SIXIÈME EXEMPLE
Rapport sur une fausse grossesse ou grossesse apparente .
Nous soussigné , docteur en médecine ou en
chirurgie de la Faculté de , habitant de la
ville ou commune de...., çanton de..~ ,
arron-
dîssement de...., département de....; sur la réqui* sition de... , à nous signifiée par le sieur N. , huissier, nous sommes transporté aujourd’hui ,.... jour du mois de..., année...* , à l’heure de.... , avec les sieurs N. N...., dans la maison de..., sise rue de...., n0...., étage*..., chambre.;** , pour y
visiter la fille de , âgée de * qu’on disait
être enceinte , et pour constater son état.
Arrivé à la maison désignée , la mère de ladite.... , nous a rapporté que sa fille n’avait jamais été sujette à la menstruation ou aux règles ; qu’elle était d’une santé faible et souvent dérangée; qu’elle éprouvait tous les mois, depuis quelque temps, des coliques violentes, surtout dans le bas ventre , dont le volume était plus grand qu’à l’ordinaire : ce qui avait fait soupçonner à ses voisines qu’elle était enceinte.
Nous avons ensuite procédé à la visite de ladite..., et nous avons trouvé qu’effectivement son ventre était fort volumineux et tendu ; qu’elle avait le pouls fébrile ; que ses mamelles étaient un peu gonflées , et qu’il en sortait , par la pression, un peu de sérosité jaunâtre.
Pour mettre plus de précision dans nos recherches , nous avons eu recours au toucher , et nous avons découvert , à l’extrémité inférieure du vagin , une membrane assez épaisse qui en fermait l’entrée, et un mouvement de fluctuation dans l’intérieur de ce conduit : ce qui nous
a convaincu en même temps de l’impossibilité de la grossesse , et de l’existence d’un fluide que nous avons attribué à la rétention du sang menstruel ou des règles.
En conséquence , après avoir exposé aux parens la véritable cause de l’état de leur fille , nous leur avons indiqué l’opération ou moyen nécessaire pour la soulager. Mais nous n’avons voulu la pratiquer cju’en présence de quelques voisines , afin qu’après avoir été témoins de la nature du mal , elles fussent aussi bien convaincues de la fausseté et de l’injustice des soupçons qu’elles s’étaient permis sur le compte cle ladite fille , et afin qu’elles n’eussent aucun prétexte de nous accuser nous-même d’avoir provoqué un avortement.
Après cette précaution , et après l’arrivée des dames N. N...., âgées de...., épouses de.... , exerçant la profession de...., nous avons fait une incision à la membrane désignée ci-dessus , et nous avons vu sortir par la vulve une grande quantité de sang , en partie noir et en partie rouge , avec d’autres matières très-fétides : ce qui nous a convaincu , nous et les assistantes , que
ladite , n’était point enceinte , mais affectée
de rétention des menstrues ou règles.
En foi de quoi nous avons dressé le présent rapport, que nous avons clos à l’heure de....,
MÉDECINÉ LEGALE. 467
en présence de.... , et que nous certifions conforme à la vérité et aux principes de l’art.
Fait à... ÿ les jour, mois et an susdits.