‹ La mémoire chez convolutaChapitre 19 sur 70 · C. flavibacill. J · texte numérisé non relu

C. flavibacill. J

(Kérity-Penmarc’h.)

Pendant la nuit, à marée basse, les C. ne viennent pas à la surface de la plage. Pendant mer haute, elles demeurent sous le sable : je me fais conduire à deux reprises en barque au-dessus des gisements préalablement repérés, et une heure trente minutes avant qu'ils.ne soient mis à découvert par le reflux ; à travers l’eau calme et transparente on ne voit sur le sable aucune trace de C.

Seize expériences sont faites, en avril, soit sur la plage, soit en lieu clos, soit en plein air à 1 kilomètre dans les terres, avec vase à parois opaques, vase à parois transparentes,

Martin 5

avec sable ou sans sable, avec de l’eau de mer filtrée ou non filtrée, à l'ombre, au soleil momentanément ou constamment avec ou sans écran, enfin avec des C. prélevées en divers points de la plage : la palirri-amnésie est toujours constatée. Ces C. présentent cependant le même phototactisme et la même photophilie que C. R., la même sensibilité aux chocs bien que, sous leur influence, elles descendent avec plus de lenteur. L'éclairage nocturne exagère semblablement leur phototropisme en les faisant se porter toutes à la périphérie. L'obscurité artificielle détermine également une centrifugation permanente et elles meurent au bout de trente-six heures. Si l'on fait passer un courant électrique dans la masse liquide, elles fuient l'électricité positive et recherchent l’électricité négative ; au contact de l’anode, ou à son voisinage immédiat, elles manifestent de l’hyperactivité, puis elles meurent en moins de deux heures (machine électrique médicale Chardin et courant maximum); au contact de la cathode, elles continuent de manifester une activité normale; mais, dans le liquide que le courant a traversé durant deux heures, elles ne vivent pas plus de dix heures après la cessation du courant. Elles montrent une extrême sensibilité à l'eau oxygénée neutre; s'il y en a 0,1 pour 100 d’eau de mer, elles ne réagissent que très difficilement aux excitations de contact une heure trente minutes après le début de l'expérience, et elles commencent à se décomposer cinq heures

trente minutes après le début de l'expérience.

Conclusions.— Cette palirri-amnésie des C. constitue un phénomène de trouble psychique normal en

relation avec l’activité reproductrice : trouble psychique des parturientes.

20 Amnésie artificiellement provoquée Convoluta minuta Gr.

(Regnéville, Cotentin.)

L'amnésie immédiate, générale et définitive, a été obtenue avéc la teinture de cannelle, la teinture de vanille et l'alcool de cochléaria.

Il y a eu amnésie immédiate et générale avec l'alcool de menthe, l'alcool de mélisse et l'alcool d’anis, et, au bout de douze heures, la majeure partie des C. en expérience était morte.

Amnésie immédiate et générale avec l'alcool de lavande et l'alcool de romarin, et toutes étaient mortes en moins de douze heures.

Mort immédiate et générale avec l'alcool de thym.

Toutes ces substances étaient employées à raison de 1 centimètre cube pour 100 centimètres cubes d’eau de mer.

Avec, dans 100 centimètres cubes d’eau de mer, 1 centimètre cube de bichlorure de mercure au 1/1000, il y a eu amnésie immédiate et générale, et mort de toutes les C. en moins

de douze heures.

Convoluta flavibacillum Jens.

(Kersaint, Finistère.)

Eau oxygénée neutre. — Les C. meurent presque immé-

diatement dans un mélange de 95 centimètres cubes d’eau de

mer et de 5 centimètres cubes d'eau oxygénée. Elles meurent en huit minutes dans un mélange de 1 0/0.

Le bichlorure de mercure est encore plus nocif. Les C. vivent de huit minutes à une heure dans un mélange de 200 centimètres cubes ou 400 centimètres cubes d’eau de mer et de o cmc. 5 d’une solution de bichlorure de mercure

à r o/o. Teintures

Les teintures agissent dans l’ordre suivant de nocivité décroissante.

Teinture de girofle. — Avec 2 centimètres cubes dans 00 centimètres cubes d’eau de mer, les C. meurent en cinq minutes. A la dose de o cme. 5 0/0 elles meurent en deux heures.

Teinture de benjoin. — A la dose de o eme. 5 0/0, les C. meurent en quatre à cinq heures.

Teinture de gingembre etteinture d'eucalyptus. — A la dose de 1 centimètre cube pour 100 centimètres cubes d’eau de mer, les GC. meurent en deux à trois heures.

Teinture d'iode (solution à 1 o/o). — Avec 1 centimètre cube dans 100 d'eau de mer, les GC. manifestent leur souffrance en se contractant ; onze heures après le début de l'expérience, un petit nombre d’entre elles meurt ; une heure plus tard, un petit groupe meurt à son tour.

Teinture de valériane. — 2 centimètres cubes dans 100 d'eau de mer : les C. se contractent ; leur amnésie est absolue, elles meurent au bout de quinze heures.

Teinture de camomille et teinture d'écorce d'oranges amères. — 1 centimètre cube dans 100 d’eau de mer : amnésie

absolue,

Teinture d’arnica. — x centimètre cube dans 100 d’eau de mer : il subsiste un très faible vestige de mémoire à la première marée : à l'heure du flux, les C. se tassent à la surface du sable et restent tassées durant deux heures ; peutêtre même un petit nombre disparaît-il sous le sable.

Teinture de musc. — 1 0/0 : la moitié des C. disparaît sous le sable dans l'heure qui suit l’arrivée du flux, et achève de reparaître deux heures trente minutes avantle retrait de la mer.

Teinture de safran. — 1 0/0 : les neuf dixièmes des C, achèvent de disparaître sous le sable une heure trente

minutes en retard et achève de reparaître une heure trente minutes en avance.

Toxiques et soporifiques

Les substances étudiées étaient en solution à 1 o/o et il en a été mis 1 centimètre cube dans 100 centimètres cubes d’eau de mer. Elles se présentent dans l'ordre suivant de nocivité décroissante.

Opium.—La mémoire est presque complètement détruite : seul, un petit groupe de C., qui était sur la paroi, en descend quarante-cinq minutes en retard et y remonte quarante-cinq minutes en avance.

L'arséniate de soude et la caféine ont une action amnésiante sensiblement égale, mais, seule, la caféine détermine de l’hyperactivité : le cinquième des C. en expérience disparaît sous le sable quarante-cinq minutes en retard, y demeure pendant deux heures; puisrevientà la surface du sable.

Laudanum. — La mémoire est moins altérée : les C. com-

mencent à descendre à l'heure où elles devraient finir de

descendre ; elles achèvent leur mouvement en trente minutes ; la moitié d’entre elles a alors disparu sous le sable.

Mais, deux heures plus tard, elles reviennent à la surface du sable.

Nicotine. — La descente commence à l'heure où elle

devrait finir et se poursuit pendant deux heures ; les deux tiers ont alors disparu sous le sable. La réascension commence deux heures quinze minutes trop tôtet se poursuit pendant deux heures trente minutes. Les mouvements s’exé- -cutent donc avec une grande lenteur.

Codéine. — A la dose de r o/o, son action amnésiante est très légère : la totalité des C. obéitau souvenir ; la descente sous le sable commence quinze minutes avant l'heure et dure trente minutes ; la réascension commence trois heures trente minutes trop tôt et s'achève à l'heure normale. Le deuxième jour, l’amnésie est absolue, et les C. ont perdu toute sensibilité au choc; bien que l’on frappe ou secoue le verre, elles restent à la surface du sable. A la dose de 2 centimètres cubes de cette solution de codéine dans 100 centimètres cubes d’eau de mer, toutes les C. seréfugient aussitôt sous le sable et y restent tout le jour ; c’estseulement au bout de neuf heures qu'elles commencent à affleurer à la surface du sable ;

l’amnésie est absolue.

Solutions diverses

Elles ont été employées à raison de 10 centimètres cubes À pour 100 d’eau de mer.

Elles se présentent dans l’ordre suivant de nocivité décrois-

sante.

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