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Spermorrhéc ou pertes séminales

De toutes les causes d'épuisement ou de stérilité, la plus active est à coup sûr la spermorrhée ou spermatorrhée, dont Lallemand a exagéré les tristes effets, mais qu'il a étudiée avec un soin extrême. Je suis loin d'admettre, avec ce grand observateur, que de légères cautérisations pratiquées vers l'orifice des conduits éjaculateurs suffisent pour remédier à l'écoulement spermatique; mais, profitant de ses intéressantes recherches et appelant la physiologie et l'observation clinique à mon aide, j'ai réussi très-fréquemment à remédier à la spermorrhée par des moyens hygiéniques aussi simples que faciles à mettre en pratique, et ces moyens les voici :

î° Les pertes séminales de la nuit ont lieu, en général, dans les premières heures qui suivent le i moment de se mettre au lit, ou le matin de trèsbonne heure. Conséquence logique : il faut réveiller ceux qui en sont atteints quelques minutes ou un quart d'heure avant l'époque dont il s'agit.

2° L'usage modéré des fonctions génitales, alors qu'il a pour point de départ des sentiments affectueux, est le moyen par excellence pour faire cesser brusquement la honteuse habitude des excès solitaires. Ce même moyen, si utile dans ce cas, est le meilleur remède contre la spermorrhée.

3° Les rêves sont en général les conséquences des impressions, des sensations ressenties la veille ou les

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jours précédents, et les songes érotiques sont principalement dans ce cas ; c'est donc un conseil utile à donner que d'engager le spermorrhéique à éviter la vue de tout objet licencieux et la lecture de livres du même genre., ainsi que toutes les circonstances capables d'exciter les organes dont le repos est ici absolument nécessaire.

4° C'est surtout lorsque des matières stercorales contenues dans le rectum pèsent sur les vésicules séminales et les compriment que la spermorrhée a lieu ; l'usage de purgatifs doux et habituels peuvent avoir ici une grande utilité.

5° C'est encore lorsque le dernier des intestins est irrité, douloureux, que se déclarent parfois la contraction des vésicules séminales (cystospermes), et, par suite, les pertes de semence. C'est dire qu'il faut surveiller avec soin l'état du rectum, nettoyer cet intestin avec de l'eau, et remédier aux hémorrhoïdes et aux autres lésions que cet organe présente. Des injections avec l'eau froide ou avec la graisse liquéfiée par une douce chaleur sont ici particulièrement utiles.

6° C'est surtout la compression exercée par les matières sur les cystospermes, au moment de la défécation par des scories volumineuses, inégales et dures, ce sont les efforts auxquels on se livre lors de cette évacuation, qui déterminent très-fréquemment la spermorrhée. Il faut donc chercher à rendre moins volumineuses et moins dures les masses stercorales qui passent par l'anus; introduire abondamment et

très-haut, par cette ouverture, une grande proportion de la matière graisseuse dont il a été parlé (p. 27). Le mucilage de graine de lin très-épais pourra encore favoriser le glissement des matières. On doit surtout ne pas exécuter de grands efforts et avoir plutôt recours à ceux qui se font par une inspiration forcée, et non pas par des expirations énergiques.

7° Lallemand a parfaitement établi que les pertes séminales se manifestent fréquemment à la suite de Fexcrétion urinaire, et qu'elles se manifestent par l'écoulement d'un liquide clair, visqueux et filant, tachant le linge, et dans lequel le microscope permet de constater l'existence de zoospermes. C'est beaucoup plus rarement que du liquide spermatique coule avec le jet d'urine. C'est surtout lors des efforts ultimes d'excrétion que la spermorrhée a lieu. De là l'utilité, dans cette affection : 1° d'uriner rarement et de faire que la vessie soit pleine avant de se livrer à cette fonction; 2° de ne boire que modérément, afin de rendre moins fréquent le besoin d'exécuter cette action; 3° de chercher à s'abstenir des efforts qui, souvent, ont lieu lors de Pexcrétion des dernières gouttes d'urine; 4° de s'enquérir, par les symptômes fonctionnels et par le cathétérisme, s'il n'existe pas quelque circonstance matérielle, telle que des urolithes, des troubles permanents de circulation, des érosions, des rétrécissements du canal urétrique, des affections de la prostate, etc., qui soient, pour les vésicules séminales, des causes organiques de souf-

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france et de contraction; dans le cas où il en serait ainsi, le point culminant du traitement serait de remédier à ces états pathologiques, sources de la spermorrhée.

Ce n'est que dans les cas où les moyens et les pré» cautions hygiéniques précédentes seraient sans résultats avantageux qu'il faudrait cautériser légèrement les orifices urétraux des conduits éjaculateurs.

8° Des douches froides, l'application de glace sur là région du périnée (espace compris entre l'anus et le scrotum), des injections dans le rectum avec l'eau froide, peuvent aussi avoir, dans la curation de la spermorrhée, le plus grand avantage.

232. Affections vénériennes (syphiosorganies) ; moyens de préservation.

Laissons à des trafiqueurs de malades les annonces pompeuses de médicaments préservatifs contre les affections syphiosiques, et affirmons, comme des vérités de premier ordre, les propositions suivantes :

1° Si Ton n'est pas assez prudent et assez sage pour éviter de s'exposer aux causes de ces affections, il faut au moins être assez soigneux de sa santé pour laver avec une attention extrême les organes par lesquels le mal peut être contracté. C'est avec l'eau tiède ou froide, mais toujours abondante, rendue même un peu savonneuse, que les lotions dont il s'agit doivent être faites, et ces lotions seront pratiquées immédia-

tement après l'acte qui pourrait donner lieu à l'affection dont il est ici question.

2° Un lavage du même genre doit être fait au moyen d'un petit courant d'eau dans le canal de l'urètre. Pour F y faire parvenir, on écarte les bords de Couverture de ce conduit; la légère injection dont nous parlons doit être continuée pendant une minute au moins.

3° C'est particulièrement au-dessous du repli de la peau, près du gland et dans l'enfoncement qui s'y trouve, que le nettoiement dont il s'agit doit être fait avec la plus grande attention.

4° Les personnes chez lesquelles une sécrétion trèsabondante de matières sébacées a lieu vers ces parties, sont principalement celles qui doivent mettre en pratique les conseils précédents.

5° Toute douleur vive, en rapport avec une déchirure cutanée des organes exposés à un contact dangereux, doit faire immédiatement cesser l'action dont nous parlons, et doit être à l'instant suivie de lavages faits avec soin.

6° Après le lavage, des bains locaux seront extrêmement utiles.

7° A la moindre écorchure observée, on apposera sur le mal, après le lavage et le dessèchement du tégument, du diachylum échauffé et recouvert de poudre de lycopode (p. 16).

8° Si, malgré tous ces soins, il arrivait, ce qui n'est pas croyable, que dans les jours suivants il se manifestât une éruption, une vésicule ? etc., le médecin

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au niveau de la science ne manquera pas de toucher la partie malade avec l'azotate d'argent, et d'avoir recours à quelques applications hydrargyriques peu excitantes.

9° S'il survenait, dans les huit jours qui auraient suivi l'action dont on redouterait les conséquences, le plus léger écoulement blanchâtre ou jaunâtre par l'urètre devenu le siège de démangeaisons ou de picotements, tout d'abord, et sans attendre l'inflammation, on prendrait, pendant quatre jours et toutes les trois heures, 10 grammes de poivre cubèbe en poudre, délayé dans un quart de verre d'eau aromatisée avec le sirop de fleurs d'oranger. En même temps, on aurait recours, toutes les trois heures, à une injection faite avec une ou deux cuillerées de dissolution d'un gramme de sulfate de zinc dans 100 grammes d*eau.

233. Extrêmes inconvénients de la malpropreté; utilité des moyens de préservation précédents.

La propreté la plus minutieuse est le moyen préservatif par excellence des affections dont il vient d'être parlé; elle contribue surtout à en calmer les symptômes et à les rendre moins graves.

Les moyens, presque tous hygiéniques, qui viennent d'être conseillés, sont tellement utiles, et il serait si important de les vulgariser, d'en rendre la connaissance presque populaire , que , s'ils étaient partout ponctuellement suivis, la syphiosorganie nonseulement perdrait de sa gravité, mais encore ne

tarderait pas à disparaître complètement. La malpropreté est la source des maux les plus graves. Les matières pourries , solides , liquides ou gazeuses, venant à se mêler aux virus, aux miasmes, communiquent à ceux-ci un caractère pernicieux qui en exagère infiniment le danger. Le septiose (agent septique) est une sorte de ferment délétère qui altère profondément le sang et les organes; et dans quelque maladie que ce soit, l'hygiène prescrit d'éliminer ou de détruire les matières putrides. Si les hommes n'étaient pas soumis à la viciation des substances animales contenues dans l'air stagnant et ne se renouvelant pas y la 2^uParl des épidémies disparaîtraient ou perdraient toute leur gravité. C'est ce que j'ai établi dans vingt mémoires, dont il serait trop long de donner ici l'analyse sommaire (1).

234. Pantalons mal coupés , donnant lieu à des douleurs testiculaires (didymalgies).

On m'a quelquefois consulté pour des douleurs dont les testicules étaient le siège, et qui ne recon-

(\) Mémoires sur les causes de la fièvre typhoïde, sur les causes du choléra et sur l'ophthalmie palpébrale. (Clinique médicale de la Pitié.) Sur les épidémies qni ont régné en France de 1830 à 1836. (Mémoires de l'Académie impériale de médecine, 1836.) Sur les épidémies qui ont régné en France en 1837. Sur les habitations privées. (Thèse de concours pour le professorat, 1838 ; Traité de diagnostic, tome 1er; Traité de médecine pratique, article septicémie.) Sur les dermopathies de la région sacrée. (Thèses de la Faculté par M. le docteur Blanchet; Traité de médecine pratique, etc., etc.)

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naissaient en rien pour cause une affection syphiosique urétrale, ou une altération organique de quelque gravité. Rien d'appréciable aux sens ne pouvait être observé; cependant un examen attentif, des recherches relatives à la manière dont le mal s'était déclaré , et aux circonstances qui avaient accompagné sa manifestation, me portèrent à croire que, la saillie du pantalon entre les cuisses n'étant pas assez remontée et ne s'élevant pas assez haut, il en résultait que le didyme était sans cesse en contact avec cette saillie ; que, lors des mouvements exécutés par les membres inférieurs, l'organe se trouvait comprimé, blessé, modifié, et que de là résultait la douleur. Si la lésion testiculaire ainsi produite avait persisté, des inconvénients graves en auraient pu résulter. Il m'a suffi de faire remonter le pantalon pour que les douleurs dont il vient d'être parlé se dissipassent complètement et avec promptitude.

235. Moyens de compression très-simples et très-utiles dans certains cas de didymomégalie (augmentation de volume du testicule).

Dans un assez grand nombre de cas de didymies, il serait extrêmement utile d'établir sur la partie malade une compression méthodique; mais la plupart des moyens que l'on cherche à employer pour l'exécuter remplissent d'une manière très-incomplète le but que Ton veut obtenir.

Appelé pour donner des soins à un lord anglais, le

comte de D..., je constatai l'existence d'une énorme hernie scrotale, que Ton avait prise pour une hydrocèle. Ce fut au plessimétrisme que je dus l'exactitude de ma diagnose. D'abord, je ne pus faire rentrer la tumeur. Alors je l'entourai d'un suspensoir en tricot, je passai une multitude de lacets dans ses mailles, et tirant sur eux d'une manière successive, puis les nouant, j'arrivai ainsi à établir, dans toute l'étendue de cette énorme masse, une compression égale. Bientôt la hernie diminua, et trois jours plus tard les intestins avaient repris leur place dans l'abdomen. L'observation dont il s'agit a été publiée, en 1834, dans le Bulletin clinique, recueil qui ^ne se trouve plus dans le commerce et qui renferme des faits nombreux qu'il serait bon de réimprimer.

Récemment, j'ai eu recours à un procédé trèssimple pour comprimer de toutes parts l'organe dont nous parlons, en laissant libre, toutefois (précaution indispensable), le cordon des vaisseaux. Je pris une bandelette d'emplâtre dediachylum étendu, comme je l'ai dit (page 14), sur du taffetas. Cette bandelette avait tout au plus un centimètre et demi de largeur. Je m'en servis pour établir un lien circulaire à l'entour de la partie de la tumeur située près du cordon des vaisseaux, et je fis ensuite un second tour semblable avec une autre bandelette placée par-dessus la première. Entre ces deux petites bandes ainsi disposées en cercle, je plaçai d'autres bandelettes analogues^ mais qui coupaient à angle droit les premiers

liens. Je les plaçai de façon à ce qu'elles anticipassent les unes sur les autres, et à ce qu'elles pussent se recouvrir sans laisser entre elles d'espace vide. Leurs deux extrémités qui dépassaient les liens circulaires furent repliées sur ceux-ci, à l'effet de donner aux liens transversaux un point d'appui. Il résulte de l'ensemble de cet arrangement que l'on a une série de petites bandes qui, entourant l'organe de toutes parts de la manière la plus solide, et se fixant par leurs deux extrémités aux liens circulaires, établissent une compression d'autant plus forte que les bandes sont serrées davantage. Les vaisseaux du cordon ne souffrent pas de cette compression, et la glande, toute pressée qu'elle est , peut encore verser par le canal déférent et les veines, dans la circulation, les liquides qu'elle contient. Cet avantage est le plus grand que l'on puisse espérer.

Dans plusieurs cas chroniques, je me suis servi de l'appareil qui vient d'être décrit, et cela avec une extrême utilité. Dans la crainte de déterminer une carcinémie secondaire, je me donnerais garde de l'employer dans les didymocarcimies.

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