‹ La médicine chez les ChinoisChapitre 23 sur 89 · XII. POULS DONT LE DIAGNOSTIC EST MORTEL · texte numérisé non relu

XII. POULS DONT LE DIAGNOSTIC EST MORTEL

1° Feou-ho (union de flots), quand le battement postérieur empiète sur son précédent.

2° Tan-che (pierre d’arbalète), quand le pouls sortant pour ainsi dire des doigts donne dans une respiration un battement ferme et sec.

3° Tsio-tsoui (picotement d’oiseau), quand le pouls vient frapper trois, cinq ou sept fois d’une manière dure et aiguë contre les doigts, puis cesse un temps et revient de même comme l’oiseau qui mange du grain.

4° Kiai-so (corde qui s’effile), donne un battement dans plusieurs respirations, devient éparpillant et se brouille de telle sorte qu’il faut longtemps avant qu’il revienne.

5° Hia-ijeou (allure de crapaud); lorsqu’on tàte ce pouls, on ne le sent pas pendant un certain temps, parce qu’il est profond, et tout à coup on sent venir un battement superficiel, faible, qui cesse aussitôt, et après un temps considérable revient de même.

6° Yen-tao (couteau caché), dans une respiration deux battements ; apparaît et disparaît promptement, comme un sabre que la main agite rapidement.

7° Tchiien-teou (pois roulants), battements assez forts, trèscourts, durs, et aigres.

8° San-yê (feuilles éparpillées), quand le mouvement du pouls imite les feuilles qui tombent par intervalles non réglés.

9° Ouo-teou (eau tombant du toit), donne trois battements dans

une respiration et s’arrête; battements ascendants pleins, descendants très-faibles.

10° Fong-fo (bouillon de marmite), le pouls semble toujours sortir, à peu près comme les bulles qui s’élèvent sur un liquide en ébullition.

11° Tou-ouan (semblable aux globules de terre) , dans une respiration donne neuf battements précipités et forts; n’a ni. commencement ni fin.

12° Yn-yuen (pilule ronde), pouls si glissant qu’il échappe aux doigts, s’ils ne portent pas bien sur lui.

13° Yu-kiong (pilon), battements très-élevés, très-pleins.

14° Jin-tchoui (baleine d’un bomme), le pouls paraît toujours sortir et jamais rentrer.

15° Pie-loui (roulement de tonnerre), pouls d’abord tranquille, ensuite battements précipités, puis le pouls disparaît.

16° Kicii-lo , dans une respiration donne neuf battements, ensuite s’arrête, petit, sans tête, ne revient pas.

17° To-che (emportant le cadavre), dans une respiration un ou trois battements qui continuent, ou huit battements, elle pouls s’arrête; très -précipités en montant, très-faibles en descendant (destruction de la vessie, mort après deux ou trois jours).

18° Tchang-kiu , huit battements dans une respiration, vide dans le milieu.

19° Kin-chang , dans une respiration donne neuf battements, ensuite s’arrête; d’abord petit, ensuite fort, mais toujours faible.

20° Sie-keou , dans une respiration neuf battements, très-faible quand on le trouve, ensuite très-élevé et plein.

21° Fang-pa (détruisant), dans une respiration sept ou huit battements; en montant, plein; en descendant, lent.

22° Ta-kie, dans une respiration deux battements ; en venant, forts*; en descendant, pleins.

23° Feou-lien (pouls du nénuphar), dans une respiration, un seul battement ; au commencement, petit; ensuite, descend obliquement.

24° Fou-c/ioui (bouillonnant), sans règle, comme l’eau sur un grand feu.

25° Yu-lsiang, le pouls est comme un poisson dont lu tète est arrêtée et ne peut se mouvoir, mais dont la queue frétille beaucoup et sans règle.

26° Kë-mèj produisant les sautillements de la peau d’un tambour ferme et unie.

27° Tche-mao, pouls aigre et entremêlé de certains mouvements légers et courts, tels que ceux des plumes agitées par le vent.

§ XIII. DUS AFFECTIONS DU COEUR, DU FOIE, DE l’eSTOMAC, DU

Le cœur.

Si le cœur est attaqué et que le mal vienne de cJië (mauvaise réplétion d’humeurs), le malade rêve monstres, figures effrayantes. Si le mal vient d’inanition, le malade rêve fumée, flamme, feu, lumière. Si le pouls est chô (rapide), il indique grand feu dans le cœur; en ce cas, apparaissent sur la langue de petits ulcères , en même temps que des crevasses aux lèvres ; le malade prononce des paroles incohérentes, voit des esprits et a une grande soif. Si le pouls est hong (débordant) ou lieou (v. p. 31, 2°), il y a perte de sang. Quand ce pouls hong est pour ainsi dire refluant, il y a douleur dans tout le corps, dans les os. Le cœur sent une ardeur desséchante qui cause une grande inquiétude; la tête et surtout le visage sont en feu. Quand le pouls du cœur est haut et plein (chë), il indique feu ; quand il est petit (sy), il y a défaut de chaleur; le malade est alors sujet à des terreurs paniques et à des alternatives de frisson et de chaud. S’il est précipité, il y a douleur d’entrailles, suppression d’urine. S’il est che-hoa (plein, haut, glissant), frayeur, embarras de langue. S’il est glissant, hoa, simple chaleur qui n’a rien de dangereux. Së (aigre), il manque au cœur beaucoup de la force qui lui convient; peine à parler. Profond ( tchin ) et serré, humeur froide qui l’attaque, cardialgie. Trémuleux (/lien) , palpitation, faim déréglée.

Quand le malade a le visage en feu, le cœur inquiet, qu’il aime à rire, qu’il y a chaleur excessive dans les mains et grande sèche-

resse à la bouche, le pouls convenable à cet état est serré (tsou), plein (c/ic), qui tient du précipité (cAo) . Si au contraire il est profond et mou, la maladie est bien difficile à guérir.

Le foie.

Le pouls du foie en santé est hien-tchang (trémuleux, long). Lorsqu’il est feou-touan (superficiel, court), le foie souffre altération et l’on est sujet à des mouvements de colère; c/iê (plein), rêve montagnes, arbres, forets; hiu (vide), rêve buissons, champs, etc. Le mal qu’on appelle fey-ky vient d’obstruction dans le foie; c’est une tumeur sensible située sur les côtés. Cette tumeur vient communément en été; le mal vient du poumon, d’où sort l’humeur viciée qui finit par s’amasser et former tumeur; de là survient une toux fâcheuse, de la fièvre et d’autres complications.

Quand le pouls se trouve /tien (trémuleux) aux trois endroits du bras gauche où on le tàte, le foie pèche par excès, douleur aux yeux : il en tombe de grosses larmes par intervalles ; mauvaise humeur, irritabilité. Si le pouls du foie étant yeou (mou) est un peu hien (trémuleux), rien de mauvais; s’il est Am (tendu), il y a altération dans le foie peu considérable; s’il est feou-chë (superficiel, plein), il y a altération du foie considérable, yeux rouges, douloureux; on ne voit pas clair, on s’imagine qu’il y a quelques objets étrangers qui couvrent les yeux; hony (débordant), vue trouble, quelquefois vomissement de sang, bras et jambes perdant le mouvement; së (aigre), épuisement dans le foie, dissolution de sang, côtés enflés jusqu’aux aisselles; hoa (glissant), le foie est trop chaud, la chaleur se communique à la tête, aux yeux; km (tendu) ou chë (plein) ou Lien (trémuleux) ou tchin (profond), il y a obstruction, tumeur à craindre; ouey (petit), yo (très-faible, long, profond ), feou (superficiel), ou les esprits manquent, ou ils n’ont pas leur cours libre ; alors la vue souffre, on voit, comme l’on dit, des étoiles, on a de la peine à regarder quelque chose exactement; feou (superficiel) au dernier degré, abattement, danger de paralysie.

Dans les maladies du foie, le visage devient bleuâtre, on souffre aux jointures , on a le regard colère, on ferme souvent les yeux,

on ne voudrait voir personne; alors, si le pouls est chô (précipité) et hien (trémuleux), il y a chance de guérison; s’il devient superficiel, court, aigre, feou-iouan-se , le mal est incurable.

L'estomac.

Quand l’estomac est sain , le pouls propre de ce viscère est ouan (lent modérément).

L’estomac craint fort l’humidité. Quand il en souffre, on entend du bruit dans ce viscère et dans les intestins, et il s’ensuit cinq affections : dans la première, les aliments ne se digèrent pas: dans la deuxième, il y a gonflement, enflure du ventre, vomissement des aliments; dans la troisième, il y a mouvement et douleurs d’entrailles, et les selles sont de couleur blanche ; dans la quatrième, il y a douleurs d’entrailles peu violentes, on rend du sang, quelquefois du pus; dans la cinquième, on se sent pressé d’aller cà la selle, mais on y va plusieurs fois inutilement. L’estomac est sujet à un mal qui commence en hiver : c’est un dépôt qui forme tumeur; ce mal, s’il dure, est suivi de la jaunisse et d’un abattement général. Cette tumeur apparaît au creux de l’estomac, quelquefois elle est de la grosseur d’une soucoupe.

Si la lenteur modérée qui convient au pouls de l’estomac se trouve en même temps au tsuenoi au tche , l’estomac sou!fre ; excès de chaleur, mauvaise haleine, nausées sans vomissements, les gencives se rongent, les dents se décharnent, le poil se sèche, on sent de fréquentes alternatives de chaud et de froid, et les forces vont toujours en diminuant.

Si le pouls est feou-chè (superficiel, plein), l’estomac digère mal; bouche sèche; on a beau manger et boire, on reste faible et épuisé; chê (plein), trop de chaleur dans l’estomac, vapeurs, gaz qui s’échappent par la bouche; se (aigre), faiblesse d’estomac, amaigrissement; kin (tendu), douleur à l’estomac, aux jointures, nausées continuelles; Lien (trémuleux), chaleur excessive du foie qui rend imparfaites les digestions; chê (plein), extraordinaire, douleurs, inquiétudes.

Dans certaines maladies de l’estomac qui sont assez souvent accompagnées de douleurs aux jointures , le visage devient jaune,

le corps pesant; il y a indigestion, diarrhée. Si le pouls est tchinouan-sy-ouey (profond, lent modérément, faible, petit), il y a espérance de guérison; s’il est hin (tendu) et fort, mort certaine.

Le poumon.

Comme les intestins grêles sympathisent avec le cœur, de même les gros intestins sympathisent avec les poumons. Le nez se sent facilement de l’altération de ce viscère. Trop parler et trop boire de vin sont contraires au poumon ; trop parler cause souvent la toux, qui provient également d’une intempérance de boisson, dont l’effet cause souvent un boursouflement de la ligure, sur laquelle apparaissent quantité de pustules. Il est une maladie nommée së-pouan qui commence au printemps et se manifeste par une tumeur sous l’aisselle droite, tumeur quelquefois grosse comme un gobelet renversé; ce mal provient d’un sang venu du cœur dans de mauvaises conditions. Si cette tumeur ne se dissipe pas, il survient une lièvre mêlée alternativement de chaleur et de froid qui sera suivie d’un ulcère au poumon.

Quand le poumon est sain, son pouls naturel est feou-së-touan (superficiel, aigre, court); quand il est long-bien (débordant, trémulant), il y a maladie; ou par chë .(plénitude) : alors on rêve soldats, armes; ou par hiu (épuisement) : alors on rêve terre, voyage, chemin difficile. Si aux trois endroits où on a coutume de tâter le pouls, le pouls est feou (superficiel), le poumon a souffert et souffre de l’air ou du vent ; écoulement de mucosités par le nez, crachats épais mêlés de pus; le malade craint le froid et préfère le chaud; douleur superficielle sur tout le corps, tension sèche au front, pesanteur douloureuse aux yeux, d’où coulent des larmes par intervalle. Si le pouls du poumon est feou-chë (superficiel, plein), le gosier est sec, quelquefois enflammé; constipation, selles acres, le nez communément perd l’odorat. S’il est chëhoa (plein, glissant), peau et poils se flétrissent, crachats visqueux, yeux larmoyants, gosier sec, disposé à s’enflammer; tout cela augmente en automne si l’on n’y met ordre et si l’on ne saigne pas. Si le pouls est tchin-kin-hoa (profond, tendu, glissant), il y a toux provenant du froid; feou-hong (superficiel, débordant), oppression,

mouvement dans les intestins; /lien (trémuleux), ventosités dans la poitrine produites par le froid, constipation ; honcj (débordant), hémorrhagie, dissipation d’esprit; tchin-sy-hoa (profond, faible, glissant), chaleur dans les os, poils et peau âpres, chaud et froid qui se succèdent. Enfin , quand un homme attaqué des poumons crache le sang ou saigne du nez, tousse violemment par intervalles, est triste et se lamente, si le pouls se trouve superficiel (feou) et tant soit peu aigre (sê) , ce signe est moins mauvais, le mal n’est pas incurable; mais s’il est Hong (fort et dur), il n’y a pas de remède.

Les reins.

Le pouls naturel des reins est profond et glissant; s’il est feououan (superficiel, lent modérément), les reins souffrent, la cause est dans l’estomac. Il arrive quelquefois que dans les temps froids on crache sans cesse , il en résulte une dérivation de l’humidité nécessaire aux reins, et par suite une sécheresse inquiétante. Il existe une maladie appelée pouan-tun qui se manifeste par une tumeur, un dépôt au nombril , aboutissant communément à une paralysie générale. Quand les reins sont hors de leur état naturel, si c’est par chê (plénitude d’humeurs peccantes), on sent une pesanteur à la région des lombes , surtout la nuit , quand on est couché ; si c’est par épuisement ou faiblesse , le malade éprouve en dormant une émission involontaire d’urine.

Si aux trois endroits où on a coutume de tâter le pouls on le trouve tche (lent), les reins souffrent du froid, ardeur et âpreté de la peau, cheveux et poils se dessèchent; le malade en dormant croit souvent tomber dans l’eau, et, lorsqu’il est éveillé, il est rêveur et triste. Si le pouls est éparpillé ( san)} ou bien l’on urine trop souvent, trop copieusement, ou bien il y a perte de semence, on sent de la douleur soit dans la région des lombes, soit aux genoux; il survient même quelquefois de ces sueurs furtives qui n’ont pas de cause apparente. S’il est chê-hoa (plein, glissant), dysurie, urines rouges, chaudes; sê (aigre), gonorrhée fâcheuse, mille songes extravagants, le malade croit marcher au travers des eaux : il survient souvent enflure au scrotum et aux testicules ;

elle (plein et fort), ardeur à la vessie, suppression d’urine ou difficulté d’uriner; hoa-hien (glissant, trémuleux) ou hien-kin (trémuleux, tendu), douleur aux lombes et aux pieds qui deviennent enflés : dans le premier cas, la douleur est causée par des vents humides chauds ; dans le second cas, par des vents froids ; feou-Mn (superficiel, tendu), surdité. Quand les reins sont tellement attaqués que le visage devient livide et que le froid gagne les jambes et les pieds, le mal est très-dangereux; cependant, si le pouls se trouve alors être tchin-lioa (profond, glissant) et bien (trémuleux),le mal n’est pas incurable; mais s’il est lent et fort, il n’y a plus de remède.

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