‹ La Médecine à Grenoble: notes pour servir à l'histoire de l'École de médecine et de pharmacieChapitre 40 sur 45 · C. Leroy, f · texte numérisé non relu

C. Leroy, f

A. fin AS, S

Les générosités de l'Hospice ont été acceptées par la ville, qui porte de suite en recette la suniine lie ïllO h. à re»juvrer de l'IIospicis pour premier à compte delà réorganisation de l'Kcole secondaire (I); eulin, comme par un heureux présage, le bniil circule que le gouvernement va proposer aux Chambres un projet propre à retenir les étudianli en médecine dan» leun Académtf» reipevtive» (2), mesure excellente et néces-saire... que nous attendons encore, mais à laquelle la force des choses conduira certainement. En attendant, chacun s'efTorccde trarailler dans la sphère de sou

(1) ArcUive* lie l'HopUal. K K. 2.

l'2) U'Hrp du Frél'cl nu Maire, Arrhirex iii'itti'cijja/e», 9, F,

luppUanU.

l,\ MfiUKi.ENR A liURNOBLR. - f\' A. miniïlKn.

aclivili^ : SUvg, Aribtrt-Dufre»ae, A. (Jharrel. C. Leroy el Albin fîras formaient déjii un gronpe d'iiommes intelligents et actifs; le Hfcti'ur écrit, ùiii le lendemain île lu rëurgaiiisalioti. à la commission i)es Hospices, pour obtenir ilVIlu un laboratoire de chimie pour Uro/f, profesisenr de chimie et de pliarmacle (1). Robin, le directeur, appuie de son cOtô celte cn^atioii et insiste sur l'iirgenc»!.

la situation des élèves en pliarmacie n'i^ttil rependant pas encore bien nette: l'ordonnance du 13 ocluhrciêiOlHail h irenu-^iinqfraaa le prix de cliaque inscription trimestrielle dans les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie, aloi-s ipte dans les trois Kcoles spéciales de pliarmacle, les élèves n'avaient i payer qu'une t>umme annuelle de lrenie-*is franc* ; d'ailleurs les Ecoles préparatoires et les raiiselts municipaux de plusieurs villes proposaient un cliilTre différent pour la rétribution scolaire des pliarmacicus. Le ministre de l'instruction publique prit le parti de fixer le maximum au taux précèdent et de laisser aux mnseils municipaux la facullé de l'abaisser autant qu'ils voudraient (i]. Lu conseil municipal de Grenoble lixa le taux de cliaque inscription pour les élèves en pliarmade à ci'n^ fnaici.

Vm même temps, une ordonnance royale étend aux élèves en médecine des Ecoles l'obligation, jusqu'ici imposée aux élèves des Facultés, de suivre [>cndaiit une année le service de l'ilâpital.

A l'Hopilal, Robin et A. Charael étaient médecins en clicfs; Aribert- Dufretne était médecin adjoint. Les institutions médicales de Grenoble s'améliorent du reste ; à Saint- It.obert, le D'' Evrat, avec une rare énergie et un incontestable talent, lutte, en dépit de mille obstacles, pour fonder un asile modèle, qui cessa dès lors de recevoir les mendiants, les syphilitiques et les lllles-inères, désormais établies à rilôpital : double amélioration aussi utile pour l'asile que pour l'IIospico de Grenoble, où se trouvait ainsi réuni tout le service de la maternité.

Une nouvelle activité semble régner même parmi les élèves et Robin, t:umme directeur de l'Ecole, prie les administrateurs del'Hospice de décider un concours d'internat et un concours d'externat (3). Les jugKsdu concours, «t c«la montre bien la fusion de l'Hôpital et lie l'Ecole, sont les professeurs de l'Ecole et les memb/.'s de la commission administrative de l'Hospice.

(1) .•Ire/.iufl» rl« Vlhpital, K K, 2.

{■2\ Oi-donn:incc Ar l.<mw-l'hilr|.|>.'. .lu jll ii

l3) Ai-elnve» de fUtipUal, E K, i.

lA HlneciNE A GRENOBIf. -- Jfi A. OORDlEIt. tlR

Il est juste dp conslatrr que se sont deux professeurs adjoints i)tii, aver A. Charvet, cnntinuent par loiirs travaux scientifitiues à jeter le plus de lustre sur l'Ecole.

Albin Gra», dnnt certains travaux nous sont déjù connus, public i'har|ne anni^e igiielqne nouveau mémoire et tonjorirt* sur les sujets les plus varii^s:

Kn 1842, dans une noie sur le Magnétiime animal {i). il relate certains faits alors ncniveaux et presque merveilleux, que l'Ecole de la Salpétrii^ro a fait entrer depuis dans le domaine de [a physiologie plus au moins normale.

L'année suivante, tS43, il se fait dèmograplie (2) il lonstale [q[ie depuis quata- ans, les mariages et les naissances oui diminué h drenuble, tandis que les décès ont augmenté : de 1830 à 18J8, la moNenne annuellt' des décès était de 858 ; de IR38 ii iSH, elle est devenue 'JâJ Ddns la première période, lu moyenne auniielle des mariages était 264; dans la seconde, elle devient 251 . Il attribue ct>s résultats :\ l'insalubrité de la ville, due elle-même aux travaux exécutés par le génie militaire, à l'augmentation de la misëre et au grand nombre dis désastres lliianciers survenus, parait-Il. à œtte époque.

La même année, il publie le plan de deux anciennes portes deCularo (:i), construites par Dioclélien et par Maximien, qui existaient encore ii la lin du XVI» siècle. Le plan qu'il donne a été copié sur un ancien manuscrit d'Aymar de Rivait, appartenant à CliampoUion.

En IS4-i, il publie le mémoire, que j'ai eu l'occasion de citer plusieurs fois, sur les Institutions médicales rie la ville de Grenoble (4) et une étude sur les bois du département de l'Isère (5). Il insiste, avec raison, sur la disparition des vastes futaies de chênes, de liétres et d'arbres résineux dont l'existence est prouvée par les chartes et les titres anciens : la plaine de Bièvre aujourd'hui uue,était jadis occupée par une immense f{»rêt Les défrichements commencèrent â l'époque de Humbert II, qui fil de nombreuses concessions de coupe aux communautés religieuses, ainsi qu'à dirrërenls particulieni ; malgré les édils du gouvernemenl, la dévastation

(1) Albin Gras : Note sur In mu^nPlistne animal (Société de itatUtitlue, 1g4âK

[i) Not« lp mouvenirnt nnouel des naiBSiinr.i.'ii, dts dixèa nt des inariHtins â Grenoble, de 1830 A lfi«,

(3) Albin Gras : Note nur ileun a,ncieanes portes (in CulNto {Bullelin de la Société dr stalistiqaej , l'une lie ces portes, dite Momaint on Jovia, étoll siluée à reulrrmiti' de lu Gnind'Hue. du cMi- de Grenoble el avait pris le nom di- porli- ÏVoMMc; l'autre, dite Viennoise ou llereulea, au Dord de lia place Nolre-Duiue, était connue sous le nom de porte de l'Ëvêchê.

(i) Bulletin de ta Soeiélf' <le f,tali»li'iue. 1»i4

(5) Albiu GruH : Elude sur It-ii bois du d.''|iiirU>iiicnl de I Isilire, Grenoble I8U.

<Ue, [.A MÉDECINK A ORENCBMi;, - Tf A. BORfllER.

des forêts fut continuée au xvrii» siècle et fut portée à son comble pendant

la Révolution.

Beaucoup plus importante est la publication de la statistique botanique du département de l'Isère (t), t-avail considérable pour l'époque.

A. Ckarvei continuait, de son côté, ses importants travaux : en \^i% il fait paraître une élude sur un cas de mélanisme partiel d): en tt<J4, un travail sur la reproduction d« la sangsue (3 . IMnlérét de ce mémoire P5t aujourd'hui bien diminué, la sangsue étant peu employée, mais, à cette époque, c'était une question d'actualité ; les sangsues dii^paraissaient de notre r^ion : les marais de Bourgoin, qui jadis sufilsaient à appri visionner Lyon, n'en avaient plus; les marais du Bourg-d'Oisans. de Sassenage. allerris et pourvus de larges canaux d'écoulement, devenaient impropres à la culture de celte hinidinée. L'auteur signale également comme contribuant à détruire les sangsues, la musaraigne d'eau (Sorar fodiens).

C. Leroy poursuivait ses recherches sur les eaux minérales du Monestier (•*) et d'Orîol (5), dont la captalion venait d'être améliorée par Accarias, leur propriétaire,

Pendant que l'Ecole préparatoire de Grenoble s'acclimatait à son nouveau régime, les intérêts supérieurs de la mËderine étaient discutés â Paris où de graves questions s'agitaient, qui devaient avoir plus tard, mais bien tard, leur retentissement à Grenoble.

Le 18 novembre ISIT», M. de Salvandj/, grand-maitre de l'Universilé, sentant la nécessité de faire une bonne fois des réformes profondes dans renseignement de la médecine, sans cesse remaniéâ la surface au gré des événements puliliques, propose au roi la nomination d'une grande commission cliargée d'étudier les moyens n de donner satislactlon aux intérêts les plus essentiels de la science et de la société (6) ».

(11 Statistique hotaniqui: du dri^-utfmpnf r|r> r|?;Tc. on mii'l'' •^•' hnl^nislr- Aans le ilcparlciricnl, psr Albm Gras, doelinir ■- «riiini-,, rl'ictr'ur i-n tiii'ilt-Tiiie <\i- In

t'Hcultù île Paris, professeur li l'Ecoic [iiv|i,ir,i .I.' m.'-hv i <W iiliiiniiiicic

du l'Iai^ri-, mnmlirc corn^spondant de l;i Suiii'ir' LiniM-r Ir ].yii\ et di' la

Société m/'Hienln [l'éiijulution de la iiiéiin' mIIi'. \jlt -rucicJUiirL ilf l;i Socièlt- du elatJBtiquir \Mi. 0, fWO.

Albin Gras dfvint an 1852 Bccrélaire ptT|»él<iel iIp la Socii'lé de slnlistique, k la mort de son (réro Sripwti Grat.

(3) Bulletin de la SocUlë de alatiflique, 1813.

(3) Bulletin df la fUnci^lé rfc slatistique, 36 jiiillrt 181*.

(1' Notice 3UI' le» enux miD^raleii du Houeetier, Société de flatittiqm!, 1812.

I5^ Nouvelle analyse de I Vau gaïcuse el ferrugînciiM d'Oriol, pr^s Mens.

|R) Vnir Benuchamp : Enquébv et doruni(.-nt5 rrlaliUs i l'enseigncnieat 5U|>ûrieur, tome SLix. "

Civile roiniliissioij (-lail [iD^sûlru par Or/ila ( 1 1. I,cs (|iii!s:ioiis roliilives à lYnseignenifiit dans ks Rroips pri^paratoîres , Ips seules rjui doivent in'rjcnipiT. tnrcitt vivement délialtiifs. Conlif lvs Ecoles [larlait Terme, rneinbre (Ir 1.1 Chiimliri? des dépiit(''s et maire do Lyini, (pii m visait qin- leur suppression avec créalion d'une Faculté lyonnaise. Leur 3Vui-at, dont le nom mérite d'iHre ici mentionné, fut Ginirae, professeur de rliniqiie médicale & l'Ecole préparatoire de médecine ft de pharmiidc de Bordeaux.

Dès la première séance, les positions sont prises : Donn^ ayant proposé de voter « que les Ecoles existantes conliniieront à vivre, qu'elles feront partie de l'Université et que leiii-s recetles ainsi que leurs dépenses Feront portées au budget de l'Etat », Ternie propose carrément leur suppression et leur remplaej?nienl par une faculté nouvelle à Lyon.

Comme on vonlait en même temps supprimer les officiers de santé et qu'on s'appuyait sur iwtte suppression, à snpposer qu'elle ffit votée, pour fermer les Ecoles préparatoires, sons prétexte qu'il ne devait pas y avoir denx irdresd'enseignement.alorsqu'il n'y aurait plus deux ordres de médecins, Ginirae lit valoir en faveur des Ecoles des motifs qui valent encore la peine d'être rites, même aujourd'hui que cette suppression est faite ;

« C'est une erreur de croire, dit-il, que les Ecoles préparatoires soient destinéi's exclusivement à faire des officiers de santé. Loin de là; elles préparent un grand nombre de candidats an doctorat, qui viennent plus tard dans le.s Facultés. . . De ce qu'on ne conserverait pas deux degrés de médecins, on ne voit pas pourquoi les Ecoles préparatoires devraient

être détruites En pénéral. il est avantageux de multiplier les foyers

d'instruction et c'est une erreur de croire qu'on relèverait les Facultés (le province en détruisant les Ecoles préparatoires, n

Les Ecoles préparatoires furent maintenues.

Une autre victoire de Oinlrac devant la commission fut l'accepLition, en principe, du conroiirs pour le recrutement des professeurs des Ecoles préparatoires. L'illustre professeur de Bordeaux s'étonne que. alors que le concoursaélédécidépourlesprofesseursdesFacultéSiOnne l'applique pasà ceux des Ecoles préparatoires. « Son refus pour ceux-ci constitue, dit-il. une véritable irrégularité. Ainsi il y aurait concours pour les prosecteurs, les chefs de

!1) Elle Plaît ainsi coraposée : Orflt», président; Donnr ; Fmiquier; Chomcl;

I liouill»ii<l; P. DulMiHï Roycr-Collard ; Anaral; Veti>eau; Roux; Dutnaa ^ Ik-hlir;

\ Marchai île Csivi; Claizergue-, I»rdat ; Cozp: Kur^et; UuRsy; Uintmr: sr-tiiic;

I Combes: Srrre»; 6>*enton; PBriwt; VilIciKUW ; Boutlav ; ûip; Alijiiii'-i Hittiiiud

■' s Itriw; T<.Tnic; l^erroiuc et Oitlois.

LA HÉDKCINR A GRENOHI.K. -- D' A. BORDIKR.

travaux aiialnmique», ki agvôgi'», puis inliTriipIion puiir les piarcsscnrs des Ëcok-s prépurulalr<^s. el <le nouveau ramroui's pfjur les professeurs des Facullés. Pourquoi cellu diUérciira? Pourquoi ce délaut d'Iiantioiiic? » < C'est à toil qu'on a supposai que des tnoiiccs, des inliigues vicieraient en proviuct: les résullals du conixiurs. Mais le i-oncours délivrerii les juges des trois ijuaris an moins des intri^nts qui s'y seraient pressés sans lui. » Plusieurs membres acceptaient ic concours, mais à condition que, pour le df^barrasser des innuences locales, on le transporterait dans uuo l^aculté: c'est 1'- système qui nous r^it actuellenieitt. « Je verrais dans celle mesure, ri^pond Gintrac, de trôs graves inconvénients. U'abord les jeunes médecins des villes oi'i sont placées les Ki^ules préparatoires et qui voudraient concourir, seraient obligés de laisser li'ur clientèle;- .. . d'un autre raté, et ceci est sérieux, en ûlant aux professeurs de» Ecoles le droit de contribuer au choix de leurs nouveaux collègues, vous jetteriez sur eux une déconsid^'ration imméritée ; vous les mettriez en état perpétuel de suspicion Ne voyez-vous pas partout le niveau des éludes

s'élever? Et ce serait avec ce mouvement exp^isif, avec ce ruyitnnement vivifiant, que vous penseriez à une mesure qui frapiierait d'inertie nos écoles, refroidirait le zèle, réprimerait les élnns généreux qu'il importe tant de faire naître et d'exciter loin du centre?. . . . Le sol scieutiflquo est généralement assez paisible; il serait au moins parfois remué et tuujonrs au profit de l'instruction de tous. Vous ne priverez pas, je l'esptre, nos cités de ce moyen certain d'émulation, de ce levier précienx, qui tend

d'une manière si efficace le^ ressorts intellectuels ; c'est donc devant

l'Ecole où la ctiaire est vacaale que le concours devrait avoir lieu. »

Gintrac ajoutait : n Je soutiaiterais d'ailleurs que le professeur d'une des Facultés du royaume, cliai^é. de lu chaire correspondante â celle dont la VRcancB motive le concours, retul de M, le Ministre la mission de venir présider cet important concours ».

Appuyé par Velpeau, par fioi/itr-CoUaril , le principe du concours pour la nomination des professeui's des Ecoles préparatoires fut adopté pan la commission. Elle décida également que le jui? serait présidé par un délégué de rUniversité. pris soit dans l'une des Facultés, soit dans l'une des Ecoles de pharmacie.

La même commission émet le vœu : » qu'à l'avenir, il ne sei'a plus créé qu'un seul «nlre de praticiens, celui des docteurs eu médecine x.

Un congrès médical i-énnl à la même époque avait émis, de son c'^té, des vœux pre&sunts, en faveur des Ecoles préparatoires très fortement menacées. A la séance du clolure de ce congrès, i|Ui avait réuni les

lORUlER- 211)

idmrnU(iM inMicaliw île la |noviiifp. M. do SalvaiKiy, leur dil ; ■ Les îetAcs préparait (M'es vous ont occupé. Dans cette sagesse qui a plaii«'' sur s travaux, vous avL-i! [K'iisi^ iiii'elli's ileviùeiit être maiiileriiios; vous s iHes proiinncù» pour le fuit existant. Un vmi a èlé expriuiO : que les wlus préparatuires de méijticiiit! el Oc pharmacie fussent plus (limitelenl attachées à l'Université; qu'elles passassent tout entières sous son btorité; qu'elles ne relevassent que dVtlu. Vous avez eu raisou. La IgriiU: de rciiseigriement médical y est intéressée >. ■ . . • Il faut de leur é qui? les villes s'appliquent au luatérîi'i de vo» Ecoles, dont le dévelyp-

^mcnt est indispensable au but que nous voulons atteindre * l.e

, en tenuiuiint, engage les médecins i lutter < contre cette cmraîitalion contre laquelle le devoir de mon mtnuUre esl de lutter ». Belles rôles qni ont mis du temps il devenir une réalité, ou du moins à »mmenrer à se traduire dans les actes l Entre temps, le 7 septembre 18i6, un an-été instituait les esamen» de t d'année pendant le cours des études médicales, etspéritlaît que les ' «IX premiers, passés dans les Ecoles préparatoires, étaient valaliles r l'inscription idtérieure dans les Facultés. Ces examens de fin d'année braient l'avantage de donner aux coupi professés dans les Ecoles réparatoires, une sanction qu'ils n'avaieid pas. Leur suppression est i très préjudiciable à l'exactitude el au zèle îles élèves en médecine,

Enfin, le lô février 1817, M. de Salvandy présentait à la Chambre des Mirs un projet de loi. sur l'exercice el l'enseignement de la métiecine.

Il y prop{i!tait la suppression des ofliciers de sunlé: il nMliiteuait la divisojn des élèves entre les 3 Facultés el les 10 Ecoles secondaires; il conférait aux Ecoles préparatoires, en la restreignant aux deux premières années d'études médlcalus, l'égaillé absolue pour ces deux années el il constatait cette égalité, en investissant les Ecoles pré|>arHtoires du droit nouveau de conférer, comme les Facultés, un premier grade médical, qui Hit été, comme dans l'ordre de droit, le baccalauréat; mais il maintenait iox Facultés la prérogative île conférer seules, la licence et le doctorat et lait  cinq années le cours d'études nécessaires pour le grade de docteur, h la reconstitution déllnitive, ajoutait l'exposé des motifs, qui est proposée wur les Ecoles préparatoires, a paru l'unique part qui fut à faire à ta ^flusion de l'enseigne nienl et aux progrès du temps. Ces écoles désormais Tint des annexes des Facultés ; elles parliciperont au droit de conférer isgrades: cet acte solennel mai-quera leur rang dans l'Universilé, et par le falstre qu'elles en recevront, les pères de famille seront de plus en plus

250 r.A MfinEr.lNR A (IBKNOBf.R. - U' A ROriniEIl.

encoupaurés à leur cnnllcr leurs enfants (I) », « Ops rpntrps il'étndes multipHées, fiit-il encore, ont pourl'enHeignenientdcsavaiilagcs considéi-ables : Tarées plus libre et plus facile dans les janlins bolanitiiies, dans le» collections, dans les araphillirâtres, dans les hApîlaiix, an lit des maladi»; la parole du inailre (^coulée de pliispr^s, phispersonnelle.sinon plusfréijiienle, l'I ponr les familles la proximité, l'éc^noinic. ta sécurilë ». Enfin le projet ajoutait : t Les Endes préparatoires seront mises sncfiesslvement â la cliar^je de l'Etal ; le matériel et les roUeclions resteront à la cliarge des communes >. ,

On disait à Grenoble <|ue trois Ecoles allaient passer an bndt^et de l'Etat : celles de Lyon, de Hordeaiix et de Toulouse. U- maire de Grenoble s'empi'essa d'adresser une pétition anx Gliambres (2) pour qu'aux villes de Lyon, Bordeaux et Toulouse, qui étaient visées par te projet, on ajoutât les villes qui ont nne Faculté des sciences, comme Orenobte, Caen. Rennes, Besançon. Dijon. C'»^tait un actiemînement détourné an litre de Faculté. Mais tous ces projets restèrent à l'étude. La Révolution de 1K48 vint arrêter la réalisation d'un plan qid contenait beaucoup de bonnes clioses.

Quant à la pbannacir, ce n"est qu'en I8jO que la réforme des i?liides lut mise en discussion et soumise à une commission i3). Dans leur rapport, les conimissali'es luuclicnt incidenununt une queslion qui nous intéresse : « Nous n'avons pas mission, disent-ils. d'examiner si les jui-js locanx, tels qu'ils sont constitués aujourd'hui, fonctionnent d'une manière satisfaisante ; si le profi^sseur de la Faculté di; médecine chai'gé de pi-ésider ces jurys, composés de deux médecins et de quatre pharmaciens du département, n'est pas d'ordlnairi! réduit à protester seulement par sa boule noire contre la taibiesse des candidats admis par la majorité et si, dans l'inlérét des études pliarroaceutiques, il ne serait pas urgent de inodiller cet état de choses, en supprimant la collation des (çrades par les jurys locaux ». Mais rien ne fut résolu.

Knfln, en 1854, un vaste projet fut présenté pour la médecine et la phannacie.

Mais il ne s'agit plus du projet de Salvaudy, qui semble abandonné.

(1) L-psFucultés de Paris, Monippllier cl Strasbourg comptaii^nl A cpUo époque, à elle trois, t.05'2 étudinnte, Lps 20 Ecoles secondai reii en comiitaienl ensemble 823; l'Ecole tle Grenoble en comiiiait ;t'2.

(2) Archives municipales, O, F.

(3) Elle était comiiosêe de ; Thénard, Orfiln, Bénird, Hiissv. Vptsw. thnvrciil, de JuBEieu, Uilne-Eawu'ds.

LA WÏIÏFCrNE A ORENOWLE. - Tf A. BORDIEfi. 2S1

An liai des réfornies radicales qu'il comportait, on si' Irarnery ^i tertaiiics améliorations de r^lat de chose existant.

Fn t^le (les rérormes utiles el logiquement devenues nécessaires, proposées en l«5t par A. de Konrtoni, il Tant noter la suppi-ession des jurf/i in^icaHx «iIiHit on pouvait i-omprendre la nécessité lorsque renseignement mMleal étitil à peint) organisi^ en France, mais qui n'ont plus do raison d'être, depuis qu'on a eréé vingt Ecoles préparatoires de médecine et de ptiarmncie. A quoi bon des commissions spéciales pour délivrer des grades, quand les Facultés de médecine et les Kcoles {)euvent sulfire à celte tâche et soniheancoup plus compétentes ».

Une réforme d'une grande valeur était, en outre, proposée : jusqu'à présent les jurys médîcnux délivraient aux officiers de sanlé un simple eerlilleat d'aptitude, « Après une discussion approfondie, le conseil impérial de l'instruction puliliqae et Ir Conseil d'Etat ont été d'avis de proposer la suppression absolue du prétendu certillcat d'études médicales et di' le remplacer par doute inscriptions prises dans mio Kaculté de médecine, ou par qualorw inscriptions dans une Hernie préparatoire de médecine et de pliarmacie >, importante modilîcation qui ne pouvait être matériellemonl an moins qu'avantageuse aux Ecoles. Ces mesures s'étendaient d'ailleurs aux pharmaciens de 2» classe, aux herboristes I et aux sages-temmes (1).

(1) tin dncM d'iioiU I85i Hti}mlait :

Aht. 12. — Douxu inscrijinona dans une FhcuIIi' de mrdec-inp (H-iivi-nt Mrv compenfliVâ |iar quiilorïf inscriptions prises dans une Ernlc |ii'''|>iii-atoirR de médecine ri di- [ibarinadR, moyennant un siipiili-Tnent de emi) Trancs par inscriptioD.

AnT. 17. — LeB jurys médicaux cesseront kure (onctions au l«f janvier

prochain, en ce ifui concerne la délivrance des certiflcate d'aptilude pour les pro-

. liSBBionB d'oftlciers desant/', soge-femmes, pharmaciens et herborietcs de i" classa.

A partir de celle époque, les certificats d'aptitude pour la profiifuiion d'olfleier

de Bsnlè el celle de eafte-iemme seront délivres, soit par les Facultés de inédeelne

de Paris Montpellier et Simsbuurg, soit par les Ecoles préparatoires de médRcine

, et de pharmnric, sons la présidence d'un professeur de l'une des Fiicnltf's de

I mMccinc.

. partir de crltc époiiiic, leo ccrliricats d'aptitude pour les profc-ssions d« pliar-

. sien et d'IierlioriBlerfe S' classe seront délivrés, soil jiar l.-s Kcoles siiiiéni-iirr-s

I de pharmacie, soit par les Ecohs préparatoires de mediTim ^i il-. |.|i.iriii:u-ic.

loua la présidence aua professeur de 1 une des Ecoles siii"'ni un- li ili h m.n-iv.

Aht. su. — Les aspirants au titre d'officier de santé iIoim ni |ii~iiiii i 'l< <ligu»'

I inscriptions dans une Faculté do médecine ou de quator;' >i'ri|iiiiiii< il.nr-. une

Ecole préparatoire de niédcdne et de pharmacie. Les upiranlsau titre de pharmacien de S* classe doivent justifier : I" de six luiDées destaee; }« de «juatro inscriptions dans une Ecole tiupêneure de phar- \ macic ou de su dans un<.- Eeoli.' pré[>ai-alolre de médecine et dcphm-maeii'.

Deu» années de »t.igf pourront «Hre compensées par quaire inseriplionfi dans

25* l,A MÉDECINE A OHEN0BI.E - H' A. RORDrER

ceux de l'espèw commune, A b iiiéme i^poiiiic. il publie un travail «nir un CA6 d'inversion splandmiiiui' gf'néralf (1): (rntpc lemp* Il s'occupe de rouillE^s patptliniiingiqut^s (2).

Son neveu. J.-B. Charvel jeune, préparateur d'anatomie à l'Ecolf df médecine, passe en 184!^ sa tlièse de doctorat (3).

L'enseignement snpt^neur s'accroil à Grenoble en 1847, par suite du rétatilissemrnt de la Faculté de« lettres, supprimée depuis 1816. Enfin 18.50 voit arriver trois nouveaux professeurs suppliants: Sicota», Miehaud, et Kdnuard Leroy, fila de C. L.t'rûy. Le dernier n« tarda pas à donner sa démission; le D' Mîcliaud compte aojonrd'Iiui, après une carrière bien remplie, parmi nos professeurs honoraires (i). Le D' Miehaud et Nicolas furent révnijui^s après le i décembre ; M. Micbaiid fut réint^^ré (18 juillet 1853), après avoir juré obéissance à la Constitution et fidélité à l'empereur. Nicolas ne fut pas réintégré (Ti). En 18r>fl Epaminondas Bertrand est nommé clief des travaux analomlques; il est en 1853 professeur suppléant d'analoniie et de pliysiolt^e, La même année, Breton (Henri), professeur suppléant, est, avec l'aulorîsation du Recteur, chargé par le titulaire Uroy de la cbiire de pharmacje. M. Breton, dont la verte vieillesse délie les années, est avec H. Hicbaud un de nos professeurs honoraires.

On certain noml)re d'autres modifications se font en peu d'années dans le personnel de l'Ecole : en 1856, Arthaud, qui a quitté le barreau pour la médecine oCi il acquiert une grande clientèle, est nommé chef de travaux anatomiques en remplacement de Bertrand, dont la délégation est expirée.

La même année, Miehaud, déjà professeur suppléant, est nommé pro*

II) Ubservation sur un cas d'inversion splandinique général, T. j (2^ D'unu caverne k oaseumil» a lieval (brOine), (SociiUé de stataque, 1831], Bibliothèque. T. 1338.

(3) Sur riiicurvalion InaLinLincr des os loiiffs chi'f les enfonlfi, Bibtiothikiue, 0, 3SK3.

Le Qr J.-B. CitAKvET, litlèle uiix truditions de sa famille, portf encore aujourd'hui fort allAK''cnient, sprùs avoir iHÎt une trmndi! clienlËh-, un nom respocU^ dans le monde savant romme |)aleIhnolo([iKle. Lu <|ui>Btiuri du hnruac lie meut du cheval, BU point dt- vue prèhie torique et liiF^toni|iie la pjincIpalMnent ikcuim'-, S<» Iravaux funt uutorile et ses collei-li'Ui- im' um ii-|>iii,itioii européenne.

(4) Parmi les travaux du Ll' M" iiau,i. ^ iiiri.iL ;

Noie Bur un fLetua montriK-in -i.-.;. .fc 'hii.^iô/iu, 18W);

RénexLaiis sur qupIquM épidiinK ~ <lii iMii|iliiiit'' tHuei^é de tlatiHiqui: tH46).

(5) l* U' Nicolas était membre du ronsiiil municipal du Grenoble. II est le p*rc de notre coll^jfue le D'' Mmlns, qui continue h ri^oFe, rommu niicieii prnlmwur suppléant chargé du courti de pliysiotOKip. If.-t traditions d'bnnii(-ur rt de travail de sa famille.

U MÉIIKCINK A r-HENOULE. - D- \. IHirmiEH. 255

fesst;iir adjoint ilr piillinlusii' iiiliTiie. bjiiiii i;u 18cj7, Arikaud, fiéjà chef lie travaux analoiniques, l'sl iiuiuuii; iirofi-sseur sup)>léant; U conserve néanmoins le titre et les rmictinns lir. chef des travaux, cl est ulian^é, pctniianl le suineslre d'éli^, de l'enKelgnerijeiit ili; la ptijsiulogie, qui, dans les Ecoles réorganisées, ûlail coiiliù au proresseiir adjoint d'anatooiie et de physiologie ; Berriat (Hipptilyte) est également nommé suppléant.

La situation de TRcole vis-à-vis l'Hôpital est d'aillom-s toujours U même ; la subonlination est coniplilite et los cours nt; se font pas, quand les be-soins de l'Hôpital I exigent: le !â7 juin 1855, l'administration de l'Huspice uverlit purement et simplement l'Ecole pour lui dire: i La réparation de la salle de MM. les ofliciurs nous met dans la nécessité de disposer du salon des cours, le cas échéant, pour y placer les ofliciers malades ([ui milrcraient à l'Hôpital militaire. Nous avons pris toutes les mesures pour assurer la prompte exécution des travaux. Nous espérons que nous n'aurons pas de malades dans l'intervalle. S'il en était autrement, nous vous prierions de supporter avec nous cette gène uiouientanée, en étihiissant provisoirement les cours de mcHlecine dans la salle des opérations et dans le laboratoire de cliimie > (1).

Les compensations qui peuvent se priJsenter dans cette êlrolle dépendance ne sont pas d'ailleurs suffisantes ; elles se Ixirnent à quelques livres rei;us : < Le 37 août 185â, M. l'iucendaut luilituirc traiismel plusieurs volumes des mémoires de médecine et de ptiarmacie militaires: d'après une dépêche du ministre de la guerre, ces volumes sont déclinés ù la bililiolhéque de l'Hospice civil, et comme celte bililiothéque vous est confiée, a&n qu'elle puisse servir à l'iiislruction de MM. les élèves, nous avons l'honneur de vous les adresser » {i).

En 1861. l'Ecole perd son directeur Silvy (Célestin), liouiii»> actif et dévoué. Ltrû^ pourra, ave<- justice, dira sur sa lonihe : « Ses fonctions publiques ont eu plus de ^ ans de durée et nous seuls, i4es coliques dans renseignenicot. pouvons dire avec quelle exactitude, quels soins consciencieux il les remplissait, plein du dé-sir de voir l'Ecole prospérer, y concourant de tous ses efforts, aimé de ses collaborateurs et chéri des élèves, dont tes succès faisaient l'objet de ses plus vives préoccupations ».

Il est remplacé par Berriat, comme professeur, et comme directeur, par Ariberl-Dufretne (lU mare i8(Jl), professeur de matière médicale.

fi) HcRiBlrM (les il i-litipra lions dt- rili)§piet>. t^] lluKialrir des dclibi'i'iiliuus ilu l'Uospicv.

ffi6 I.A MfinECINK A r.nENORI.E, - îi' y BOnniETl.

Quant à Leroy, le doyen de la h'aculté des sdfnceH, dV^jà prfifcsiscnr

adjoiol de diimie à l'Ecole, il esl nommé, en 18ttl. professeur titiilnire

de i-liimii'.

Si nous laissons un moment l'Ecole pour voir en deho'ps d'elle le inonde médical, nous constatons un mouvement qui est tout â l'honneur du corps médical do Grenoble. Il a pour effet la transformation, le rajeufiissement de l'ancienne Société de lanlé. qui avait S plusieurs époques joué un rftie important. Le ^0 novemt)rf IS'ili, sur l'initiative dn D'' Buiêtard, et avec l'autorisation du préfet de l'isèi'e, m date du iS octobre, les médecins et pharmaciens de l'Isère, réunis à l'IlCilel de Ville, fondaient avec les débris d« l'ancienne Société rta santé V Aiëoçiation deprévoganee et de secours des méderin» et pharmaciens de l' faire. Le but de Tassociation, dit l'art, l" des statuts est de dutribner dts nerourx aus Boei/tairei lombfs dans le malheur par suite de maladies, ia/lrintté», progrès de l'âge. Les veuves et les enfants des sociétaires pourront l'Ire admît à participer aux- secours de l'AsMociation. L'Association aura à signaler et à réprimer, par ton» let moyens en son pouvoir, les délits et les abus relatif à l'exercice du la médedni et de la pharmacie.

Nous fondions donc à (irenol)le, du même coup, une association de prévoyance et «n syndicat professionnel sjiénialcment dirigé contre l'exercice ill^al de la médecine; nous restions, en outre, dans la vieille tradition dauphinoise, qui avait créé jadis à Grenoble, par In réiniion dc^ médecins et des pharmaciens eu une seule association, l'ancien corps de médecine.

Il est bon de rappeler que ce n'est que deux ans plus tnrd que fui créée A Paris, en IS58, VAssociation Générale des médecins de France, le Dauphiné avait donc l'honneur de l'iailiative, L'Association générali> demanda de suite h l'Association de l'Isère de s'afAlier h elle ; mais la lanceur de vue qui avait guidé les médecins de Grenoble neuous^rmellait pas d'entrer dans le cadre plus étroit qui avait éié façonné à Paris ; l'Associalinn générale ne comptait en elTet, que des médecins, et nous, nous avions englobé en un seul faisceau les niOdecîiis et les pharmaciens. Après de longs pourparlers, Iti D' Uuissard répondit que nous'consentlous â anUier la partie médicide de notre association locale, suns rien changer à la laideur de ses statuts, excellent exemple à la fols de conciliation et de fermeté, Gardons nos forces chez nous: la cenlralisalion ici connue en tout, esl paraljsaule.

En même temps d'excellents travaux, d'utiles créations se faisaient dans r notre pays.

En 1853, Armand Rey, qne nous retrouverons bientôt à l'Ecole, Tondait l'établissement liydrotlii^rapique de lioutim^ron, ouvrant ainsi une voie agrandie plus tard et intelligemment rendue pratique par le syndicat ^d'initiative de Grenoble (1).

Uuissard concourait un miïme but, en introduisant la pulvérisation et ll'inlialation aux eaux du la Motte, dont il était inspecteur (â).

Les infatigables travailleurs Albin Gras et A. Charvet continuaient & ftdunner de nouvelles publications.

Albin Gras menant de front la science et l'histoire, publie le catalogue

ides plantes (|Ui croissent sponlunémeul dans le Bourg-d'Oisaus (3).

Charvet, à propos d'une dent de mastodonte trouvée â Voiron (A),

Ipublie un mémoire sur les ossemenls fossiles du Daupliiné, et continue

tses études sur les monstruosités (5).

En I8G4, Arinantl Rey, est nommé professeur suppléant' des chaires d'accouchement et de chirurgie, en remplacement d'Arthaud, qui meurt jeune, d'une tuberculose pulmonaire. La place de chef de travaux anato-

Iuiiques est donnée an D' VUnder qui, û ce titre, comme c'était alors l'usage, tait renseignement de la physiologie et inaugure une série d'expériences et de vivisections, alors nouvelles i Grenoble. I^ même année l'Association locale des médecins et des pharmaciens de l'Isère perd son vice-président, homme de talent et d'avenir, qne ^ous avons vu briser volontairement sa carrière en 1852, le D' Nicolas. L'Ecole a su conserver l'afTectlon de cens qui l'ont fréquentée. Par testament du 18 décembre 1855, M. Ferrât «Louis-Alexis), de la Mure, (1) NolÎL'e sur l'ùtablissement faydroUiêrapique de Bouquérno près Grenoble, Erecétiée d'un exposa critique, dag'malique, lhéorii{iie et pratique de la vériUk iloctrine hj^dfothérapique par AkMxnii Reï, professeur d'accoucliemenl, de rottlitdies des fernnics et des uiiraiila k l'Kutle de médeniue de Grenoble ^2" ùditioa. 1870). U \"> i^dilioN est de IStKt. T, 727.

(i) La Motlo-les-ElamH, Leilre au rédacteur de la Gazelle médicale de Lyon,

par le D'' BuissanJ, médecin Inspecteur des eaux de La Motte. 0, lOIli — Coa-

Bulter du même auteur : ludicateur luÉdîcal et descriptif des eaux de La Motte-

les-aùns, par Bui»ard. T, 44&4.

En collaboration avec Breton, le l> Buissard avait fait, en 1850, des recherches

r reiialeDi:e de l'iode et ds l'arsenic dans les eaux de La Motte,

(3) Ces notes se trouvent dans lEsaai descriptif de l'Oisane uar Aristide Albert. Blés se trouvent mfilëeâ aux notes de Bouteille, de Viaud et oe Tbevenet. T, 563.

(4) A. Charvet : Mémoire sur h;s grande oiuemenla fossiles du Diiupbiné, UBociété de stalUiique, 18tiO.

(5) A. Charvki : ÛtMervaUons sur des cas d'anomalies anatomiques multiples. i a'ajtiL dana ce uéiuoiru principalement d'anomalies musculaires ut artérielles.

258 LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BORDIER.

décédé à Dijon, où il occupait le poste de chef de division à la préfecture, laisse à la bibliothèque de TEcole de médecine de Grenoble un certain nombre de volumes qu'il a reçus lui-même en héritage, de son oncle Charles-Frédéric Garrot.

Enfin en 1861, un médecin, doat le nom était devenu célèbre et qui, sorti de TEcoIe de Grenoble, avait contribué à répandre en Egypte Tinfluence française, en organisant les études médicales, le Di^Clot-Bey envoie lui-même 120 volumes à TEcole de Grenoble, c J'éprouve, aujourd'hui, dit-il, à la suite d'une grave et longue maladie qui a sensiblement affaibli mes facultés, le désir de donner à l'Ecole de Grenoble un nouveau témoignage de toute ma sympathie, en partageant entre elle et la Société impériale de médecine de Marseille, un certain nombre d'ouvrages scientifiques ».

Déjà l'année précédente, en 4860, Berard, doyei> de la Faculté de Montpellier, avait donné à l'Ecole une importante collection des thèses de Montpellier (4825-1858) (4).

Malgré tout le bon vouloir de quelques-uns, il ne faut pas se dissimuler que l'Ecole végétait : elle n'avait guère que 25 élèves. Tandisque la plupart des Ecoles étaient réorganisées^ la nôtre était encore dans les vieux errements et ne pouvait offrir aux élèves les mêmes avantages que ses rivales. II fallait pour la sortir du marasme l'énergie d'un maire à qui l'Ecole doit une pieuse reconnaissance, M. Vendre.

II s'agissait pour obtenir la réorganisation de créer trois nouvelles chaires et de porter le budget de l'Ecole à 15 800 fr. M. Vendre saisit le Conseil municipal de la question, sans essayer de lui masquer la situation. < Notre Ecole dépérit, lui dit-il; divisés par des rivalités anciennes, les professeurs ne sont d'accord que sur le terrain de l'apathie (2). Les chaires

principales, telles entre autres les deux cliniques et les accouchements, sont à peu près abandonnées par les professeurs titulaires, qui, par suite de leur grand âge, ou de l'état général de leur santé, ou des infirmités graves dont ils sont sont atteints, sont empêchés de professer, au grand détriment. des élèves dont ils furent pendant de longues années les

(i; Comme pour continuer la tradition, M. le Recteur de Montpellier se souvenant de son séjour à Grenoble, a bien voulu, après entente avec M. le Recteur actuel, M. Zeller, envoyer à l'Ecole de Médecine et de Pharmacie un certain nombre de thèses et de livres. L'Ecole leur exprime à Tun et à l'autre sa reconnaissance.

(â) Archives municipales^ 9, F. Exposé du maire dans la séance du conseil du 15 octobre 1860.

tballres savants et dévoués

.... Pour toutes ces causes, ou entrevoit la ruine certaine de notre Ecole dans un avenir très rapproché. Or la suppression de notre Ecole préparatoire eût été un grand malheur pour Grenoble, tant au point de vue des intérêts matériels, qu'au point de vue des intérêts moraux de l'ordre le plus élevé. Cette suppression, quelle que fftt la cause qui l'avait produite, aurait élé un danger, même pour la conservation de notre Ecole de droit, que d'autres nous envient, vous le savez, en même temps que c'eût été un démenti donné à la vieille réputation de notre ville, qui fut toujours connue pour son amour des lettres, des sciences et des arts.

J'ai donc proposé, sauf votre ratilication, la réorganisation de l'Ecole et l'augmentation des processeurs titulaires par la création de nouvelles chaires ».

« Au préalable il Tant, ajoute-t-il, infuser du sang nouveau, puisque plusieurs cours ne sont jamais faits n. Il déclare donc, que « l'un des professeurs de l'Ecole a été admis à faire valoir ses droits à la retraite ; que deux autres ont été mis en non activité et que le quatrième a été provisoirement, et pour six mois encore, conservé possesseur de sa chaire *.

Il prie ses collègues de voter chaires, par l'adjonction de Buitâard, de Corcelletf licencié es sciences, chargé de l'enseignement de la physiologie et des suppléants Allard et Berger. En terminant il leur expose « les compensations réelles, effectives, qui couvriront au-delà les dépenses, par l'augmentation du produit des inscriptions et des examens, et par les avantages qui résulteront, pour l'ensemble de nos concitoyens, des dépenses faites par les nouveaux élèves >.

Ces raisons prévalurent en IStiÔ, comme elles prévalurent depuis, comme elles prévaudront encore dans l'incessante évolution que, suivant la loi commune, l'Ecole de Grenoble devra accomplir ; le 20 novembre 1806, notre Ecole, emrant dans une phase nouvelle, fut déclarée réorganisée.

Son personnel était ainsi composé :

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