‹ La médecine, histoire et doctrinesChapitre 71 sur 118 · Voyez page · texte numérisé non relu

Voyez page

ET SES MÉDECINS

lit le matin pour éviter de changer de linge. Fagon, pour des douleurs rhumatismales que le roi avait contractées à Trianon un soir du 1" de juin, obtint qu’on placerait de petits oreillers swr le col et sur les épaules; une autre fois il décide le roi à envelopper un bras rhumatisant dans une manche de flanelle ^ En vérité, il n’y avait pas de quoi étouffer un homme, pas plus qu’avec ce manteau de satin légèrement ouaté qu’on substituait pendant la nuit à un manteau de toile pour entretenir une moiteur salutaire dont on soutenait le bon effet à l’aide de frictions pratiquées chaque fois que le roi changeait de linge. On voit du reste, par les remarques mêmes de Fagon, que le roi entrait facilement en transpiration, qu’il supprimait fort souvent ces sueurs par indocilité, et qu’il en advenait toujours quelque redoublement de goutte ou de rhume^.

Le témoignage des premiers médecins sur l’humeur difficile, sur les imprudences journalières et systématiques, sur les appétits voraces du roi, mérite d’autant plus de confiance, que le Journal a été écrit par « exprès commandement » de S. M. (p. 100) qui ne manquait pas de le lire (p. 20.o), moins sans doute pour profiter des conseils qui s’y rencontrent çà et là que pour s’enorgueillir des éloges qui y abondent ; il a fallu que l’évidence fût bien grande aux yeux des médecins (et aussi que le sentiment du respect de soi-même fût bien petit chez le roi) pour que nous trouvions dans ce

1. En maintes occasions (voyez, par exemple, p. 284), Fagon manifeste sa joie de ce que S. M. veut bien suivre ses conseils, ne fût-ce que pour quelques jours.

Page 1