LES PAÏENS SELON LE THALMUD. LI
recto). Ce qui est défendu, c’est de manger la viande d’un animal affecté d’une maladie organique incurable et rapidement mortelle. C’étaient donc les maladies des viscères qu’il fallait étudier, comme le font les médecins de nos jours.
C’est ainsi que les médecins païens, qui n’avaient pas de but religieux dans leurs études médicales, se sont tous égarés dans leurs recherches, et ils ne savaient jamais ce que c’était qu’une maladie ; et c’est le but religieux que poursuivaient les docteurs du Thalmud, qui les a conduits sur la véritable voie de la science.
TRAITE HOLIN
GHEMARA.
Fol. 9). — Rab Joudah dit au nom de Samuel : Voici les préceptes qu’il faut observer dans la schehitah , en tuant les animaux: Il faut éviter la schyiah, le retard; la drassah, la pression; la haladah, l’action de cacher (l’instrument); la hagramah, l’action de couper trop haut; Yykour , l’arrachement (1).
(1) Pour expliquer lès motifs de ces préceptes au point de vue. médical et physiologique, il faut faire remarquer, que les Juifs attachaient une grande importance à arriver d’abord à ce but prinr ripai d’avoir la plus grande certitude dé la mort prompte de ranimai. Or, tous les animaux terrestres pour continuer leur vie animale, ont besoin des deux organes, dont l’un prend du dehors l’air qu’il respire, et l’autre reçoit la nourriture qu’il digère. On avait donc pensé qu’en coupant les deux conduits, savoir celui de l’air et celui de la nourriture, la mort serait la plus assurée ; de là le précepte formel de couper la kanah , la trachée, et le veschet , l’œsophage. Nous savons maintenant,que les plaies de la trachée et de l’œsophage sont loin d’être toujours les plus sûrs moyens d’assurer la mort rapide, et que ces plaies peuvent même guérir: Mais non-seulement on ne peut pas en vouloir aux thalmudistes de ce que la médecine était moins avancée à leur époque qu’elle l’est de nos jours, mais encore on peutajouter qu’en fait les thalmudistes ne se sont pas trompés, et que leur méthode se trouve en réalité être le plus sûr moyen de la mort rapide, puisqufe l’opération faite d’après les préceptes thalmudiques amène nécessaire-
2 TRAITÉ HOLIN.
Fol. 21). — Rab Joudali dit au nom de Samuel : Si la maphreketh (les vertèbres de la nuque) d’un individu est fractu-
mènt la plaie des veines jugulaires et des artères appelées carotides, et l’animal meurt sûrement et. promptement par Vhémorrhagie, s’il ne meurt pas encore plus vite par l’asphyxie, quand le sang vient aboucher la irachée et à empêcher ainsi l’entrée de l’air dans les poumons.
A cette occasion je ne peux m’empêcher de faire remarquer la profondeur des vues, le véritable génie médical d’un des docteurs du Thalmud. A leur époque si reculée de la nôtre, Hahhi Joudah a déjà compris, que les plaies de la trachée et de l’œsophage ne sont pas sufSsantes pour assurer la mort rapide de l’animal. Il a devancé son époque de quinze siècles, et il a compris que l’animal ne meurt sûrement et promptement que par l’hémorrhagie, et il donna le précepte de couper les veridin, les vaisseaux sanguins (v. fol. 27 recto). Ces vaisseaux étaient évidemment les veines jugulaires, car les carotides sont des artères, et on croyait à cette êpôqüe, et même onze à douze siècles après, que les artères ne renfermaient pas de Sang du tout. L’idée de rabbi Joudah ne fut pas acceptée, comme toutes les idées qui devancent leurs époques. Mais si les,autres thalmudistes n’ont pas voulu prescrire formellement de couper les vaisseaux, leur méthode est telle, que ces vaisseaux sont.toujours coupés. -
II. — Le deuxième but à atteindre était de diminuer autant que pôssible le s souffran c es de l’animal. Cependant aucun des thalmudistes n’était membre d’une Société protectrice des animaux. Mais ils étaient tous membres de cette grande et antique Société des fils de Jacob, protectrice de toutes les créatures vivantes.'Les thalmudistes étaient donc membres de cette grande et antique Société protectrice des étrangers, car, dit Moïse : «Souvenez-vous que vous étiez étrangers vous-mêmes en Egypte ; » protectrice des esclaves qu’on ne devait pas surmener, ni tromper, ni dénoncer à leurs maîtres, d’après Moïse, et qu’on de vait respecter en pensant comme Job, qu’ils étaient, formés dans le ventre d’uné femme comme nous et qu’ils ont été créés par le même Dieu que nous ; protectrice des animaux,, qu’on ne devait pas surmener, ni tuer pour les besoins de la cuisine la mère, et le petit dans les vingt-quatre heures, etc. Rabbi Joudah, le Nassie, le rédacteur dé la Mischnah, était également membre de cette grande et antique Société protectrice, et il. ne pouvait jamais se pardonner le grand crime qu’il avait commis, d’avoir remis un veau fugitif entre les mains de son boucher..
Donc les membres de cette grande et antique Société protectrice des fils de Jacob ont imaginé jusqu’à six préceptes, qui n’ont d’autre effet que de diminuer les souffrances de l’animal.
TRAITÉ HOLIN.
rée, et si en même temps la plus grande partie de la chaire qui la recouvre est déchirée, l’individu doit être considéré
Ces six préceptes sont les suivants :
1. — Tout le monde connaît les trois préceptes de la chirurgie moderne, d’opérer cito, tuto et jucundè,. vite, d’une manière sûre et de diminuer les souffrances. Tenons-nous pour le moment au premier de ces préceptes ; il faut opérer cito , vite. Or, il est expressément défendu aux Juifs de manger de la boucherie, où ce précepte n’a pas été observé. La défense est connue sous le nom de scjiya, retard. L’opération doit se faire aussi; vite que possible sous peine d’avoir, ^ une viande défendue comme nebelah, qui est encore pire que la terephah.
“1. — L’opération doit se faire par un mouvement de va-et-vient et non pas en pressant ou en piquant. C’est, un des préceptes les plus heureux, car.ce n’est que de : cette façon d’agir qu’on coupe, sans le vouloir, en même temps les vaisseaux sanguins, et que l’animal meurt plus sûrement et plus rapidement par l’hémorhagie. La défense d’agir autrement-est connue sous le nom de drassah , du verbe daras, presser, fouler avec les pieds.
3. — Il n’y a pas encore longtemps depuis que les chirurgiens modernes ont imaginé, pour certains cas déterminés, de faire une opération par la méthode sous-cutanée, c’est-à-dire de couper l’organe en: laissant la peau intacte. Jusqu’alors on faisait toutes les opérations en commençant par couper la peau; l’opération est ainsi plus sûré. Lés thalmudistes ont donc également prescrit de commencer par couper la peau avant : de couper les organes. Ce principe a aussi l'heureuse conséquence que les vaisseaux san guins sont coupés en même temps. La défense de ce précepte est connu sous le nom de haladah.
4. — Il est plus facile de couper les parties molles que les cartilages et les os. Or, les thalmudistes voulaient qu’on coupât l’œsophage et la trachée. Le premier n’a que des parties molles. La trachée, que l’instrument rencontre d’abord, est composée de petits anneaux cartilagineux et des membranes qui remplissent les espaces intermédiaires. L’instrument peut facilement glisser dans ces espaces ; et les anneaux ayant peu de largeur, l’opération se fait facilement et par conséquent rapidement. Mais si on remontait trop haut, au lieu de la trachée l’instrument rencontrerait le larynx, composé de cartilages très-larges et parfois ossifiés : plus haut encore i? rencontrerait dés os. Les membres de la grande société protectrice des fils de Jacob, ont donc prescrit de couper dans la trachée et de ne pas monter jusqu’au larynx, ni plus haut. La défense de ce précepte est connue sous le nom de hagramah, de gerem, os. (Le Raschbam en donne, traité Baba bathra , fol, 88, verso, une autre étymologie.)
comme un individu mort. Si Eli est mort instantanément par la simple fracture de la maphreketh (I, Samuel, IY, 18), c’est parce qu’il était très-vieux (1)
On comprend que si, au lieu de couper un organe quelconque, on voulait 'l’arracher, on ferait l’opération extrêmement douloureuse. Les tbalmudistes ont donc prescrit de couper les or-, ganes en question, et ils ont défendu de les arracher. Cette défense s’appelle ykour, arrachement.
6. — Enfin tout le monde connaît les soins minutieux que. les chirurgiens prennent, pour que leurs instruments présentent un tranchant irréprochable, pour qu’ils coupent aussi bien que possible, rapidement et sûrement. Cependant aucun chirurgien ne prend^utant de soins pour son instrument que les tbalmudistes. prennent pour les leurs. Chez les Juifs celui qui se destine au métier de tuer les animaux, est obligé de faire un long apprentissage pour s'habituer à reconnaître et à sentir avec l’ongle le moindre défaut de l’instrument. Cela s’appelle peghimah, entaille, (v. fol. 17.)
Ce n’est pas tout encore. Tout le monde ne peut pas être chirurgien, ni opérateur. Il y a des personnes qui n’ont jàmais tué une mouche, et que la vue du sang effraie. Si un tel homme se mettait à faire une opération quelconque ou à tuer un animal, il ne ferait que causer de grandes souffrances à sa victime. Les membres de la grande société protectrice des fils de Jacob y ont pensé, et l’homme qui se destine au métier de tuer les animaux, ne reçoit l’autorisation de remplir ces fonctions, qu’après avoir prouvé par trois opérations successives, qu’il est capable de le faire sans broncher (v. f. 3, versd). Il-faut cependant ajouter que c’est là une^ innovation plus moderne. A l’époque thalmudique, tous les Juifs pouvaient tuer les animaux pour les besoins de la cuisine.
D’après tout ce que'jeviens de dire, il me semble que les sociétés proteecricés des animaux de nos jours, qui donnent des décorations à (tous ceux qui font quelque chose pour les animaux, au lieu d’adresser des récriminations à nos ancêtres, ce sont des statues qu’ils devraient leur ériger.
(1).; On verra dans les extraits qui suivent que, d’après les docteurs, les os tiraient leur vitalité de la moelle (si c’est un os long) ou du tissu spongieux ^si c’est un os large), et de la chair qui les couvre. On savait qu’un os dénudé, et surtout desséché, est un os mort, et on pensait que le principe de la vie se trouvant entièrement dans le sang (le sang est l’âme, dit la Bible), il arrive aux os par l’intermédiaire des parties molles qui renferment le sang.
TRAITÉ HOLIN.
Fol. 28).— Rabbi Joudah dit, que celui qui tue un animal doit couper les vaisseaux du cou (les veines jugulaires). D’après rab Hisda, rabbi Joudah voulait par ce moyen faire sortir le plus de sang possible. La ghemara pensa, au contraire, que, d’après rabbi Joudah, les vaisseaux sanguins appartenaient aux organes qu’il fallait couper pour tuer ( schahot ) l’animal, et elle chercha à réfuter l’opinion de rab Hisda, qui cependant a défendu son idée. Du reste, presque tous les docteurs étaient convaincus que, quand on coupe à l’animal la trachée et l’œsophage, l’animal meurt sûrement.
MISGHNÂH.
Fol. 42). Voici les maladies qui rendent un animal quadrupède terephah : Perforation de l’œsophage, division de la trachée, perforation des méninges de l’encéphale, perforation complète du cœur, fracture de la colonne vertébrale avec division de la moelle épinière, extirpation complète du foie, perforation du poumon ou perte de substance du poumon. Rabbi Simon dit, que l’animal n’est terephah que si le poumon est perforé jusqu’à son grand canal (selon l’interprétation de la ghemara, fol. 49, recto) (1). D’autres maladies, qui rendent un animal terephah, sont : Perforation de la kebah (2), perforation de là vésicule biliaire, perforation de l’intestin, perforation du kheres interne (la ghemara va l'expliquer, voir fol. 50, verso), ou déchirure de la plus grande partie du
(1) Ce canal est peut-être une grosse bronche ; d’après Raschi c’est une des grosses veines pulmonaires.
(2) Deutéronome, VXIII, 3. Raschi dit, qu e Keba a la forme d’un arc (fol. 50 recto, article lededan). Levysohn dit que Kebah est le quatrième estomac des ruminants. (Zoologie du Thalmud, par Levysohn, p. 38).
g TRAITÉ HOLIN.
kheres externe (la ghemara va l’expliquer, ibidem ); rabbi Joudah dit : Si la déchirure a l’étendue d’un tephah (quatre travers de doigt, quoique cette étendue ne constitue pas encore la plus grande partie de l’organe, quand, par exemple, l’animal est assez grand pour que l’organe en question ait une étendue de plus de deux tephahim ), l’animal est terephah; si l’animal est, au contraire, assez petit pour que l’étendue totale de cet organe soit moins de deux tephahim , il suffit que la déchirure ait l’étendue de la plus grande partie de T organe, pour rendre l’animal terephah, quoique cette déchirure n’ait pas l’étendue d’un tephah.
D’autres maladies qui rendent l’animal terephah, sont: Si le hamses ou beth hakhossoth (1) présente une perforation en dehors (la mischnah veut dire que, si un de Ces organes est perforé dans l’autre, si c’est la cloison de ces organes qui est perforée, l’animal n’est pas terephah); si l’animal est tombé d’un toit (ou d’uhe grande hauteur) ; si la plupart de ses côtes sont fracturées (la ghemara va l’expliquer, v. fol. 52, recto) ; si l’animal a été frappé par les griffes d’un loup (car, dit Raschi, le loup lui a inoculé par les griffes son venin). Rabbi Joudah dit : Le petit bétail devient terephah par le (venin du)
(1) Le docteur L. Levysohn, en comparant les dénominations des quatre estomacs des ruminants avec les noms thalmudiques correspondants, dit que beth hàkhrssoth désigne le premier estomac ou la panse , et le hamses désigne le deuxième estomnc qui suit le premier (la Zoologie du Thalmud, par le docteur L. Levysohn, à Francfort-sur-le-Mein, 1858, p. 38). Du reste, les mots hamses et beth hakhossoth s emploient souvent l’un pour l’autre, comme l’a dit Abayé (V. traité Soukhah, fol. 34, recto).
TRAITÉ HOLIN. 7
loup, mais le grand bétail ne devient terephah que par le (venin d’nn) lion. Les petits oiseaux (Rasehi donne les moineaux comme exemple) deviennent terephah par le (venin d’un) épervier [netz ), mais les grands oiseaux (Rasehi donne comme exemple les poules) ne deviennent terephah que par Té (venin d’un) ghas (1). Règle générale : Toute maladie qui est incompatible avec la vie de l’animal qui en est atteint, le rend terephah.
GHEMARA.
On lit dans une beraïtka de l’école de rabbi Ismaël, que la tradition nous a transmis 18 maladies qui rendent les ani* mauxterephab (ce sont les i8 maladies énumérées dans notre miscknah), quoique l’animal puisse vivre malgré ia maladie (ce docteur est d’avis que certaine terephah peut vivre).
Question. — Cette beraïtka dit qu’il n’y a d’autre terephah que les 18 énumérées dans notre mischnah ; il y a encore celle dont parle une autre mischnah (fol. 76, recto) : Si la patte d’une behemak (un quadrupède domestique) a été coupée au-dessus du genou, ranimai est terephah.
Réponse. — Notre beraïtha admet l’opinion de rabbi Simon fils d’Elazar, d’après lequel l’animal n’est pas terephah.
Question. — Il y a encore la perte de substance de la colonne vertébrale, car on lit dans une mischnah (traité Oholoth) : 11 y â perte de substance de la colonne vertébrale (par, rapport aux lois de l’impureté), s’il manque une vertèbre; c’est l’opinion de l’école de Hillel ; et rab Joudah a dit au nom
( I ) Le docteur L. Levysohn cite diverses opinions sur la signification du mot gas. D’après Levysobn lui-même g as désigne l’oiseau appelé autour ; d’après d’autres, cë serait le hibou ou le faucon, ou le vautour (ibidem, p. 164).
g TRAITÉ HOLIN.
de Samuel, qu’il en est de même par rapport à la terephah d’après l’école de Hillel.
Réponse. On trouve dans notre mischnah 18 terephoth,
en comptant la perforation du 1 er estomac des ruminants et celle de leur 2° estomac comme deux maladies différentes. Mais si on les compte pour une seule maladie, il n’y aura dans notre mischnah que 17 terephoth, et celle de la colonne vertébrale sera la 18 e .
Autre question. — Il y a encore la perte de la peau (fol. 54, recto).
Réponse. — Notre baraïtha adopte l’opinion de rabbi Meyer, d’après lequel cette perte ne rend pas l’animal terephah.
Autre question. — Il y a encore la sclérose du poumon {haroutha) dont parle une beraïtha (fol. 55, verso).
Réponse. — Notre mischnah parle de la perforation de la vésicule biliaire, car elle adopte l’opinion de rabbi Jossé, fils de rabbi Joudah; mais notre beraïtha n’adopte pas cette opinion, elle pense que cette perforation ne rend pas l’animal terephah,et elle remplace cette maladie par la sclérose pulmonaire.
Autre question. — Il y a encore les sept terephoth suivantes :
1) Rab Mathana dit : La luxation de l’articulation coxofémorale rend l’animal terepha (la ghemara rejette cette opinion, fol. 54, verso).
2) Rakhisch, fils de Papa, dit au nom de Rab, que la plaie d’un rein rend l’animal terephah (v. fol.' 5o, recto, dans quelles conditions).
3) Rab Avira dit au nom de de Rabba, que la perforation de la rate rend l’animal terephah (v. fol. 55, verso, dans quelles conditions).
4) Rabbah, fils de Bar Hanah, dit au nom de Samuel : Si les simanim (l’œsophage et la trachée) sont arrachés dans la plus grande partie de leur étendue, l’animal est terephah.
TRAITÉ HOLIN.
Rabbah, fils de rab Schéla, raconte que rab Mathana a dit au nom de Samuel, que :
5) Si une côte est arrachée de la vertèbre, l’animal est terephah (plus bas, fol. 52, recto, rabbi Johanan, rejette cette idée, et on adopte toujours l’opinion de rabbi Johanan contre celle de Samuel).
6) Si les os du crâne ont été (par un corps contondant) contusionnés dans la plus grande partie de leur étendue, l’animal est terephah.
7) Si la partie de l’épiploon qui couvre la plus grande partie du kheres (le 3 e estomac des ruminants?) est déchirée dans la plus grande partie de son étendue, l’animal est terephah.
Réponse. — Le nombre de 18 peut être maintenu, en admettant que notre beraïtha compte toutes les perforations comme des maladies appartenant à une seule catégorie, ainsi que les déchirures, et qu’elle compte parmi les cas de terephah celui où la patte est coupée au-dessus du genou, et celui de la perte de la peau.
Fol. 43). — C’est l’opinion de rabbi Jossé, fils de rabbi Joudah, que la perforation de la vésicule biliaire rend l'animal terephah. Rabbi Isaac, fils de rabbi Joseph, dit au nom de rabbi Johanan, qu’il faut adopter cette opinion (quant à son opinion sur la diminution du volume du foie, voir plus bas fol. 46, recto).
Rabbi Isaac, fils de rabbi Joseph, dit encore au nom de rabbi Johanan : S’il y a perforation de la vésicule biliaire, mais que cette perforation soit bouchée par le foie (de sorte qu’il ne puisse pas y avoir d’épanchement biliaire dans la cavité péritonéale), l’animal n’est pas terephah.
Rabbi Isaac, fils de rabbi Joseph, dit encore au nom de rabbi Johanan : S’il y a perforation du kourkeban, gésier des oi- ' seaux, mais que la muqueuse de ce viscère soit intacte, l’animal n’est pas terephah (car alors il n’y a pas d’épanchement de matières alimentaires dans la cavité péritonéale). Rab Nahaman dit, qu’il en est de même, si la muqueuse est
seule perforée et si le gésier lui-même (les membranes séreuse et musculeuse) est intact.
Rabba dit : L’œsophage est composé de deux membranes, dont l’externe (la membrane musculeuse) est rouge, et l’interne (la muqueuse) est blanche ; si l’une d’elles est perforée et si l’autre est intacte, l’animal n’est pas terephah (car le bol alimentaire ne peut pas sortir de l’organe). — Pourquoi dit-il que la membrane externe est rouge et l’interne est blanche?— C’est pour nous apprendre que, si l’on trouve l’externe blanche (anémiée) et l’interne rouge (congestionnée), l’animal est terephah.
Remarque. On a vu que l’œsophage et le kourheban (gésier des oiseaux) sont chacun composés de deux membranes, dont l’externe constitue l’organe proprement dit ou la musculeuse, et l’interne est la muqueuse. Si la muqueuse et la membrane externe d’un de ces organes sont perforées toutes les deux, l’animal est terephah (car les matières alimentaires peuvent sortir de l’organe par la perforation et irriter les parties environnantes). Si la perforation de le muqueuse ne correspond pas à celle de la membrane externe, on devrait admettre que l’animal n’était pas terephah (car les matières alimentaires ne peuvent pas sortir de l’organe).
Question. — Si la perforation de la muqueuse ne correspond pas à celle de la membrane externe , l’animal est-il terephah ou non?
Réponse. — Mar Zoutra dit au nom de rab Papa que, s’il s’agit de l’œsophage, l’animal n’est pas terephah (car les matières alimentaires ne peuvent pas sortir de l’œsophage) ; mais s’il s’agit du gésier des oiseaux [kourJceban ), l'animal est terephah (1). — Rab Asché dit, au contraire : Dans l’œsophage il y a des mouvements de déglutition et des mouvements communiqués par la trachée, laquelle trachée se remué
(!) Pensait-il que l’estomac exécutait les mouvements péristaltiques pendant la digestion, et que par suite de ces mouvements, les deux perforations peuvent se trouver l’une à côté de l’autre ?
TRAITÉ HOLIN.
quand l’animal respire ou quand il crie ; par suite de ces mouvements, les deux perforations peuvent se trouver un moment l’une à côté de l’autre. Il n’en est pas ainsi du kourlceban (gésier des oiseaux) qui n’exécute aucun mouvement. Rab Aha, fils de Rab Joseph, dit alors à Rab Asché : Nous avons une variante d’après laquelle mar Zoutra a dit au nom de rab Papa exactement ce que tu viens de dire.
Remarque. — On vient de dire que, si l’œsophage (sa membrane musculeuse) est perforée, mais si cette perforation se trouve bouchée par la muqueuse qui est restée intacte (de sorte que les matières alimentaires ne peuvent pas sortir dè l’œsophage), l’animal n’est pas terephah.
Rabbah dit : Si (l’œsophage est perforée avec sa muqueuse et si la membrane qui bouche le trou est) une cicatrice (kroum) qui s’ëst formée à .ta suite de là perforation (l’animal est terephah, car la cicatrice) n’est pas une membrane (normale, qui peut mettre à l’abri contre le danger résultant de la perforation ; la cicatrice, dit Raselii, finira par su déchirer).
Rabbah dit encore : Si on examine l’œsophage, il faut examiner sa muqueuse et non pas sa membrane externe. — De quel examen s’agit-il? — Il y a des cas où on est obligé de voir si l’œsophage est dëvenu rouge (s’est congestionné) par suite du venin qu’un animal dé proie a introduit dans la victime. Dans ce cas, dit Rasclii, il faut examiner la muqueuse qui est blanche, et non pas la membrane externe qui est normalement rouge.
Un cas pareil s’est présenté devant Rabbah, qui a examiné l’œsophage en dehors (sa membrane externe) pour savoir si l’animal de proie a introduit là son venin ou non. Abayé qui était là, lui rappela sa propre opinion qu’il fallait examiner la muqueuse. Alors Rabbah a renversé 1 ? œsophage pour examiner la muqueuse ; et comme il y;a trouvé deux gouttes de sang, il a dit que l’animal était terephah.
Fol. 4o. — Si la trachée présente une fente dans toute sa longueur, mais s’il en est resté une partie intacte en haut et une partie en bas, l’animal n’est pas terephah d’après rabbi
Johanan. Quand on lui a rapporté que Rabbi Jonathan a émis la même opinion, il a dit qu’il est content, que les docteurs de Babylone étaient si intelligents.
On a dit dans la misehnah,que la perforation des méninges encéphaliques rend l’animal terephah : Rab et Samuel dirent tous les deux, que la perforation de la dure-mère seule rend l’animal terephali,. quoique la pie-mère soit intacte ; d’après une autre variante, l’animal n’est terephah que si la perforation a atteint la pie-mère. Rab Samuel, fils de Nahameni, dit : (pour ne pas oublier ce qu’on vient de dire) il est bon de remarquer que (la pie-mère) c’est le sac qui renferme l’encéphale. Rabbah, fils de Bar Hanah, dit au nom de rabbi Josué, fils de Lévy, qu’on se rendra facilement compte de l’existence des deux membranes de l’encéphale, si on pense aux testicules qui ont également deux membranes, et dont la membrane interne est très facile à reconnaître.
Rabbi Simon, fils de Pazi, raconte, que rabbi Josué, fils de Lévy, a dit au nom de Bar Kapara.: Toute la moelle qui se trouve dans le crâne est l’encéphale (c’est là qu’une petite perforation des méninges rend l’animal terephah) ; là où elle commence à prendre une forme allongée, commence la moelle épinière (dont une petite perforation ne rend pas l’animal terephah, d’après Rabbi, v. plus bas, p. 253),
A quel endroit cet allongement commence-t-il? Rabbi Isaac, fils de Nahameni, répondit : Rabbi Josué, fils de Lévy, me l’a expliqué lui-même : Il y a à l’ouverture du crâne deux corps de la forme de dçux haricots (Raschi dit glands , ce sont ce qu’on appelle à présent tubercules quadrijumeaux) ; l’encéphale est au-dessus de ces tubercules, au-dessous est la moelle épinière; les tubercules eux-mêmes font probablement partie de l’encéphale. Rabbi Jérémie a trouvé ces tubercules, en faisant la dissection d’un oiseau.
Quaut à ce qui concerne 1 ekanah du cœur (on va l’expliquer), Rab dit, qu une petite perforation de ce kanak rend l’animal -terephah; Samuel dit, qu’il faut une division de plus de la moitié de cette partie pour rendre l’animal terephah.
TRAITÉ HOLIN.
Question. — Qu’est-ce que le kanah du cœur?
Réponse.- —Rabbali, fils d’Isaac, répondit que, c’est le cordon graisseux qui commence au cœur et qui s’étend entre les deux poumons (il s’agit probablement de la lésion des nombreux organes qui se trouvent dans cet endroit). Amemar donne une autre réponse au nom de rab Nabaman : Il y a, dit-il, trois (genres de) tubes (kané) : un (genre) se propage dans le cœur (les vaisseaux sanguins), un autre (genre de tubes) se propage dans les poumons (les bronches), un autre (genre) encore se propage dans le foie (1). Les tubes (bronches) qui entrent dans les poumons sont considérés (sous le rapport de terephah) comme les poumons (une petite perforation des bronches rend donc l’animal terephah) ; les tubes qui entrent dans le foie sont considérés (sous ce rapport) comme le foie ; les tubes (vaisseaux sanguins) qui entrent dans le cœur constituent les kanah du cœur, qui font le sujet du désaccord entre Rab et Samuel.
Mar, fils de Hiya, dit, au contraire, que ce sont les tubes (les vaisseaux sanguins) qui se ramifient dans le foie dont une petite perforation rend l’animal terephah, et non pas les tubes (lès bronches) qui se ramifient dans lès poumons. Quant au désaccord qui existe entre Rab et Samuel, il porte sur les tubes (vaisseaux sanguins) qui entrent dans le cœur. Quand rabbi Hiya, fils de Joseph, a rapporté l’opinion de Rab à Samuel, celui-ci dit : Si Rab a émis cette opinion, il ne comprend rien aux lois de teréphah (2).
On lit dans une beraïtha : La lésion de la moelle épinière ne rend l’animal terephah, que s’il y a solution dé continuité
(1) Raschi explique ce passage autrement. Raschi dit que tous ces tubes viennent de la trachée ; mais la trachée ne donne que les bronches qui se ramifient aux poumons, et elle ne donne rien au Cœur, ni au foie.
(2) Cette expression de Samuel, qui était aussi un médecin eé^ lèbre, moutre qu’il avait des arguments scientifiques irréfutables pourappuyèr son opinion, et que l’opinion de Rab était contraire à toutes les notions médicales de l’époque. Malheureusement, ces notions médicales nous sont peu connues.
traité houn.
de plus de la moitié (de sa circonférence) ; c’est l’opinion de Rabbi (rabbi Joudah le nassie). Rabbi Jacob dit, au contraire, qu’une petite perforation suffit pour rendre l’animal terephah. RabHounadit, qu’on n’adopte pas l’opinion de rabbi Jacob.
Question. — Que veut dire l’expression plus de la moitié ?
Réponse. — Rab dit que, c’est plus de la moitié (de la circonférence) des méninges rachidiens ; d’après une autre variante il a dit que, c’est plus de la moitié (de la circonférence) de la moelle épinière elle-même (quoique les méninges soient intactes).
Question. — D’après la variante que la solution de continuité de la moelle seule rend l’animal terephah, à plus forte raison l’animal doit-il être terephah, si la lésion porte sur les méninges (car, dit Raschi, la lésion des méninges aura des suites dangereuses pour Ja moelle entière, qui pourra finir, par s’épancher à travers la solution de continuité de ses membranes). Mais d’après l’autre variante, la solution de continuité de la moelle seule rend-elle l’animal terephah ou non?
Réponse. — Rab Houna a dit que, si la beraïtha parle de la solution de continuité de plus de la moitié (de la circonférence) qui rend l’animal terephah, c’est delà solution de continuité des méninges quelle parle, mais celle de la moelle épinière seule ne rend pas terephah.
Rab Nathan, fils d’Abin, examina d’abord les méninges d’un animal, pour savoir s’il n’y avait pas solution de continuité de plus de la moitié de ces membranes; ne l’ayant pas trouvé, il se mit à examiner la moelle elle-même. Mais Rab lui dit : Si lès méninges sont intactes, la moelle est indifférente, c’està-dire la solution de continuité de la circonférence de la moelle seule ne rend pas l’animal terephah.
Rabbah, fils de Bar Hanah, dit au nom de rabbi Josué, fils de Lévy, si la moelle (1) est ramollie, l’animal est terephah.
(1) Gela se rapporte à le moelle épinière dont on vient de parler, et aussi à l’encéphale, puisque la ghemara cite ici une parole de Lévy qui se rapporte à l’encéphale.
Les disciples de Rab dirent : si elle est (complètement) ramollie, l’animal est terephah : mais s’il n’y a qu’une partie qui s’est ramollie, et si ce ramollissement a déterminé un vide ou une perte de substance de la moelle (1), l’animal n’est pas terephah.
Question .— Ceci paraît en désaccord avec l’opinion de Lévy. Car Lévy voyant un jour un homme (malade) par suite des coups reçus à la tête, a dit (quel malheur irréparable), son encéphale est ébranlé. Lévi pense donc, que cet ébranlement qui, comme le ramollissement partiel, produit une perte de substance, est mortel.
Réponse. — Lévi ne pensait pas qu’il était mortel, mais il plaignait l’individu auquel l’accident est arrivé, parce qu’il pensait que cet individu était devenu incapable d’avoir des enfants (2).
Question. — Jusqu’à quel endroit la moelle épinière s’étendelle (quelle est la limite, dit Raschi, au delà de laquelle la moelle m’a plus assez d’importance vitale, pour que sa solution de continuité rende l’animal terephah ?)
Réponse. — Rab, Joudah dit au nom de Samuel : jusque entre les branches/jui en sortent (3).
(1) Le texte dit nithmazmez, et Raschi dit ; « Il y a un vide et une perte de substance» » Je crois que Raschi-veut dire perte de substance par suite d'un ramollissement partiel ; car nithmazmez veut dire ramolli.
- (21 II est à remarquer, que le ghemara admettait certaines lésions, de l’encéphale comme cause de stérilité de l’homme.
Il faut aussi remarquer, que Raschi connaissait la connexion de l’encéphale avec certains nerfs périphériques, par l’intermédiaire de la moelle épinière ; puisque Raschi dit ici, que la lésion de Y encéphale est une cause de stérilité, car le gid hanaschéh de .la cuisse et le nerf du pénis se continuént avec la moelle épinière, laquelle moelle se divise; sort de là colonne vertébrale, devient nerf (ghid) près des cuisses et y entre.
' Il résulte encore de ce passage que, d’après Raschi, le gid kanâschéli est le nerf sciatique.
(3) Voici comment Raschi explique la réponse de Samuel : Au niveau des cuisses, la moelle épiniére se divise en trois branches
traité holin.
Rab Dimé, fils d’Isaac, voulait faire un voyage, mais avant de partir il alla chez rab Joudah et il lui dit : montre-moi l’endroit où se trouve la limite (que tu as indiquée au nom de Samuel). Rab Joudah lui dit : apporte moi une chèvre, et je te le montrerai. Rab Dimé lui apporta une chèvre trop grasse. Alors rab Joudah lui dit que (par suite de l’abondance de la graisse) les nerfs se trouvent trop enfoncés, et on ne les distingue pas bien (1). Rab Dimé lui apporta donc une chèvre maigre ; mais rab Joudah lui dit que (cette chèvre étant trop maigre) les nerfe se trouvent trop en relief, et il est difficile de les bien reconnaître (2). Il dit donc à rab Dimé : Je veux t’apprendre la ghémara : Voici ce qu’a dit Samuel : Si la lésion de la moelle en question se trouve au-dessus de sa première division, l’animal est terephah; si elle se trouve au-dessous de sa troisième division, l’animal n’est pas tere-
(nerveuses), dont l’une va à l’une des cuisses, l’autre va à l’autre, et la,branche moyenne va à la queue; environ deux travers de doigts plus bas, la branche moyenne se divise de nouveau en trois rameaux; plus bas, on trouve encore une troisième division, et ainsi de suite dans plusieurs endroits jusqu’à la fin. Si donc la moelle épinière présente une solution de continuité de plus de la moitié (de sa circonférence), àu-dessus de ses branches, l’enimal est terephah ; mais, si la solution de continuité se trouve au-dessous de l’origine dë ces branches, l’animal n’est pas terephah, car en cet endroit la moelle épinière n’a plus la même importance vitale, la colonne vertébrale est ici soutenue par les cuisses, et sa solution de continuité ne fait pas ici mourir l’animal.
- (1) Raschi dit que rab Joudah n’avait pas le temps d’enlever la
graisse, pour lui montrer les branches qui sont au-dessous. Il voulait donc les lui montrer sans disséquer l’animal ; car le nerf (hout) est blanc (et par conséquent facile à reconnaître); et en entrant dans la chair de la queue, il se divise superficiellement (de sorte qu’on doit le voir sans le disséquer) en ses branches, (qui se trouvent) des deux côtés au-dessous dë l’os.
(2) Raschi l’explique en disant,: Le fémur presse sur la chair et sur les nerfs, et il les rend tellement minces, qu’il est difficile de Jes bien reconnaître. Raschi veut dire probablement que, par laminceur des muscles ët dés couches graisseuses, les nerfs se trouvent très-rapprochés de l’os, et il est difficile de distinguer lés. minces filets nérveux de l’os, qui a, du reste, la même couleur blanche qu’eux.
TRAITÉ HOLIN. 17
phah; mais il y a doute pour le cas, où la lésion se trouve près de la deuxième division.
Fol. 46. — Si la lésion se trouve sur la branche (le nerf qui naît de la moelle épinière), l’animal n’est pas terephah.
Question. — Quelle est la limite de la moelle épinière chez les oiseaux? (au point de vue de la lésion en question).
Réponse. — Rabbi Janaï indique la limite au-dessous des ailes, et Risch Lakesch l’indique entre les ailes. Oula dit : J’étais présent, quand on a apporté devant le fils de Pazi un oiseau, pour qu’il en examine la moelle épinière (pour savoir si la moelle ne présenté pas quelque part la lésion en question), il l’a examiné jusqu’à la limite indiquée par Risch Lakesch. Quand il est arrivé là, on vint l’appeler de la part du Nassie et il s’en alla, en cessant son examen, de sorte que je ne peux pas savoir, s’il a cessé complètement l’examen, parce qu’il adopte l’opinion de Risch Lakesch, ou bien s’il a seulement interrompu cet examen par respect pour le Nassie (en se proposant de continuer plus tard cet examen jusqu’à la limite indiquée par rabbi Janaï).
Question. — Notre mischnah dit, que l’animal est terephah, si le foie a été complètement enlevé ; il en résulte que, s’il en est resté quelque chose, L’animal n’est pas terephah. Ceci .est en contradiction avec la mischnah qui dit, que ..l’animal n’est. khascher que s’il est resté de son foie une partie grande comme une olive ( khe-zayith).'
Réponse. — Rab Joseph dit : Une mischnah a été rédigée d’après rabbi Hiya, et l’autre d’après rabbi Simon, le fils de Rabbi. . •
Rabbi Zera dit que, si le foie a diminué de volume, l’animal n’est khascher que, s’il en est resté un khezayith (grand comme une olive) à l’endroit de la vésicule biliaire. Rab Ada, fils d’Ahabah, dit, que ce khezayith restant doit se trouver à l’endroit dont le foie tire sa nutrition (à l’endroit du hile, dit
TRAITÉ HOLIN.
iê
Raschi, par lequel le foie est suspendu). Rab Papa dit, q ne l’animal n’est khascker que, s’il est resté de son foie un khezayith au niveau de la vésicule biliaire et un autre khezayith au nivéau du hile (les Tkossepoth disent, qu’on adopte l’opinion de rab Papa).
On lit dans notre mischnah, que la perforation du poumon rend l’animal terephah. Rab, Samuel et rab Assé disent, que la mischnah parle de la perforation de la plèvre costale; d’après une autre variante, ces docteurs ont parlé de la plèvre pulmonaire (qui est perforée, disent les Thossephoth, en même temps que la plèvre costale).
Question. — 11 est certain que, si la plèvre costale est perforée et si la plèvre pulmonaire est intacte, l’animal n’est pas terephah, puisque celle-ci protège suffisamment le poumon, car Rabbah a dit : Si le poumon est rouge comme une datte, parce qu’il a perdu sa membrane externe et qu’il n’a conservé que sa membrane interné, l’animal n’est pas terephah. Mais il y a doute dans le cas où la plèvre pulmonaire est perforée et la plèvre costale est intacte. Peut-on dire que l’animal n’est pas terephah, parce que la plèvre costale seule protège suffisamment le poumon, ou bien cette protection n’est pas suffisante et l’animal est terephah ?
Réponse. — Il y a divergence d’opinion entre rab Aha et Rabina, dont l’un dit que la protection n’est pas suffisante, et l’autre dit qu’elle est suffisante.
La ghemara adopte l’opinion, que la plèvre costale protège suffisamment le poumon (l’animal est donc khascher, si la plèvre pulmonaire est seule perforée, la plèvre costale étant restée intacte). Car rab Joseph a dit : Si un poumon (quand on soufle dans la trachée pour donner au poumon le volume qu’il a pendant l’inspiration) fait du bruit (comme si l’air sortait par une perforation), ; si on peut bien distinguer l’endroit d où vient ce bruit, on met sur cet endroit une plume, ou un brin de paille, ou de la salive ; si (par suite de l’inspi-
TRAITÉ HOLIN.
ration artificielle) ces choses légères se remuent (c’est que les 2. plèvres sont perforées, et l’air sortant du poumon arrive par la perforation jusqu’à la plume ou la salive qu’il soulève), l’animal est donc terephah (1). Mais si la plume ou la salive ne se remué pas (c’est que la plèvre costale est intacte, et l’air ne peut pas arriver jusqu’à la plume ou jusqu’à la salive pour la remuer), l’animal est donc khascher. Car dans ce cas on doit admettre que le bruit (fait par le poumon pendaut l’inspiration artificielle) vient de ce que l’air passe (à travers la perforation de la plèvre pulmonaire) entre les 2 plèvres.
Si on ne peut pas bien distinguer l’endroit ou le bruit se produit, on met le poumon entier dans un vase d’eau tiède, et on fait l’inspiration artificielle (en soufflant dans la trachée), si l’eau fait glouglou dans un endroit quelconque, -c’est que dans cet endroit il y a perforation des 2 plèvres ; sinon, ; c’est que la plèvre costale est intacte et le bruit vient de ce que l’air passe entre les 2 plèvres. Il faut que l’eau soit tiède ; car si elle était chaude, le poumon pourrait se rétracter et la perforation se fermer; si l’eau était trop froidej le poumon pourrait devenir dur, et la membrane externe [plèvre costale], si elle est seule intacte; pourrait se perforer au niveau de la perforation de la membrane interne [plèvre pulmonaire],
Rabba pensait que, si le poumon entier était rouge, l’animal devait ètré térëphàh, mais là"gbemara rejette cette idée.
Rabba dit : Si une partie du poumon est devenue sèche, l’animal ést terephah. —• A quel degré doit-elle être dessé-
(1) On pourrait demander, si. les deux plèvres sont perforées et que le poumon, soit intact, comment l’air qui entre par la trachée peut-il sortir pour remuer la plume ou la salive? Je réponds qu’on pensait que, si la plèvre pulmonaire est perforée par suite d’une maladie ou , d’un corps étranger, une partie du poumon est en même temps perforée. Car la mischnah parle de la perforation du poumon ( reah ), et la ghemara parle de ceHe des plèvres ( kroum ), comme de la même maladie qui est mentionnée parla mischnah.
«liée, pour que l’animal soit terephah? — Il faut que la partie soit tellement desséchée, qu’on puisse l’émietter avec l’ongle.
Question. — Est-ce qu’on adopte l’opinion de rabbi Jossé, fils de Hamescboulam ? Car on lit dans une beraïtha (à propos de l’oreille d’un animal premier-né qui est desséchée, ce qui est considéré comme une maladie incurable qui rend ranimai impropre pour être sacrifié dans le Temple, et qui donne à son propriétaire le droit de le tuer pour la cuisine) : A quel degré doit-elle être desséchée ? — A un degré tel, que si on pique l’oreille, il n’en sort pas une goutte dé sang. Rabbi Jossé, fils de Hamescboulam, dit : Il faut qu’elle soit tellement desséchée, qu’on puisse l’émietter avec l’ongle.
Réponse. — Il y a une différence entre ces deux cas. Le. poumon n’est pas exposé à l’air, par conséquent il peut guérir quand le dessèchement n’est pas encore arrivé à un si haut degré à pouvoir être émietté par l’ongle. Mais l’oreille, qui est exposée à l’air, ne guérira pas, quand même son dessèchement n’est pas encore arrivé à ce degré (1).
Rabba dit : Si le poumon présente (sur sa plèvre) de fausses membranes ayant l’aspect de croûtes ou des taches noires ou d’autres colorations (celles, dit Raschi, que la ghemarâ considéré plus bas comme étant sans gravité, v. p. 24), l'animal n’est pas terephah.
(1) On voit ici l’influence funeste qu’on attribuait à l’air. Plus haut, on a parlé, des plèvres qui doivent protéger les poumons. Je crois donc que les docteurs du Thalmud admettaient, que toutes ^ les membranes qui enveloppent un viscère sont ses protectrices, sans lesquelles fi ne pourrait pas conserver son état normal, et que . cette protection est compromise par une perforation quelconque.
De là, la gravité de : la perforation des méninges (v. p. 251 et 253), des plèvres (v. p. 258), et c’est peut-être aussi pour ce motif que l’on considérait laperforàtïon de la vésicule biliaire, de l’estomac, del’in- ' testin, comme si grave ; car la perforation fait entrer dans ces viscères un gaz ou un liquide qui ne devait pasy entrer à l’état normal. Il éstposëibleaussi, qu’on craignait l’épanchementdes matières contenues dans ces viscères (Raschi parle de l’épanchementdes matières de l’intestin dans le péritoine,' fol. 50, recto, article beroubo, v. plus bas p. 34). •
TRAITÉ HOLIN.
Remarque. —• Pour faire comprendre ce qui suit, je traduis d’abord l’opinion de rabbi Johanan et rabbi Elazar (v. p. 33), qu’on peut faire des comparaisons dans les poumons ; c’est-à-dire s’il y a une perforation pulmonaire (et perforation des 2 plèvres) et si on ne sait pas quand elle a été faite (avant ou après la mort), on fait une autre perforation; si la l re ressemble à la 2 e , c’est qu’elle a été faite aussi après la mort.
Amemardit au nom de Rabba (qu’on ne peut faire cette comparaison que dans un poumon sain, mais) qu'on ne la fait pas, si la perforation se trouve sur une boua (partie gonflée) du poumon.
Rabba dit encore : Si deux lobes de poumons (ouna) sont attachés l’un à l’autre par de fausses membranes ( strkha ), on n'examine pas, c’est-à-dire, s’il y a une. perforation, on doit supposer sans examen qu’elle s’est produite avant la mort, puisqu’il y a de fausses membranes qui indiquent un état morbide de l’organe (1). Cela s’applique au cas où les fausses membranes rapprochent entre elles les parties pulmonaires qui à l’état normal ne sont pas rapprochées; mais si on ne trouve de fausses membranes qu’entre les parties qui sont rapprochées entre elles dans la position normale (on ne doit pas en conclure à l’existence d’un état morbide qui a produit la perforation, car) c’est rehiihaïhou, leur habitude;
(l) Raschi et les Thossephoth l’interprètent autrement. D’après eux on n’a pas constaté de perforation, mais Rabba a dit que les fausses membranes seules rendaient l’animal terephah, car il n’y a pas de fausses membranes sans perforation préalable. Les Thossephoth disent, qu’on pourrait peut-être admettre que la fausse membrane peut se former sans perforation préalable, mais que l’animal est terephah, parce que la fausse membrane finira par se .déchirer et produira une perforation. Je ne peux pas admettre ces idées. En voici mes raisons :
1) Raschi dit : Les poumons absorbent des. liquides qui s’épaississent en glaire, laquelle glaire sort par la perforation, se coagule •et constitue la fausse membrane. Or, les fausses membranes se forment presque toujours sans perforation préalable, et elles ne produisent presque.jamais de perforation consécutive. Toutes ces idées qui ont tant occupé les commentateurs du moyen âge, à sa—
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c’est-à-dire que les lobes voisins s’attachent souvent l’un à l’autre par quelques fausses membranes, sans qu’il y ait un état anormal grave (1).
Fol. 47. —i Rabba dit encore : S’il y a deux gonflements [boue) l’un près de l’autre, on «’examine pas , c’est-à-dire, s’il y a perforation, on doit supposer sans examen qu’elle s’est produite avant la mort, puisqu’on voit que le poumon est malade (2). (Si l’on peut penser qu’il n’y a peut-être qu’un) seul gonflement (rempli de liquide) qui donne l’apparence de deux gonflements séparés, on perfore l’un d’eux pour le vider ; si l’autre se vide également, c’est que les 2 gonflements (commmuniquaient entre eux et ils ne forment qu’un) ; dans ce cas l’animal (peut être) khascher (car un seul petit
voir : ein sirkha belo nekeb ou yeschsirkha belo nekeb qui surviendra, sont fausses, et la ghemara n’a jamaisimaginé de théories pareilles,.
2) Rabba ne dit pas du tout que, s’il y a de fausses membranes, ranimai est terephah. Il emploie ici une expression tout à fait insolite, il dit : leth lehou bedikah, on ne les examine pas. D’après Raschi et les Thossephoth, on ne comprend pas du tout, de quel examen Rabba veut parler.
3) Raschi et les Thossephoth (article hainou rebithaïhou) comparent la sirkha avec le kroum ^cicatrice) de rab Joseph ; la ghemara elle-même n’admet pas cette comparaison (v. p. 30, et fol. 48, recto).
(1) Les commentateurs l’interprètent autrement ; mais j’ai cru “"devoir adopter une interprétation plus conformé aux idées ïnédi-
cales.
(2) D’après les commentateurs, il ne s’agit pas ici d’une perfo¬
ration à examiner,, ce sont les gonflements (d’après les Thossephoth, article ve-i lav, ce sont des abcès) seuls qui rendent l’animal terephah, et Raschi dit que ces gonflements supposent une perforation préalable. J’ai rejeté ces explicatious; en voici més raisons : ............ri
•1) Deux petits abcès ou tubercules ne peuvent pas rendre l’animal terephah, car ranimai peut vivre certainement plus.d’une année. Il est faux que deux petits abcès ou tubercules voisins Tun de l’autre soient le résultat d’une perforation préalable. La ghemara n’a jamais émis une opinion pareille.
2) Rabba ne dit pas du tout que les gonflements rendent l’animal terephah; il dit leth , lehou bedikoutha, on n’ examine pas les parties. D’après Raschi et les autres commentateurs, on ne comprend pas du tout, de quel examen Rabba veut ici parler.
TRAITÉ HOLIN. 23
abcès ne forme pas un état morbide assez grave, pour qu’on accepte sans examen que la perforation s’est produite avant la mort) (1). Si l’autre gonflement ne se vide pas, c’est qu’il ne communiquait pas avec celui qu’on a percé, et l’animal est terephah (car il y a 2. gonflements, qui supposent un état morbibe assez grave, pour qu’on doive admettre que la perforation s’est produite avant la mort).
Rabba dit encore : Les poumons ont 5 lobes ; si l’on tourne l’animal la face contre l’homme, on trouve 3 lobes à droite et 2 à gauche. Si un lobe manque, ou s’il y en a un de trop, ou s’il y en a là droite et 3 à gauche, l’animal est terephah. Meremar dit que, s’il y a un lobe de trop, l’animal n’est pas terephah. L’opinion de Meremar s’applique au cas, où le lobe surnuméraire se trouve au niveau des autres lobes ; mais s’il ne se trouve pas au niveau des autres, l’animal est terephah. Un cas pareil (où il y avait un lobe de trop qui n’était pas au niveau des autres lobes), s’est présenté devant rab Asché qui a voulu déclarer l’animal terephah ; mais rab Houna mar, fils d’Yvya, lui dit, que le cas était fréquent, et que les bouchers donnent à ce lobe le nom de « lobule rosé » ( varda , parce que, dit Raschi, il est mince et de couleur rose), par conséquent l’animal est khascher. Cela s’applique au cas où le lo-
• (1) J’ai ajouté, entre parenthèses, les deux mots peiù être, car j’ai pensé que, dans ce cas, il faut examiner la perforation ; c’est-àdire la comparer avec une autre qu’on fera à présent sur l’animal mort.(v. plus haut, p. 21) ; alors, l’animal sera peut être khascher. Cependant l’expression peut être ne së trouve pas dans le texte. Pourquoi? Il est possible que Rabba parle d’une perforation qu’on trous e sur le gonflement ( boua ); or, Rabba a dit plus haut qu’on ne fait pas l'examen en question,si la perforation se trouve sur un gonflement (p. 21), alors on permet de manger l'animal dans le doute, s’il s’agit d’un endroit où la perforation peut être attribuée aux manipulations du boucher (v. plus bas, p. 32). Il est possible aussi, que Rabba emploie le mot khesçherah (sans ajouter l’expression peut être), pour dire que l’animal n’est pas déclaré terephah certain (sans aucun examen), comme dans le cas où les deux gonflements ne communiquent pas entre eux, et où Rabba dit que l’animal est ( certainement ) terephah.
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bule se trouve au-dessous des autres lobes; mais s il se trouve au-dessus, l’animal est terephak.
Rapkram dit : Si le poumon (ou une partie du poumon) ressemble à un morceau de bois, 1 animal est terepkah. Il y a ici 3 variantes. D’après les uns, Raphram veut dire que le poumon est blanc comme le bois; d’après d’autres, il s’agit d’un poumon qui est dur comme du bois; d’après d’autres encore, Rapliram parle d’un poumon qui est lisse comme du bois, et qui ne présente pas même la division des lobes.
Rabba dit : Si le poumon est de couleur de khohala, l’azure, d’après Raschi (i), l’animal est khascher ; mais s’il est noir comme de l’encre, l’animal est terephah, car la couleur noire indique 1& sang rouge altéré. Si le poumon est vert comme les herbes, l’animal est khascher ; il est aussi khascher , si le poumon est rouge. Car, comme rabbi Nathan l’a dit à une autre occasion, la couleur rouge d’un organe est un phénomène transitoire qui disparaît, quand le sang finit par s’absorber [ybla ; ou quand la congestion se dissipe); et la couleur verte est un signe d 'anémie (2) qui peut aussi disparaître.
Rab Khahana dit : Si le poumon a l’aspect du foie, l’animal est khascher (3) ; s’il ressemble à la chair, l’animal est terephah.
Rab Sama, fils de Rabba, dit : Si le poumon présente la couleur de houblon ou de saphran ou d’un jaune d’œuf, l’animal est terephah.
Rabbina dit : Si une partie du poumon ne se gonfle pas sous l’influence de l’inspiration artificielle, on fait dans la partie une incision, s’il y a du pus ( mougla ), l’animal est
(1) D’après les Thossephoth c’est une couleur noirâtre (v. fol. 46, verso : Thossephoth, article ouhhmé).
(2) Le texte dit : La couleur verte disparaît, ad scheyipol bo damo, quand le sang tombe dans l’organe. Je crois qu’il parle ici d’une anémie qui finit par disparaître.
(3) De nos jours l’hépatisation est un .signe d’une inflammation du poumon arrivée à la deuxième phase, qui, du reste, peut guérir.
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khascher ; si non, (on doit craindre l’existence d’une autre maladie qui empêche la pénétration de l’air), on met donc sur la partie une plume ou de la salive : si la plume ou la salive se remue sous l’influence de l’inspiration artificielle (c’est que l'air a pénétré et) l’animal est khascher-, sinon, l’animal est terephah.
Rab Joseph dit : Le kroum (cicatrice) qui se produit par suite d’une plaie du poumon, n’est pas considéré comme un véritable kroum. protecteur, comme les membranes qui enveloppent et protègent le poumom (1).
On cite ici les sentences de rab Joseph, qui parle d’un poumon qui produit un bruit à la suite de l’inspiration artificielle (je l’ai traduit plus haut p. 18).
Oula dit au nom de rabbi Jobanan : Si le parenchyme du poumon s’est transformé en liquide, l’animal est khascher. Rabba (l’interprète en disant que l’animal n’est khascher que) si les tubes (bronches et peut-être aussi les vaisseaux pulmonaires) sont restés intactes. — Comment peut-on le savoir? — Rab Asché répondit : On verse le liquide dans un vase de terre enduit de plomb (dans un vase pareil, dit rascbi, on distinguera bien la nature du liquide), si on y voit des filets blancs (qui proviennent des tubes altérés), l’animal est terephah ; si non, l’animal est khascher.
Rab Nabaman dit : S’il y a un vide dans le poumon, et si les plèvres sont intactes, l’animal est khascher. On lit dans
(t) Oq a dit plus haut (p. 18), que, si le poumon est perforé, et si la plèvre costale nppelép kroum , membrane, est intacte, ce kroum protège le poumon et le met à l’abri des conséquences de la perforation. Rab Joseph dit donc ici, que la cicatrice, qu’il appelle aussi kroum , n’est pas comme un kroum normal (la plèvre) qui protège la partie malade. Il n’y a donc aucun rapport entre la cicatrice que rab Joseph appelle ici kroum , et les adhérences pleurales que Rabba appela plus haut (p. 21) sirkha. Cependant les commentateurs ne font aucune différence entre le kroum de rab Joseph et la sirkha de Rabba. Je crois, que ces deux mots désignent deux choses différentes. La ghemara, du reste, distingue elle-même entre le kroum de rab Joseph, et le sabikh (ou sirkha) dont parle Rabbina (v. plus bas, p. 30).
une beraïtha : S’il y a un vide dans le poumon, et si les plèvres sont intactes, l’animal est khascher ; si la matrice est enlevée, l’animal est khascher (v. plus bas p> 43) (1).
Fol. 48. — Un cas s’est présenté, où on a trouvé des ento*zoaires (hydatides ?-) dans le foie. Des hommes de l’Asie sont allés pour cela pendant trois fêtes dsns la ville de Yabnah (là était à une certaine époque le siège du grand Synhedrin, et un grand nombre de docteurs y venaient pendant les fêtes). Le cas resta longtemps indécis, mais pendant la troisième fête on a fini par déclarer l’animal khascher [probablement parce que l’animal peut vivre plus d’une année].
Rab Joseph, fils de Minjomé, dit au nom de rab Nahaman : Si le poumon est attaché à la paroi costale par des adhérenr ces, il ne faut pas craindre pour le pdumon (ranimai est khascher) (2) ; mais si le poumon présente en outre des excroissances ( tzmahim) il faut craindre une maladie grave du poumon (la ghemara va dire ce qu’il a à faire). Mar Joudah dit au nom d’Abimé : Qu’il y ait de tzmahim ou
(1) Les Thossephoth disent : Si la vessie est perforée ou extirpée, l’animal est terephah. Ils demandent, pourquoi la ’mischnah et la ghemara n’en parlent pas, et ils répondent : « Peut-être l’at-on compris dans l’expression « perforation des dakin » (mot qui désigne les intestins ou peut-être tous les viscères minces, car dak veut dire mince ; voir Thossephoth, fol. 48, recto, article schalphouhith ).
(2) Les adhérences pleurales ne peuvent pas à elles seules rendre l’animal terephah. Les commentateurs disent que l’animal est khascher, parce qu’on attribue la production des adhérences à une maladie des parois costales et non pas à celle de la plèvre. Je ne puis pas admettre cette idée par les motifs suivants :
1) L’idée que les adhérences pleuralës: (str7eàa) sont toujours l’effet ou la cause d’une perforation est fausse ; aucun médecin ne peut l’admettre.
2) Les maladies dés parois costales ou des côtes sont extrêmement rares relativement à celles des plèvres ou despoumons;. Si donc chaque adhérence indiquait une perforation et rendait l’animal terephah, il aurait été impossible de permettre d’en manger la viande sous prétexte, qu’on peut attribuer l’existence des adhérences aux maladies des parois costales, lesquelles maladiës sont extrêmement rares.
qu’il n’y en ait pas, on doit toujours craindre pour le poumon (1).
Question. — Rab Nahaman vient de dire que, si le poumon adhérent à la paroi costale présente des tzmahim (2), il faut craindre une maladie grave du poumon. Que faut-il faire dans ce cas ?
Rabba répondit : Rabbin fils de Scbeba m’a fait comprendre, qu’on détache (avec précaution, en prenant un couteau qui coupe très-bien) le poumon de la paroi costale, si on trouve cette paroi (les côtes) malade, l’animal est khascher (malgré les tzmahim, car la ghemara dit plus bas, que les tzmahim ne rendent pas l’animal terephah) ; mais si on trouve la paroi costale à l’état normal, l’animal est terephah (3). Rab Nehemie, fils de rab Joseph (au lieu de déclarer alors l’animal khascher), examina le poumon (par la respiration artificielle) en le mettant dans de l’eau tiède (v. plus haut p. 19 (et ce n’est que s’il ne constatait pas les mouvements de l’eau qui indiquent une perforation, qu’il déclarait l’animal khascher, malgré les adhérences et malgré les tzmahim, quand la paroi costale était malade).
(1) Je crois qu’Abimé est le seul docteur qui admet,que l’existence des adhérences doit à elle seule fairè craindre une perforation (non pas pour rendre l'animal terephah, mais) pour exiger l'examen par l’inspiration artificielle. Mais rab Nahaman ne l’exige que dans le cas, où le poumon présente en outre les abcès en question (tzmahim), et on connaît la règle générale que, toutes les fois que rab Nahaman est en désaccord avec un autre amora, c’est l’opinion dé rab Nahaman qu’on adopte.
Par conséquent, l’existence des adhérences (s irkha) ne doit jamais rendre l’animal terephah, ni même exiger. l’examen de l’inspiration 1 artificielle. Il est étonnant que Raschi dit ici (article hatham hemakom rebitha ), qu’il adopte l’opinion d’Abîmé contre celle de rab Nahaman.
(2) Pluriel de tzemah, branche, excroissance; la ghemara dit (p. 31) que ces tzmahim sont remplis de sérosité claire ou d’un liquide épais. D’après les Thossephoth, il n’y a pas de tzmahim.
(3) L’animal est terephah dans ce cas, par suite de là complication des deux phénomènes morbides,.savoir : les adhérences et'les abcès (tzmahim), quoique les adhérences seules, ainsi que,les abcès seuls, ne rendent pas l’animal terephah ; il y a là ce que les rab-
~bins appellent tharthé lereoutha , deux symptômes morbides.
TRAITÉ HOLIN.
Mar Zoutra fils de rab Houna fils de rab Papé dit à Rabbina : Vous dites que rab Nehemie fils de rab Joseph se rapporte au cas de rab Nahaman, (où le poumon présente des adhérences et des tzmahvm). Nous croyons, qu’il se rapporte au cas de Rabba. Rabba a dit plus haut (p. 21) que, si deux lobes sont attachés l’un à l’autre par des adhérences, on n’examine pas la perforation, et on admet qu’elle a dû se produire avant la mort. C’est dans ce cas que rab Nehemie fils de rab Joseph (n’admettant pas la preuve que la perforation douteuse à„dû se produire sur le vivant, parce que le poumon présente des adhérences), examinait le poumon par l’inspiration artificielle, pour savoir s’il y a une perforation à la place des adhérences (e t s’il ne trouvait pas de perforation dans cet endroit, les adhérences seules n’étaient pas pour lui une preuve suffisante, que la perforation douteuse a dû se produire sur le vivant).
Rab Asché fait cette objection à Mar Zoutra, qui rapporte la pratique de rab Nehemie au cas de Rabba. Il dit qu’on peut bien dans le cas de rab Nahaman déclarer l’animal Khascher malgré les tzamahim et les adhérences, car on peut attribuer. l’existence de ces produits morbides à la maladie de la paroi costale (ou des côtes) ; mais dans le cas de Rabba,(où il y a une perforation douteuse, qu’on peut attribuer aux manipulations du boucher dans un endroit, par exemple dans le lobe inférieur), et des adhérences dans un autre, par exemple dans le lobe supérieur, on ne comprend pas pourquoi rab Nehemie, qui ne veut pas déclarer l’animal terepbah par suite de la perforation du lobe inférieur, le déclare terepbah, s’il trouve une autre perforation dans le lobe supérieur), car si ce lobe (le lobe supérieur) est perforé (avant la mort) l’animal est terephah, et si ce lobe (le lobe inférieur) est perforé (avant la mort) l’animal est (aussi) terephah (si rab Mehemie ne veut pas déclarer l’animal terephah à cause de la perforation du 1 obe inférieur, parce qu’il l’attribue aux manipulations du boucher, il doit attribuer la perforation du lobe supérieur également aux manipulations du boucher) ; puisque les adhé"
rences ne sont pas pour lui une preuve suffisante que la perforation s’était produite avant la mort.
Question contre rab Naliaman. — Rab Joseph fils de Minjomé vient de dire au nom de rab Nabaman que, si le poumon est attaché à la paroi costale par des adhérences, et s’il présente en outre des tzmahim, il faut craindre une maladie grave du poumon, c’est-à-dire qu’il faut craindre l’existence d’une perforation au niveau des adhérences, dans quel cas l’animal doit être déclaré terephah. Il est en contradiction avec lui-même. Car le meme rab Joseph, fils de Minjomé, a dit au nom de rab Nahaman : si le poumon est perforé (et les plèvres sont perforées), mais si la perforation est bouchée par la paroi costale (attachée à la plèvre par des adhérences), l’animal est Khascher.
Réponse. — La sentence qu’on vient de citer, s’applique au cas où les adhérences maintiennent le poumon dans sa position normale, alors l’animal est Khascher , car dans ce cas l’adhérence ne se déchirera pas. Ici dans notre cas rab Nahaman parle des adhérences qui attachent le poumon dans une position qui n’est pas sa position normale, de sorte que ces adhérences risquent à se déchirer et à laisser sans protection le poumon atteint des tzmahim.
On vient de dire, que rab Nahaman déclare l’animal khascher, si la perforation pulmonaire se trouve bouchée par des adhérences qui attachent le poumon à la paroi costale. Rabbina ajoute : il faut que les adhérences ( sabikh ) l’attachent à la chair (les muscles intercostaux). Si, dit Raschi, les adhérences attachent le poumon aux côtes, elles ne sont pas solides et elles finiront par se déchirer.
Question de rab Joseph qu’il adressa à Rabbina (1). — Corn-ment l’animal qui est terephah à cause de la perforation pulmonaire, peut-il devenir khascher par les adhérences qui la
(I) Les Thossephoth disent (article amar Rabbina), que rab Joseph fait cette objection contre Rabbina; je crois qu’il fait cette objection contre rab Nahaman, mais qu’il s’est adressé à Rabbina.
bouchent? Gn lit dans une beraïtha: un homme dont le membre est perforé ne doit pas se marier (car le sperme s’écoulant sans force par la fistule ne peut pas procréer des enfants) ; si la fistule est bouchée, il peut se marier, car le sperme sortant désormais avec sa force naturelle par le méat peut procréer. C’est là un cas où une défense motivée par une maladie peut n’être que provisoire. C’est donc là un cas exceptionnel ; mais dans notre cas, où l’animal était devenu terephah par suite de la perforation pulmonaire, elle ne doit pas redevenir khascher par suite des adhérences.
Réponse. — Les adhérences peuvent bien rendre khascher l’animal qui était terephah par suite de la perforation pulmonaire. Mais la beraïtha parle d’une fistule qui s’est bouchée par une cicatrice (kroum ), et elle dit que c’était là un cas exceptionnel pour le mariage, où on considère la cicatrice comme moyen suffisant pour rendre possible la procréation et par conséquent pour ne plus défendre le mariage ; et ce cas ne peut être mis en comparaison qu’avec la cicatrice dont parle rab Joseph. Car rab Joseph dit: un kroum (cicatrice) qui se produisit par suite d’une plaie du poumon, n’est pas considéré comme une véritable kroum protecteur (comme les membranes qui enveloppent et protègent le poumon). (1).
Question .—Rabbah, fils de Bar Hanah, demande à Samuel : Si les poumons présentent des tzmahim (v. plus haut p. 26 et 27), l’animal est-il terephah ou non?
Réponse. — Samuel répondit que l’animal est khascher. — Rabbah, fils de Bar Hanah, dit alors à Samuel : J’ai dit comme
(1) On voit ici,que la ghemara fait une différence entre la sirkha ou sabikli (les adhérences) consécutives à une perforation, qui rend l’animal khascher (en bouchant cette perforation), et le kroum (cicatrice) de rab. Joseph, consécutif à une plaie, qui ne protège pàs l’organe et ne' rend pas khascher l’animal qui était terephah (v. plus haut’, p. 22, note, et p. 25).
Je n’admets pas la distinction que les Thossephoth établissent entre sabikh et sirkha (v. Thossephoth, article amar Rabbina)-, ces deux expressions signifient adhérences plus ou moins solides.
toi, mais les disciples hésitent d’accepter cette idée de moi, parce que-rab Mathana a dit: Si les tzmahim renferment mougla (un liquide épais ou pus), l’animal est terephah; ce n’est que quand ils renferment de l’eau claire (sérosité) que l’animal est khascher. — Mais Samuel répondit que rab Mathana parla des reins.
Rabbi Elazar, fils de rabbi Simon, rab Nabaman, rab Amé et rab Assé sont tous d’accord, que les tzmahim ne rendent pas l’animal terephah.
Rab Nahaman dit: La perforation d'un tube pulmonaire (probablement une grosse bronche ou un gros vaisseau sanguin) rend l’animal terephah (v. plus haut,p. 13, l’opinion de rab Nabaman). La ghemara dit que rab Nahaman parle d’un cas, où le tube s’est ouvert dans un autre tube (peut-être une veiné pulmonaire ouverte dans l’artère pulmonaire), mais s’il s’est ouvert dans le parenchyme du poumon, l’animal est khascher (i).
Question ,— Rab Nabaman parait en contradiction avec luimême. Car il a dit : Si une anse intestinale s’ouvre dans une autre anse [quoiqu’il y ait ici perforation de l’intestin, qui devrait rendre l’animal terephah], l’animal est khascher, car l’anse qui est intacte protège l’anse perforée. [Il n’y a pas de communication de l’intestin avec la cavité péritonéale.]
Réponse .—Rab Asché‘répondit : Quand il s’agit de téréphah, des maladies des êtres vivants, il ne faut pas compare? un organe à l’autre ou une région à l’autre. La preuve c’est que,si la patte d’un animal est coupée à tel endroit, l’animal meurt,
(1) Le texte dit ynkib lahabero, le tube s’est ouvert dans un autre tube. Raschi l'interprète autrement. Le tube a été perforé, dit-il, près d’un autre tube qui est en contact avec lui; il interprète aussi de la même manière le passage concernant l’intestin : une anse intestinale, dit Raschi, a été perforée du côté qui avoisine une autre anse. Mais dans ce cas, l’anse intacte ne peut certainement pas protéger l’autre anse. L’expression lahabero , avec la préfix la, est aussi une preuve pour mon interprétation.
TRAITÉ HOLIN.
et si elle est coupée à tel autre plus haut, l’animal peut vivre (v. p. 61).
jr 0 l 4,9. Si on trouve une perforation pulmonaire dans
un endroit où on peut l’attribuer aux manipulations du boucher, l’animal n’est pas téréphab ; caron admet que, c’est le bouclier qui a fait cette perforation après la mort de l’animal.
Remarque préalable. — La loi mosaïque a défendu de manger la graisse de certaines parties, et elle a permis celle de certaines autres parties. La ghemara pose ici la règle générale, que la graisse défendue forme une masse à part et se sépare facilement de l’organe qu’elle couvre, comme le tissu graisseux qui couvre le kheres ; tandis que la graisse permise ne forme pas une masse à part et ne peut se séparer de l’organe qu’elle couvre que très-difficilement et seulement par morceaux, commme.le tissu graisseux des anses intestinales.
Rab dit : La graisse pure (la graisse qu’il est permis de manger), bouche bien le trou, c’est-à-dire que si, par exemple, une anse intestinale est perforée et que la graisse qui la couvre soit restée intacte, cette graisse protège l’anse,et l’animal est khascher. Mais la graisse impure (la graisse défendue) ne bouche pas bien le trou, c’est-à-dire que si, par exemple, le kheres est perforé et que la graisse qui le couvre soit restée intacte, l’animal est terephab (les Thossephoth disent, article Rab, qu’on adopte l’opinion de Rab).
Fol. 50. — Rab Simé, fils de Hiya, dit : On compare les perforations des anses intestinales, c’est-à-dire, si une anse intestinale est perforée, et si on ne sait pas si la perforation s’est produite avant ou après la mort, on fait à côté une nouvelle perforation, et si les deux se ressemblent, l’animal est khascher. Un cas pareil s’était présenté devant Rabba, qui a fait une nouvelle perforation, et il a trouvé qu’elle n’était pas semblable à l’autre. R voulait donc déclarer l’animal térépbab. Mais son fils rab Mescharschiya a fait dans la nouvelle perforation des manipulations, par suite desquelles elle est devenue semblable à l’autre, d’où on a dû conclure,que l’autre
s’est produite après la mort et que l’animal est khascher. Rabba -demanda alors à son fils,qu’est-ce qui lui a donné l’idée d’agir ainsi. Le fils répondit: Combien demains n’ont-ellespas manipulé sur la perforation douteuse avant d’apporter ici l’intestin ; par conséquent, il fallait aussi manipuler sur la nouvelle perforation, pour qu’elle ressemble à l’autre. Rabba dit alors : Mon fils est aussi savant dans les lois de terephah que rabbi Johanan (1).
Rabbi Johanan et rabbi Elazar disent tous les deux, qu’on compare les perforations du poumon, c’est-à-dire que, si le poumon présente une perforation douteuse, on fait une nouvelle perforation, pour voir si elle ressemblera à l’autre. La ghemara dit, qu’on peut faire la nouvelle perforation sur le poumon sain du même animal, et même sur le poumon d’un autre animal ; mais, si l’animal douteux est du petit bétail, on ne peut pas faire la nouvelle perforation sur le poumon d’un animal du gros bétail, et vice versa.
Abayé et Rabba disent tous les deux, qu’on peut faire la même comparaison pour une lésion de la trachée. La ghemara dit que, si la lésion douteuse se trouve dans la portion cartilagineuse, on ne peut pas la comparer avec une nouvelle lésion faîte dans la portion membraneuse de la trachée, et vice versa.
Zéré dit : Si le rectum est perforé, l’animal est khascher, car les cuisses soutiennent le rectum (elles le protègent, comme on a dit p. 32, que l’anse intestinale perforée est protégée par la couche graisseuse intacte qui la couvre). Rabbi Ylâï dit au nom de rabbi Johanan (qu’il faut distinguer entre les diverses parties du rectum), là où il adhère aux parties ambiantes, il peut en manquer la moitié de sa circorférence sans que l’animal soit téréphah. Car, dit Raschi, la matière qui sortirait dans cet endroit du rectum par la plaie, ne pourrait pas remonter pour tomber dans la cavité péritonéale (halal
(1) Quoique Samuel ait été un célèbre médecin, rabbi Johanàm était aussi très-savant dans ce qui concerne les lois de terephah. Il ne lui était cependant pas supérieur (v. plus bas, fol. 95, verso).
TRAITÉ HOLIN.
hagouph), vu l’étroitesse du lieu(i). Dans l’endroit où le rectum n’est pas adhérent (là où il n’adhère aux parties ambiantes que lâchement), une perforation très-petite rend l’animal terephah. Rabba dit au nom de rab Naliaman que, dans l’endroit où le rectum est adhérent, il suffit qu’il reste ■de sa circonférence une partie large comme un doigt.
Notre mischnah dit, que la perforation du kheres interne rend l’animal terephah. Rab Joudah dit au nom de Rab : Nathan, fils de Schela, le principal des bouchers de la ville de Tziporé, a déposé le témoignage devant Rabbi au nom de rabbi Nathan : Le kheres interne est ce qu’on appelle sanja dibé{ 2). Rabbi Josué, fils de Korhah, est du même avis. Rabbi Ismaïl dit que, c’est l’estomac du kheres (3). Rab Assé dit au nom de rabbi Johanan : C’est une partie étroite du kheres, mais jë ne sais pas laquelle. Rab Aha, fils de rab Ava, dit au nom de rab Aâsé : Le kheres interne commence là où le kheres commence à se rétrécir, en s’étendant Vers l'oesophage (on appelle, dit Rasehi, -cette partie kheres interne, parce qu’elle se cache sous la paroi delà poitrine). Rabbi Jacob, fils de Nahameni, dit que c’est la partie du kherèi qui est lisse (qui est privée, dit Rasehi, de cette espèce de poil qu’on en-
(1) C’est un passage remarquable, où Rasehi parle clairement de l’épanchement des matières comme cause de la mort, qui arrive après une perforation du tube digestif.
( : i) Rasehi donne deux explications de ce nom : d’après la première, sanja dibé veut dire mèprjsè par les loups, c’est la partie maigre et remplie de matières fétides que même les loups ne mangent pas. Rasehi ajoute encore les noms des langues étrangères écrits en lettrés hébraïques, que le docteur L. Levysohn écrit en lettres latines crûsse budello, ou budello (italien) cagalar (espagnol), (Voir la Zoologie du Thalmud, par le docteur L. Levysohn, à Francfort-sur-le-Mein ; 1858, p. 38.) D’après la deuxième explication, san/a dibé veut dire la chose méprisable s'écoule: c’est la paètïe de 'la panse que le boucher ouvre, pour que la matière fétide s’en écoule ou pour l’en faire sortir.
(3) D’après le docteur L. Levysohn, ce n’est qu’une dénomination différente du kheres interne, qui est le troisième estomac des ruminants, tandis que le kheres externe ou la kebah est le quatrième estomac (L. c., p. 38).
TRAITÉ HOLIN.
lève du kheres par le moyen d’eau chaude). Rabbi Abina raconte que Gniba a dit au nom de Rab : C’est la partie du kheres qui commence immédiatement après l’œsopbage et qui a l’étendue d’un tépbab (1). Eu Palestine,on dit au nom de rabbi Jossé, fils de Hanina : Le kheres tout entier s’appelle kheres interne, tandis que l’expression kheres externe désigne le grand épiploon qui couvre la plus grande partie du kheres (c’est, dit Rascbi, la membrane épaisse qui s’étend depuis la poitrine jusqu’aux cuisses, et qui couvre la plus grande partie du kheres qu’on appelle en français panse, tandis que le reste dé la panse sé cache sous les côtés de la poitrine). Rabbah, fils de rab Houna, dit : Lë kheres interne est (d’après l’interprétation de rab Yvya) la partie du kheres qu’on voit la première,' quand le boucher ouvre le ventre pour enlever les viscères.' Àmemar dit : Le kheres interne de Rabbah, fils de rab Houna, comprend ceux de tous les autres docteurs sus-mentionnés, excepté celui de rabbi Abina et celui quon indique ën Palestine.
On lit dans une beraïtha : Si on. trouve une épingle (ou un autre objet piquant), qui transperce les parois de l’estomac (beth hakhossoth ), et qu’on y trouve une goutte de sang, on doit admettre (que l’animal a avalé cette épinglé) et qu’elle a transpercé l’estomac avant la mort (l’animal est donc terephab). '
Fol. SI. — Si on n’y trouve pas de sang, ôn doit admettre que l’épingle n’a transpercé:l’estomac qu’après la mort. Si la perforation se trouve couverte d’une croûte, il est certain qu’elle date de trois jours (2). S’il y a une perforation sms croûte (s’il y. à contestation entre celui qui a acheté l’animal et le vendeur),, celui qui réclame doit appuyer sa réclamation de preuves (3).
(1) Je n’ai pas traduit le texte tel qu’ih se trouve ici, mais d’après la correction de la ghemara qu’on. trouvé plusuhàut (fol. 44, recto). Il est remarquable qu’une sentence qui est ici à sa place n’est pas correcte, et que la ghemara en fait la correction ailleurs.
(2) Une croûte ne peut pas se former avant trois jours.
(3) Voici comment Raschi explique ce passage : S’il y .a une croûte, la perforation s’est produite au moins trois jours ayant la
Question. — La beraïtha dit ici que, s’il n’y a pas de goutte de sang, on doit admettre que l’objet piquant n’a transpercé l’estomac qu’après la mort. Pourquoi dans tous les autres cas de perforation déclare-t-on l’animal terephah même en l’absence de la goutte de sang?
Réponse. — Partout ailleurs, on peut dire que la perforation s’est, produite sur le vivant, et que le sang qu’elle a fait couler est parti, ne pouvant s’attacher a rien. Mais, dans notre cas, il y a un objet piquant qui a produit la perforation ; si cette
mort; si donc le boucher a acheté l’animal deux jours avant la, mort, le vendeur doit lui rendre l’argent, car la vente est nulle; s’il n’y a pas de croûte, le vendeur ne doit rien rendre, car il peut dire que la perforation s’est produite après la vente. Cette explication est tout à fait inadmissible, à moins qu’on n’y ajoute une chose à laquelle Raschi ne paraît pas avoir pensé, et les Thossephoth encore moins. Voici les motifs de ce que j’avance :
1) Il est impossible d’admettre, et il serait très-injuste de déclarer la vente d’un animal nulle, parce qu’aprés l’avoir tué on y trouve un état pathologique considéré comme terephah, que personne ne pouvait prévoir avant la mort de l’animal qui paraissait très-bien portant.
2) D’après Raschi on devrait admettre que, toutes les fois qu’un boucher tue un animal le jour delà vente, et qu’on trouve un état pathologique considéré comme terephah, qui s’est produit nécessairement avant la vente, comme la sclérose du poumon, etc., la vente est nulle, et le vendeur qui est tout à fait innocent, ne pouvant pas deviner l’état morbide qui ne se manifeste souvent par aucun symptôme, doit rendre l’argent à l’acheteur. Si les docteurs admettaient une idée pareille, ils auraient dû la prononcer d’une manière générale pour tous les cas de terephah qui exigent un certain temps pour se produire. Pourquoi en parlent-ils seulement à propos d’une perforation de l’estomac, produite par un objet piquant qu’on rencontre encore dans les parois de l’organe ?
3) Si la beraïtha rendait le vendeur responsable de la production de la perforation, au lieu de motiver cette responsabilité par l’existence de la croûte qu’il ne pouvait pas soupçonner, elle aurait dû la motiver par l’apparition de symptômes très-graves, que la perforation de l’estomac a dû produire sur le vivant au moment même de sa formation, et que le vendeur ne pouvait pas ignorer. Accusera-t-on le vendeur d’avoir remarqué les symptômes et de les avoir cachés? Alors, on devrait nous faire connaître les symptômes de tous les cas de terephah.
Je. crois donc qu’on ne peut jamais annuler la vente d’ün ani-
TRAITÉ HOLIN.
perforation avait eu lieu avant la mort, on aurait trouvé une goutte de sang attachée à cet objet.
Notre mischnah dit : Si l’animal est tombé d’un toit (ou d’une grande hauteur), il est terephah (car on craint la dislocation des organes).Une chèvre a sauté d’une grande hauteur, et rab Asché dit qu’il n’y a pas à craindre la dislocation des organes (1), car, l’animal qui saute, apprécie (instinctivement) la hauteur, de laquelle il peut sauter sans danger.
Une brebis traînait les pattes de derrière en marchant. Rab Jemar dit, que cela était l’effet des crampes ou d'une contracture (par conséquent, la brebis n’est pas terephah). Mais Rabbina objecta, qu’elle peut être atteinte d’une lésion de la
mal qui se trouve terephah par suite d’un état pathologique, que ni l'acheteur, ni le vendeur n’ont pu soupçonner avant qu’on l’ait tué. Si donc on avait trouvé une perforation de l’estomac couverte d’une croûte (qui, d’après la beraïtha, a besoin de trois jours pour se former), le vendeur n’en serait pas responsable, quand même il aurait vendu l’animal le jour où l’acheteur l’a tué. En admettant même que certains cas de terephah, comme la perforation de l’estomac, doivent se manifester sur le vivant par certains symptômes, on ne peut pas condamner lè vendeur pour ne pas avoir étudié la médecine.
Mais, il s’agit ici d’un cas de terephah dont on peut rendra responsable le possesseur de l’animal, qui l’a laissé ou qui l’a fait manger des choses piquantes qui peuvent percer l’estomac. Car il ne s’agit pas seulement d’une épingle, mais d’un objet piquant quelconque (v. Thossepboth, article khivari). Si donc la perforation produite par l’objet piquant àvâlé par l’animal, a eu lieu avant la vente, on doit l’attribuer à la négligence du. vendeur; sinon, c’est la négligence de l’acheteur qui en est la cause.
D’après cette explication, la discussion des Thossephoth (article hamotzie) n’a pas de raison d’être.
(1) Le texte donne ici aux organes le nom d ’ébarim. Il en résulte que le mot eber s’applique non-seulement aux os, mais aussi aux viscères et aux autres organes qui n’ont pas d’os. C’est aussi l’opinion de rabbi Jossé (v. plus bas, fol. 128, verso). Si rabbi Jossé admet qu’il y a 248 ebarim, il pense évidemment que les 248 os énumérés dans le Traité Oholoth , ne forment pas tous des ebarim. En effet, d’après Rabbi (ibidem), un os sans chair n’est pas un eber. Il en résulte que rabbi Akiba, qui admet que chaque os constitue à lui seul un eber (ibidem), pense qu’il y a plus de 248 ebarim , ou bien il admet qu’il n’y a pas 248 os. Est-ce qu’il peut y avoir di-
moelle épinière (4), La ghemara décide, qu’on doit plutôt sup. poser une simple contracture qui est une maladie fréquente, qu'une lésion de la moelle épinière qui est rare.
Rab Houna dit: Si des béliers se battent entre eux avec les cornes, il ne faut pas craindre la dislocation des organes (des vaincus), quoiqu'ils gémissent à la suite des coups ; mais si (le vaincu) est tombé à terre, il faut certainement craindre cette dislocation.
Rab Menasebeh dit : On n’a‘ pas à craindre la dislocation des organes pour les béliers, que les voleurs prennent dans. l’étable? et jettent par-dessus le mur ; car ils les jettent de façon que ceux-ci courent devant eux (et non pas, dit Raschi, à les faire tomber sur le dos et à disloquer leurs vertèbres) , Si les voleurs s’étant effrayés, rejettent les béliers dans l’étable par-dessus le mur, pour s’en débarrasser, il y a à craindre pour les animaux la dislocation ; car dans ce cas, les voleurs ne les ménagent pas. Mais s’ils les ont rendus par suite de leur repentir, on doit supposer qu’ils ont ménagé les animaux, et il n’y a pas à craindre la dislocation.
La ghemara dit ici qu’il faut craindre la dislocation (des vertèbres?), si on adonné à l’animal un coup sur le dos d’une certaine façon et avec un certain bâton.
Rab Nahaman dit, qu’il ne faut pas Craindre la dislocation; du fœtus par suite de l’accouchement (laborieux).
Rab Nahaman dit encore : Si le boucher fait tomber l’animal pour le tuer, il n’y a pas à craindre de dislocation par suite de la chute de l’animal. Rab Izaac en donne le motif : l’animal, dit-il, cherche a se maintenir autant que possible, et sa chute n’est pas brusque.
vergence d’opinion sur le nombre des os dé l’homme? Certainement. Plusieurs os séparés aux premières années de la vie, se réunissent plus tard* pour ri’en former qu’un Seul, comme les épiphyses qui se réunissent avec les diaphyses, ou les trois os qui se réunissent pour former le seul os du bassin. Par Conséquent, en comptant les os à un âge différent, on peut obténir un nombre différent (v. plus bas, fol. 128).
(I) On savait donc, que la solution de continuité de la moelle épinière détermine la paralysie des pattes de derrière (ou des membres inférieurs chez l’homme).
• TRAITÉ HOLIN. 39
Remarque. — On vient d’indiquer plusieurs cas, dans lesquels il faut craindre la dislocation des organes ou la déchirure des viscères. L’animal est-il dans ces cas considéré comme terephah? Non. Il faut prendre en considération l’état de l’animal, s’il a pu après l’accident se relever et se tenir débout ou marcher, ou s’il a survécu vingt-quatre heures; enfin on peut examiner les vertèbres, les côtes et les viscères, pour yoir s’il y a une lésion rendant l’animal terephah.
Rab Joudah dit au nom de Rab : Si l’animal a pu se relever et se tenir debout après l’accident, on n’a pas besoin d’attendre qu’il ait survécu vingt-quatre heures (on peut le tuer tout de suite), mais il faut l’examiner après l’avoir tué. Si l’animal a marché après l’accident, on n’a pas même besoin de l’examiner. Rab Hiya, fils d’Ascbé, dit qu’il faut toujours l’examiner, quand même il a marché après l’accident; Amemar dit au nom de rab Dimé de Nebardea, que l’examen doit porter sur le tube digestif (s’il n’est pas déchiré par suite de la chute). Mar Zoutré dit au nom de rab Papa, que l’examen doit porter sur tous les viscères (Raschi dit sur les côtes et les vertèbres). Rab Ascbé dit, qu’il n’est pas nécessaire d’examiner les simanim (l’œsophage et la trachée).
Rab Joudah dit au nom de Samuel : Si un oiseau est tombé dans l’eau (de façon qu’il y a lieu de craindre la dislocation des organes ou la décbirüre'des viscères), et qu’il ait nagé après l’accident une étendue égale à celle de son corps, ce mouvement est suffisant (comme s’il avait marché sur terre, et on n’a pas besoin,dit Raschi,de l’examiner). Gela s’applique au cas où il a nagé dans une direction contraire au courant, ou dans l’eau stagnante. S’il a nagé dans la direction du courant et s’il a devancé des morceaux de bois (ou d’autres objets inanimés) qui nageaient avec lui, on doit y voir une manifestation vitale (et l’oiseau n’est pas terephah).
La ghemara précise les cas dans lesquels la chute d’un oiseau doit faire craindre ou non la dislocation des organes ou la déchirure des viscères.
Fol. 52. — Notre mischnah dit : S’il y a fracture de la plus grande moitié ( rob ) des côtes, l’animal est terephah. On
TRAITE HOLIN.
lit dans un beraitha : la majorité (rob) des côtes est 12, soit quïl y ait fracture des 6 côtes d’un côté et des 6 de l’autre, soit qu’i y ait d'un côté lt côtes fracturées, et de l’autre la fracture d’une seule côte (1).
Zéré dit : L’animal n’est terephah que si les 12 côtes sont facturées dans leur moitié interne qui est rapprochée des vertèbres (2).
Rabbak, fils de Bar Hanah, dit au nom de rabbi Johanan : L’animal n’est terephah que s’il y a fracture des grandes côtes qui renferment de la moelle (3).
Ici il y a une discussion sur l’arrachement d’une ou de plusieurs côtes. Les sentences de Samuel ont été traduites plus haut [p. 9].
Fol. 53. — Notre mischnah parle du venin, qu’un animal introduit dans la victime. Abayé dit, que le venin n’est â craindre que quand il attaque la victime avec sa patte de devant, et non pas avec la patte de derrière, ni avec la dent. Si on a coupé sa patte avant qu’il l’ait retirée de la victime, iln’y a pas de venin ; car le carnivore n’introduit son venin dans la victime qu’en retirant sa patte.
Les fils de rabbi Hiya dirent : Si un animal a été atteint
(1) L’animal, dit Raschi, a 22 grandes côtes qui renferment de la moelle (tissu spongieux), Il d’un côté et 11 de l’autre ; par conséquent 12 est la majorité (rob).
(2) C’est là, dit Raschi, où est la vitalité (hayoutha) des côtes,probablement parce qu'il y a dans cette moitié plus de tissu spongieux qu’on appelait moelle des ôs.
(3) Le mot moelle ( moah ) désigne ici évidemment le tissu spongieux des côtes. Les docteurs admettaient,; que la vitalité des os réside dans le tissu spongieux et dans la moelle qui sont les réservoirs du sang. C’était aussi la théorie admise à l’époque biblique. Déjà, le Deutéronome parle du tissu graisseux comme indice de force vitale (Deutéronome, XXXII, 15). Mais c’est le livre des Psaumes qui parle de la moelle (ou du tissu spongieux) des os clairement dans le même sens. Lavieet laforce sont dans les os, et ce qui les leur donne, c’est la graisse, la chair, la moelle et le tissu spongieux. «Mes os sont épouvantés» (Psaume VI, 3); «je n’ai pas de force, mes os sont consumés» (XXXI, 1); « tous mes os louent Dieu» (XXXV, 10); « que les os se réjouissent» (LI, 10).
TRAITÉ HOLIN.
par le venin d’un carnivore (d’après l’interprétation des Tliossephoth), il faut examiner l’endroit attaqué par le carnivore, s’il se trouve au niveau du tube digestif (pour voir si la partie est devenue rouge) (1). Rab Hanan, fils de Rabba, dit au nom de Rab, qu’il faut faire toujours cet examen, quand un point quelconque de la poitrine ou de l’abdomen a été attaqué (v. Tbossephotb, fol. 54, recto, article yléma), et même au niveau de la trachée ou de l’œsopbage.
Rab Joudah dit au nom de Rab : Si la cbair est devenue rouge au niveau du tube digestif par suite du venin du carnivore, l’animal est terepbab. Si l’introduction de ce venin a eu pour conséquence, que la cbair de la partie attaquée s’est tellement altérée qu’un médecin ( rophe ) l’aurait enlevée chez un individu malade, on considère cette partie altérée comme si elle était enlevée, ou comme si elle manquait.
Rab Zbid dit (au nom de. rab Nabaman ?) : Si l’animal a été attaqué dans l’abdomen, il suffit que le venin ait produit de la rougeur à la paroi abdominale (au péritoine), au niveau du tube digestif, pour que l’animal soit déclaré terepbah (quoique le tube digestif soit encore à l’étât normal); mais s’il a été attaqué au cou, il faut que l’œsophage ou la trachée soit devenu rouge, pour que l’animal soit terepbah, et il ne suffit pas qu’on constate la rougeur au niveau de ces organes (2).
Fol. 54. — On a dit, qu’une petite perforation de la trachée ne rend pas l’animal terepbah, mais la rougeur de la trachée résultant du venin du carnivore rend l’animal terephah, quoique cette rougeur ait une très-petite étendue; car le venin brûle progressivement (et la rougeur finira par s’étendre beaucoup) (3).
(1) Car, dit Raschi, si la paroi abdominale (le péritoine) a rougi au niveau du tube digestif, celui-ci finira par être atteint luimême et par se perforer.
(2) Car, dit Raschi, la trachée et l’oesophage sont d’ordinaire réfractaires à l’action du venin; on ne doit donc pas supposer qu’ils finiront par être atteints, quand on ne voit de rougeur que sur les parties ambiantes.
(3) Les Thossephoth font remarquer (article ylema), que l’expres-
TRAITÉ HOLIN.
On dit à rabbi Abba, qu’une plaie des reins doit rendre un animal terepliak, car les chasseurs le tuent en le frappant dans cet endroit. Mais il répondit : Il ne faut pas ajouter de cas nouveaux de terephah. — On objecta qu’on ne peut pas repousser le fait que l’animal meurt par suite de cette plaie. ~ On répondit gmiré, on dit (d) (que l’animal meurt, parce qu’on veut le tuer, mais) que cette plaie pourrait guérir, si on voulait la soigner avec des. remèdes { 2 ).