HOSPICES
. , i Vieillesse (hommes) 1 décès sur 7,07 malades.
ALIE.1ÉS. j ,j (femmes) - 10,36 —
Moyenne 1 décès sur 8,67 malades.
J Vieillesse (hommes) 1 décès sur 8, 42 malades.
Id. (femmei»^ — 8,14 — I Incurables (hommes) .... — 8,17 —
l Id. (femme*) — 11,16 —
Moyenne 1 décès sur 8,42 malades.
Ménages. 1 décès sur 9,80malades.
Larochefoucauld 1 — 7,91 —
Saiote-Périne 1 — 8,96 —
Moyenne 1 décès sur 7,22 malades.
Après cette discussion, je ne pense pas qu'il reste aucun doute dans Tesprit du lecteur. Non-seulement les hôpitaux sont préférables aux secours à domicile, parce que les malades y trouvent garantie plus grande de science médicale, soins plus assidus, salubrité plus grande et guérison plus certaine; mais encore les hospices et maisons de refuge ne sauraient, en aucune manière, être remplacés par des pensions données à des vieillards des deux sexes. — Il y a, toutefois ,
1. Ce résultat pour l'hôpital des Enfants-Malades est erroné, attendu que la statistique porte les entrées en bloc. Or, il eût fallu distinguer les maladies chroniques (scrofules, dartres, gale, ophthalmies, teigned), où la mortalité est très -faible, des maladies aiguës, où elle est très-considérable yl sur 3 à peu près).
plusieurs inconvénients, qui ont été signalés, et qui, bien que singulièrement exagérés, prêtent cependant à la discussion. Les voici :
{"* A l'époque des épidémies, la gravité de la maladie est plus grande dans les hôpitaux, et la mortalité plus considérable qu'en ville. Les résultats numériques du choléra, en 1832 et en 1849, prouvent que cela n*est pas.
Il y a toutefois un fait, et celui-là est le seul réel, c'est qu'une épidémie existant dans une ville et dans un hôpital, les malades couchés dans cet hôpital sont pris avec une extrême facilité de Taffection épidémique régnante; le choléra Ta prouvé ; mais les épidémies sont les faits exceptionnels.
2° L'encombrement détermine souvent, dans les hôpitaux, des affections spéciales, telles que des érysipèles, des phlébites, des pourritures d'hôpital, des fièvres puerpérales, etc.; cela est incontestable; mais c'est le fait de l'encombrement et sa cessation fait disparaître ces affections.
3<> Les malades auraient une grande répugnance à entrer dans les hôpitaux ou les hospices. C'est une erreur, et quiconque a observé quelque temps dans les maisons hospitalières, à Paris, a pu se convaincre, non-seulement du peu de répugnance des malades à y entrer, mais encore de l'empressement avec lequel ils s'y portent. — La question de la prééminence des hôpitaux sur les secours à domicile ne saurait faire aucun doute. Il est probable, toutefois, que si on améliorait les consultations gratuites dans les hôpitaux^ et si on joignait la délivrance de médicaments également gratuits, on permettrait ainsi à un grand nombre d'ouvriers de se traiter chez eux et de pouvoir compter sur les consultations de médecins instruits, ainsi que sur de bons médicaments.
II. Quelles sont les conditions à remplir pour avoir des hôpitaux et des hospices dans le meilleur état de salubrité possible?
Cette question ne peut être traitée qu'en supposant un hôpital à construire. Voici, dans ce cas, les dispositions gêné-
raies les plus indispensables et qui importent le plus à Thygiène de l'établissement.
Situation, — La meilleure situation pour un hôpital est on dehors, mais très-près d'une ville ,^ ou bien dans un quartier isolé, peu encombré de maisons et d'habitants, et où le libre renouvellement de l'air est facile ; le voisinage, mais à une certaine distance, des bois et des cours d'eau vive à bords escarpés, est une condition de salubrité excellente ; malheureusement, la plupart du temps, elle ne peut être remplie , et il faut se contenter d'un quartier isolé, aéré, et dans une position un peu élevée, relativement au reste de la ville.
Étendue — L'étendue de l'espace où l'hôpital est établi est importante à considérer. Il faut que cet espace soit assez considérable, afin que les bâtiments ne soient pas trop rapprochés; il est nécessaire également qu'ils soient séparés par de vastes cours et des jardins.
Disposition des bâtiments, — La disposition la meilleure consiste dans des pavillons allongés, parallèles entre eux, en nombre plus ou moins considérable, selon l'importance de l'établissement, et séparés les uns des autres par des cours ou des jardins. Le nouvel hôpital construit à Paris par les soins de l'administration de l'assistance publique paraît résumer toutes les conditions de bonne construction, réunies à l'introduction des améliorations indiquées par les progrès de l'hygiène.
M. Poumet, dans un travail très-intéressant, publié dans les Annales d'hygiène (t. XXXII), a déduit des expériences et des analyses de plusieurs chimistes les conséquences suivantes :
Il faut : {^ par malade et par heure, 19 m. cub* 200 lit. d'air pour la respiration et l'évaporation ; 2» par bec et par heure, 7 m. c. 500 lit. pour l'éclairage à l'huile, et 102 m. c. pour l'éclairage au gaz. 11 n'y a rien à fournir pour le chauffage, puisqu*il se fait au détriment de l'air qui a servi à tous les usages indiqués ci-dessus. Rejetant complètement l'éclairage au gaz des salles d'hôpitaux, M. Poumet arrive, comme
deroière coDclusion, à exiger 20 mètres cubes d'air à 16 degrés cent, par malade et par heure, ce nombre suffisant, selon lui, pour la respiration, Tévaporation et l'éclairage à l'huile des salles.
En s'appuyant sur ces données, on doit comprendre que la capacité absolue de la salie devient moins indispensable à considérer, et que tout se réduira à une question de ventilation, c'est-à-dire de renouvellement de l'air, et que ce dernier point devient plus important à considérer que la capacité de la salle.
Dans une ville chef-lieu de département, la construction des hôpitaux doit ou peut présenter des conditions particulières, qui sont la conséquence de la nécessité où l'on est d'isoler un certain nombre de maladies. Cet isolement ne saurait être obtenu que par la multiplication des pavillons. Ainsi, après le nombre nécessaire de pavillons ou de lits pour les maladies aiguës, il faudrait une section pour les maladies de la peau, une section pour la syphilis, une pour les accouchements et une pour les enfants.
11 est, toutefois, deux sortes d'établissements qui ne doivent jamais être compris dans les précédents; ce sont: 1° les maisons d'aliénés. Ces établissements se sont beaucoup multipliés en France depuis une quinzaine d'années, et maintenant on en compte au moins un pour deux ou trois départements, afin de se conformer aux prescriptions de la loi de 1830; 2* les hospices ou maisons de retraite destinés aux veillards des deux sexes. Ces derniers établissements ne sauraient être trop multipliés ; ce sont les vrais Invalides civils, et la création de nombreuses maisons de ce genre constitue le service le plus grand que l'on puisse rendre au peuple.
Dans une grande ville, une capitale, les différentes espèces d'hôpitaux doivent être séparées; c'est ainsi qu'il faut un hôpital pour les maladies de la peau , un pour la syphilis, un pour les accouchements, un pour les enfants, un pour les aliénés. 11 en faudrait peut-être aussi un pour les phthisiques.
A Paris, le système hospitalier a subi depuis le commencement de ce siècle de grandes améliorations. La mortalité y a diminué dans une proportion énorme, et les progrès de rbygiène se sont fait sentir partout. Bien qu*il y ait encore beaucoup à faire, on peut cependant considérer, à l'époque actuelle, ces établissements comme ne le cédant à aucun autre au monde, et c*est une justice que les médecins étrangers qui visitent nos hôpitaux généraux et spéciaux, ainsi que nos hospices^ ne cessent de leur rendre chaque jour.
Les améliorations qui restent à faire sont encore nombreuses, cela est incontestable; mais une fois qu'elles seront opérées, nos établissements atteindront presque la perfection ^
1. Cet renseignementit tont textaellement eitraits d'oo exeelleot ooTrage qui a poar titre : Traité élémentaire d'hygiène privée et publique, par Becquerel. Z* édit. , avec nombreuses additions par le docteur Beaugrand. Paris, 1864, chez Asselin.