‹ La médicine, histoire et doctrinesChapitre 26 sur 109 · MARTIAL · texte numérisé non relu

MARTIAL

Que n'a-t-on pas écrit sur Horace depuis le fameux Commentaire de Lambin jusqu'aux Études de Rigaull, de M. Patin ou de M. h Janin ? Gomment, après ces rechei'ches érudites, après ces vues ingénieuses et élevées, venir porter une main médicale, une main indiscrète et barbare sur les pages d'un poëte qui, «depuis tantôt dix-liuit cents ans, reçoit Tbommage des esprits délicats du monde entier? » Comment arracher aux mains d'Horace cette coupe de vieux massique «qui fait oublier les soucis?» Gomment etfeuiller cette couronne de roses , troubler ces joies d'un banquet , et mettre Lydie en fuite pour présenter le triste spectacle des soulïrances, de la maladie et de toutes les misères physiques dont Horace, hélas! ne fut point exempt? Mais le médecin impitoyable saisit son malade partout où il le trouve, surtout au milieu des festins, surtout après les enivrements de l'amour. Horace, ainsi surpris par Musa ou par Gratérus, reçoit docilement leurs avis, fait quelques pénibles retours sur une santé qui ne suffisait ni à l'excès du travail, ni aux entraînements du plaisir, met en vers harmonieux les consultations que lui donnent ses doctes médecins, et chante les bienfaits d'un repas frugal ou les dangers des orages du cœur.

Il n'est doncipas défendu de recherclier dans les univres d'Horace la trace des entretiens que notre

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poëte a dû se ménager avec les grands docteurs de son temps. M. Ménière Ta fait avec une curiosité respectueuse, et à mon tour, négligeant tout ce qui est étranger à Horace lui-même, je veux rassembler ici les renseignements qui touchent à sa propre santé; elle nous intéresse comme celle d'un ami.

S'il est vrai que, sans mériter le reproche de matérialiste, on doive admettre avec Aristote, avec Galien, avec la plupart des grands philosophes, une liaison intime entre le caractère et le tempérament, nous trouverons dans certains traits du caractère d'Horace des signes non équivoques de son tempérament. J'en veux signaler deux principaux : Horace était à la fois timide et irritable. Son adieu au vaisseau qui emportait Virgile est une ode à la crainte, déguisée sous l'ardeur des vœux qu'il l'orme pour son ami. Il redoute les flots agités, l'aquilon impétueux, les monstres marins et les rochers Acrocérauniens, fertiles en naufrages. Pour mieux marquer son émotion à la pensée des dangers que court Virgile en traversant l'Adriatique, il appelle mme tous les progrès de la civilisation, et voudrait que les mers restassent une barrière infranchissable.

Impite

Non tangcnda rates transiliunt vada.

Audax oiiuiia perpeti Gens humanu ruit per vetitnui nofas.

Sur les champs de bataille de Philippes, il se laisse enlever tout tremblant {paventem) par le protecteur des poètes , par Mercure aux pieds Mgers, qui le dérobe au fer ennemi à travers un nuage épais; même il

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abandonne son ami P. Varns aux hasards du combat, et. oublie son bouclier; cela lui donne bien quelque scrupule [relicta non bene parniula) : mais que faire quand tant de braves ont mordu la poussière, quand le courage lui-même est écrasé?

Quum fracta virtus, et minaces Turpe solum tetigere mento.

Peut-être aussi n'est-il point fâché qu'Auguste sache bien qu'il n'a pas voulu, l'honneur dût-il en souffrir, rester trop longtemps lidèle au parti de Brutus et de Cassius.

Ailleurs encore Horace rend grâce aux Muses d'avoir échappé à ce désastre dePhilippes, à la chute d'un arbre maudit, au promontoire de Palinure, trop célèbre par ses tempêtes. Le bruit des armes, le fracas de cet arbre, le mugissement des vagues retentissent péniblement dans son imagination ébranlée, et l'harmonie imitative de ses vers ne montre que mieux le frémissement intérieur qu'il ne peut maîlriser. C'est du bout des lèvres qu'il jure à Mécène de le suivre d'un cœur ferme [forli pectoré) sur le sommet des Alpes, sur ceux du Caucase et sur les citadelles flottantes d'Octave ; en même temps il a grand soin de se déclarer faible et peu propre aux combats [imhellis et firmus parum), ce qui ne l'empêche pas d'engager lès Romains à passer leur jeunesse au milieu des dangers, et à s'écrier qu'il est bon et doux de mourir pour la patrie ! •

Dulce et décorum est pro patria mori !

Mais les poètes ne sont pas obligés de mettre d'accord

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leurs vers et leur conduite. Ou plutôt on doit se persuader, y la défense d'Horace, qu'il a dans Timagination tout ce qu'il faut pour applaudir et pour s'émouvoir au spectacle de l'audace des autres, et tout ce qu'il faut dans le tempérament pour trembler au seul souvenir de ses propres périls. On dirait un Romain de la vieille souche élevé au milieu des délices de la molle lonie ; admirateur passionné de la grandeur de Rome, il est fier de la gloire de ses soldats; mais il préfère pour lui-même, aux chances prochaines de la guerre , les dangers plus éloignés d'une vie voluptueuse. Il y a dans son âme je ne sais quelle mâle inspiration stoïque mêlée aux accents langoureux et efTéniinés d'une muse épicurienne. Horace est trop Romain pour être lâche , trop lymphatique et trop nerveux pour n'être pas timide.

Celte timidité maladive d'Horace se révèle jusqu'au milieu de l'exaltation des passions. Quand Lydie vante le cou rose de Télèphe, -l'esprit d'Horace s'égare, ses joues rougissent et pâlissent tour à tour, la sueur inonde son visage. Ce n'est pas comme il le dit par métaphore, une bile acre qui gonfle son foie :

Fervens difiicili bile tuuiet jecur.

En de telles émotions, l'excitation nerveuse a d'abord le dessus, puis elle est bientôt émoussée par un flot de pituite [pitidta molesta) qui inonde les vaisseaux. A cette seule peinture, je puis déjà assurer que notre poêle n'a le tempérament ni bilieux, ni sanguin ; il a ce que nos anciens appelaient une constitution lympha-

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tii'o-nei'veuse. Ce tempérament se trahit chez Horace par plus d'un phénomène pliysiologique qu'il n'est pas nécessaire de signaler ici, mais qui prouverait au besoin qu'il a la fibre molle et les actions vitales peu énergiques, comme dirait l'école de Montpellier. Cela est si vrai qu'Horace en ses satires ne prend pas même la peine de se fâcher contre les vices , et qu'en ses amours il n'a ni persistance ni emportement véritable. Horace a l'humeur inquiète, l'esprit irritable des poètes [genus irritabile vatwn)\ uu rien l'agace et tout le lasse; il court après ce qui lui a nui et fuit eo qu'il sait lui être nécessaire.

Quœ nocuere sequar, l'ugiaui quie profore credam.

Et dans ce charmant dialogue entre Lydie et Horace, Lydie lui reproche d'être à la fois plus léger que le liège, plus prompt à s'irriter que les flots de l'Adriatique :

Tu levier cortice et improbo

Iracundior Hadiia.

Horace, enrôlé comme il le dit lui-même dans le troupeau d'Épicure , livré tout entier à l'ardeur fébrile de ses passions, augmente encore les mauvaises chances de son tempérament; il voit de bonne heure son front se dégarnir; sa jeunesse, cette ardente jeunesse [calidus juventd) a des ailes rapides, et avant quarante ans la vieillesse est venue le surprendre. Aujourd'hui il vante son embonpoint et son visage fleuri, il chante les douceurs de l'ivresse, qui rend éloquent et donne du courage aux plus irtclics isans

doute il ne connaissait pas encore cette recette à Philippes) ; il invoque Vénus, et les Grâces, et Mercure, mais le lendemain il ne songe plus qu'à la retraite; il vante les plaisirs des champs, gémit sur sa santé perdue, et voudrait l'éparer ses lorces épuisées, non qu'il redoute la mort, mais parce qu'il aime la vie.

Quelques autres signes plus caractéristiques encore, s'il se peut, nous sont fournis sur le tempérament d'Horace : Horace redoute toutes les intempéries, et pàr-dessus tout le froid; il est petit et obèse, il le dit en plus de dix endroits ; Auguste plaisante sur son gros ventre et sa courte taille avec ce ton de familiarité que les souverains d'autrefois se permettaient assez volontiers. Horace se plaint incessamment de maux d'yeux ; il est lippus, c'est-à-dire il est aifecté d'une de ces ophthalmies catarrhales si bien décrites par Celse d'abord, puis par M. Siebel, et qui font le tourment des personnes constituées comme notre poète. Enfin Horace avait la podagre et peut-être la chiragre {nodosa chiragra) ; il parle de ces maladies comme ayant eu avec elles un commerce assez intime ; il nous dit luimême qu'il en était atteint dans ces vers de la quinzième Épître du premier livre :

Sane muiteta relinqui,

Dictaque cessantem nervis elidere morbum Sulfura conlemni...

Musa lui déclare que les vapeurs de Baïa sont pour lui sans vertu, et qu'il faut changer l'eau chaude pour l'eau glacée [geiida pjcrluor unda). M. Méniére voudrait retrouver dans cette maladie de nerfs ^ non pas la

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goutte, mais quelque affaiblissement du sijstème nerveux. Je crois que celte manière de voir n'est pas fondre. Il faut d'abord se rappeler que par le mot nerf (nervus) les anciens entendaient aussi bien les tendons et tout le sijstème fibreux que les nerfs proprement dits. Celse parle en plusieurs endroits des douleurs ou des contractions des îierfs (c'est-à-dire des tendons) dans la goutte; Gaiien dit que dans cette maladie tout le genre nerveux est atîecté ; enfin Pline et aussi Celse célébrant* les eaux ou les l)ains de vapeur naturels de Baïa afïirment qu'en général ils conviennent aux nerfs, aux pieds, aux banrbes, aux luxations, aux fractures, en un mot à toutes les affections où le système ^ôre;/^ est compromis. Je vois aussi dans Suétone qu'Auguste se baignait pour ses nerfs dans la mer et dans les eaux d'Albula; et notez qu'Auguste avait la gravelle, compagne assez assidue de la goutte. Les anciens n'avaient aucune notion de ce que nous appelons un affaiblissement du système nerveux, et l'on ne voit pas qu'Horace ait été atteint de quelque paralysie. Du reste, le traitement par les vapeurs sulfureuses de Baïa et par les eaux glacées de Ghinsi ou de Gabies était fort recommandé, suivant les cas, pour la podagre et la chiragre. Si j'ajoute à ces raisons historiques et médicales que la goutte était pour ainsi dire endémique à Rome sous les premiers empereurs , qu'Horace était dans les meilleures conditions pour ne pas échapper à l'influence maligne, je croirai avoir déjnontré ma thèse. Et vraiment Horace n'a point à se plaindre ; il a le bon lot : la maladie des poètes et des beaux .esprits !

AH DK LA MEDFX'NE A ROME

Tout le hoiirg de Baïa déplore la fuite d'Horace et le triste sort de ces malades qui vont mettre sous la douche froide leur tête ou leur estomac. Horace ^émil plus que personne de quitter cette baie ravissante, mais la raison n'est pas tout à fait médicale ; Sénèque nous la donne en sa cinquante el unième épîlre, intitulée : Que le sage doit choisi?^ un séjour conforme à

ses goûts, a Quant à moi, il a fallu me contenter

de Baïa que j'ai dû quitter le lendemain de mon arrivée ; c'est un lieu qu"on doit éviter, malgré tout ce qu'il renferme d'agréments naturels, parce que la débauche en a fait son séjour favori... Baïa est le rendezvous des vices [diversorium »itiorum) ; les désordres y sont tels que la licence semble un tribut qu'on doit à ce lieu. » Si vous rapprochez de ce texte la (>2'' épi- (jvamme du P'' livre de Martial, vous jugerez du plaisir qu'Horace trouvait à Baïa et des dangers que ces eau\ perfides faisaient courir aux vertus les plus éprouvées. « On arrive Pénélope et Ton s'en va Hélène. «

Casta, nec antiquis cecleiis I^a:vina Sabinis,

Incidil in flammas, juvenemque secuta, reliclo Conjuge, Pénélope venit; al)it Hélène.

Après Plante et Horace, l'intérêt général qui s'attache aux éludes médicales sur les poêles latins disparaît à peu près complètement ; plus de srijet d'observation clinique aussi curieux qu'est l'ami de Méeène; plus de discussion à soutenir contre Plaute ; plus de lances à rompre avec t'nton. Les m-édecins

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pullulent à Rome : il v en a, au dire de Martial et de Gclse, pour toutes les parties du corps et pour tous les genres de maladies ; il y a même des femmes médecins [feminœ medicœ, qu'il ne faut pas ionfondre avec les sages-femmes) ; Martial en parle; les inscriptions donnent les noms de plusieurs de ces gracieuses auxiliaires, et Tinstilution s'en est perpétuée durant le moyen âge à Salerne et dans d'autres villes d'Italie. Puisque M. Ménière, étudiant chaque poëte en particulier, n'a pas essayé de faire Tliistoire de certains groupes pathologiques à l'aide des notions médicales éparses dans les divers auteurs , puisqu'il s'est également interdit de rechercher dans les médecins la source de ces notions, il ne me resterait qu'à le suivre à travers mille curieux détails ; mais je ne puis m'aventurer sur un pareil terrain, et je me contenterai de relever quelques-uns des traits les plus saillants dans la longue série des poètes que notre confrère passe en revue.

La poésie épique chez les Latins échappe, comme je l'ai déjà dit, à l'observation médicale; les dieux y font aux médecins une trop redoutable concurrence; VÉnéide nous dépasse de toute la distance qui sépare le ciel de la terre; d'ailleurs ce poëme est de beaucoup inférieur à Y Iliade pour la partie chirurgicale ; les imitations mêmes manquent de couleur et d'exactitude; les Églofjues ne sont pas davantage de notre domaine, et je dois abandonner, bien à regret, je l'avoue, \e9, Géorgiques à l'histoire naturelle et à la médecine vétérinaire. Dans les Carmiyin minora, nous ne trouverions qu'un magnifique éloge du médecin Musa, ce-

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lèbre pour avoir sauvé Auguste et tué Marcellus par l'hydrothérapie.

Dans le poëme sublime de Lucrèce, dans ce vaste universel! il ne manque qu'un Dieu, la médecine proprement dite ne devait pas tenir l)eaucoup de place ; mais il y est parlé des rouages et des mouvements de la vie avec une grande majesté de langage. Si Lucrèce ne s'arrête pas à décrire les maladies, à en pénétrer la nature, il s'inquiète du moins de leurs causes, surtout des causes atmosphériques, avec une curiosité savante, de telle sorte que cette description classique de la peste, qui termine le sixième chant, est encore plus remarquable par la sîireté dans la recherche des causes que par l'horrible magnificence du tableau des symptômes. N'est-ce pas Lucrèce que Virgile salue dans le second livre des Géorgiqiies par le vers fameux :

Félix qui potuit reruui cognoscere causas!

Et ne doit-on pas s'étonner que l'investigateur si éclairé' et si profond des causes secondes se soit laissé accrocher par les atomes dans sa poursuite de Irf cause première? Aussi, pour l'honneur de Gicéron, je ne puis laisser croire, avec M. Ménière, qu'il ait été sectateur d'Épicure et de Lucrèce. Je veux qu'il soit fait une réparation solennelle aux mânes du disciple de Platon, à la mémoire du pieux auteur d'un traité classique Sur la nature des dieux.

Que puis-je chercher dans Lucain, sinon

De morts et de mourants cent niontagnes plaintives? Quand je quitte la Pha7\sale., il me semble que je sors

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de Clamart ou d'une salle du Val -de-Grâce, après quelque sanglante journée. Mon cœur se soulève à ces scènes de carnage et mon esprit se révolte aux accents d'une Muse hors d'haleine qui a pris les allures et le langage d'un bouclier pour mieux m'émouvoir. Je n'ai pas une moindre répugnance pour la poésie anatomique de Sénèque, où la science et le sentiment de l'art font également défaut; je m'intéresse médiocrement à ces nécropsies fantastiques pratiquées par les augures sur les autels de quelque divinité implacable, à ces descriptions de viscères aussi obscures que les oracles fournis par les victimes mutilées.

Ovide a traité des sujets si divers pris pour la plupart dans la vie intime ; ses passions indomptées et son triste exil lui ont donné si souvent l'occasion de faire un retour sur sa propre santé, qu'il devrait fournir à nos études un ample chapitre et des plus curieux. Je voudrais donc parler d'Ovide à mes lecteurs. Malheureusement les circonstances où, dans ses poëmes, le médecin est appelé à jouer quelque rôle important, ne sont pas toujours de celles qui se peuvent révéler au public.

M. Ménière, captivé par le charme d'un style facile et élégant, par la richesse des détails, par l'intérêt des situations, a suivi notre poëte partout où il lui a plu de le conduire, aux cérémonies religieuses, au cirque, sous le ciel inclément de la Scythie et jusque dans la demeure radieuse des dieux. On pourrait même le surprendre assistant, aujourd'hui avec Ovide, demain avec Martial, à la toilette de quelque grande dame romaine sous prétexte d'étudier tantôt la cosmétique

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dans rantiqnité (la cosmétique n'était pas alors netteinenl clislinguée de la science d'Esculape), tantôt cet art merveilleux

De réparer des ans l"irri'paral)l(' outrage,

qui avait pris à Rome un tel développement, que Martial avait pu dire de Galla qu'elle ne dormait pas avec son. visage, et qu'elle agaçait avec un sourcil emprunté.

>ec tecum (acies tua dorniiat; iniiuis illo Ouod tibi prolalimi est uianc.. supcrcilio '.

Je ne saurais me permettre de telles excursions ni de telles indiscrétions, si bien motivées qu'elles puissent être, et pour le reste je veux laisser au lecteur le plaisir de la surprise en le renvoyant aux Études médicales elles-mêmes. Seulement, puisque M. Méiiière avait osé franchir le seuil du gynécée, il aurait bien dû ne pas dédaigner de se rendre à la cuisine, et nous donner l'histoire de l'hygiène d'après les poêles. Leurs œuvres abondent en recettes et en préceptes culinaires, et ce chapitre de la vie romaine est encore à faire par un médecin. On dit les médecins experts en bonne chère ; du moins M. Ménière est, je le sais, fort habile en hygiène.

Le chantre de Lesbie, l'amant plus volage des Délie, desSulpicia, des Néera, des Némésis, étaient de trop joyeux compagnons pour s'inquiéter beaucoup de la médecine et des médecins ; c'est dans le temple de Vé •

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