PhH
+ H'Se.
+ HS.
+ H'Te.
+ avec chaleur.
Les composés organiques odorants sont des carbures d'hydrogène combinés avec divers autres corps. Or qu'est-ce qui rend les composés organiques odorants ? Nous pouvons le savoir au moyen du chlore ; le chlore est le désinfectant par excellence, et il faut connaître une sorte d'aphorisme de M. le professeur Wurtz. — Leçons élémentaires de chimie modernej p. 114. « Les propriétés décolorantes et désinfectantes du chlore sont dues à la même cause : affinité pour l'hydrogène. » L'hydrogène existe dans un corps, l'odeur existe ; l'hydrogène est enlevé par le chlore, il n'y a plus d'odeur. Qu'en devons-nous conclure?
Ainsi l'hydrogène n'est pas odorant par lui-même; la combinaison de H et de O n'est pas odorante ; mais lorsque l'hydrogène entre en combinaison avec un des corps cités dans mon tableau, il se développe presque constamment de l'odeur.
Il y a des exceptions : l'ozone, le sulfure, de carbone, cacodyle sont odorant; le fer, le cuivre, l'étain, le zinc,
le deviennent par le frottement ou au contact de la main humide.
Aussi est-il impossible actuellementde poser unerègle générale, on peut seulement dire que les corps odorants sont susceptibles de changer de combinaison avec la plus grande facilité, et c'est probablement en subissant cette modification en contact avec notre muqueuse qu'ils produisent la sensation d'odeur.
L'odeur n'est que le résultat d'une impression sur un être vivant, sur une membrane vivante, par un corps venu de l'extérieur; le corps et la qualité du corps extérieur peuvent ne pas changer ; s'il y a quelque chose de changé dans la membrane vivante^ le sens ne fonctionne plus. Une excitation .inaccoutumée du nerf sensitif détermine un réflexe dans le sympathique, réflexe d'où résulte soit la dilatation, soit la contraction des vaisseaux; l'air est l'excitant naturel de la membrane pituitaire chez les animaux aériens ; toute autre substance liquide, ou solide, ou gazeuse est susceptible d'y déterminer de la douleur, d'où par les centres nerveux, les nerfs sympathiques, résultent des phénomènes de dilatation, ou de resserrement vasculaire, ou même de sécrétion. (Voyez Vulpian, Leçon sur l'appareil vasomoteur, passim.) C'est pour cette raison que l'eau chargée d'odeurs versée dans la cavité du nez ne produit qu'une sensation de douleur.
Les odeurs ne sont plus perçues que très-amoindries dans une atmosphère d'oxygène.
Elles ne le sont pas du tout dans une atmosphère artificielle, où l'hydrogène remplace l'azote. M. le professeur Ritter, qui s'est occupé de cette question, pense qu'il existe, dans ce cas, deux choses : 1" l'odeur est
peut-être diminuée; 2° mais l'état de l'observateur est mauvais. Il y a du malaise, des étouffements, des éructations qui ne laissent pas à l'appréciation toute la netteté voulue.
Plusieurs odeurs peuvent être simultanément perçues et distinguées. C'est par une sorte d'éducation de la muqueuse que l'on arrive à ce résultat, dont les chimistes tirent un grand parti. Car, quoi qu'en aient dit les anciens auteurs, la mémoire des sensations de l'odorat persiste. Personne, ayant senti une fois le phénol ou le cacodyle, n'oubliera cette odeur.
Mais la membrane muqueuse a des susceptibilités propres à chaque individu ; les uns supportent le chlore, qui sont incommodés par la plus légère trace d'acide sulfureux ; et si l'on donne un mélange composé d'essences à reconnaître, chacun y reconnaîtra une odeur dominante différente.
Milne Edwards rapporte que la muqueuse peut acquérir une sensibilité extraordinaire. D'après Wardrop, dit-il, un aveugle se servait de ce sens pour reconnaître les personnes qui l'approchaient.
Mais, dans le sens de l'olfaction, quel est le rôle de la muqueuse? Où se fait la sensation? Il ne doit pas y avoir d'hésitation à ce sujet. La sensation dépend du cerveau; et la preuve en est dans ces cas nombreux de contusions du crâne à la suite desquelles l'odeur de soufre ou de phosphore semblait perçue eu permanence. Dans la rage, les hallucinations de l'odorat sont dues au trouble cérébral et non à celui de la muqueuse.
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