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Enfin l'influence du noyau est telle, même à distance, que des sphères de protoplasme, sans noyau et déjà enveloppées d’une membrane, peuvent, à condilion d'être en communication avec une sphère nucléée voisine, donner une deuxième enveloppe dans la première (fig. 18).
Ainsi donc, l'intervention du noyau est évidente même à distance; mais l'utilité des communications protoplasmiques ne l'est pas moins et les résultats contradictoires de PazLa trouvent dès lors leur explication toute naturelle.
Mais, si les liaisons protoplasmiques sont nécessaires pour transporter à une certaine distance l'influence du noyau,
elles sont indispensables,même pour deux masses de protoplasme en contact, com-
me on peut s’en rendre compte par l'expérience suivante.
Si après avoir isolé complètement, c'est-à-dire sans laisser entre elles aucun
fil de communication ; si après avoir | . isolé des portions de protoplasme on Fig. 19. Cellule d'un poil LL juisse absorber de l'eau distillée de Cucurbita Pepo (Towx- ;
SEND), ces masses se dilatent et se touchent sans
se fusionner. Dans ces conditions, seule la portion munie d'un noyau forme une membrane, la séparant du restant de la cellule (fig. 19, 7). C’est bien cette partielà seulement qui donne la membrane, quoique cette membrane paraisse appartenir, dans la figure, aussi bien à la masse protoplas : mique inférieure qu'à la masse moyenne. Il suffit, en effet, que les trois parties ne soient plus en contact, et on y arrive facilement par une nouvelle plasmolyse, pour bien se rendre compte qu'aucune des masses sans noyau ne donne de membrane {//).
Les recherches de Townsexp montrent encore ce fait important, que la membrane peut prendre naissance, quelle que soitla nature du noyau qui préside à sa formation. Dans le tube pollinique, le noyau générateur, comme le noyau végétatif, peuvent déterminer son apparition (fig. 20).
Au cours de ses observations, sur les communications protoplas-
fe miques, STRASBURGER (414, 541), tout en sanctionnant les résultats de Townsenn, fait faire un pas de plus à la question et montre que la formation de la membrane dépend surtout des substances contenues dans le noyau,et en particulier du liquide nucléolaire. Ce serait donc en définitive le nucléole qui intervient dans le phénomène el dont l’action peut se faire, à distance, par le concours des liaisons protoplasmiques.
L'influence du noyau étant un fait bien posé maintenant, ainsi que les conditions dans lesquelles elle s'exerce, il reste à se demander de quelle façon cette influence intervient et quelle est sa nature.
Est-ce une forme de l'énergie qui se transporte ainsi, en suivant les filaments protoplasmiques ou bien y a-t-il apport de substances aux endroits où vase former la membrane ? Il est certain qu'on ne
saurait préciser pour le moment. Pour Prerrer(12,97),lespeptones,lesmatières pig, 20.— Tubes polliniques
azotées el leurs enzymes, les liquides en germination. — En I, noyau reproducteur seul;
A Ne LE en II, noyau végétatif grande facilité d'une cellule à l'autre par seul (TOWNSEND).
la voiedes liaisons protoplasmiques ; peut-
être alors, serait-ce par le concours des filaments protoplasmiques que les substances nécessaires pour l'édification de la membrane, formées dans le voisinage du noyau et par son intervention, pourraient être ensuite transportées à l'endroit où elles doivent être
nourriciers peuvent passer avec une
employées. B. — LE NOYAU ET L'AGCROISSEMENT DE LA MEMBRANE.
Au cours du développement de la membrave, si l'accroissement prend une importance plus grande en un point qu'à un autre ; si elle s'épaissit ou augmente sa surface dans une région déterminée, on voit le noyau se porter de ce côté el y demeurer, tant que continue le développement.
Parfois même, des cordons proloplasmiques réunissent le noyau
à l'endroit qui est le siège de cette croissance active FABERLANDT (3)
a, le premier, attiré l’attention sur ces faits intéressants ct montré qu'au contraire, lorsque ce développement suit son cours normal, les noyaux passent fréquemment sur les diverses faces de la cellule.
Dans Aloe verrucosa, chaque cellule épidermique se prolonge en une papille courte et rigide, dont la formation montre très bien les phénomènes dont il s'agit. Chez les jeunes cellules il se produit, tout d'abord, un épaississement en forme de coussinet, sur la paroi externe (fig. 21). Le noyau s'accole contre ce coussinet et reste dans cette position jusqu’à la fin de l'épaississement, après quoi, on le voit se retirer le plus souvent. Dans les téguments de certains fruits ou graines, les cellules épidermiques ont fréquemment aussi leur paroi interne épaissie. Dans un Carex, par exemple, ou dans un Scopolina, on verra toujours les noyaux, dans le voisinage de ces parois, tant qu’elles seront en cours de développement (fig. 21, Il).
Fig. 21. — Positions du noyau:
I. Dans le développement des papilles de la cloison des cellules épidermiques d’Aloe verrucosa. IL. Pendant l’épaississement de la membrane épidermique des graines de
Ce qui se produit pour l’accroissement en épaisseur, s'observe de même dans la croissance en surface localisée, en un point quelconque de la membrane. Ainsi, lorsque se forme, à
la surface de la racine de Pisum sativum, la hernie qui donnera naissance à un poil absorbant, c'est tout près du noyau que la membrane commence à proéminer vers l’extérieur ; puis, le noyau s'engage dans le poil, dont il ne quitte plus l’extrémité, tant que celle-ci continue à proliférer (fig. 22). Au sujet de ces dernières observations d'HABERLANDT, PoirauLTr (6,117) fait cependant quelques réserves. La relation entre le noyau et les poils des racines ne serait pas toujours aussi nette. Ainsi, dans l’Equiselum hiemale, le poil a déjà atteint une lougueur assez notable que le noyau est encore à la partie basale, et aux divers degrés de son développement, le noyau reste toujours assez
Scopolina alropoi les (HABER- LANDT).