INTRODUCTION
Comme toute science, la médecine eut un berceau mystique ; comme toute science, elle évolua d’abord en compagnie des idées théosophiques et religieuses. Les premiers praticiens furent des prêtres et l’espoir des premiers malades se tendit vers le mystère des sanctuaires fermés. Plus longtemps que les autres sciences, peut-être, la médecine est restée l’esclave des théurgies. Elle tient trop par certains côtés aux problèmes psychologiques et aux aspirations métaphysiques ; il fallait donc à l’homme un esprit déjà rompu aux méthodes philosophiques, suffisamment logique, initié aux pourquoi el aux comment des phénomènes naturels, pour oser enseigner la médecine scientifiquement et en confisquer l’exercice aux
classes sacerdotales.
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Il nous a semblé intéressant de rechercher quels furent les rapports de la médecine avecles religions; comment et à quelles époques elle échappa à leur tutelle; si elle a gardé l'empreinte de cette jeunesse et si les religions elles-mêmes ont gardé souvenir d’une intimité qui fut séculaire ? Le travail est rude et vaste. La contrée qu'il nous faut explorer est à peu près vierge; nous n’avons pas la prétention de la décrire sans en rien omettre. Nous nous heurterons souvent à la muraille qui ferme le domaine de la spéculation philosophique et nous nous garderons de la franchir, estimant que ni le cadre, ni la donnée de notre sujet ne nous autorise à commettre sembiable maraude.
Nous examinerons successivement et avec la même impartialité le védisme et les grands courants dogmatiques qui découlent de lui, le bouddhisme, les vieux cultes égyptiens et babyloniens, les doctrines zoroastriques,le judaïsme, le paganisme grec et latin, lislamisme et le christianisme. Nous ne parlerons pas, à dessein, du fétichisme, qui fut toujours une forme religieuse embryonnaire et qui jamais ne s’organisa dogmatiquement. Ensuite nous étudierons certains rites communs et certains élats psychiques qui nous semblent appartenir à la médecine.
Avant de commencer nous affirmerons notre res-
pect pour tout effort de l'intelligence humaine vers la connaissance de l’absolu.