Pur dénombrement d' autres États
Habilanls.
4° Belgique 4,283,000
2° Grèce, avec ses lies. . . . 811,000
Total. . . . 5,094,000
«Les Etats danois sont en perte de 227,000 habitants, et le royaume de Pologne a cessé d’exister.
«Ces trois tableaux abondent en résultats importants : en résumant les masses de chiffres qu’ils fournissent, on arrive aux résultats suivants :
«Les populations de l'Europe réunies s’élevaient, en 1788, à 144,561,000 individus. Cinquante ans après, elles en comptaient, en 18:38 , 255,622,000; elles oui donc gagné 109 millions d’hommes en l’espace d’un demi-siècle , ou plus de 75 pour 100.
«En conservant cette rapidité d’accroissement , elles doubleront avant 1855.
«Trois puissances: la Russie, la Prusse et la Grande-Bretagne ont dépassé considérablement ce terme moyen général de 75 pour 100. Deux autres : l’Autriche et la Suède l’ont atteint sans aller au delà. Huit sont demeurées au-dessous, plus ou moins. L’accroissement de la France ne s’est pas élevé à la moitié du terme moyen et général de l’Europe ; il est inférieur à celui de tous les autres pays , excepté trois : la Suisse, le Portugal et la Turquie.
«Les pays dont la population s’est augmentée par le double effet de l’accroissement naturel et des conquêtes, ont gagné au total, entre eux quatre, 04,795,000 habitants, ou 125 pour 100.
«Les pays dont la population ne s’est agrandie que par l’accroissement naturel uniquement, n’ont acquis entre eux neuf que 42,201,000 habitants dans le même espace de temps , ou seulement 48 pour 100. Comparés aux pays de la première catégorie, leur accroissement n’a été que comme 2 à 5.
«Ainsi, la population en masse, des quatre puissances du Nord a doublé, et beaucoup au delà, en 50 ans, tandis que celle des Etats de l’Occident et du Midi pris ensemble n’a pas atteint , pendant cette période, la moitié de son doublement.
«Ces chiffres sont prophétiques; ils enseignent que maintenant , comme au commencement du moyen âge, il s’amasse , au nord et à l’orient de l’Europe, des populations colossales qui s’accroissent immensément par leur propre fécondité , et puis encore par la guerre , en incorporant dans leurs rangs les peuples qu’elles subjuguent. L’Occident, menacé par leur agrandissement, n’a point sur elles l’avantageque la civilisation donnait jadis à l’Empire romain contre les invasions des barbares, et il n’a pas, comme lui , celte unité politique dont ia puissance était si formidable, et dont la durée fut si longue. »
Je terminerai ces documents en reproduisant ici les diverses opérations de recensement exécutées en France de 1700 à 1841.
Années de recensements. Population de la France.