IT. — ACTION MODÉRATRICE SUR LES FONCTIONS
DU MYOCARDE
C’est en modérant l’excitabilité du myocarde que la quinine agirait sur la fibrillation et la tachysystolie auriculaire. D'autre part, en diminuant la conductibilité du faisceau de His elle empècherait la propagation des ondes fibrillantes de l'oreillette au ventricule et ralentirait ainsi ce dernier (Schrumpf).
C’est également par une action sédative globale sur le cœur que la quinine influencerait favorablement certains états du muscle cardiaque sur lesquels a insisté Wenckebach qui les désigne sous le nom d’«hyperkinésie du cœur ». Il existerait d’après lui un état anormal
de cet organe telique celui-ci répondrait par des contractions trop énergiques aux excitations qui lui parviennent ; d’où l’apparition de phénomènes subjectifs douloureux. Cei état pourrait concorder avec certains troubles du ryihme; c’est ainsi qu’il accompagnerait souvent l’aryihmie complète, et dans ce cas, la quinine, indépendamment de son effet sur l'oreillette, agirait sur l'état hyperkinétique du ventricule, sur lequel eile exercerait une action modératrice produisant ainsi une amélioration subjective. Mais cet état d'hyperkinésie pourrait également se rencontrer indépendamment de toute arythmie, et serait souvent, à la base de la tachycardie basedowienne, de l’angine de poitrine, et même d'une foule de troubles subjectifs observés dans les affections rénales, les polyscléroses, l'insuffisance aortique. La quinine, en modérant la contractilité du myocarde, produirait ici encore une amélioration des sensations douloureuses ou pénibles ; la digitale au contraire, en renforçant l’énergie cardiaque, pourrait accentuer celles-ci. Nous verrons plus loin que cette théorie a été reprise par von Bergmann à propos de la quinidine.
Enfin, c’est également en modérant l’excitabilité du myocarde que la quinine pourrait influencer l’arythmie
extrasystolique.