fr
Cette somme est insuffisante ; mais, si les médecins renoncent à leurs
apoiniements, l'Hospice, au lieu de 4.800 fr., donnera 5.700 fr.
On arrivera alors à une somme de 10.500 fr.
La ville n'aura plus à donner que 2.500 fr.
En conséquence :
Le conseil émet le voeu que l'Ecole soit réorganisée conformément a l'ordonnance du 13 octobre 1840, à pa>tir de l'année scolaire 1841 4?.
Il décide de porter au budget une somme supplémentaire de 2.500fr., àcondition que le département donne 2.000 et l'Hospice 5 700 fr.
C'était s'en tirer à bon marché ! Sans flatterie pour nos édiles contemporains, leurs devanciers étaient loin d'avoir, comme eux, le sentiment de la grandeur et de l'utilité de l'enseignement supérieur.
Il ne restait plus au ministère qu'à prononcer la réorganisation et à nous donner le titre d'Ecole préparatoire au lieu de celui d'Ecole secondaire.
Le 3 octobre 1844, paraissait l'ordonnance portant création d'une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie dans la ville de GreDoble(2) :
Art. Ie» — Une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie est établie dans la ville de Grenoble.
Art. 2. — Le cours de pathologie externe qui, aux termes de notre ordonnance du 13 octobre 1840, doit être annexé au cours de clinique externe, demeure provisoirement confié, dans ladite Euole, au Professeur titulaire.
Art. 3. — Pour la première organisation de l'Ecole, la nomination des professeurs titulaires et adjoints sera faite directement par notre ministre secrétaire d'Etat de l'instruc ion publique.
Contre-signé: Villemain.
(1) Archives de l'Hôpital, E E, 2.
(2 Le 14 février de la même année, des ordonnances semblables avaient été rendues pour les Ecoles d'Amiens, Caen, Poitiers, Rennes; le 31 mars pour Angers, Besançon, Clermont, Marseille, Nantes, Toulouse, Limoges; le 13 juin pour Arras et Lyon; le 22 juin pour Tours.
Le 22 novembre, une ordonnance semblable était rendue pour Dijon
LA MEDECINE A GRENOBLE. - Ds A. AORDIEU.
L'Ecole préparatoire de Grenoble comptait un certain nombre d'hommes de valeur, dont j'ai cité les noms à mesure que les événements les appelaient, mais que je n'ai pas encore suffisamment fait connaître. Nous les retrouverons presque tous dans le chapitre suivant, sauf un seul, dont nous n'aurons plus occasion de reparler, c'est le second Directeur de l'Ecole de Grenoble, Billerey, que nous avons déjà vu à ses débuts brillants à Grenoble.
C'était certainement une figure originale, un esprit enthousiaste, primesautier, qui, malheureusement, n'avait pas assez de philosophie pour supporter les échecs et dont la vie fut assombrie par une foule de questions secondaires, alors que son intelligence élevée eut du le mettre au-dessus de ces incidents. « Billerey, dit A. Rey il), était de taille un peu au-dessus de la moyenne; d'un embonpoint assez fort, sans cependant en être incommodé ; il avait le teint coloré, l'œil d'un beau bleu, les cheveux blanchis avant le temps, mais assez fournis; le nez petit et court, mais gracieux et correct de forme ; la bouche bien faite, un peu dédaigneuse, se relevait finement sur l'une de ses commissures, quand il souriait et laissait voir, en s'entrouvrant par un sourire empreint de bonhomie, des dents belles et bien conservées; sa physionomie jouissait d'une grande mobilité et semblait accoutumée à exprimer des sentiments gais; il avait la parole facile, parlant toujours le verbe haut et avec vivacité, sa répartie était prompte ; il affectionnait particulièrement la plaisanterie. On cite de lui une infinité de mots heureux qui contribuaient à donner à sa conversation une tournure à la fois attrayante et originale. Comme médecin, il possédait un tact médical presque infaillible, une sûreté de pronostic surprenante. »
Né en 1776, aux environs de Pontcharra, il s'était fixé à Grenoble en 1805 et devint successivement professeur à l'Ecole de médecine, médecin en chef de l'Hôpital, membre du jury médical, inspecteur des eaux minérales du département de l'Isère, inspecteur des eaux d'Uriage et Directeur de l'Ecole de médecine (1832-1839).
Les eaux minérales sont son principal titre à la reconnaissance de ses concitoyens; mais là fut également la source des mille soucis qui l'assiègent et du mécontentement, quelque peu misanthropique, qui termina sa carrière. Il est le véritable créateur des thermes d'Uriage, qu'il fonda de ses deniers, et pour lesquels il dépensa son argent, son temps et son intelligence, en in-
(1) A Key: Eloge de Billerey.
ventions d'appareils divers (1). Mais des diflicutés survenues avec la marquise de Langon, propriétaire du château, puis avec son héritier, M. de Saint-Ferréol, amenèrent sa destitution d'inspecteur, sa lutte avec Gerdy, nommé inspecteur adjoint, et finalement son découragement. Dans plusieurs factums, il exhale son ressentiment en tenni s qui donnent la mesure de son caractère impressionnable : « Victime innocente d'un système de persécution peut-être inouï dans les annules de L'administration, abreuvé d'ingratitude, affligé dans mes sentiments moraux, froissé dans mes intérêts matériels » (2).
Néanmoins, appuyé pendant longtemps par Le baron d'Haussey, préfet de l'Isère, il avait publié une série d'utiles travaux sur les eaux qu'il avait, en réalité, fondées (3). « Ces eaux, dit-il,- de nature saline et sulfureuse, étaient naguères mélangées avec environ moitié ou un tiers d'eau commune, et dans cet état, elles jouissaient d'une propriété purgative remarquable, qui attirait à leur source une foule d'individus, dans le seul but de se purger (4), ce qui durait deux ou trois jours, après lesquels ils se retiraient ». 11 les conseille en boisson, en bains, en lotions en lavements et en douches. « On trouve, ajoute-t-il, chez le sieur Brun à la ferme de M. Fermer, dans le voisinage d'Uriage, le logement, la nourriture, et toutes les commodités que les circonstances locales permettent dans un établissement
(1) Mémoire sur un nouvel hydroealc facteur à la vapeur d'eau, par l'intermédiaire du récipient condensateur placé au milieu d'un réservoir rempli de ce liquide, par Billerey, docteur en médecine de la Faculté de Paris, premier médecin de l'Hôpital civil de Grenoble, professeur de clinique interne, de matière médicale et de thérapeutique à l'Ecole secondaire de médecine de Grenoble, membre du jury médical et inspecteur des eaux minérales du département de l'Isère. Sans date, avec cette épigraphe: Hos ego oersiculos feci; tulit alter honores (Virgile). Bibliothèque, V. 748.
(2) Mémoire du Dr Billerey, de la Faculté de médecine de Paris, professeur et directeur de l'Ecole de médecine de Grenoble, inspecteur titulaire de l'établissement thermal d'Uriage, médecin et chef de l'Hôpital civil et militaire de Grenoble, contre M. le comte de Saint-Ferréol, propriétaire de cet établissement, à M. le Ministre de l'agriculture et des travaux publics. Le mémoire porte cette devise : sic vos non vobis mellificatis apes (Virgile). Grenoble, 1839. Bihliothèque de la ville. T, 476
(3) Instructions relatives à l'usage des eaux minérales d'Uriage, publiée par ordre de M. le baron d'Haussey, maître des requêtes au Conseil d'Etat, préfet du département de l'Isère, par M. Billerey, docteur en médecine de la Faculté de Paris, premier médecin et professeur de médecine clinique, de matière médicale et de thérapeutique à l'Hôpital civil de Grenoble, membre du jury médical et inspecteur des eaux minérales du département de l'Isère, inspecteur particulier des eaux d'Uriage. Grenoble, Allier, 1821. T, 797.
Billerey a publié en outre : « Notices sur l'établissement, thermal d'Uriage, près Grenoble, dans le département de l'Isère, pour la saison de 1834 », par Billerey. Bibliothèque, T, 3720.
(4) L'usage voulait qu'on but 15, 20, 30 et môme 40 verres !
la médecine a Grenoble. - d>- a. bordier. 231
naissant». Il donne près de 6.000 bains la première année et dépense plus de 9.000 fr., sans compter 6.000 fr. du Conseil général.
Billerey ne s'occupait pas seulement d'Uriage ; il s'occupait aussi des eaux de Lamothe, qu'il rêvait de faire venir à Vif.
Chemin faisant, il bataillait avec les homœopathes, (1), notamment avec un nommé Crépu qui prétendait avoir fait neuf ans d'études à l'Ecole de Grenoble. « Comme il n'est pas possible, lui dit-il, que vous ayez pu justifier de neuf ans d'études dans une Ecole dont je suis professeur et Directeur, sans avoir eu recours à des certificats émanés de moi ou de mes collègues, qui constatent le fait, et que j'ai la certitude de n'avoir pas eu la faiblesse de commettre un faux pour vous complaire, ni à qui que ce soit, il résulte, bien évidemment, de l'arrêt du ministre, que vous y avez suppléé par d'autres moyens, contre lesquels je proteste, en ma double qualité de professeur et de Directeur » .
Tout en s'occupant de l'Ecole, il fonde à l'Hôpital des consultations cliniques, entre les médecins de cet établissement, pour remplacer les séances de la Société de Santé, qui n'avaient plus lieu (1823), montrant par là quelle importance il attachait à la libre discussion des choses de la science.
Enfin il publie, en 1832, un ouvrage considérable à tOus égards sur le choléra (2). A. Rey, parlant de ce livre, fait remarquer avec raison « qu'il fallait être d'un grand courage pour présenter sur une maladie aussi terrible que le choléra, et juste au moment où elle faisait le plus de victimes, une théorie aussi alarmante que celle de la contagion ». Ce courage ne fut pas d'ailleurs apprécié, comme le méritait la valeur de l'auteur et la justesse de ses appréciations : il était dit que Billerey n'aurait jamais de chance dans ses rapports avec l'administration. « Les mesures administratives que vous proposez, lui répond le ministre aussi dédaigneusement que mal à propos, sont liées à vos théories sur le choléra ; or, l'administration n'est point juge des questions de doctrine, elle ne peut s'en rapporter, à
(1) Lettre de François Billerey, docteur en médecine de la Faculté de Paris, médecin en chef des Hôpitaux civil et militaire, professeur de clinique interne et directeur de l'Ecole secondaire de médecine de Grenoble, inspecteur des eaux minérales du département de l'Isère, au sieur Alb. Crépit, praticien homéopathe à Grenoble, 1834. Bibliothèque, 0. 3715.
(2) La contagion du choléra-morbus de l'Inde, dénoncée et démontrée par les faits et le raisonnement, ou opinion d'un médecin de province sur la nature de cette maladie et sur les mesures à prendre pour en réprimer promptement le cours, avec l'indication des moyens curatifs les plus rationnels et les plus expérimentés, par Billerey, etc Chez Prudhomme, 1832.
Bibliothèque, X, 4631.
cet égard, qu'à l'opinion des corps savants ; l'Académie royale est son conseil naturel en fait de médecine et, puisque cette compagnie a exprimé sur la contagion du choléra des idées entièrement différentes des vôtres, je ne saurais, sur la seule autorité de vos lumières, prescrire des dispositions que l'Académie a proclamées dangereuses el inutiles ».
En dépit de l'Académie et du ministre d'alors, les idées de Billerey sont heureusement acceptées maintenant dans le monde entier.
Mais ce qui m'a le plus frappé clans ce livre, où l'affirmation de la contagion est déjà, par elle-même, un fait assez remarquable, c'est l'originalité et le caractère encore aujourd'hui absolument nouveau des vues émises sur la nature des maladies infectieuses. Il cite d'abord, en lui donnant tout son assentiment, une méthode qui a été reprise depuis, qui consiste « à recourir à l'injection de médicaments dans les veines poulies faire parvenir dans le torrent de la circulation, ainsi que cela a été * pratiqué en Angleterre, où l'on n'a pas craint d'injecter de l'eau chaude ». Il précise et parle des expériences de Moreau de Jonnés, qui injectait déjà à cette époque 2 gros de carbonate de soude dans 60 onces d'eau; avec l'enthousiasme qui lui est propre et qui, cette fois, a quelque chose de divinatoire, il ajoute: « si cette méthode prend faveur, comme je l'espère, on pourra l'appeler frans fusion ou infusion, et elle changera assurément la face de la médecine, dont elle augmentera, sans doute, colossalement la puissance. L'un de nos grands moyens thérapeutiques est incontestablement la saignée , parce que, le plus souvent, dans les maladies aiguës toxicogénées ou excrétogénées , c'est dans le torrent de la circulation qiûexiste l'agent morbide, les points fluxionnaires n'étant qu'un accident secondaire; or, tirer du sang et ne rien mettre à la place, ou introduire l'agent médicamenteux par la voie détournée des organes de la digestion, c'est évidemment ne faire que la moitié de l'opération. Tirer du sang et introduire, aussitôt, à sa place, un médicament convenable, comme, par exemple, l'eau dans laquelle serait étendu l'agent thérapeutique, comme des acides végétaux, dans les maladies inflammatoires, un antidote contre une maladie vénéneuse, serait certainement le comble de la perfection
médicale Un pareil succès élèverait plus
haut le génie de l'homme que toutes les découvertes transcendentes! » N'y a-t-il pas là la visiDn prématurée des injections hypodermiques, des injections intra-veineuses et de la sérothérapie!
Si le Directeur de l'Ecole de médecine était un homme d'une incontestable valeur, plusieurs de ses collègues étaient également des hommes
distingués qui font, comme lui, le plus grand honneur à la jeunesse de notre Ecole de médecine.
Camille Leroy avait débuté à l'âge de 48 ans, en 1814, comme chirurgien sous-aide à l'Hôpital de Ferrajo(l), et lorsque Napoléon aborda l'île d'Elbe, il était accompagné iïEmery, de Grenoble, qui fit sans y réussir ses efforts pour le retenir. Leroy vint en effet s'installer à Grenoble. Esprit éminemment philosophique et ouvert, il publie d'abord un Traité de l'éducation physique (2), dans lequel, au milieu d'un assez grand nombre de lieux communs inévitables en semblable matière, on trouve pas mal d'idées que nous croyons modernes: « On a beaucoup proclamé, dit-il, l'inalliance de la force physique et du talent, et, sans doute, c'est d'après une opinion pareille que l'on néglige tant le développement de la première. Mais s'il est vrai que l'une existe très souvent sans l'autre et que presque jamais on ne voit les qualités de l'âme se trouver avec la vigueur accablante et féroce des athlètes, est-ce à dire que la possession des dons de l'intelligence soit incompatible avec une constitution ferme et robuste? » Devançant notre époque de sport si d'entraînement, il ajoute: « Ne serait-ce point parce que nous élevons nos enfants dans la mollesse, que nous les environnons de trop de soins et de précautions, que nous ne les dressons qu'à des travaux pénibles, s'ils doivent embrasser des professions mécaniques, ou à la seule culture de l'intelligence, souvent surchargée d'une manière plutôt nuisible qu'utile, si nous les destinons à la carrière des sciences et des lettres ? Telle est la cause qui fait obtenir si peu d'hommes qui, à la fois, soient instruits et robustes : pour en avoir de tels, les Grecs n'agissaient point de même! »
En 1832, le choléra l'occupe aussi lui et il quitte la pédagogie pour l'hygiène prophylactique (3) ; comme ses prédécesseurs au temps de la peste, il recommande de prendre 12, 15 gouttes de la liqueur suivante:
(1) Souvenirs de l'île d'Elbe, par Leroy, docteur en médecine, professeur à la Faculté des sciences, 1842. Bibliothèque, 0, 3449.
(2) Traité de V éducation physique des enfants, ouvrage couronné par la Société royale de Bordeaux, par Leroy, membre correspondant de cette Société, docteur en médecine de la Faculté de Paris, résidant à Grenoble, 1824. T, 1388.
(3) Instructions relatives au choléra-morbus et à l'emploi des moyens désinfectants, par Camille Leroy, membre de l'intendance sanitaire du département de l'Isère, professeur-adjoint à la Faculté des sciences de Grenoble, médecin en chef de la direction des douanes de la même ville. Imprimé par ordre de la Mairie,
Esprit de vin
Ammoniaque liquide à 18° Huile essentielle d'anis...
Camphre
12 onces.
3 onces.
1/2 once.
1 gros 1/2.
LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BORDIER.
Il affectionne avec raisons le laudanum, l'étjier, et recommande de mâcher le malin de la cannelle, du quinquina.
D'après la commission centrale de Paris, il conseille, pour l'usage externe, comme Uniment:
Il cherche surtout à rassurer l'opinion publique, insistant pour démontrer, que beaucoup de maladies épidémiques font plus de ravages que le choléra. La grippe nous l'a bien prouvé, à nous. Il fait preuve, dans ce court mémoire, de beaucoup de bon sens et de simplicité, disant avec raison « qu'il ne peut y avoir qu'affectation et danger à faire étalage de science et à soulever des questions théoriques devant cpux qui, ne pouvant être juges, ne sauraient en faire qu'une fausse application ».
C'est un talent de savoir régler son esprit suivant les circonstances : simple et terre à terre, dans ses instructions au public, sur le choléra, il s'élève à de hautes conceptions médicales dans un ouvrage important qu'il publie en 1832 sur les affections fébriles et les maladies aiguës (1). Ce mémoire ne fut imprimé qu'en 1846. « Il ne se présente pas, dit l'auteur dans l'avantpropos, sans recommandation spéciale: rédigé en 1832 et envoyé au concours pour le grand prix de médecine, il est un des quatre dont la commission de l'Académie des sciences déclarait, dans son rapport en 1834, avoir été tellement satisfaite, qu'elle avait pensé un moment à partager le prix entre deux de ces mémoires et à mentionner honorablement les deux
autres Je publie cet ouvrage, malgré sa composition
déjà ancienne, parce que, en suivant les progrès de la science, je crois voir, chaque jour, prendre plus d'importance, soit les idées qu'il exprime, soit les doctrines qu'il défend ».
Leroy ne s'illusionnait pas et bon nombre d'idées exprimées dans ces
(1) Considérations sur les affections fébriles ou maladies aiguës, réponse à cette question proposée en 1832 par l'Académie des sciences: « Déterminer quelles sont les altérations des organes dans les maladies désignées sous le nom de fièvres continues; quels sont les rapports qui existent entre les symptômes de ces maladies et les altérations observées? Insister sur les vues thérapeutiques qui se déduisent de ces rapports », par Camille Leroy, docteur en médecine, ancien chirurgien aide-major et ancien élève des hôpitaux de Paris, lauréat de la Société de médecine de Bordeaux, professeur à la Faculté des sciences de Grenoble et à l'Ecole préparatoire de médecine de la même ville, ex-président de la Société de statistique du département de l'Isère, 1846.
Eau de-vie
Vinaigre fort
Moutarde en poudre
Camphre
Poivre
1 gousse d'ail pilée.
1/2 once.
2 gros.
2 gros.
1 chopine.
1 chopine.
LA MÉDECINE A GRENOBLE. - Dr A. RORDIER. 235
pages étaient de beaucoup en avance sur leur époque. Carrément en lutte avec la doctrine de Broussais, qui ne voyait la cause des maladies que dans les affections locales, il ne voyait, au contraire, dans ces dernières, que la conséquence d'un état général, qui précède et prime tout. « Ces maladies, dit-il, d'une autre nature que les phlegmasies, loin d'en dépendre leur sont primitives. C'est parmi ces affections dues à des influences qui, au lieu de blesser immédiatement les organes de manière à altérer les tissus, portent leur action sur les systèmes centraux de l'économie et viennent, en les lésant, sortir celle-ci de ses conditions d'équilibre, que se trouvent les maladies qu'on appelle ou qu'on peut appeler générales. Tel est surtout le cas des fièvres intermittentes, des fièvres ôruptives et d'un certain nombre de celles qu'on nomme inflammatoires et typhoïdes, espèce pathologique, qu'il faut bien distinguer des fièvres symptômatiques et qu'on voudrait vainement, selon l'esprit de l'Ecole physiologique et de la doctrine de la localisation, assimiler à ces dernières et regarder comme des gastro-entérites, des encéphalites, des bronchites ou des angio-car-
dites, quoique celles-ci s'y observent souvent et les compliquent »
« Ce n'est qu'au sein et à la suite d'un mouvement général, pendant la durée duquel tous les organes semblent menacés, que l'affection locale apparaît ou se dessine, et souvent même à mesure que ce mouvement se
calme Elles ne sont que secondaires: tel est le cas des
encéphalites, des angines, des croups, des bronchites, des péripneumonies, des érysipèles ». « Les altérations phlegmasiques ne surviennent qu'en second lieu, la maladie déjà engagée et par l'effet d'un mouvement général signalant déjà la préexistence d'autres lésions. Ces altérations phlegmasiques sont, par rapport à ces lésions, ce que sont les chancres et les bubons vénériens, les taches, les ulcères scorbutiques au vice qui les donnent ». Toutes ces idées ne sont pas encore aujourd'hui bien vieilles! Il n'y a pas bien longtemps qu'elles réunissent l'assentiment de tous les médecins !
Sa théorie de la contagion est également fort en avance sur son époque et peut encore être aujourd'hui formulée presque clans les mêmes termes: « Toutes les maladies en lesquelles on reconnaît la contagion ou la soupçonne, ont pour source un virus ou une infection quelconque. C'est ainsi que les fièvres éruptives, la vaccine, la syphilis, la rage, la pustule maligne, comme la peste, le typhus ou la fièvre jaune, arrivent à l'homme provoqués de cette manière, au lieu dese développer spontanément. Que suppose une pareille origine? L'existence d'une matière particulière, spéciale, qui, s'introduisant en nous, y produit, ou par voie d'impression, ou par voie d'altération ou de combinaison et, après un temps d'incubation plus ou moins
prolongé, l'état morbide. Ainsi suscité, esl-il étrange de penser que cet état puisse reproduire la matière ou le principe qui l'a occasionné? Le liquide sécrété ou exhalé doit se trouver capable de provoquer, chez les individus mis en rapport avec lui, le même ordre de mouvements, les mêmes effets. C'est r histoire de la fermentation qui, excitée dans les corps par un levain particulier, le reforme avec le pouvoir de la déterminer ailleurs. Cela fait des maladies autant de foyers, desquels se dégagent des effluves pouvant contenir les germes de leur affection ».
Au milieu de, ces travaux d'ordre différent, Leroy donnait son temps à une foule de fonctions : il était membre de l'intendance sanitaire, secrétaire du conseil de salubrité, secrétaire de l'Académie delphinale.
Sur son initiative et sur celle de quelques-uns de ses collègues, s'était fondée, en 1838, à Grenoble, une société qui répondait à un véritable besoin : la Société de statistique des sciences naturelles et des arts industriels du département de V Isère; c'est dans ses bulletins qu'on trouve, pendant un demi-siècle, ce qu'on pourrait nommer le graphique du mouvement scientifique dans notre pays; Leroy en fut un des premiers présidents. En 4837, il avait été nommé professeur de chimie à l'Ecole de médecine et en 1838 professeur de chimie à la Faculté des sciences.
A titre de médecin et de chimiste, il devait naturellement porter son activité sur les eaux minérales, que les travaux de Billerey, de Gueymard, de Breton avaient mises, plus que jamais, à l'ordre du jour dans notre pays (1). Il étudie les eaux de La Motte, de Mens, àWriage, d'Allevard, de VEchaillon.
Au sujet des eaux de La Motte, il s'associe au projet de les amener le long du lit du Drac jusque dans la plaine de Champ, ou à Vif et même de les conduire jusqu'à Grenoble, « projet utile certainement, mais bien gigantesque ». Tout en rendant justice aux travaux de Nicolas, « médecin de mérite, dit-il, qui fut le premier, en 1797, à annoncer qu'elles étaient spécialement salines », de Bilon, de Breton, de Gueymard, il émet une hypothèse que les travaux de Plauchud ont confirmée : « Mises en bouteille, dit-il, et conservées, elles prennent facilement l'odeur sulfureuse...; ces effets tiennent sans doute à la présence de matières organiques. Ce seraient des cryptogames, dont le temps et les circonstances opéreraient
(1) Essai statistique et médical sur les eaux minérales des environs de Grenoble, par Leroy, docteur en médecine, professeur à la Faculté des sciences. Bibliothèque de Grenoble, T, 110.
le développement ultérieur. On pourrait penser que les matières organiques agissent en désoxygénant une certaine partie des sulfates et les . convertissent en sulfures ».
Il semble ignorer les travaux du xvue siècle sur l'eau d'Aurioles et ne parle, à son sujet, que des recherches de Nicolas. Il en fait lui-même l'analyse, qui lui donne 0,05 de carbonate de fer par litre.
Dans une étude comparative sur les eaux d'Uriage et d'Allevard, étude que je ne suis pas, je l'avoue, en mesure de juger, il pense « que la différence entre ces deux eaux porte sur deux points : leur mode de sulfuration et la quantité de sels qu'elles contiennent; l'eau d'Allevard a bien plus d'acide suif hydrique que celle d'Uriage, mais elle a en outre des sulfhydrates, et il se présente, à cet égard, une chose assez singulière: si on tient compte du soufre qui entre dans ces sulfhydrates, les deux sources contiennent, l'une et l'autre, la même quantité de soufre, mais sous des formes différentes et engagé dans des combinaisons distinctes » .
Il fait également l'analyse de l'eau de YEchaillon: il trouve 6 à 7 centirn. cubes d'acide sulfhydrique par litre, mais pense, comme l'avait déjà écrit Billerey, qu'en été elle peut être plus concentrée. Néanmoins « je ne pense pas, ajoute-t-il, qu'il faille fonder sur cette source de grandes espérances: par sa composition, l'eau semble être, jusqu'à présent, moins riche que celles d'Uriage et d'Allevard; sa position au pied du Rachais, dans le lit de l'Isère, rendra toujours son abord difficile. Il faudrait l'élever par des machines ».
Une vue nouvelle de Leroy sur les eaux minérales, c'est l'importance qu'il attache à leur altitude. Même de nos jours, on ne tient pas assez compte de l'altitude, qu'on ne croit active sur l'organisme que lorsqu'on approche des niveaux où le mal des montagnes commence à se faire sentir. Mais il en est de ce moyen thérapeutique comme des autres : les petites doses longtemps continuées peuvent avoir une action très suffisante. Je crois qu'il a raison de regarder, comme non négligeable, la perte de poids atmosphérique que nous subissons à Grenoble, encore mieux à Uriage, à Allevard et à Mens. C'est moins la perte du poids en elle-même qui est utile, que la facilité de l'exhalation pulmonaire et cutanée qui est accrue. Leroy donne un tableau où il a calculé, pour chacune de nos stations, la perte du poids subi.
Si le chimiste trouvait, dans l'étude des eaux, un emploi tout indiqué de ses aptitudes, le médecin, et aussi le philosophe, apparaissent pleinement dans la façon dont il comprend l'action des eaux minérales sur
238 LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BORDIER.
l'organisme; à ce point de vue, Leroy diffère singulièrement de ceux de nos confrères qui écrivent sur les eaux, dans lesquelles ils se complaisent généralement à trouver des agents pharmacodynamiques formidables. « Les eaux minérales, dit-il, produisent-elles seules les bons effets qui résultent ordinairement de leur usage? non.; ces effets dépendent bien souvent des circonstances nouvelles dans lesquelles sont placés ceux qui en usent, circonstances qui modifient les individus plus ou inoins puissamment. C'est à tel point que je pense que si les eaux étaient prises loin de ces circonstances, chez soi, par exemple, ou au milieu des causes qui ont vu naître le mal, elles cesseraient souvent de produire les mêmes résultats; de même que j'ai la conviction que si, dans leur usage, ne devait pas entrer l'influence d'autres modificateurs de l'organisme, on obtiendrait fréquemment le même bien avec l'eau ordinaire administrée sous la même forme et de la même manière ». Nos confrères des eaux durent bondir d'indignation !
« Loin de moi, ajoute-t-il, en avançant ce principe, l'intention de vouloir déprécier le mérite des eaux minérales, de décrier leur pouvoir thérapeutique. Elles ont d'abord leurs vertus propres et spéciales ; c'est incontestable. Ensuite, viendraient-elles à tirer une partie de leur pouvoir des circonstances accessoires qni concourent avec elles, qu'il faudrait bien toujours le leur rapporter, puisqu'elles seraient l'occasion de la manifestation de ces circonstances. Ce que j'en dis ici n'est donc que pour arriver à analyser toutes les causes de leur action, à distinguer ce qui en dépend naturellement de ce qui en résulte indirectement, distinction qui n'est pas sans importance. Tel est le but de ma proposition, et elle est si évidente que personne ne doute que la plus ou moins grande salubrité des lieux, que le changement d'air et d'habitudes, que les modifications introduites dans le régime que la vie nouvelle que l'on prend pour celle que l'on quitte, que les plaisirs, le mouvement, les distractions, ne soient autant d'accessoires qui influent puissamment sur l'économie et qui. joignant leur pouvoir à celui des eaux, ne contribuent à des guérisons naturellement attribuées ensuite à celles-ci seules, et peut-être, cependant, dans quelques cas, obtenues contre elles, c'est-à-dire malgré leur usage intempestif.
Croit-on que, chez cet homme constamment occupé de ses affaires ou livré à une vie sédentaire, la privation de travail, le repos de l'esprit, les courses, l'exercice, dont l'usage des eaux lui fera un besoin, ne concourront pas au bien-être qu'il en éprouvera? Croil-on qu'il n'en sera pas de
môme pour celui qui, habitant des localités basses, étroites, malsaines, exposées à mille émanations pernicieuses, y trouvera un air pur, vif, dégagé de tout principe étranger et largement, constamment respiré? Pense-t-on que la femme délicate, vaporeuse, oisive et ennuyée, en proie aux mille fatigues, aux mille caprices, qui tourmentent sans relâche les personnes trop inquiètes, sensibles ou irritables, ne devra pas aux distractions, au mouvement, aux préoccupations de la vie toute nouvelle qu'elle y mènera, les heureux résultats qu'elle obtiendra du séjour aux eaux el qu'elle croira leur devoir ? »
Albin Gras, nommé d'abord, comme Leroy, prolesseur provisoire de 1 Ecole (1838), était encore un esprit à aptitudes variées : avec Billerey, il y avait là, à l'Ecole, trois hommes remarquables et faisant honneur à l'enseignement médical de Grenoble.
Né à Grenoble en 1808, il avait débuté par l'Ecole des mineurs de Saint- Etienne (1826-1827), s'était fait recevoir docteur ès sciences (1831) et étant élève en médecine de Paris, avait publié une étude sur la gale, sujet alors tout nouveau (1).
Dès son retour à Grenoble, il ne cessa de montrer une grande activité, s'occupant successivement des sujets les plus variés; il débute par un essai sur la Topographie médicale (2) de notre ville. Bien que ce sujet eut déjà tenté Villars, Gras sut lui donner un caractère personnel et original ; il est intéressant de remarquer qu'il signale la fréquence, à cette époque, des fièvres intermittentes souvent larvées. Aujourd'hui ces accidents sont rares et, dans la discussion qui eut lieu à la Société de statistique, lors de la lecture du mémoire, son collègue A. Charvet fit la remarque qu'ils étaient rares autrefois. Peu de temps après il publie plusieurs notes de chimie, entre autres, une sur un nouveau composé cyanogéné (3) et une étude qu'il ne pouvait manquer de faire à son tour, sur les Eaux minérales (4>. Il se propose d'étendre et de faire connaître, dans un but fort louable de patriotisme local, les richesses du département.
Il passe en effet tour à tour en revue les eaux de La Motte, d'Uriage, où il trouve 37 centimètres cubes d'hydrogène sulfuré par litre ; d'Allevard,
(1) RechercJie sur l'acarus ou sarcopte de lagale de l'homme, par Albin Gras, docteur ès sciences, élève de l'Hôpital Saint-Louis, à Paris, 1834. 0. 8725.
(2) Essai de la topographie médicale de Grenoble. (Bulletin de la Société de statistique, 9 mars 1838).
(3) Note sur un nouveau composé cyanogéné, se rapprochant de la substance désignée par Wœhler sous le nom de cyanogène hydrosulluré. (Société de statistique, 13 décembre 1839).
(4; Note sur les eaux minérales du département de l'Isère. [Société de slatistique, 29 novembre 1838).
sulfureuses et salines ; de YEchaillon, pourvues d'hydrogène sulfuré ; de Coreîic, « dans la propriété Flauvan, route de Chambéry à Grenoble (i) ». Il ajoute : « D'après les recherches de Gueymard, elles auraient la môme composition que celles d'Uriage ». Il étudie ensuite les eaux de Choranche, eaux sulfureuses, dans le canton de Pont-en-Royans ; de Bourg-d'Oisans, sulfureuses, en deux sources : l'une au hameau des Soulieux, au bord de la Romanche; l'autre au hameau de La Faute; les eaux sulfureuses de Tréminis; les carbonatées ferrugineuses d'Auriol et de Monestier-de- Clermont; de Crémieu, et enfin la source, non analysée de son temps, de la Terrasse.
Obéissant à un sentiment de patriotisme local, il va jusqu'à dire « que pour les eaux sulfureuses nous n'avons rien à envier aux Pyrénées, et que les eaux de Bussang, de Forges et de Spa pourraient être remplacées par celles d'Auriol, de Grémieu et de Monestier ».
Plus tard, il porte son attention sur l'histoire naturelle, et en particulier sur les mollusques (2) ; puis aborde les questions d'hygiène sociale, notamment celles relatives aux enfants trouvés (3) ,
"Il passe ensuite à Y archéologie et étudie les souvenirs laissés par les Romains à Grenoble 4) à l'Histoire de la médecine (5). Ne me proposant pour le moment que de montrer le bilan intellectuel de l'Ecole préparatoire de Grenoble au moment de sa réorganisation, je ne poursuis pas plus loin la revue des travaux de Gras. Nous le retrouverons bientôt.
Il importe, d'ailleurs, de placer à côté de lui et de noms précédents, complétant la liste d'hommes d'une incontestable valeur, qui se trouvaient, à ce moment, réunis à Grenoble, dans l'ordre des sciences médico-naturelles, leur collègue A. Charvet, médecin des Hôpitaux civil et militaire, professeur d'anatomie et de physiologie, à l'Ecole de médecine, professeur de zoologie- à la Faculté des sciences.
Travailleur infatigable, A. Charvet a laissé de nombreuses publications, qui, toutes sont marquées au coin d'un esprit judicieux et élevé : comme
(1) Cette source, qui existe encore, était, jusqu'à une époque très récente, utilisée par les gens du pays. Des travaux de nettoyage et de captage meilleur seraient aujourd'hui nécessaires.
(2) Description des mollusques fluviatiles et terrestres du département de l'Isère. (Société de statistique. 1840).
(3) Notice historique sur les enfants trouvés et abandonnés du département de l'Isère. j
(4) Note sur les anciens remparts de Grenoble.
(5) Notice historique sur Villars et histoire des institutions médicales à Grenoble.
a atomiste, il a laissé dans l'esprit de ses élèves une réputation considérable
Son premier travail sur V Action de V opium chez V Homme et les ani~ maux{\) laisse déjà prévoir le naturaliste et l'esprit hautement généralisa leur ; cette dernière qualité s'accentue dans son second travail sur la Détermination des espèces en zoologie (2).
Ce n'est pas sans un certain étonnement et sans satisfaction, qu'on voit à cette époque, où Lamarck était si oublié, si méconnu, où Darwin n'existait pas, triompher dans l'esprit de A. Charvet les principes défendus par Etienne Geoffroy Saint-Hilaire contre Cuvier. « Ces groupes (les espèces),
dit-il, sont arbitraires Dans les animaux, comme dans les végétaux,
il est souvent difficile de distinguer Y espèce de la variété et il faudrait
parvenir à déterminer d'une manière précise les limites des variations possibles dans les végétaux soumis à des circonstances différentes, et, pour les animaux, savoir les variations qu'entraînent l'âge, le sexe, la localité, la race ».
Plus tard, d'ailleurs, il se montrera l'élève d'Isidore Geoffroy-Sain t- Hilaire, par la publication de plusieurs travaux sur les monstruosités (3).
Dans le domaine de la zoologie descriptive, il publie deux notes sur le dragonneau (4) :
« Ce nouveau dragonneau se trouve dans deux ruisseaux de Fontanil, qui ont une source commune, dont le fond est pierreux et le courant rapide. Il se trouve aussi à Saint Robert et à Saint-Egrève, dans le torrent de la Vence; à Saint Martin-le-Vinoux, dans le petit torrent qui coupe le chemin de Quaix. . . Un ver de cette espèce fut trouvé dans la fontaine du Lion, à Grenoble, ainsi que, près de Meylan,dansl'intestin du gryllus stridulus et dans celui du phaner opter es falcata ». « Dans les gros torrents, ces vers sont cachés sous la pierre, à l'abri du courant et de la lumière, et ne nagent jamais à la surface comme ceux de Claix et de Risset » : Il décrit, en somme, trois dragonneaux : 1° de Risset, 2° de Claix; 3° des torrents.
(1) Action de l'opium chez l'homme et les animaux, par Pierre-Alexandre Charvet. Bibliothèque, V, 941.
(2) Sur la détermination des espèces en zoologie, par Pierre-Alexandre Charvet, 1827. Thèse pour le doctorat ès sciences. Bibliothèque, 0, 8808.
(3) Recherches pour servir à l'histoire générale de la monstruosité dans les animaux, par A. Charvet (1837).
Recherches sur les monstruosités par inclusion chez les animaux (1838), par le Dr A. Charvet, professeur d'anatomie à l'Ecole de médecine de Grenoble'.
(4) Note sur le dragonneau de Claix et le dragonneau de Risset (nouvelles annales du Muséum, tome nr).
Note sur une espèce non décrite du genre dragonneau. Grenoble T. 4237.
242 LA MÉDECINE A CRENORLE. - D1' A. RORDIER.
Cè dernier se rapprocherait dos filai res et sa présence dans l'intestin de quelques insectes, aussi bien que sous les pierres des torrents, à l'abri de la lumière, du mouvement et des changements de température, était, aux yeux de A. Gharvet, une condition commune du milieu, qui expliquait sa vie souvent parasitaire et son passage au type fdaire, dont il diffère cependant par une bouche non cornée et par un tube digestif simple et sans renflement.
En 1839, Gharvet est nommé professeur à la Faculté «les sciences, et, malgré ce surcroit de besogne, continue la série de ses publications : il public une note sur un Hydrachme parasite qu'il a trouvé chez l'anodonte des canards, des marais de Voreppe, sous forme de petits grains noirs, subovoïdes, répandus entre les feuillets des branchies et la lame palléale (1). Nous aurons encore, au chapitre suivant, l'occasion de constater les effets de son infatigable activité. Ce que je viens de dire des principaux professeurs de la nouvelle Ecole préparatoire, montre assez que son personnel enseignant était évidemment supérieur et digne de la réorganisation.