fr
Cette somme est insufllsan te; mais, si les médecins renoncent à leurR apointements, l'Hospice, au lieu de 4.o00 fr., donnera 5.700 fr.
On arrivera alors ft une somme de 10.500 fr.
La ville n'aura plus à donner que 2.500 fr.
En conséquence :
Le conseil émet le vœu que l'Ecole soit réorganisée conformément à l'ordonnance du 13 octobre 1840, à partir de Tannée scolaire 1841 4?.
Il décide de porter au budget une somme supplémentaire de 2.500fr., àcondition que le département donne 2.000 et THospice 5 700 fr.
C'était s'en tirer à bon marché! Sans flatterie pour nos édiles contemporains, leurs devanciers étaient loin d'avoir, comme eux, le sentiment de la grandeur et deTutilité de renseignement supérieur.
Il ne restait plus au jninistère qu'à prononcer la réorganisation et à nous donner le titre d'Ecole préparatoire au lieu de celui d'Ecole secondaire.
Le 3 octobre 1841, paraissait l'ordonnance portant création d'une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie dans la ville de Grenoble (3) :
Art. 1er -~ Une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie est établie dans la ville de Grenoble
Art. 2. — Le cours de pathologie externe qui, aux termes de notre ordonnance du 13 octobre 1840, doit être annexé au cours de clinique externe, demeure provisoirement confia, dans ladite Ecole, au Professeur titulaire.
Art. 3. — Pour la première organisation de l'Ecole, la nomination des professeurs titulaires et adjoints sera faite directement par notre ministresecrétaire d'Etat de l'instruc ion publique.
Contre-signe: Villemain.
(1) Archives de VHôpital, E E, 2.
(2) Le 14 février de la même année, des ordonnances semblables avaient été rendues pour les Ecoles d'Amiens^ Caen, PoUierHy Rennes; le 31 mars pour Angers^ Besançon, Clei*mont, Marseille, Nantes, Toulouse, Limoges; le 13 juin pour Arras et Lyon ; le 22 juin pour Tours.
Le 22 novembre, une ordonnance semblable était rendue pour Dijon.
L'Ecole préparatoin? du Grenoble complail un certain nombre d'hommes
r de valeur, dont j'ai cité les noms à mesure rjiie les événements les appn-
^ laient, mais que je n'ai pas encore suftisammeni fait connaître. Nous li?s
retrouverons presque tons dans le chapitre suivant, sanf un seul, dont
nous n'aurons plus occasion de reparler, c'est le second Directeur de l'Ecole
de Grenoble, Billerey, que nous avons d4jà vu à ses débuis brillants à
, Grenoble.
C'était certainement une ligure originale, un esprit enthousiaste, I primesantier, qui, malheureusement, n'avait pas assez de philosu- I pbie pour supporter les échecs et dont la vie fut assombrie par une I foule de questions secondaires, alors que son inlelligenco élevée eut Idil le mettre au-dessus de ces incidents, a: Billerey, dit A. Rey il), I était de taille un peu au-dessus de la moyenne; d'un embonpoint as.sez p fort, sans cependant en être incommodé; il avait lo teint coloré, l'œil ' d'un beau bleu, les cheveux blanchis avant le temps, mais assez fournis; le nez petit et court, mais gracieux et correct de forme ; la bouch<! bien faîte, un peu dédaigneuse, se relevait finement sur l'une de ses commissures, quand il souriait et laissait voir, en s'entrouvrant par un sourire empreint de bonhomie, des dents belles et bien conservées; sa physionomie jouissait d'une grande mobilité et semblait accoutumée à exprimer des sentiments gais ; il avait la parole facile, parlant toujours le verbe haut et avec vivacité, sa répartie était prompte ; il affectionnait particulièrement la plaisanterie. On cite de lui une inlinité de mots heureux qui
■ contribuaient à donner a sa conversation une tournure à la fois attrayante [ et originale. Comme médecin, il possédait un tact médical presque infailli- [ ble, une sûreté de pronostic surprenante, b
Né en 1776, aux environs de Pontcharra, il s'était fixé à Grenoble en I 1805 et devînt successivement professeur à l'Ecole de médecine, médecin I en chef de l'Hôpital, membre du jury médical, inspecteur des eaux I minérales du déparlement de l'Isère, inspecteur des eaux d'Uriage et [ Directeur de l'Ecole de médecine (lS3â-1839).
Les eaux minérales sont son principal titre à la reconnaissance de ses I concitoyens; mais là fut également la source des mille soucis qui l'assiègent I et du mécontentement, quelque peu misanthropique. qui termina sa carrière. III est le véritablecréateur des thermes d'I'riage, qu'il fonda de ses deniers,
■ et pour lesquels il dépensa son argent, son temps et son intelligence, en in-
ll) A fley: Eloge de Billerey.
ventions d'appareils divers (1). Mais des difficutés survenues avec la marquise de Laugon, propriétaire du château, puis avec son héritier, M. de Saint-Ferréol, amenèrent sa destitution d'inspecteur, sa lutte avec Gerdy, nommé inspecteur adjoint, et finalement son découragement. Dans plusieurs factums, il exhale son ressentiment en termes qui donnent la mesure de son caractère impressionnable : « Victime innocente d'un système de persécution peut-être inouï dans les annales de l'administration, abreuvé d'ingratitude, affligé dans mes sentiments moraux, froissé dans mes intérêts matériels » (2).
Néanmoins, appuyé pendant longtemps par le baron d'Haussey, préfet de l'Isère, il avait publié une série d'utiles travaux sur les eaux qu'il avait, en réalité, fondées (3). « Ces eaux, dit-il, de nature saline et sulfureuse, étaient naguères mélangées avec environ moitié ou un tiers d'eau commune, et dans cet é(at, elles jouissaient d'une propriété purgative remarquable, qui attirait à leur source une foule d'individus, dans le seul but de se purger (4), ce qui durait deux ou trois jours, après lesquels ils se retiraient ». 11 les conseille en boisson, en bains, en lotions en lavements et en douches. « On trouve, ajoute-t-il, chez le sieur Brun à la ferme de M. Perrier, dans le voisinage d'Uriage, le logement, la nourriture, et toutes les commodités que les circonstances locales permettent dans un établissement
(1) Mémoire sur un nouvel hydroralé facteur à la vapeur d'eau, par rintermédiaire du récipient condensateur placé au milieu d'un réservoir rempli de ce liquide,
f>ar BiLLEREY, docteur en médecine de la Faculté de Paris, premier médecin de 'Hôpital civil de Grenoble, professeur de clinique interne, de matière médicale et de thérapeutique à l'Ecole secondaire de médecine de Grenoble, membre du jury médical et inspecteur des eaux minérales du département de l'Isère. Sans date, avec cette épigraphe: Hos ego Det\siculos feci; tulit aUer honores (Virgile). Bibliothèque, V. 74«.
(2) Mémoire du Dr Billerey, de la Faculté de médecine de Paris, professeur et directeur de l'Ecole de médecine de Grenoble, inspecteur titulaire de rétablissement thermal d'Uriage, médecin et chef de l'Hôpital civil et militaire de Grenoble, contre M. le comte de Saint-Ferréol, propriétaire de cet établissement, à M. le Ministre de l'agriculture et des travaux publics. Le mémoire porte cette devise: six: vos non vobis melUficcUis apes (Virgile). Grenoble, 1839. Bibliothèque de la ville. T, 476
(3) Instructions relatives à l'usage des eaux minérales d'Uriage, publiée par ordre de M. le baron d'Haussey, maitre des requêtes au Gonseil d'Etat, préfet au département de l'Isère, par M. Billerey, docteur en médecine de la Faculté de Paris, premier médecin et professeur de médecine clinique, de matière médicale et de thérapeutique à Tllôpltal civil de Grenoble, membre du jury médical et inspecteur des eaux minérales du département de l'Isère, inspecteur particulier des eaux d'Uriage. Grenoble, Allier, 1821. T, 797.
Billerey a publié en outre : « Notices sur VétahliAsemerU thermal d'Uriage, près Grenoble^ dans le département de V Isère , pour la .sai-son de 1834 », par Billerey. Bibliothèque, T, 37-20. ,
(4) L'usage voulait qu'on but 15, 20, 30 et même 40 verres !
La Médecine a guenoble. — D'- a. bordier. ssi
naissant ». Il doiiiif prtVs de fi.(XX) bains la première année et ilépeiise plus de 9.000 fr., sans compter 6.(100 fr. du Consdl général.
Billerey ne s'occupait pas seulement tl'Uriage ; il s'occupait aussi des eaux de Lamothe, qu'il rêvait de faire venir â Vif.
Chemin faisant, il bataillait avec les iiomœopathes, (1), notamment avec un nommé Crépu qui prétendait avoir fait neuf ans d'études à l'Ecole de Grenoble, t Comme il n'est pas possible, lui dit-il, que vous ayez pu justifier de neuf ans d'études dans une Ecole dont je suis professeur et Directeur, sans avoir eu recours â des certificats émanés de moi ou de mes collègues, qui constatent le fait, et que j'ai la certitude de n'avoir pas eu la Ëiiblesse de commettre un faux pour vous complaire, ni à qui que ce soit, L il résulte, bien évidemment, de l'arrêt du ministre, que vous y avez sup- Kpléé pai- d'autres moyens, contre lesquels je proteste, en ma double qualité ' de professeur et de Directeur ».
Tout en s'occupanl de l'Ecole, il fonde à l'Hôpital des consultations cliniques, entre les médecins de cet établissement, pour remplacer les séances de la Société de Santé, qui n'avaient plus lieu (1823), montrant par là ({uelle importance il attachait à la libre discussion des choses de la science.
Enfin il publie, en 1832, un ouvrage considérable à tous égards sur le choléra (2). A. Roy, parlant de ce livre, fait remarquer avec raison « qu'il fallait être d'un grand courage pour présenter sur une maladie aussi terrible que le choléra, et juste au moment où elle faisait le plus de victimes, une théorie aussi alarmante que celle de la coutagion *. Ce courage ne fut pas d'aiUeurs apprécié, comme le méritait la valeur de l'auteur et la justesse de ses appréciations: il était dit que Billerey n'aurait jamais de chance dans ses rapports avec l'administration. » Les mesures administratives que vous proposez, lui répond le ministre aussi dédaigneusement que mal à propos, sont liées à vos théories sur le choléra ; or, l'administration n'est point juge des questions de doctrine, elle ne peut s'en rapporter, â
(1) Lettre de François Billerey, docteur en médecine de la Faculté de Paiis, médi^cin en chef dp» lli\pilauv civil el militaire, professeur de clinique interne el directeur de l'Ecole secondaire de médecine tie Grenoble, inspecteur des eaux minérales du département de l'Isère, au sieur Alb. Crépu, praticien bomeopattie à Grenoble, 1831. Bibliolhèque, 0. 3715.
(21 Ln contagion du eholéra-morbug de l'Inde, dénoncée el démontrée par les Taits et le raisonnement, ou opinion d'un médecin de province sur la nature de celte maladie et sur les mesures à prendre iHJur en réprimer promptement le cours, avec l'indication des moyens curatifs lee plus rationnels et les plus expé-
runent/s, par Billebeï, etc Chez Prudhomme, 1832.
Bibliolhèque, \, 4G3I.
cet égard, qu'à Topinion des corps savants ; l'Académie royale est son conseil naturel en fait de médecine et, puisque cette compagnie a exprimé sur la contagion du choléra des idées entièrement différentes des vôtres, je ne saurais, sur la seule autorité de vos lumières, prescrire des dispositions que l'Académie a proclamées dangereuses et inutiles ».
En dépit de l'Académie et du ministre d'alors, les idées de Billerey sont heureusement acceptées maintenant dans le monde entier.
Mais ce qui m'a le plus frappé dans ce livre, où l'affirmation de la contagion est déjà, par elle-même, un fait assez remarquable, c'est l'originalité et le caractère encore aujourd'hui absolument nouveau des vues émises sur la nature des maladies infectieuses. Il cite d'abord, en lui donnant tout son assentiment, une méthode qui a été reprise depuis, qui consiste « à recourir à l'injection de médicaments dans les veines pour les faire parvenir dans le torrent de la circulation, ainsi que cela a été pratiqué en Angleterre, où Ton n'a pas craint d'injecter de l'eau chaude ». Il précise et parle des expériences de Moreau de Jonnés, qui injectait déjà à cette époque 2 gros de carbonate de soude dans 60 onces d'eau ; avec l'enthousiasme qui lui est propre et qui, cette fois, a quelque chose de divinatoire, il ajoute: « si cette méthode prend faveur, comme je l'espère, on pourra l'appeler transfusion ou infusion^ et elle changera assurément la face de la médecine, dont elle augmentera, sans doute, colossalement la puissance. L'un de nos grands moyens thérapeutiques e?t incontestablement la saignée , parce que, le plus souvent, dans les maladies aiguës toxicogénées ou excrétogénées ^ c'est dans le torrent de la circulation qu'existe l'agent morbide^ les points fluxionnaires n'étant qu'un accident secondaire; or, tirer du sang et ne rien mettre à la place, ou introduire l'agent médicamenteux par la voie détournée des organes de la digestion, c'est évidemment ne faire que la moitié de l'opération. Tirer du sang et introduire, aussitôt, à sa place, un médicament convenable, comme, par exemple, l'eau dans laquelle serait étendu Tagent thérapeutique, comme des acides végétaux, dans les maladies inflammatoires, un antidote contre «ne maladie vénéneuse, serait certainement le comble de la perfection
médicale Un pareil succès élèverait plus
haut le génie de l'homme que toutes les découvertes transcendentes ! » N'ya-t-ilpas là la visi du prématurée des injections hypodermiques, des injections intra-veineuses et de la sérothérapie!
Si le Directeur de l'Ecole de médecine était un homme d'une incontestable valeur, plusieurs de ses collègues étaient également des hommes
r.A MÉDECINE A f.RENOBLE. — Dr A. BORUrER. 233
rlJMingiiés qui Tonl, roiniiiL' lui, le pins grand honneur à la jcnnessc de notre Ecole de médecine.
Camille Leroy avait débuté à Vàge de 18 ans, en 18U, comme chirurgien sous-aide à l'Hôpital du Kerrajo(l), et lorsque Napoléon aborda l'Ile d'Elbe, il était accompagné à'Enury. de Grenoble, qui fit sans y réussir ses efforts pour le retenir. Leroy vint en effet s'installer à Grenoble. Esprit éminemment philosophique et ouvert, il publie d'abord un Traité de l'éilucalion physique (S), dans lequel, au milieu d'un assez grand nombre de lieux communs inévitables en semblable matière, on trouve pas mal d'idées que nous croyoDs modernes: « On a beaucoup proclamé, dit-il, l'inalliance de la force physique el du talent, et, sans doute, c'est d'après une opinion pareille que l'on néglige tant le développement de la première. Mais s'i| est vrai que l'une existe très souvent sans l'autre et que presque jamais on ne voit les qualités de l'âmt: se trouver avec la vigueur accablante et féroce des athlètes, est-ce à dire que la possession des dons de l'intelligence soit incompatible avec une constitution ferme et robuste? » Devançant notre époque àe tporl eld' entraînement, il ajoute: «Ne serait-ce point parce que nous élevons nos enfants dans la mollesse, que nous les environnons de trop de soins el de précautions, que nous ne les dre-«ons qu*â des travaux pénibles, s'ils doivent embrasser des professions mécaniques, ou à la seule culture de l'intelligence, souvent surchargée d'une manière plutôt nuisible qu'utile, si nous les destinons à la carrière des sciences et des lettres? Telle est la canse qni tait obtenir si peu d'hommes qui, à la fois, soient inslniils et robustes : pour en avoir de tels, les Grecs n*ag!ssalenl point de même! »
En \H'àit le choléra l'occupe aussi lui et il quitte la pédagogie pour rhygiéne prophylactique (3); comme ses prédécesseurs au temps de la peste, il recommande de prendre 12, 15 gouttes de la liqueur suivante :
Estiril de vin 12 onces.
Ammoniaque liquide à 18" 3 onces.
Huile essentielle d'anis 1/2 once.
Camphre 1 gros 1/2.
()) Sotiveniri de l'île d'Elbe, par Lerov, docteur en luéiieciDe, proreieeur à la Faculté dee sciences. ISiS. Bibliothèque, 0, IJiiSI.
(Z) 7V(ii((^ lie rédueatùin phytiiquv dcë enfiinla, ouvrage couronne par ta Société royale de Bordeaux, par Lerov, membre correspondant de cette Socirté, docteur en mèd^ciac de la Facultp de pnris, réaidant A Grenoble, 1R34. T, t38H.
(3) Insti'iiclions relatives nu chol^'ii-inorhim et â l'emploi des mnijens difiinfertant», par Camille I.eIioy, mrmbre rie l'inlindanci? sanitaire du aéparleniont de i'iièrc, prolesseur-adjoiat A la Faculté des flciences de Grenoble, médecin en eheT do lu mrection des douanes de la mâme ville. Imprimé par ordre de la Mairie, 1833. 0, 3448.
234 LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BORDIER.
Il affectionne avec raisons le laudanum, Téther, et recommande de mâcher le matin de la cannelle, du quinquina.
D'après la commission centrale de Paris, il conseille, pour Tusage externe, comme Uniment:
Eau de-vie 4 chopine.
Vinaigre fort 1 chopine.
Moutarde en poudre 1/2 once.
Camphre 2 gros.
Poivre 2 gros.
1 gousse d*ail pilée.
Il cherche surtout à rassurer l'opinion publique, insistant pour démontrer, que beaucoup de maladies épidémiques font plus de ravages que le choléra. La grippe nous Ta bien prouvé, à nous. Il fait preuve, dans ce court mémoire, de beaucoup de bon sens et de simplicité, disant avec raison « qu'il ne peut y avoir qu'affectation et danger à faire étalage de science et à soulever des questions théoriques devant cpux qui, ne pouvant être juges, ne sauraient en faire qu'une fausse application ».
C'est un talent de savoir régler son esprit suivant les circonstances : simple et terre à terre, dans ses instructions au public, sur le choléra, il s'élève à de hautes conceptions médicales dans un ouvrage important qu'il publie en 1832 sur les affeclions fébriles et les maladies aiguës (1). Ce mémoire ne fut imprimé qu'en 18i6. « Il ne se présente pas, dit l'auteur dans l'avantpropos, sans recommandation spéciale: rédigé en 1832 et envoyé au concours pour le grand prix de médecine, il est un des quatre dont la commission de l'Académie des sciences déclarait, dans son rapport en 1834, avoir été tellement satisfaite, qu'elle avait pensé un moment à partager le prix entre deux de ces mémoires et à mentionner honorablement les deux
autres Je publie cet ouvrage, malgré sa composition
déjà ancienne, parce que, en suivant les progrès de la science, je crois voir, chaque jour, prendre plus d'importance, soit les idées qu'il exprime, soit les doctrines qu'il défend ».
Leroy ne s'illusionnait pas et bon nombre d'idées exprimées dans ces
(1) Considérations sur les afTections fébriles ou maladies aiguës, réponse à cette question proposée en 1832 par l'Académie des sciences: « Déterminer quelles sont les altérations des organes dans les maladies désignées sous le nom de fièvres continues; quels sont les rapports qui existent entre les symptômes de ces maladies et les altérations observées? Insister sur les vues thérapeutiques qui se déduisent de ces rapports », par Camille Leroy, docteur en médecine, ancien chirurgien aide-major et ancien élève des hôpitaux de Paris, lauréat de la Société de médecine de Bordeaux, professeur à la Faculté des sciences de Grenoble et à TEcole préparatoire de médecine de la même ville, ex-président de la Société de statistique du département de Tlsère, 1846.
LA MÉDECINE A GRENOBLE, - D-^ A. liOfiDlER.
pages étaienl de heaiiroiip en avance sur leur époque. Carrénueiit en lutte ] avec la UocLriue de Broussais, qui un voyait la cause des maladies que dans les affections locales, il ne voyait, au contraire, dans ces dernières, que la conséquence d'un état général, qui précède et prime tout. < C<?8 ] maladies, dll-il. d'une autre nature que les plilegmasies, loin d'en dépendre leur sont primitives. C'est parmi ces aiïections dues à desinHuencea J qui, au lieu de bl?s.ser immédiatomoril les oi^anes de manière It altérerJ les tissus, portent leur action sur les systèmes centraux de l'économie et I viennent, en les lésant, sortir celle-ci de ses conditions d'éiptilibre., que s trouvent les maladies qu'un appelle ou qu'on [>eut appeler générales. Tel I est surtout le cas des fièvres interEuitterilcs, des lièvres éruplives et d'un f certain nombre décolles qu'on nomme inflammatoires et typboidfs, espèce I pathologique, qu'il faut bien distinguer des fièvres syniptftma tique; qu'on voudrait vainement, selon l'esprit de l'Ecole physiologique et de la | doctrine de la localisation, assimiler à ces dernières et regarder comme | des gastro-entérites, des encéphalites, des bronchites ou des angio-car-
diles, quoique celles-ci s'y observent souvent et les compliquent >
* Ce n'est qu'au sein et ^ la suite d'un mouvement géjiéral, pendant la durée duquel t"us les organes semblent menacés, que l'affection locale apparaît ou se dessine, et souvent même à mcâurti que ce mouvement se j
Calme Elles ne sont que secondaires : tel est le cas des
encéphalites, des angines, des croups, des bronchites, des péripncumonies, { des érysipèles s. « Les altérations phlegmasiques ne surviennent qu'en second lieu, la maladie déjà engagée etparl'efl'el d'un mouvement général signalanl di'ià la priV'xislence d'autres lésions. Ces altérations phlegmasiques sont, par rapport à res lésions, ce que sont les chancres et les bulwna vénériens, les taches, les ulcères scorbutiques au vice qui les donnent i. Toutes ces idées ne sont pas encore aujourd'hui bien vieilles! Il n'y a pas bien longtemps qu'elles réunissent l'assentiment de tous les médecins!
Sa théorie de la contagion est également fort en avance sur son époque et peut encore ëlrn aujourd'hui fornmlée presque dans les mêmes termes : « Toutes les maladies en lesquelles on reconnaît la contagion ou la soupçonne, ont pour source un virus ou une întedion quelconque. C'est ainsi que les lièvres éruplives, la vaccine, la syphilis, la rage, la pustule maligne, comme la peste, le typhus on la fièvre jaime, arrivent il l'homme provoqués de celte manière, au lieu deso développer spontanément. Que suppose une pareille origine? L'existence d'une matière particulière, spéciale, qui, s'introduisant en nous, y produit, ou par voie d'impression, ou par voie d'altération uu de combinaison et, après un temps d'incubation plus ou moins I
prolongé, l'état morbide. Ainsi suscité, est-il étrange de penser que cet état puisse reproduire la matière ou le principe qui Ta occasionné? Le liquide sécrété ou exhalé doit se trouver capable de provoquer, chez les individus mis en rapport avec lui, le même ordre de mouvements, les mêmes effets. Cesl Vhistoire de la fermentation qui^ excitée dans les corps par un levain particulier^ le reforme avec le pouvoir de la déterminer ailleurs. Cela fait des maladies autant de foyers, desquels se dégagent des effluves pouvant contenir les germes de leur affection ».
Au milieu de ces travaux d'ordre différent, Leroy donnait son temps à une foule de fonctions: il était membre de l'intendance sanitaire, secrétaire du conseil de salubrité, secrétaire de l'Académie delphinale.
Sur son initiative et sur celle de quelques-uns de* ses collègues, s'était fondée, en 1838, à Grenoble, une société qui répondait à un véritable besoin: la Société de statistique des sciences naturelles et des arts industriels du département de V Isère; c'est dans ses bulletins qu'on trouve, pendant un demi-siècle, ce qu'on pourrait nommer le graphique du mouvement scientifique dans notre pays ; Leroy en fui un des premiers présidents. En 1837, il avait été nommé professeur de chimie à l'Ecole de médecine et en 1838 professeur de chimie à la Faculté des sciences. '] A titre de médecin et de chimiste, il devait naturellement porter son
activité sur les eaux minérales, que les travaux de Billerey, de Gueyraard, de Breton avaient mises, plus que jamais, à l'ordre du jour dans notre pays (1). Il étudie les eaux de La Motte, de Mens^ A'Uriage^ ffAUevard^ de
f VEchaillan.
Au sujet des eaux de La Motte^ il s'associe au projet de les amener le long du lit du Drac jusque dans la plaine de Champ, ou à Vif et même de les conduire jusqu'à Grenoble, « projet utile certainement, mais bien gigantesque ». Tout en rendant justice aux travaux de Nicolas, « médecin de mérite, dit-il, qui fut le premier, en 1797,. à annoncer qu'elles étaient spécialement salines >, de Bilon, de Breton, de Gueymard, il émet une hypothèse que les travaux de Plauchud ont confirmée : < Mises en bouteille, dit-il, et conservées, elles prennent facilement l'odeur sulfureuse...; ces effets tiennent sans doute à la présence de matières organiques. Ce seraient des cryptogames, dont le temps et les circonstances opéreraient
(1) Essai statistique et médical sur les eaux minérales des environs de Grenoble^ par Leroy, docteur en médecine, professeur à la Faculté des sciences. Bibliothèque de Grenoble, T, 110.
LA MÉDECINE A GRENOBLE — ï>' A. BOHDIEH. 237
I le (léTeloppemcnt ultérieur. On pourrail penser que les matières organiques agissent en désoxygénant une certaine partie des suirates et les convertissent en sulfures ».
Il semble ignorer les travaux du xvtr siècle sur l'eau A'AitHok» et ne parle, à son sujet, que «les reclierdies de Nicolas. Il en fait lui-inOriie t'analyse, qui lui donne 0,05 de carbonate de fer par litre.
Dans une étude comparative sur les eaux û'Uriage et 'A'Alleoard, étude que je ne suis pas, je Tavoue, en mesure de juger, il pense « que la diiïérencc entre ces deux eaux porte sur deux points: leur mode de sulfuratiou et la quantité de sels qu'elles contiennent; l'eau d'Allevard a bien plus d'acide sulfiiydrique que celle d'Uriage, niais elle a en outre des suirhydrates, et il se présente, à cet égard, une cbose assez singulière: si OD tient compte du soufre qui entre dans ces sultliydrates, les deux sources contiennent, l'une et l'autre, la même quantité de soufre, mais sous des formes différentes et engagé dans des combinaisons distinctes o.
Il fait également l'analyse de l'eau de VEchaillon: il trouve 6 à7 cenlim. cubes d'acide sulfliydrique par litre, mais pense, comme l'avait déjà écrit Billerey, qu'en été elle peut être plus concentrée. Néanmoins « je ne pense pas, ajoute-t-il, qu'il faille fonder sur cette source de grandes espérances: par sa composition, Tcau semble être, jusqu'à présent, moins ricbe que celles d'Uriage et d'Allevard; sa position au pied du Radiais, dans le lit de l'Isère, rendra toujours son abord difllcile. 11 faudrait l'élever par des machines ».
Une vue nouvelle de Leroy sur les eaux minérales, c'est l'importance qu'il attache à leur altitude. Même de nos jours, on ne tient pas assez compte de l'altitude, qu'on ne croit active sur l'organisme que lorsqu'on approclie des niveaux où le mal des montagnes commence à se faire sentir. Mais il en est de ce moyen thérapeutique comme dt^s autres : les petites doses longtemps continuées peuvent avoir une action très sufUsante. Je crois qu'il a raison de regarder, comme non négligeable, la perte de poids atmosphérique que nous subissons à Grenoble, encore mieux à Uriage, àAllevard et à Mens. C'est moins la perte du poids en elle-même qui est utile, que la facilité de lextialation pulmonaire et cutanée qui est accrue. Leroy donne un tableau où il a catcidé, pour chacune de nos stations, la perte du poids subi.
Si le chimiste trouvait, dans l'étude des eaux, un emploi tout indiqué de ses aptitudes, le médecin, et aussi le philosophe, apparaissent pleinement dans lu fu[:uu dont il comprend l'action des eaux minérales sur
Torganisme; à ce point de vue, Leroy diffère singulièrement de ceux de nos confrères qui écrivent sur les eaux, dans lesquelles ils se complaisent généralemeïit à trouver des agents pharmacodynamiques formidables. (( Les eaux minérales, dit-il, produisent-elles seules les bons effets qui résultent ordinairement de leur usage? non; ces effets dépendent bien souvent des circonstances nouvelles dans lesquelles sont placés ceux qui en usent, circonstances qui modifient les individus plus ou moins puissamment. C'est à tel point que je pense que si les eaux étaient prises loin de ces circonstances, chez soi, par exemple, ou au milieu des causes qui ont vu naître le mal, elles cesseraient souvent de produire les mêmes résultats; de même que j'ai la conviction que si, dans leur usage, ne devait pas entrer l'influence d'autres modificateurs de l'organisme, on obtiendrait fréquemment le même bien avec l'eau ordinaire administrée sous la même forme et de la même manière ». Nos confrères des eaux durent bondir d'indignation !
< Loin de moi, ajoute-t-il, en avançant ce principe, l'intention de vouloir déprécier le mérite des eaux minérales, de décrier leur pouvoir thérapeutique. Elles ont d'abord leurs vertus propres et spéciales ; c'est incontestable. Ensuite, viendraient-elles à tirer une partie de leur pouvoir des circonstances ac<;essoires qui concourent avec elles, qu'il faudrait bien toujours le leur rapporter, puisqu'elles seraient l'occasion de la manifestation de ces circonstances. Ce que j'en dis ici n'est donc que pour arriver à analyser toutes les causes de leur action, à distinguer ce qui en dépend naturellement de ce qui en résulte indirectement, distinction qui n'est pas sans importance. Tel est le but de ma proposition, et elle est si évidente que personne ne doute que la plus ou moins grande salubrité des lieux, que le changement d'air et d'habitudes, que les modifications introduites dans le régime que la vie nouvelle que l'on prend pour celle que l'on quitte, que les plaisirs, le mouvement, les distractions, ne soient autant d'accessoires qui influent puissamment sur l'économie et qui, joignant leur pouvoir à celui des eaux, ne contribuent à des guérisons naturellement attribuées ensuite à celles-ci seules, et peut-être, cependant, dans quelques cas, obtenues contre elles, c'est-à-dire malgré leur usage intempestif.
Croit-on que, chez cet homme constamment occupé de ses affaires ou livré à une vie sédentaire, la privation de travail, le repos de l'esprit, les courses, l'exercice, dont l'usage des eaux lui fera un besoin, ne concourront pas au bien-être qu'il eu éprouvera? Croit-on qu'il n'en sera pas de
KIME A GRENOBLE. - D' A. BORDIER.
même pour celui qui, habitant des localités basses, <!-tn>it<'s, malsaînes, exposi^ps à mille émanations pernicieuses, y trouvera un air pur, vif, tiégagé de tout principe étranger et laidement, constamment respiré? Peuse-l-on i]ue la feunne délicate, VaporL'Use, oisivo el eiinuyét!, en priiif aux mille fatigues, aux mille caprices, qui tourmentent sans relâche Ir-s personnes Irop inquiètes, sensibles oit Irritables, ne devra pas aux distraclions, BU mouvement, aux préoccupations de la vie toute nouvelle qu'elle y mènera, les heureux résultats qu'elle obtiendra du séjour aux eaux et qu'elle croira leur devoir? »
Albin Gras, nommé d'abord, comme Leroy, prolesseur provisoire de I Ecole (1838), était encore un esprit â aptitudes varli^es : avec Billerey, il y avait là, à l'Ii^ole, trois hommes remarquables et faisant honneur â renseignement médical de Grenoble.
Né à Grenoble en 1808, il avait débuté par l'Ecole des inlncurs de Sainl-Etienue (I82(i-I847), s'était fait recevoir docteur es sciences (1831) et étant élève en médecine de Paris, avait publié une étude sur la gale, sujet alors tout nouveau (1),
Dès son retour à Grenoble, il ne cessa de montrer une grande activité, «'occupant successivement des sujets les plus variés: il débute par un essai sur la Topographie médicalf :3) de notre ville. Bien que ce sujet eut déjà tenté VDlars, Gras sut lui donner un caractère personnel et original ; il est intéressant de remarquer qu'il signale la fréquence, à celle époque, des fièvres iiilerii;illenles souvent larvées. Aujourd'hui ces accidents sont rares el, dans la discussion qui eut lieu à la Société de statistique, lors de la lecture du mémoire, son collègue A. Ctiarvet Alla remarque qu'ils étaient rares autrefois. Peu de temps après il publie plusieurs notes de chimie, «nlre autres, une sur un nouveau composé cyanogène (3) el une l'iude qu'il ne pouvait manquer de faire à son tour, sur les Eaux minérales (4>. Il se propose d'étendre el de faire connaître, dans un but fort louable de patriotisme local, les richesses du départemenl.
Il passeenelTellonrAtonr en revue les eaux de in ifolte, A'Uiittge, oii il trouve y? centimètres cubes d'hydrogène sulfuré par Mire; A'AUfvard,
[\ ) Hecheiilie sur l'aciirus ou Mrcojile de laifule de l'homme, par Albin Gras, docteur es sciences, vlève de l'Hôpital SaJot-Louia, à Paris. 1834. 0, 8735.
ii) Essai de la topographie mâdicale de Grenoble. (Bulletin de la Sociélé de êttitittia'ie, 9 mars 1838).
[3) Note sur un Douveau composé cyanogène, se rapprochant de la substance déaignée par Wœhter sous le nom de cyanogi>nc hydroaullurè. /Soi-ii'l^ de i-Uili'<litif>r. l;i iliV.'mlirc 1839).
(4j Note sur li;s (utiix minérales du départciiient de l'Isère. j'Sociéld de ntalîn- [ique, S!) nuvembrii 183»).
sulfureuses et salines ; de VEchaUlon^ pourvues d'hydrogène sulfuré ; de Corenc^ * dans la propriété Flauvan, route de Chambéry à Grenoble (1) ». Il ajoute : « D'après les recherches de Gueymard, elles auraient la même composition que celles d'Uriage ». Il étudie ensuite les eaux de Choranche^ eaux sulfureuses, dans le canton de Pont-en-Royans ; de Bourg-d'Oisans^ sulfureuses, en deux sources : Tune au hameau des Soulieux^ au bord de la Romanche; Tautre au hameau de La Faute; les eaux sulfureuses de Tréminis; les carbonatées ferrugineuses d'Auriol et de Monestier-^de-' Clermont; de Crémieu^ etenfln la source, non analysée de son temps, de la Terrasse.
Obéissant à un sentiment de patriotisme local, il va jusqu'à dire < que pour les eaux sulfureuses nous n'avons rien à envier aux Pyrénées, et que les eaux de Bussang, de Forges et de Spa pourraient être remplacées par celles d'Auriol, de Crémieu et de Monestier )>.
Plus tard, il porte son attention sur l'histoire naturelle, et en particulier sur les mollusques (i) ; puis aborde les questions d'hygiène sociale, notamment celles relatives aux enfants trouvés (3),
Il passe ensuite à Yarchéologie et étudie les souvenirs laissés par les Romains à Grenoble (4) à l'Histoire de la médecine (5). Ne me proposant pour le moment que de montrer le bilan intellectuel de l'Ecole préparatoire de Grenoble au moment de sa réorganisation, je ne poursuis pas plus loin la revue des travaux de Gras. Nous le retrouverons bientôt.
Il importe, d'ailleurs, de placer à côté de lui et de noms précédents, complétant la liste d'hommes d'une incontestable valeur, qui se trouvaient, à ce moment, réunis à Grenoble, dans Tordre des sciences médico-naturelles, leur collègue A. Charvel, médecin des Hôpitaux civil et militaire, professeur d'anatomie et de physiologie à l'Ecole de médecine, professeur de zoologie à la Faculté des sciences.
Travailleur infatigable, A. Charvet a laissé de nombreuses publications, qui, toutes sont marquées an coin d'un esprit judicieux et élevé : comme
(1) Cette source, qui existe encore, était, jusqu'à une époque très récente, utilisée par les gens du pays. Des travaux de nettoyage et de captage meilleur seraient aujourd'hui nécessaires.
(2) Description des mollusques fluviatiles et terrestres du département de l'Isère. [Société de statistique, 1840).
(3) Notice historique sur les enfants trouvés et abandonnés du département de risère.
(4) Note sur les anciens remparts de Grenoble.
(5) Notice historique sur Villars et histoire des institutions médicales ù Grenoble.
l.A MfiDECINE A fiHENOBLE. - D' A. BOROIER.
a atnmistp, il a laissi^ dans l'esprit (\c. ses élèves une ri^pulalion fonsidérablc
Snn premier travail sur VAclion de topium ckti VHomme et lu» anirnoiu- ni lai»^ i]^jà prévoir le uatiiraliste cl IVsprit liaiih-'iiK^nt gi^tiBraliiiiiteur ; culte dernii-re qualité s'acct-iitui; dans son secund travail sur la DHerminalion de» etpèce» ea taologU (:£>.
Ce n'est pas sans un certain étonnement et sans satisfaction, qu'on voit à cette époque, où Lamarnk était si oublié, si méconnu, où Darwin n'existait [ïas. trlompliLT dans l'esprit de A. Charvet les principi^ dôtendus par Rtienne GeolTroy Saint-ililairccontroOuvier. <t Ces groupes (les espèces),
dit-il, sont arbitraires Dans les animaux, comme dans les vé^^étaux,
il pst souvent diflicite de distinguer ['etpice de la variété. ... et il faudrait parvenir it déterminer d'une manii^re précise les limites des variations possibles dans les végétaux fournis & des circonstances dilTérentes, et, pour les animaux, savoir les variations qu'entraînent l'iUge, le sexe, la localité, la race >.
IFlus tard, d'ailleurs, il se montrera l'élève d'Isidore GeolTroy-Sainl- Hilalre, par la publication de plusieurs travaux sur les monalruatité» (:t). Dans le domaine de la ituologic descriptive, il publie deux notes sur le iragotmeaa (4) :
« Ce nouveau dragonnean se trouve dans deux ruisseaux de Fontanil, qui ont une source commune, dont le fond est pierreux et le courant rapide. II se trouve aussi à Saint Ilobert et à Saint-Egrève, dans le torrent de la Vente; ;\ Saint Mailîn-le-Vinnux, dans le petit torrent qui coupe le chemin de Quaix. . . Un ver de cette espèce fut trouvé dans la fontaine du Lion, ù Grenoble, ainsi que, prés de Meyian, dans l'intestin du jrr^f/iu alrit/u- (uf et dans celui du phaarroplrre* fiUeata •.titans les gros torrents, ces vers Bonl cachés sous I» pierre, à l'abri dn courant et de la lumière, et ne nagent jamais à la surface comme ceux de Claix et de Risset • : Il décrit, en somme, trois dragomieaux : 1" de Risset , S" de Claix ; 3' des torrents. ( Chj
(t) Action df l'opium ehv: l'Iiom.
' CnAUVKT. miilioiliJHiuo, V, ttU.
(2) -S'ur lu déti^rtninaiion dm trpèi VKT, 11*27, Tli^se pour Ib dor.torat '
■ et l& a»imati.r, pur Pi erre-Alexandre
(H) Itrcherflwe pour imûr à t'hialoîre gén iniFnaia', par A. Ch
lililiothi^ue ■aie de m i
tnonttruosUé dan» le»
ÏHAHÏtT (1837).
HeehereJie» »ur Un momtruo»Uéit par incluaian chez le» animauj: (1838), jmr IJ'' A- CiiMivET, professeur il'analomic A l'Ecole ilc mèileciiio de livfiioltlc. 14) Note sur le rlra^uiineau de Claix ol le draKonncJiu <lo Kiasel (nouvelles ■ Linle» du Muscurn, lomu tn).
Noir sur anv i!i.\iwe jiuji di'-ci-iU> du ffuiuv drdgonncait, Grciiolilo, T. iJa7.
Ce dernier se rapprocherait des filaires et sa présence dans i'inteslin de quelques insectes, aussi bien que sous les pierres des torrents, à l'abri de la lumière, du mouvement et des changements de température, était, aux yeux de A. Charvet, une condition commune du milieu^ qui expliquait sa vie souvent parasitaire et son passage au type (ilaire, dont il diffère cependant par une bouche non cornée et par un tube digestif simple et sans renflement.
En 1839, Charvet est nommé professeur à la Faculté des sciences, et, malgré ce surcroit de besogne, continue la série de ses publications : il publie une note sur un Hydracbme parasite qu'il a trouvé chez Tanodonte des canards, des marais de Voreppe, sous forme de petits grains noirs, subovoïdes, répandus entre les feuillets des branchies et la lame palléale (1). Nous aurons encore, au chapitre suivant, l'occasion de constater les effets de son infatigable activité. Ce que je viens de dire des principaux professeurs de la nouvelle Ecole préparatoire, montre assez que son personnel enseignant était évidemment supérieur et digne de la réorganiaaliofi.