‹ La Membrane Cellulaire Chez Les VégétauxChapitre 23 sur 98 · A.— LE NOYAU ET LA FORMATION DE LA MEMBRANE · texte numérisé non relu

A.— LE NOYAU ET LA FORMATION DE LA MEMBRANE

Un des premiers, K1eBs (4) a montré la nécessité du noyau, pour qu'une masse de protoplasma puisse se revêlir d'une membrane. Si on divise en plusieurs fragments le protoplasme d'une cellule de Spirogyra,de Zygnema où d'OŒdogonium, les amas protoplasmiques contenant le noyau s'entourent d'une nouvelle membrane, regénèrent la cellule et pourront s'allonger par la suite ; ceux qui n'en renferment pas, ne tardent pas à périr. Quant à cette fragmentation du protoplasme, elle est obtenue facilement, en plasmolysant les cellules au moyen d’une solution de sucre à 15 ou 25 °/..

HagerLanDr (2,23) a fait une observation du même genre sur des poils de certaines Cucurbitacées. Le protoplasma des cellules s'y divise souvent en deux parties par suite d'un épaississement localisé des parois latérales (fig. 15). Après celte division, si la formation

de la membrane continue, c’est la partie contenant le noyau qui produit les couches nouvelles.

Lorsqu'il y a plusieurs noyaux dans une cellule, comme dans les Vaucheria, les Siphonocladus, les Valonia, il était intéressant de savoir sil suffit d’un seul de ces petits noyaux pour produire la membrane ou s'il est nécessaire qu'il y en ait une certaine quantité. Scumrrz (4) répond à la question en montrant qu'un seul noyau suffit, dans ces condilions, pour que la membrane prenne naissance.

À côté des résultats que nous venons d'énoncer, ceux de PALLA (5) paraissent en contradiction complète ; mais nous verrons plus loin que cette contradiction n'est qu'apparente. En plasmolysant des feuilles d'Elodea Canadensis,

des poils radicaux de Sinapis alba, des rhizoïdes

de Marchantia polymorpha ou des filaments Fig. 15. — Cellule

d'OŒdogonium, on obtient, comme nous l'avons d'un poil de Sicyos 0] f > | | angulatus. — Le s5à : :

vu déjà, la fragmentation du protoplasme. proloplasme s’est

PaLLa a vu chacun de ces fragments s'entourer divisé en deux moi-

tiés dont l'une, celle qui contient le noyau, s'est enkystats (out à fait analogues. Si on en place quel- tée (HABERLANDT).

d'une membrane, qu'il soit ou non pourvu d'un noyau, Les grains de pollen donnent des résul-

ques uns dans une solution de saccharose, une

rupture se produit, au moins en un point du grain de pollen, et le protoplasme, entraînant les deux noyaux, fait saillie au dehors. Il arrive alors très souvent que la masse protoplasmique restée dans le grain se sépare de celle qui a fait hernie par une plaque de cellulose ; elle se divise ensuite en nombreux globules, et chacun d'eux, malgré l'absence de noyau, s'entoure d'une membrane.

Pour expliquer la formalion de la membrane sur des masses protoplasmiques sans noyau, dans les expériences de PALLA en particulier, on a donné plusieurs raisons. On a supposé d'abord que la portion de protoplasme dépourvue de noyau et séparée de la masse protoplasmique primitive conservail néanmoins l'influence du noyau ; on a admis également que celte influence pouvait se transporter d'une cellule à l'autre ; que dès lors si un amas de protoplasme non nucléé el contenu dans une cellule se revêt d'une mem-

vien brane, c'est grâce à l’influeuce du noyau demeuré non loim de lui, dans la même cellule, ou encore à l’action des noyaux des cellules voisines.

Townsen» (9), dans une série de recherches fort bien conduites, a donné, depuis peu, l'explication de ces phénomènes et montré leur véritable nature.

Dès les premiers essais entrepris sur ce sujet, on avail remarqué, sans y ajouter une grande importance, que la séparation complète des fragments de protoplasme obtenue par plasmolyse n'était

qu'apparente. Les masses protoplasmiques, qui

D paraissent isolées, au premier coup d'œil, sont

en réalité reliées les unes aux autres par des

a ® filaments très délicats et presque invisibles (fig.

16), qu'Hormeisrer (10, 71) observa le premier en 1867.

En plasmolysant même fortement, on ne

détruit pas les fils de communication, et, à la condition que le protoplasme reste vivant, il se forme, à sa surface, une membrane dans les fragments contenant lenoyau comme dans ceux qui n'en renferment pas. Ce qui se passe entre les fragments d’une même cellule peut se passer aussi entre deux cellules voisines, et ici, ce sont les liaisons protoplasmiques, dont il sera queston plus loin, qui maintiendront la commu-

Fig. 16. — EÆElodea Cunndensis. — Cellules montrant les filamentsquirelient nication. Il y a, par conséquent, influence de

entre elles les sphé- cellule à cellule. < res protoplas-

A On ne pouvait la mettre en évidence qu'en

(TOwNsEND). rompant les communications et montrant

qu'alors cette influence ne s'exerce plus.

C'est ce qu'a fait TownsenD, qui provoquait la rupture des filaments protoplasmiques, soit en les soumettant à une certaine pression, soit, plus simplement, en les sectionnant.

IT a d’abord bien établi que si on soustrait une masse de protoplasme à l'influence de tout noyau, même des noyaux environnants, elle ne forme jamais de membrane. Il suffit pour cela de détruire autour d’elle les protoplasmes et les noyaux des cellules

AA

voisines. On la voit, dans ces conditions, vivre encore pendant un certain temps, mais re jamais donner de membrane.

Dans ce même ordre d'idée, les essais sur des cellules disposées en série sont particulièrement instructifs. Avec des rhizoïdes, par

exemple, dans lesquels le protoplasme a été fragmenté et le noyau éliminé, s'il se forme parfois autour de certains fragments une nouvelle membrane, c'est à la base du rhizoïde en communication avec les cellules voisines (fig.

Page 1