SECOND EXEMPLE
Rapport sur un cas de viol faussement prétendu .
Nous soussigné , docteur en médecine ou en
chirurgie de la Faculté de , habitant de
la ville ou commune de , canton de ,
arrondissement de — , département de — , sur la réquisition de..., à nous signifiée par le sieur
N. huissier , nous sommes transporte aujourd’hui, jour du mois de.... , année , à l’heure
de , avec le sieur N. officier de santé.... , dans
le village de..., maison de.,., sise rue de..., n0..., étage..., chambre..., pour y visiter la fille N — , qu’on disait avoir été violée , et pour constater son état.
Arrivé dans la maison et chambre désignées, nous y avons trouvé le sieur N — , commissionnaire , son épouse , blanchisseuse , et leur fille âgée de huit ans.
La dite épouse nous a rapporté que , pendant qu’elle était sortie dans la matinée pour aller chercher du linge étalé sur les haies de son jardin, le nommé N...., menuisier, son voisin , avait profité de ce moment, pour s’introduire chez elle et pour faire violence à sa fille qu’elle y avait laissée seule. Elle alléguait pour preuve de cet attentat, que du jardin elle avait entendu crier sa fille, qu’elle avait vu le nommé N — sortir de chez elle et s’enfuir précipitamment ; qu’en rentrant elle avait trouvé son lit dérangé et sa fille émue ; enfin qu’elle avait vu les parties génitales de cet enfant ensanglantées.
Ladite fille , interrogée sur les circonstances de ce fait , nous a répondu qu’effectivement le nommé N — était venu , l’avait prise dans ses bras et portée sur le lit , où il l’avait laissée sans
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lui faire aucun mal , parce qu’elle avait crié et appelé sa mère.
Quoique la naïveté dé cette réponse dût écarter tout soupçon de violence , au moins consommée , les parens de ladite fille ont néanmoins exigé la visite de ses parties génitales ; mais ces parties n’ont offert à notre examen aucune trace d’altération , ni de violence ; au lieu d’être ensanglantées , elles étaient dans l’état naturel.
En conséquence , d’après cet examen dont le résultat est parfaitement conforme à la déclaration de ladite fille , nous concluons qu’elle n’a point été violée.
En foi de quoi, nous avons dressé le présent rapport que nous avons clos à l’heure de...., en présence de , et que nous affirmons être con-
forme à la vérité et aux principes de l’art.
Fait a , les jour , mois et an susdits,