T(iti) Juli(i) Victoris lene rapidum
M. de Cacheleu de Tourville les communiqua au professeur Christophe Saxius, d’Utrecht; celui-ci donna son opinion dans une dissertation parue dans les Mémoires de la Société des Sciences de Flessingue. On se rattache généralement à celle de Rever, qui les traduit ainsi : L'oculiste, qui fit graver le cachet, s'appelle Julius Victor ; chaque nom de collyre est précédé du mot Lene, qualificatif commun aux quatre genres de préparation : collyre raffiné au jus de laitue sauvage, édulcoré par le lait de femme' (lene m(uliebri) lact) ; collyre épuré au jus de courge, spécifique destiné à procurer le sommeil (Saxius), ou plutôt (Rever) propre à éclaircir les taies nu beculis, s olvendis et som ptus, courge; peut-être serait-ce le collyre au jus de coloquinte cuit au vin, dont parle Pline, et destiné à dissiper l’inflammation des yeux ; collyre vert d’herbe purifié (lene herbidum); collyre raffiné au jus de raifort (lene rapidum).
Cachet de Bayeux. — Ce cachet, qui appartenait vers 1824 à M. Lambert^, a été trouvé en 1800 dans les démolitions du château de Bayeux. C’est le plus petit connu ; il pèse un peu plus de 4 grammes.
1. Plinf, rapporte les merveilleuses qualités attribuées au lait de femme, en ce qui concernait les maladies des yeux ; le lait d’une mère de deux jumeaux était estimé comme d’une qualité supérieure à celui d’une femme accouchée d’un seul enfant; mais rien n’égalait le mélange formé par le lait d’une mère et celui de sa fille.
2. E. Lambeiit : Pierres sigillaires des médecins oculistes anciens. Epigraphic romaine dans le département du Calvados. ^Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie ; décembre 1869, p. 100.)
Il est piesque carré, de couleur noirâtre; les deux bouts et les tranches latérales sont gravés en creux, en sens inverse.
M.A.C. DIAGE DIC
M.A.C. ISOCRY DIA
D’après Espérandieu :
M{arci) A C diage (ssamias).
Dic(entetum).
M(arci) A C isocry (sura).
Dia.
Les caractères, en lettres romaines, sont très soignés, les filets bien tracés.
Rever essaya rexplication>uivante : DIAGE-DIC se diviserait en trois sigles :
1° DI(A), avec, préposition communément employée pour indiquer une préparation faite selon l'art ;
2° AGE, les deux premières syllabes A'ageraton, calmant, résolutif;
3“ DIC, premières syllabes de Dictamnus. Dans la réunion des trois sigles il y aurait élision d’un A pour ne former que les mots DIAGE- DIC.
Cette pierre sigillaire serait du ii® siècle.
D’après Duchalais*, il s’agissait là de quatre inscriptions distinctes, deux étant un nom de médecin, deux un nom de médicament.
Pour Eloi Johanneau DIA n’a aucun rapport avec ISOCRY, pas plus que DIAGE et DIC.
« Si cette opinion était adoptée, dit Lambert, il en résulterait une explication possible en admettant que le mot ISOCRY fut le commencement de isochryson, collyre décrit par Galien ^ qui indique sa composition et les cas particuliers auxquels il convient. Il le dit impropre à plusieurs affections des yeux. Collyrium isochryson, hoc est, auro compar, ad corrosos angulos scabras affectiones, inveteratas lippitudines'^, aspritudines, ficosas eminentias, cicatrices et callos exterit. »
1. Mémoires de la Société des Antiquaires de France ; t. VIII, p. 214.