.t les offices de la parois
Les deux jeunes fil] jugeant fortes pour
gédier la bonne, se partagèrent les travaux de la
maison. Zoé, qui était très-sérieuse, veillait à tout
comme la ménagère la plus vigilante, et prenait soin
i s eur C >mme l'eût fait une mère.
l'île de ses occupations favorites était la garde et l'administration du colombier, qui contenait toujours de sept à huit cents pi. Elle 1 it si bien
qu'ils la connaissaient tous, qu'elle apparais-
sait, ils venaient a l'envi voler autour d'elle en forme de couronne. C'était, au dire de sa s<eur, le plus charmant spectacle: l'innocence attirant les colombes, qui en SOni le symbole.
:ious la montre déjà modestedam
tenue et sérieuse de caractère; pieuse et recueillie L'égli issiale, ou elle se rendait
ment; on l'v voyait agenouillée illes,
même en hiver. Ce n'était pas, du reste, la seule mortification qu'elle pratiquât : aux fatigues du travail elle tJQ ndre jeunesse, l'habitude de
jeûner 1 et le samedi a '. n père.
Celui-ci finit par découvrir les pieuses ruses de sa fille; mais les reproches qu'il lui adressa ne purent l'emporter sur son attrait pour la pénitence; elle croyait devoir préférer la voix intérieure de Dieu à celle de son père.
C'est ainsi que se dessinent nettement les traits du caractère de la future sœur, avec ses qualités et ses défauts. D'un côté, nous voyons une simplicité vraie, sans recherche, appliquée aux devoirs les plus laborieux, sous la sauvegarde de l'innocence et de la ferveur; de l'autre, un caractère habitué à dominer et qui devra lutter pour condescendre.
Cependant sa vie champêtre et laborieuse ne lui faisait point oublier sa vocation. Plusieurs fois demandée en mariage, sa réponse invariable était que, fiancée depuis longtemps à Jésus, son bon Sauveur, elle ne voulait avoir que lui pour époux. Mais son choix était-il bien fixé, et à quelle communauté songeait-elle? Il est permis d'en douter, d'après un fait qui la frappa vivement, et dont le récit resta toujours gravé dans la mémoire de sa chère sœur, qui l'a raconté.
Etant encore dans la maison de son père, à Fainles-Moutiers, elle eut un songe où il est permis de reconnaître l'action de Dieu et une préparation à sa vocation.
Il lui semblait être à l'église du village et dans la chapelle consacrée aux âmes du purgatoire. Un prêtre très-âgé, d'une figure respectable et d'une phy-
SŒl'R CATHERINE.
sionom: îliere. apparut dans la chapelle ci
:it des ornemeni ur dire la sainte
elle v . fort impressionnée de la pré-
sence de ce prêtre inconnu. A la fin de la messe, le prêtre lui fit signe de s'approcher; mais elle, effra se retira à reculons, tenant toujours les yeux fixés sur lui.
S rtie de l'église, elle entra dans une maison du village pour visiter une personne malade. Là, le vieux prêtre se retrouva devant elle, et, lui adressant la parole : ■ Ma lil! bien de soigner Les malades; vous me fuyez maintenant, mais un jour lieureu.se de venir à moi. Dieu a des desseins sur vous, ne l'oubliez pas. Toujours stupéfaite et craintive, la jeune tille s'éloigna encore: sortant de la maison, il lui semblait que ses pieds ne touchaient pas la terre, et, au moment ou elle rentrait chc veilla et reconnut que ce qui venait de se passer n'était qu'un rêve.
Mlle avait alors dix-huit ans, sachant peu lire, encore moins écrire; comme elle comprenait sans doute que ce serait un le pour son admission dans
une communauté, elle obtint de son père la permission d'aller cl ar, maitresse de peu iiàtillo:.- -S prendre quelques le-
Son père, qui craignait de la perdre, ne consentit qu'avec peine à son départ.
de la vision qu'elle
eue, elle en parla a M. le curé de Chatillon, qui lui
répondit : « Je crois, mon enfant, que ce vieillard est saint Vincent, qui vous appelle à être Fille de la Charité. » Sa belle-sœur Payant conduite chez les sœurs de Châtillon, elle fut saisie de voir, en entrant au parloir, le portrait parfaitement ressemblant du prêtre qui lui avait dit en songe : « Ma fille, vous me fuyez; mais un jour vous serez heureuse devenir à moi; Dieu a des desseins sur vous, ne l'oubliez pas. » Elle demande aussitôt quel est ce personnage, et, lorsqu'elle apprend que c^est saint Vincent, le mystère s'éclaircit, elle comprend que c'est lui qu'elle doit avoir pour Père.
Cette circonstance n'était pas de nature à ralentir ses désirs. Elle resta peu chez sa belle-sœur. L'humble fille des champs était gênée au milieu des demoiselles qui fréquentaient la pension, et elle n'y apprenait rien.
C'est alors qu'elle fit la connaissance de sœur Victoire Séjole, qui fut plus tard placée à la tête de la maison de Moutiers-Saint-Jean. Cette sœur, jeune alors, et déjà toute à Dieu et à ses pauvres, devina la candeur de cette âme et sa souffrance : elle pria instamment sa supérieure de l'admettre au postulat sans différer, s'offrant à lui donner des soins particuliers pour la former, et l'instruire de ce qu'il lui était indispensable de savoir, pour être Fille de la Charité.
Mais Zoé ne profita que plus tard de l'intérêt que lui portait la bonne sœur Victoire; ce bonheur devait être chèrement acheté.
' R CATHERIN
I - [iTelle s'ouvrit à son père de son dessein, le cœur de ce pauvre pèi évolta; il avait déjà donné
sa tille ainée à la famille de saint Vincent, et sacrifier rc celle qui depuis de longues années administrait sa maison ment, lui semblait au-cU
Il crut avoir trouvé un moyen de la détourner de iein en l'envoyant à Paris, chez un ■ ls qui était restaurateur, avec recommandation de chercher à éteindre chez eiir toute idée de vocation, par les distractions qu'il lui ménagerait. Teir. I pour la jeuiu pirante, qui, bien loin de perdre le désir de se O Cier à : QC rit que soupirer plus ardemment après le jour OÙ elle quitterait le monde.
Elle eut alors la pei .dire a sa 1 - :r, à
Châtillon. et de l'intéresser a sa cause. Celle-ci, touchée de cette marque de confiance, la tit venir près d'elle et obtint enfin le consentement de son père. Mlle entra chez les s eurs de Châtillon, comme postulante, mmencement de l'année
/ are lut bien heureuse d enfin au
terme de cette rude épreuve qui avait duré presque
deux année Le ai avril is ;<>. elle touchait au :
tant désire du séminaire'.
i. î Vincent de 1
>ur que font les jeunes
|Ue le n<>ni Je m lit r
La voilà donc en possession de tout ce qui était l'objet de ses désirs et de ses affections, depuis sa plus tendre enfance. Son âme pouvait alors se dilater à Taise dans la prière et dans la joie d'être tout entière au service de son Dieu.
Elle eut le bonheur d'avoir pour directeur de sa conscience, pendant tout le temps de son séminaire, M. Jean-Marie Aladel, prêtre d'une éminente piété, vrai fils de saint Vincent de Paul, homme d'un jugement sûr, d'une grande expérience, austère comme un anachorète, infatigable au travail, dont la mémoire est restée en vénération dans la Compagnie des Filles de la Charité et dans celle des Prêtres de la Mission. Il fut pour elle un guide prudent dans les voies extraordinaires où Dieu l'appelait; il sut constamment la tenir en garde contre les illusions de l'imagination et surtout contre les séductions de l'orgueil, en même temps qu'il s'attachait à la faire avancer dans le chemin de la perfection, par la pratique des plus solides vertus. M. Aladel entretint avec sœur Catherine des relations suivies, même lorsqu'elle fut envoyée à l'hospice d'Enghien. Il y gagna beaucoup pour sa propre sanctification et pour les œuvres dont il était chargé.
Informé par elle des desseins de Dieu, il se consacra sans réserve à propager le culte de Marie Immaculée, et, pendant les dernières années de sa vie, à