‹ La médicine, histoire et doctrinesChapitre 77 sur 109 · Juillet 1G9G, édll. llollaiid, p. ICi · texte numérisé non relu

Juillet 1G9G, édll. llollaiid, p. ICi

mâchoire SLipérieuie pourries et iiuires, les lèvres épaisses, ce qui lui l'enrl la bouche saillaute , les >eu\ couverts, la ligure allongée, le teiulhistre, et l'air aussi méchant qu'il l'est eu effet ' ; mais il a beaucoup d'esprit, et il est très-polili(|ue. »

« Ce n'était pas, dit M. Raynaud, une médiocre position que celle de premier médecin du roi. Le premier médecin était classé à la cour parmi les grands officiers de la maison royale, n'obéissait qu'au roi lui-même, entre les mains de qui il prêtait serment, avait droit aux mêmes honneurs, aux mêmes privilèges que le grand chambellan. Sa dignité lui conférait le titre transmissiltle et les prérogatives de comte ; il recevait en outre un brevet de conseiller d'État, en prenait la qualité, en touchait les appointements et en portait le costume dans les cérémonies. Lorsqu'il se rendait à la Faculté, il était reçu à la porte par le doyen, les bacheliers et les bedeaux, sans être lui-même docteur de Paris. Le plus sérieux des privilèges de sa charge, c'était une véritable et très-importante juridiction sur l'exercice de la médecine et de la pharmacie dans tout le royaume. Presque toutes les charges médicales étaient vénales, et c'est le premier médecin qui en disposait souverainement. On comprend dès lors de quels beaux et bons revenus Fagon s'était privé en abandonnant tous ces privilèges, qui étaient une honte pour la médecine et une source d'iniquités pour les médecins. » Cette charge de premier méderAn ou ^archiàtrc est

1. On sait que la liainc de la princesse pour Mme de Maiiilcnoîi s'étendait sur toutes les pcrsonues qui l'approcliaieut de loin ou de près.

forl ancienne, et celle de premier chirurgien remonte également très-haut. M. le docteur Chereau a entrepris d'écrire une histoire des médecins des rois de France ; il a publié tout récemment deux Notices fort intéressantes, l'une sur Henri de Mondeville, premier chirurgien de Philippe le Bel, l'autre sur Jacques Coitier, archiâtre de Louis XI '. Henri de Mondeville était un chirurgien habile, zélé, dévoué à son royal client et tout à fait lettré; mais il fut mal récompensé^; il était fort occupé et très-peu payé; de plus, il trouvait à la cour de Philippe -le -Bel, comme Yallot, d'Aquin ou Fagon, une rude concurrence, non pas précisément dans les courtisans, mais dans toutes sortes d'hommes, nobles ou bourgeois, prêtres ou laïques, dépourvus de science et d'autant plus disposés à se mêler de toutes les cures. — Maître Jacques Coitier avait plus habilement ménagé sa fortune. Il inspira à Louis XI une terreur si salutaire de la mort, qu'il finit par écarter tous les autres médecins et par acquérir des Bénéfices si nombreux et si considérables, sans compter le bel et bon argent donné de la main à la main, que son

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