C. Renauit D
sur le trajet des récurrents. Aucun signe du côté de l'aorte. A J'auscultation, un foyer de râles sous-crépitants dans la fosse sous-épineuse et l'espace interscapulo-vertébral gauche. Le D: Lucien qui revoit ce malade à quelques jours d'intervalle, et nous-même, ne retrouverons plus’le foyer de râles observés en arrière du poumon gauche. Ce malade est pourvu d’un traitement reconstituant et renvoye à quelques jours.
[1 nous revient le 16 mai 1910 présentant les signes suivants : au larynx, paralysie complète de la corde vocale gauche. D'autre part, œdème très considérable de la paroi thoracique, à gauche seulement, et de tout le membre supérieur gauche, qui presque doublé de volume est difficile à manier en raison de ce gonflement. En outre, circulation veineuse sous-cutanée très développée sur la paroi thoracique à gauche et sur le membre supérieur gauche. Les deux pouls radiaux sont égaux. Ganglions à la partie inférieure du triangle sus-claviculaire gauche hypertrophiés. En engageant le doigt aussi loin que possible derrière la fourchette sternale, on ne constate aucune masse appréciable au toucher. La radiographie n’a pas été faite. Ces signes s'étaient développés peu à peu depuis quatre mois et allaient augmentant, surtout l'æœdème. Rien à l'auscultation, sauf, peut-être une légère diminution du murmure
vésiculaire à gauche.
En raison d’antécédents spécifiques avoués, nous établissons un traitement ioduré et hydrargyrique par injec-
tions quotidiennes de biiodure
Déjà, après quelques jours, le malade se sent soulagé. à
L'œdème au lieu de croître va diminuant et en quinze à
vingt jours, le volume du bras et la paroi thoracique presque revenus à la normale sauf un peu d’é des téguments. L'état général, le facies sont meilleurs,
Seule la paralysie de la corde vocale gauche reste station aire.
Les ganglions sus-claviculaires sans avoir disparu sont + très atténués. Il s'agissait donc, le traitement en était la meilleure preuve, d'une production médiastinale syphilitique, devant siéger dans le médiastin antéricur et supérieur et déterminant des phénomènes de compression,
En août 1912, le D' Lucien nous écrit que « le malade se
porte bien, conservant seulement un peu de raucité de la VOIX ».
ORSERVATION VV (Résumée)
(Thiroloix et Miginiac, Société médicale des Hôpitaux 10 juin 1910.)
Cardiopathie sÿphilitique. — Syphilose tertiaire médiastinale à point de départ péri-trachéo-bronchique avec irra- diations broncho-pulmonaires et cärdio-auriculaires.
25 avril 1910. — Le D° B..., adresse dans le service Adelà phine P..., cuisinière, âgée de cinquante-quatre ans.
4 g Depuis six mois, la malade respire difficilement et la moindre tentative de marche provoque une crise de suffo- cation 3
La malade déclare être célibataire et n'avoir jamais eu d'enfants ni de grossesse.
“à - Elle a toujours eu une très bonne santé jusqu'au début de
‘# sa maladie actuelle qu’elle fait remonter à SiX MOIS,
sont
paississement
NE
Aux questions posées pour rechercher l'existence d’une tuberculose, d’une syphilis, la malade oppose des dénégations absolues.
Son père est mort à l'âge de soixante-quinze ans, sa mère à l'âge de quatre-vingt-dix ans.
La malade est bien constituée. Sur les muqueuses, sur la peau, il n'existe nulle part, ni ulcération, ni éruption, ni Cicatrice, ni pigmentation. Pas de lésions, soit anciennes, soit récentes. Aucun stigmate de syphilis héréditaire ou acquise. Tous les troubles, dont elle se plaint,se résument dans le syndrome dyspnée. La malade ne peut marcher, ni quitter son lit, ni s'étendre dans le décubitus dorsal.
Elle est en état d’orthopnée permanente, et nuit et jour
reste assise dans son lit.
Accès de dyspnée paroxystiques avec angoisse, la nuit surtout. Ces accès de suffocation sont de courte durée et ne s’accompagnent pas de douleurs rétro-sternales, ni d'irradiations douloureuses dans le bras gauche.
Toux banale et fréquente, ni quinteuse, ni rauque,ni coque-
luchoïde. Mais cette toux est accompagnée d’un râclement
trachéal léger et peu prononcé : ce cornage s'associe à une
ébauche de tirage sus et sous-sternal. Pas d'expectoration.
La matité cardiaque n'est pas augmentée.
Les deux pouls radiaux sont égaux et synchrones. Nulle “0
part on ne trouve d’adénopathie (cou, aisselle, aine). Les
dimensions du foie sont normales,pas de rate à la percussion.
Tube digestif et reins semblent sains. Urines normales, ni x
pigments biliaires, ni sucre, ni albumine. Température,à 375
(mais la fièvre apparaîtra bientôt) oscillant de 38 à 39 degrés.
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Les membres inférieurs ne présentent ni œdème, ni exosioses, ni cicatrices.
Les lèvres et les pommettes sont violacées: les veines jugulaires sont gonflées et nettement visibles. Mais il n'ya ni ædème du cou et du thorax, ni dilatation des veines thoraciques sous-cutanées. Les réflexes sont normaux, les pupilles sont normales et réagissent normalement à la lumière. La voix est normale, ni sourde, ni bitonale, ni rauque ; la parole n’est pas entrecoupée.
La palpation du thorax montre l'existence dans Ja région dorsale à la hauteur des troisième et quatrième vertèbres dorsales, entre les omoplates,d'une masse mate et très vibrante.
A l’auscultation,on trouve en cette zone et aussi aux bases, des râles sibilants et humides de catarrhe bronchique.
= Les bruits du cœur sont normaux, le pouls est entre 55 et &o.
Cet ensemble nous fit supposer une lésion péri-trachéobronchique probablement tubereuleuse. La malade niait et ne présentait aucun signe qui nous permit de penser à la spécificité.
Le 1° mai fut découvert un petit épanchement liquide à la base droite et la fièvre depuis deux ou trois jours oscillait entre 38 et 39 degrés. Cet épanchement fut cliniquement évalué à 800 grammes.
Il fut ponctionné dans l'espoir d’atténuer la dyspnée. Nous retirâmes de la plèvre 500 grammes de liquide limpide, clair, jaune citron, sans fibrine. Il y avait dans le culot quelques placards endothéliaux : ïl s'agissait donc d’un hydrothorax.
L'état dyspnéique de la malade reste stationnaire, le pouls
s’affaiblit un peu cependant et le 8 mai on remarqua qu'il y avait un peu de liquide dans la plèvre gauche.
Les jours suivants une légère ascite devint appréciable, sans œdème des membres inférieurs. Le pouls reste régulier, mais s'affaiblit encore. Les bruits du cœur s’assourdissent : il v a vraisemblablement du liquide dans le péricarde.
La dyspnée devient plus violente, la température baisse, ‘3 la face est violacée, la malade est étendue inerte sur le dos et le 12 mai pendant la visite elle meurt dans le coma.
Le traitement fut purement symptomatique : inhalations
d'oxygène, injections d’éther et d'huile camphrée.
Autopsie.— (Voir chapitre Anatomo-pathologie). — L'en- ÿ
quête que nous avons faite auprès des parents nous révélales faits suivants :
La maladie actuelle avait débuté six mois auparavant. La
malade avait eu 4 grossesses terminées par 4 avortements. Elle avait contracté la syphilis en 1898 et avait fait un séjour à Saint-Louis (plaques muqueuses buccales, anales vulvaires, alopécie). Depuis elle avait pris des pilules à ‘4
plusieurs reprises.
OBSERVATION VI (Résumée)
(Sergent et Cottenot, Société médicale des Hôpitaux,
12 novembre 1909).
Obstruction veineuse totale du membre supérieur droit. —
Onyxis. — Traitement mercuriel. — Guérison.
M. W..., entre le 20 mai 1909 dans le service de M. Barth
atteint d'un œdème considérable du membre supérieur droit.
Agé de trente-trois ans, brasseur, jouissant d’une excellente santé habituelle, le malade a vu débuter cinq jours plus tôt
seulement le gonflement qui l'amène à l'hôpital. Nous cons-
tatons, en effet, un œdème en masse de tout le membre,
à quelques veines superficielles distendues sur le bras et dans É la région pectorale. Pas de troubles de sensibilité, aucune % réaction inflammatoire. Pas de compression broncho-tra- DU chéale ou nerveuse.
Le malade niait tout accident spécifique, mais il présente une onyxis, généralisée aux mains et aux pieds, qui a débuté il y à presque un an et se développe lentement. L'ongle est cassé, friable, il présente des épaississements et des cannelures. Le bourrelet péri-onguéal est épaissi.
Sous l'influence du traitement mercuriel, et très rapidement, l'œdème diminue. Le 1% juillet, il a complètement disparu. Les lésions onguéales sont très favorablement
influencées. Le malade sort guéri de l'hôpital le 27 Juillet,
OBSERVATION VII (Résumée)
(Lian et Baron, Progrès médical, 9 novembre 1912.)
Médiastinite chronique syphilitique avec thrombo-phlébite oblitérante de la veine cave supérieure. — Guérison avec circulation collatérale destinée à suppléer à l'oblitération
définitive de la peine cave supérieure.
. M®D.., cinquante-quatre ans, va consulter à l’âge de trente-huit ans, à l'hôpital Saint-Louis, pour deux petits
boutons de la vulve. On porte le diagnostic de syphilis et
fait des injections dans les fesses. À cette même époque, la malade à de violents maux de tête et perd ses cheveux.
Les premiers symptômes de la médiastinite syphilitique semblent remonter à mars 1909. À cette époque, la malade | fait un séjour de trois semaines à l'hôpital Lariboisière pour toux, anorexie, mouvement fébrile. On diagnostique une | grippe. En réalité, elle dit qu'à cette époque sa toux eut très nettement les caractères de celle de la coqueluche pendant deux mois environ. Il s’agissait donc probablement de toux coqueluchoïde d'origine médiastinale.
C’est en août 1909 qu'apparaît au grand complet le syndrome d’oblitération de la veine cave supérieure. La malade remarque que son cou se gonfle, sa figure devient bouffie.La malade entre à l'hôpital, et un matin, assise sur son lit, elle sent tout d’un coup que l’enflure de sa figure augmente brusquement. Deux jours après, alors qu'elle vient de se lever, son visage devient tout noiret on doit la recoucher. Enfin, en quelques jours, l’æœdème envahit les membres supérieurs, le tronc jusqu’à la taille, Une dyspnée intense oblige la malade à rester assise sur son lit. Pas de fièvre, pas de céphalée ni de vomissements, pas d'albuminurie ni de glycosurie. On fait à la malade 12 piqûres d'un sel mercuriel dans la fesse. Elle ressent une légère amélioration. Mais, craignant de mourir à l'hôpital, elle se fait transporter chez elle.
Le D' Houlié fait,à sa première visite, le diagnostic d'épanchement pleural bilatéral et peut évacuer des deux côtés 1 litre 1/2 d’épanchement citrin. Dès lors l'amélioration s'accentue rapidement, tandis qu'une circulation collatérale très développée se dessine à la partie antérieure du thorax
et de l'abdomen. L’épanchement pleural bilatéral avait été
probablement un hydrothorax consécutif à l’oblitération de la veine cave supérieure, 1
La malade est venue nous consulter pour la premiére fois en août 1910 à la consultation de l’hôpital Lariboisière. Et depuis lors. malgré plusieurs séries d'injections de sels mercuriels et d’hectine, son état n’est nullement modifié. Après le stade dramatique dû à l'oblitération rapide et progressive de la veine cave supérieure, la malade est arrivée au stade d'adaptation, où l'organisme supplée assez bien à l'oblitération définitive de cette veine.
État actuel. — Le seul trouble fonctionnel, dont se plaint la malade, est le suivant: lorsqu'elle se penche en avant, elle ressent immédiatement la tête lourde et une tendance au vertige. Dès qu'elle est baissée, les veines du cou se gonflent, la figure devient violacée et la malade est obligée de se relever rapidement.
La circulation veineuse collatérale est particulièrement marquée à la face antérieure du thorax, et aussi à la face antéro-interne du bras.liy a là un lacis veineux très développé, où à côté de veinules il y a des cordons veineux gros comme un porte-plume ou même comme le petit doigt. Tout ce riche lacis veineux semble se déverser dans deux grosses veines, qui descendent dans chaque flanc
sur la paroi antérieure de l'abdomen, pour aboutir à la racine
de la cuisse dans les veines fémorales (fig. 1 p. 37).
L'examen radioscopique fait par M. Béclère écarte l'existence d’un anévrisme aortique et l'amène à admettre notre diagnostic clinique probable de médiastinite syphi-
litique avec oblitération de la veine cave supérieure,
OBSERVATION VIII (Oulmont et Delort, Société méd. des Hôpitaux,7 juin 1912.)
Médiastinite chronique syphilitique. — Compression de lazsygos se traduisant par une circulation veineuse complémentaire au niveau de la face antérieure du tronc.
Marie B..., cinquante ans, entre à Beaujon le 4 novembre 1911. Elle est très cachectique ; a des douleurs au niveau de
l'articulation tibio-tarsienne ; elle tousse. Tuméfactions
arrondies, dures, au niveau du creux poplité, au niveau du
triangle de Scarpa droit, et sousJa clavicule gauche. La voix est nasonnée depuis trois ans. Dysphagie très prononcée. A l'examen du fond de la gorge, on constate une perforation du voile du palais siégeant sur la moitié gauche, haute de 1/2 centimètre, longue de 3 cent. 1/2 environ ; à l'examen du thorax, pas d’œdème superficiel mais circulation vel-. neuse importante. Augmentation des vibrations sous la
clavicule droite. Foie augmenté de volume.
Antécédents personnels. - A vingt-deux ans, éruption vésiculeuse aux tempes et quelques névralgies. Pas de céphalée, pas de chute de cheveux.
À trente-sept ans, apparition à la cuisse droite de gros ; seurs séparées qui s'uleèrent et donnent issue à une sérosité couleur louche. Cicatrisation trois mois après. L'année suivante, gène respiratoire et toux coqueluchoïde, crises de suffocation.
A quarante-cinq ans, sous la clavicule gauche, grosseur
du volume d'une noix qui s'ouvre sans douleur et laisse échapper de la sérosité de couleur louche. Cicatrisation peu de temps après, :
À Il y a un an, trouble de la tibio-tarsienne droite, douleur, + puis tuméfaction. Un médecin a pratiqué une incision, il s’est écoulé un peu de sérosité rousse et du sang, Il y a six mois, grosseur du creux poplité, Séro-réaction > x T ; DAS : . S de Wassermann positive. On commence le traitement mercu- riel. L'état local et général s'amende. La lésion du pied ns À 5 . : à . change d'aspect en quelques jours. Le trajet fistuleux se
comble, l'orifice se cicatrise.
… Radioscopie du thorax. — En vue antéro-postérieure :
masse grêle siégeant à droite, repoussant la masse car- < diaque.
ca En vue oblique antérieure droite : le siège de la masse À apparaît plus précis à hauteur de l'émergence des gros | vaisseaux du cœur,au-dessous de la crosse aortique,en arrière des gros vaisseaux, au-dessus du pédicule pulmonaire.
Pour les auteurs, il s’agit d’une compression de l'azygos