‹ La Médication quinique et quinidique du CœurChapitre 73 sur 106 · MÉDICATION QUINIDINIQUE DE L'ARYTHMIE COMPLÈTE · texte numérisé non relu

MÉDICATION QUINIDINIQUE DE L'ARYTHMIE COMPLÈTE

Nous avons vu que les différentes statistiques s’accordent à reconnaître que le médicament fait réapparaitre le rythme normal dans 50 */, des cas. Malheureusement, cet effet favorable n’est le plus souvent qu’éphémère. Les succès de longue durée sont encore fort peu nombreux, mais nous avons la conviction qu’ils le deviendront de plus en plus quand on emploira la technique préconisée par nous du {raitement quinidique prolongé.

Par ailleurs, y a-t-il un réel intérèt à supprimer chez un malade une arythmie complète ? Certains l'ont nié, en s'appuyant sur les cas nombreux et indiscutables d’arythmie complète à forme lente, avec fréquence à peu

près normale, s’accompagnant d’une absence totale de

sensation pénible et d'un fonctionnement cardiaque saüsfaisant. Il n’en est pas moins vrai que l'existence d’une arythmie complète doit, croyons-nous, tôt ou tard, retentir sur le fonctionnement du cœur. Il nous paraît logiquement impossible qu'une fibrillation, une tachysystolie auriculaire soient une chose indifférente pour le malade ; Eyster et Swarthout d’ailleurs ont démontré expérimentalement que l’arythmie complète trouble gravement le travail de cet organe. D’autre part, on voit souvent en clinique survenir, chez les sujets atteints d’arythmie complète, des accidents graves que rien ne pouvait faire soupconner, notamment la mort subite, dont l'étude a été faite par MM. Heïtz et Clarac sous l'inspiration de M. le professeur Vaquez.

Nous croyons donc que supprimer la fibrillation ou la tachysystolie et rétablir le rythme normal de l'oreillette, c’est en tout état de cause rendre à un malade un service des plus réels.

Pour terminer cette étude, nous ne croyons donc pouvoir faire mieux que de reproduire les conclusions qui ont été formulées par notre maître M. le professeur agrégé Clerc au cours de la communication qu'il a faite avec nous-même le 3 mars dernier à la Société médicale des Hôpitaux.

«Nous croyons, d’après nos observations personnelles, à l'efficacité de la médication quinidinique et à son réel intérêt, qui justifie la floraison remarquable d'articles parus sur la question dans différents pays.

Il est certain que bien souvent on obtient des résul-

tats satisfaisants là où d’autres agents thérapeutiques

(digitaline, ouabaïne, etc.), ont échoué ou tout au moins ont incomplètement réussi. Il faut pourtant reconnaître que cette efficacité, si évidente soit-elle, demande à être diseutée, et que la proportion de 50 à 60 */, admise généralement, nous semble plus apparente que réelle. IL ne suffit pas que la suppression de l’arythmie se produüise, il faut encore que la régularisation se maïintienne; à n'envisager que ce dernier cas, on risque de réduire les statistiques à des chiffres beaucoup plus faibles. Si remarquables soient-ils, les faits réellement démonstratifs ne sont pas encore légion, et les sujets n’ont pas encore été assez longtemps suivis pour décider ce qu'il adviendra en définitive de la majorité d’entre eux et si les lésions ne reprendront pas leur marche successive, ou même si l’action bienfaisante du médicament ne finira pas par s’épuiser à la longue. Il ne faut pas oublier que l'action pharmacodynamique de la quinidine la sépare des drogues usuelles destinées à combattre les cardiopathies. Elle se comporte plutôt comme un paralysant de la fibre musculaire dont elle:ne peut restaurer directement les fonctions compromises ; obtenue à ce prix, la guérison risque de rester précaire, et les malades doivent être, par périodes plus ou moins espacées, maintenus presque indéfiniment sous l’action du médicament ; la régularisation du rythme peut entrainer, mais n’entraine pas nécessairement l’amélioration de l'équilibre circulatoire, et d’ailleurs, les cœurs les plus irréguliers ne sont pas nécessairement les plus insuffisants, comme le prouve l'évolution lente de cer-

taines arythmies complètes.

Voilà pourquoi la médication quinidinique du cœur demande encore à être précisée dans ses indications, contrôlée par des tracés électrocardiographiques répétés, étroitement surveillée dans ses applications et soustraite par conséquent à une généralisation intempestive el dangereuse. Il n’en reste pas moins établi, même dans l’état actuel de nos connaissances, que son emploi raisonné entraîne des résultats présentant un intérêt de

premier ordre et dignes d'attirer l'attention du monde médical. »

S2.— La médication quinidinique dansles arythmies autres que l’arythmie complète et dans les affections cardiaques en général.

IL n'existe que fort peu de documents sur ce point, mais en général, jusqu'ici, les résultats obtenus ne paraissent guère encourageants.

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