II AVANT-PROPOS
invoque moins souvent Dieu que les anges, les démons, ou les faiseurs de miracles; il croit plutôt à un spiritualisme fantastique qu'aux faits démontrés par l'expérience et le bon sens ; il est très-disposé à admettre ce qu'il ne comprend pas et à nier sottement Tévidence. La drogue lui plaît ; l'hygiène, qui contrarie ses habitudes, lui inspire de la répulsion. Il court vers les vendeurs d'orviétan, vers les prôneurs de remèdes spéciaux; il écoute les prometteurs de la quatrième page du journal en vogue, et il en veut presque au médecin honnête qui lui dit la vérité et qui cherche à le guérir par des médications fondées sur la raison. Sa foi est robuste en qui le trompe, mais faible ou nulle en celui qui J'éclaire et qui lui parle le langage austère d'un savoir consciencieux.
Ce n'est donc pas pour plaire à la foule ou pour apprendre à faire du métier que cet écrit est publié ; son but est d'améliorer la pratique; de la fonder sur des faits incontestables ; de la vulgariser, et de remplacer des hypothèses systématiques, des préjugés trompeurs, des prétentions hasardées et spéculatives, telles qu'on les admet encore en général, par des notions positives qui, ne compromettant rien, étant incapables de nuire, peuvent avoir sur la santé et sur la vie des hommes une immense influence.
Certes, le médecin qui, se conformant au plan que