‹ La mémoire chez convolutaChapitre 12 sur 70 · FR · texte numérisé non relu

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- À minuit, toutes les C. occupent la même position.

Septième jour

Les C. apparaissent sur la plage à partir de 8 h. 5 du matin et ont disparu à 3 h. 45 du soir.

Dès 7 heures du matin, en A et B, la moitié est en haut, sous l'influence phototactique. A 9 heures, il y en a les trois quarts en À et les deux tiers en B. Le mouvement ascensionvel, en À, est alors terminé : en B, il $e poursuit jusqu’à midi et porte sur les quatre cinquièmes des C.

La descente commence à 3 heures. À 4 heures, les deux tiers, en À, ont descendu ;le tiers, en B:à 5 heures, les quatre cinquièmes, en À ; la moitié, en B: à 6 heures, les quatre cinquièmes en B. A 7 heures, la descente atteint son

maximum ; en À et B, elle porte sur les neuf dixièmes des C. Huitième jour

Pleine mer : 6 h. 30 du matin. — 6h. 47 du soir.

Les C. montent à la surface du sable à partir de 8 h. 40 du matin et achèvent d'en disparaître à 4h. 15 du soir.

À 6 h. 30, en A et B, le cinquième des C. est en haut sous l'influence d’un phototactisme auquel cède la mémoire. A 8 h. 30, la moitié s’est élevée. A 10 heures, il n'y en a plus que le quart à la partie supérieure de À, tandis qu'il y en a, en B,les quatre cinquièmes. A midi 30, toutes les C. du groupe B sont à la partie supérieure,

A 3 h. 30, la descente des Conv. B commence. Par suite

d’une nouvelle irrégularité, les C. du groupe À sont moitié

en haut, moitié en bas.

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A 8 heures du soir, toutes les Conv. Bsont descendues sur le sable. À la même heure, le nyctotactisme n’a agi que sur une partie des Conv. À qui étaient à la partie supérieure du

récipient.

Neuvième jour

Pleine mer: 9 h. 5 du matin. — 7h. 22 du soir.

Les C. sont étalées sur le rivage de 9 h. 15 du matin à 4 h. 5odu soir.

Les C. du groupe A, désormais exclusivement sensibles à l'influence du jour, montent de 4 b. 30 du matin à 11 heures, et descendent de 4 heures du soir à 8 h. 30.

Chez les C. du groupe B, l'influence phototactique n'a peutêtre pas encore complètement triomphé du souvenir des marées. De 6 heures à 7 heures, la moitié des C. s'élève le long de la paroi éclairée, et le surplus de 7 heures à midi. La descente commence à 2 heures. A 4 heures, la moitié est descendue. A 5 heures, les neuf dixièmes. Toutes les C. ont

regagné, à 7 heures, la surface du sable.

Dixième jour

Pleine mer : 7h. 40 du matin. — 7 h. 59 dusoir.

Les C. montent à la surface de la grève à 9 h. 5o du matin et en disparaissent à 5 h. 30 au plus tard.

Le phototactisme l'emporte d’une façon vraiment définitive sur les C. du groupe A. Leur ascension commence à 4 b. 30, et le tiers est monté, dès 5 heures, à la surface de l'eau. L’ascension est totale et complète à 10 heures. La descente se fait de 6 heures à 9 heures.

En B, l'ascension commence par un très petit nombre de

G. à 5 heures, devient active à partir de 6 heures ; à 7 h. 40, les trois quarts se sont élevés ; à 10 heures, la totalité.

À 10 h. 30, et très brusquement, le quart de ces C. regagne le fond, comme si le souvenir de la pleine mer faisait tardivement retour. A 11 h. 30, le tiers des C. se trouve ainsi groupé à la surface du sable.

Puis, à 2 heures du soir, comme sous l'influence d’une remémoration retardée de la marée basse, ce tiers de C. recommence à monter. Il achève son mouvement à 3 heures. À 4 heures, comme subissant l'influence du retour offensif de la mer, il redescend à nouveau ; et les deux autres tiers qui, depuis le matin, séjournaient en haut, le suivent, de sorte que, à 4 h. 50, la moitié de toutes les C. en observation est en bas, et, à 8 heures, la totalité. Il semble qu'il y ait eu une sorte de phénomène d’agonie retardée et violente de la mémoire des marées, quelque chose comme une dernière

lutte du souvenir pour se ressaisir.

Onzième jour

Pleine mer : 8 h. 18 du matin. — 8 h. 39 du soir.

Les C. s’étalent sur la plage de 10 h. 30 du matin à 6 h. 15 du soir.

L'ascension des Conv. B se fait de 4 h.30 du matin à 9 heures, sous l'influence exclusive du jour naissant et contre le souvenir de la marée haute.

La descente commence à 1 heure du soir. De 1 heure à 92 heures, un quart seulement descend, et, de 5 heures à 6 heures, un autre quart. Cela sans doute est l'effet du

souvenir du flux, la trace encore subsistante d’une mémoire

très effacée. L'autre moitié descend de 6 heures à 8 heures

sous l'influence de l’approche de la nuit.

Douzième jour

Pleine mer : 9 h. 3 du matin. — 9 h. 27 du soir.

Les C. couvrent la grève de 11 h. 15 du matin à 7 heures du soir.

Les C. en observation montent de 4h. 30 à 8h. 30 du matin, et descendent de 2 heures à 8 heures du soir.

Cette oscillation verticale est exclusivement en rapport avec la montée et la descente du jour.

Il en est de même le treizième jour : ascension de 5 heures à 8 heures du matin ; descente de 5 h. 30 à 7 h. 30 du soir.

Le quatorzième jour : ascension de 5 heures à 9 heures du matin, descente de 3 heures à 8 h. 30 du soir.

Le quinzième jour : ascension de 5 heures à midi, descente

de 4 heures à 8 heures du soir.

La mémoire des marées est donc totalement et définitivement abolie.

Le graphique du groupe B nous montre les C.

exécutant, pendant six fois vingt-quatre heures, des oscillations synchrones aux oscillations de la mer: elles montent quand la mer descend et descendent lorsque la mer monte. Ces oscillations se produisent d’abord entre la surface du sable et sa profondeur, puis entre la surface du sable et la surface de l’eau.

Il y a mémoire, non seulement de la marée, mais encore du relard de la marée; de même que, d’un jour à l’autre, la mer atteint plus tardivement ses

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limites, de même les C. exécutent plus tardivement leur va-et-vient. Le deuxième jour, elles commencent à s'élever à 5 h. 30 du matin, trois heures après mer haute ; le troisième, à 6 heures, deux heures et demie aprés mer haute ; le quatrième, à 7 heures, trois heures après mer haute ; le cinquième, à 8 heures, trois heures quinze minutes après mer haute ; le sixième, à 8 heures, deux heures quarantecinq minutes après mer haute ; le septième, à 9 heures, trois heures après mer haute. L’après-midi, elles effectuent leur descente de 1 heure à 3 heures, puis de 1 h. 50 à 4 h. 30, 1 h. 30 à 5 heures, 2 heures à 6h. 30, 3 heures à 7 heures, 4 h. 30 à 8 heures. Ces mouvements s’exécutent à l'encontre d’une cause actuelle, toujours égale à elle-même, la sollicitation de la lumière du jour, qui se manifeste dès 4 heures du matin, et que neutralise la seule force du souvenir.

Après ces six fois vingt-quatre heures, l’action phototactique du jour se substitue à celle de la mémoire des inarées. Les huitième et neuvième jours, l’ascension des C. commence à 6 heures du matin, en avance de trois heures à trois heures et demie sur le mouvement de la mer ; le dixième, à 5 heures, en avance de cinq heures et demie. Et l’influence phototactique du jour s’accroit progressivement, puisque, le huilième et le neuvième jour, les C. ne la subissent qu’à 6 heures du matin, tandis qu’elles commencent à la subir, le dixième, dès 5 heures, le onzième et le douzième, dès 4 h. 30.

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Au début de l'observation, les deuxième, troisième, quatrième et cinquième jours, l’ascension s'effectue plus rapidement que la descente ; dans le premier cas, en effet, la lumière aide au souvenir; dans le second cas, elle le contrarie. Il en est de même sur le rivage.

L'antagonisme de la mémoire et du phototactisme se traduil, dès le premier jour, par un retard des C. observées sur l’heure à laquelle les C. de la plage disparaissent dans la profondeur: les C. en observation commencent à descendre à 1 heure du soir, heure à laquelle les C. de la plage ont achevé de descendre.

A mesure que l'observation se prolonge, les C. mettent plus de temps à effectuer complètement leur ascension et leur descente. Elles tendent vers un état d’indifférence, c’est-à-dire de répartition uniforme le long de la paroi directement éclairée.

A la neuvième période de vingt-quatre heures, nous assistons à une véritable agonie violente de la mémoire : une partie des C. semble faire, pour se souvenir, des efforts qui marquent mieux l’imminence de l’oubli.

Au delà, il y a substitution d’une oscillation unique commandée par la montée et la descente du jour à une oscillalion déterminée par le souvenir de la montée cl de la descente de la mer.

On peut dire, en s’autorisant de toutes les observalions précédentes, qu’il n’y a pas de manifestation de la mémoire des marées pendant la nuit. Et cela

reste vrai d’une façon géncrale, Toutefois les observations précédentes ne s'étendent pas au delà de minuit, et l'observation des lots-témoins des expériences perturbatrices de la mémoire montre qu'il peut exceptionnellement y avoir, du commencement de la nuit à minuit, accentuation du mouvement de descente déjà effectué en partie à la chute du jour, et que, de plus, il peut se produire, soit dans cette première partie de la nuit, soit à partir de minuit, un mouvement ascensionnel mnémonique, sinon général et complet, du moins partiel tant pour lenombre de C. qui y participent que pour l'étendue de l’oscillation, et qui est comme une esquisse, ou même une simple indication, du mouvement dont on aurait été témoin durant le jour. Le mouvement, ainsi ébauché entre le coucher et le lever du soleil, prend une ampleur remarquable, au point d’être parfois presque aussi parfait que pendant le jour, dans la période de la pleine lune qui est celle où, sur la plage, les C. réalisent leur ascension et leur étalement nocturnes.

De telles oscillations nocturnes des C. synchrones aux oscillations nocturnes de la mer constituent une nouvelle preuve de la réalité du phénomène de mémoire des marées chez les C. On ne peut plus objecter qu'il est réductible au phototactisme. Nous nous bornons pour l'instant à mentionner ces mouvements nocturnes pour mieux justifier la notion de mémoire. Ils apparaissent en effet, bien que conformecs aux exigences du souvenir, comme anormaux,

car ils violent cette loi générale du souvenir qui veut que son action soit suspendue la nuit. Au chapitre des troubles de la mémoire, nous décrirons en détail êe phénomène à la fois conforme et contraire à la mémoire des marées.

La négation de la mémoire chez les C. n’est possible que si l’on parvient à réduire le phénomène dit de mémoire à un phénomène de pur phototactisme. On pourrait objecter par exempie que, sauf le deuxième jour de la troisième observation où les Conv. B., descendues à 3 heures de l’après-midi, remontent à 6h. 30, tous les autres jours elles font, à des heures peu différentes, leur ascension dans la matinée et leur descente dans la soirée, et qu’ainsi le prétendu phénomène de mémoire résulte d'une pure coïncidence entre le mouvement des marées pendant la durée de l’observation et le mouvement imposé aux C. par l’arrivée et la fin du jour.

Nous verrons plus loin que leur oscillation synchrone au rythme des jours et des nuits est ellemême un phénomène de mémoire.

Pour l'instant, il suffit de remarquer que la descenie des C. à 3 heures du soir et leur réascension à 6 h. 30, non seulement ne s’explique pas par l’action du jour, mais s'exerce contre elle, et qu’un tel fait n’est pas isolé. Le même jour, aux mêmes heures, les C. du groupe A ont effectué la même oscillation que les C. du groupe B. Dans la deuxième observation de mémoire des marées, on conslate une oscillation semblable trois jours consécutifs, entre 4 heu-

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res et >-heures, 5 heures et 7 h. 30, 5 heures et 8 heures. Dans la première observation, il en a été de même le deuxième jour, entre midi et 6 heures. Enfin une nouvelle observation a été prise alors que la pleine mer coïncidait avec le milieu du jour, et qui est intéressante autant par la confirmation qu’elle apporte à nos conclusions que par les irrégularités précoces qu’elle présente.

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