‹ La Médication quinique et quinidique du CœurChapitre 37 sur 106 · IV.— Adrénaline. — L'antagonisme de la quinidine · texte numérisé non relu

IV.— Adrénaline. — L'antagonisme de la quinidine

et de l’adrénaline a été observé sous deux formes différentes :

1° Boden et Neukirch ont montré que la quinidine est capable de neutraliser l’action tachycardisante de l’adrénaline sur le cœur isolé.

2° Arrillaga, Guglielmetti et Waldorp ont observé que la quinidine s'oppose à l'hypertension adrénalinique ; en effet, ils injectèrent, par voie intraveineuse, 1 centimètre cube de solution d'adrénaline au millionième, à un chien de 15 kilogr. qui avait reçu par la même voie 0 gr.50 de sulfate de quinidine ; ils virent que la pression artérielle, au lieu de s'élever, s’abaissait ; avec une concentration d’adrénaline double de la première il ne se produisait qu'une hypertension légère et passagère.

Ces expériences des physiologistes argentins rappellent de tout point celles qui ont été réalisées par MM. Clerc et Pezzi, au point de vue de l’antagonisme de la quinine et de l’adrénaline, et que nous avons décrites précédemment (p. 98).

V.— Ouabaïne. — Nous avons étudié systématiquement l’antagonisme de la quinidine et de l’ouabaïne. C’est là un point qui nous est personnel, et nous n'avons rien trouvé d’analogue dans les travaux parus antérieurement sur la quinidine. Pour les détails de cette action antagoniste, le lecteur se reportera aux pages où nous l'avons longuement analysé (p. 172 à 181).

Rappelons-en ici les traits essentiels : la quinidine supprime les extrasystoles ventriculaires dus à l'oua-

baïne, et s'oppose, jusqu’à un certain point, à l'établis-

sement de la fibrillation auriculaire et ventriculaire qui marque le stade terminal des effets cardiaques de celleci, elle est donc capable, dans certaines conditions que nous avons précisées, de neuiraliser l'influence de l’ouabaïne sur l’excitabilité du myocarde, ainsi que son action excitante sur l'appareil inhibiteur. Au contraire, elle laisse subsister ses effeis sur la contractilité et sur la tonicité. Il semble donc bien qu'en s’opposant aux effets toxiques de l’ouabaïne et en laissant intacts ses effets physiologiques, la quinidine se” monire capable de favoriser son aciion thérapeutique tout en diminuant sa toxicité : c'est là un point de la plus grande importance pratique et qui mériterait de nouvelles recherches.

Nous verrons, dans la pariie clinique de cetie étude, qu'une observation où nous avons, avec les résultats Les plus heureux, combiné l’action de la quinidine et celle de l’ouabaïne, paraît donner une illustration pratique à ces conclusions expérimentales. ñ

VI. — Aconiline. — Jackson, Friedländer et Lawrence, viennent dans leur récent travail, d'étudier l’achon de la quinidine, chez le chien, en injection intraveineuse sur les arythmies provoquées par une injection intraveineuse d’'aconitine : ils ont constaté que la quinidine provoque d'une façon constante une suppression des irrégularités causées par l'aconitine et qui sont dues à l'excitation par cette substance du centre bulbaire du vague, ainsi qu'à une excitation du musele

cardiaque lui-mème.

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