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La mélopée ne se confine pas dans l'étendue de l'octocorde dorien. Au grave elle ne la dépasse qu'à un seul endroit (mes. 17-18), où elle descend jusqu'à la parhypate des graves (F) sans toucher à l'indicatrice. Mais vers le haut elle atteint souvent la trite des suraiguës {jfi}, et monte même un degré de plus dans les 3* et 4^ sections. Bien qu'on n'ait retrouvé que des lambeaux épars de ces deux dernières parties, ils suffisent pour nous faire voir que le mélographe y utilisait le pycnum du tétracorde chromatique des suraiguës % sans pousser jusqu'à la nète (M')» note dépassant d'un intervalle de ton l'extrême limite supérieure assignée au topos nétoïde, à savoir si'7^ (au diapason actuel sol^^. Ici se terminait à l'époque d'Aristoxène (320 av. J. C.) l'échelle générale des sons musicaux exprimés par les signes de la notation.
' On me dit qu'un publiciste allemand, M. Reimann, interprète les notes chromatiques de cet hymne comme des signes enharmoniques. Au fait, une telle interprétation n'est pas plus absurde ici que dans le chœur d'Euripide.
2 Mus. de l'ant., t, I, p. 236 et suiv. On verra ce si^ aigu employé dans le dernier fragment du second hymne delphique (ci-après V).
Abstraction faite des passages qui contiennent une métabole de ton (ce qu'en musique moderne on appelle une modulation), voici l'étendue complète et la forme de l'échelle dorienne employée dans notre hymne :
Tétr. chrom. régulier Tétr. diatonique des Tétr. chrom. irrég. Tétr. diatonique des
I des suraiguës. 1 1 disjointes. | | des moyennes. ] | graves. |
X Jh U roi MO T<ï> F
Finale.
Parmi les changements qui s'opèrent dans les tétracordes situés à l'aigu de la mèse, remarquons d'abord la plus simple, celle qui remplace momentanément le tétracorde conjoint par le disjoint (mes. 2g), transformant ainsi l'octave dorienne :
Nète des ... • • Tétr. chrom. irrégulier 1
disjointes. |Tetr. diat. des conjointes.| | ^gg moyennes. [
V r H AMO T*
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La deuxième section, intégralement conservée à six notes près, présente la combinaison la plus compliquée que l'on ait rencontrée jusqu'à ce jour dans la mélopée des Anciens. Dès les premières notes il y a métabole de ton : modulation à la quarte aiguë. Sauf deux passages où la cantilène retourne momentanément à son échelle fondamentale (mes. 41, 49-51), toute cette partie du chant appartient au ton hypermixolydien, dénommé à l'époque romaine hyperphrygien (t'y)' L'ensemble des fonctions harmoniques se déplace ; de S0I2 Ici fondamentale dorienne passe sur ut^ (repos partiels, mes, 46, 54, 57, 5g; sauts caractéristiques de quarte, mes. 41-42, 44, 59). En même temps il se produit un changement de genre. Ait, dessus de la quarte chromatique de 2^ espèce, devenue ici le tétracorde des graves, se superpose un tétracorde des moyennes régulièrement chromatique. De là une juxtaposition de trois demi-tons consécutifs {ré — ré'7 — ut — Sît}), expressément prohibée par la doctrine aristoxénienne. .
Tétr. des disjointes. I | Tétr. chromaUque des || Tétr. chrom^irrégulier | ^^^^^^^^
jb. Il r KAMO TO
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Mèse. Fin,
dor.
Ce n'est pas tout. A un certain endroit (mes. 42) le compositeur substitue, à l'aigu de la mèse hyperphrygienne, le tétracorde conjoint au disjoint, ce qui introduit un nouveau demi-ton [sol^^ — fa^ dans l'échelle,
4o6 APPENDICE.
en sorte que celle-ci se trouve embrasser alors virtuellement les 12 sons du cycle chromatique des modernes \
Tétr. des conjointes. 1 1 Tétr. chromatique des \ Téir. chrom. irrégulier
Il moyennes. || des graves. 1
Br KAMO TO