Soins ù donner à la femme enceinte ou en couches
Pendant la grossesse, il arrive fréquemment que les pieds et les jambes s'enflent considérablement et que, chez d'autres femmes, des engourdissements, des douleurs vives se font sentir dans les cuisses, les jambes et les pieds. Ces accidents sont le plus souvent les résultats de la compression exercée par la tumeur, que forme la matrice distendue, sur les veines hypogastriques ou iliaques, et sur les plexus nerveux dits sacrés. Une position du corps, telle que cette coinpression soit momentanément évitée, est le principal moyen de remédier à de tels symptômes. Dans un
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cas où une femme enceinte était atteinte d'une infiltration considérable des membres inférieurs, j'eus le bonheur de voir, en vingt-quatre heures, cette hydropisie se dissiper^ alors que j'avais fait coucher cette femme alternativement sur les côtés et sur le ventre. Dans quelques autres cas analogues., si je n'ai pas complètement réussi, au moins ai-je arrêté les progrès du mal. Chez d'autres femmes enceintes, se plaignant de vives douleurs et de divers accidents névriques dans les membres inférieurs et dans le bassin, il est arrivé que les positions du corps dont il vient d'être parlé ont soulagé les souffrances de ces malades.
Quel est le praticien qui pourrait ignorer que les bains soulagent la femme enceinte; qu'une nourriture renfermant sous un petit volume beaucoup de principes réparateurs puisse compenser les pertes journalières qui ont eu lieu dans la grossesse; qu'un exercice modéré est alors utile, et que ce sont là les principaux moyens de calmer la plupart des indispositions qui surviennent si fréquemment pendant la gestation ?
Mais ce que beaucoup de médecins savent infiniment moins, c'est que du quatrième au neuvième mois, alors que les os de l'enfant s'emparent d'une grande partie du phosphate de chaux faisant partie de l'organisme de la mère, il est très-utile d'en administrer chaque jour quelques grammes à celleci , à l'effet qu'elle ne soit pas privée d'un sel cal-
caire si utile à la nutrition des parties solides de son corps.
250. Graisse demi-solide enduisant le col utérin et le vagin, favorisant le passage de la tête de l'enfant. Instrument proposé par M. le docteur E. H. Vernhes.
Qu'il me soit permis de faire ici une remarque relative à un procédé très-simple propre à faciliter le passage de la tête à travers le canal où elle est engagée. C'est l'introduction en couche très-épaisse et en proportion considérable de la mixture graisseuse dont j'ai déjà plusieurs fois parlé et qui, favorisant beaucoup mieux que le mucilage ou l'huile le glissement du fœtus, a l'immense avantage de prévenir les déchirures du périnée. — J'ajouterai même que celles-ci ont rarement lieu alors que l'on ne se borne pas à soutenir cette partie, et que l'on a le soin, au moment de la sortie de la tète, de ramener ou de faire ramener par une douce pression vers l'ouverture vulvaire la peau des cuisses, de l'aîne et même du siège.
M. le docteur Vernhes, un de mes meilleurs élèves, a proposé un spéculum perforé d'un grand nombre de trous destinés à laisser passer la graisse dont il est rempli. Il suffit d'introduire dans la cavité de cet instrument un corps solide pour que le mélange adipeux s'échappe par les ouvertures dont il s'agit, et enduise les parties dans tous les points de leur étendue.
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