I. Voyez, en particulier, page
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sonl épuisées, bien plulAl qu'elles n'ont été coupées; elles avaient duré plus de quatorze ans.
Saint-Simon, nous l'avons déjà vu, accusait Fagon d'avoir fait périr Louis XIY par des sueurs forcées. Ailleurs son acte d'accusation, pour élre plus vague, n'est pas moins impertinent; il écrit: «Louis XIV, à sa mort, avait toutes les parties si entières, si saines, et tout si parfaitement conformé, qu'on jugea qu'il aurait vécu plus d'un siècle sans les fautes qui lui mirent la gangrène dans le sang. Tant d'eau et tant de fruits qu'on lui donnait sans être corrigés par rien de spiritueux, en émoussant les digestifs, tournèrent son sang en gangrène. « Mais la dernière maladie du roi est de celles que les fautes des médecins ne peuvent pas produire, que leur habileté ne saurait prévenir et qui résistent presque toujours à tous les remèdes : c'est la gangrène sénile ou la gangrène des gens riches, comme l'appelle bien à tort Jeanroy, car on voit plus de ces gangrènes à Bicêtre ou à la Salpétrière que dans les salons ou les boudoirs.
Parmi les causes de cette espèce de gangrène, M. François, auteur d'une savante monographie sur l'affection dont il s'agit, cite particulièrement, et sans compter les altérations organiques qui modifient l'état du système vasculaire , les flux abondants , un âge avancé, une alimentation mal réglée ou de mauvaise nature. Ainsi ce n'est pas Fagon, mais le grand roi luimême qu'il faudrait rendre responsable de cette dernière maladie comme de presque toutes les autres; Louis XIV a aidé la nature dans son onivre de destruction : il lui a préparé les voies.
Les progrès de la gangrène sénile sont parfois trèslenls et parfois très-rapides; chez le roi, ils furent effrayants : les symptômes ultimes, c'est-à-dire les taclies violacées, paraissent le 24 août, et S. M. expire le matin du 1" septembre après une longue et cruelle agonie!
Dans ses Mémoires particuliers, de La Porte, premier valet de chambre de Louis XIV, rapporte que le jeune roi, il avait alors sept ans, se mettait fort en colère lorsqu'on lui disait qu'il serait un second Louis le Fainéant '; ailleurs* il conte l'anecdote suivante :
« Le roi ayant fait faire un fort dans le jardin du Palais- Royal, s'échauffa tant à l'attaque, qu'il était tout trempé de sueur. On lui vint dire que la reine s'allait mettre au bain; il courut vite pour s'y mettre avec elle. M'ayant commandé de le déshabiller pour cet effet, je ne le voulus pas; il l'alia dire à la reine, qui n'osa le refuser. Je dis à S. M. que c'était pour le faire mourir que de le mettre dans le bain en l'état où il était; comme je vis qu'elle ne me répondait autre chose sinon qu'il le voulait, je lui dis que je l'en avertissais, et que s'il en arrivait accident, elle ne s'en prît point à moi. Quand elle vit que je me déchargeais de l'événement sur elle, elle me dit qu'il fallait le demander à Vaulier, son premier médecin. Je l'envoyai promptement chercher, et, ayant arrivé à temps, il dit à la reine qu'il ne répondait pas de la vie du roi s'il se mettait dans le bain dans l'état où il était.