INTRODUCTION
En 1903, Keeble et Gamble et M. Bohn signalaient, chez un turbellarié acœæle, Convoluta roscoffensis G., transporté en aquarium, des oscillations spontanées qui correspondaient rigoureusement aux mouvements de la mer. Keeble et Gamble indiquaient (1) brièvement l'existence de ce phénomène en l’expliquant par l'action de la lumière : ils notaient que ce synchronisme ne se produisait plus lorsque les C. étaient dans l’obscurité. M. Bohn, au contraire, assurait que ces mouvements avaient lieu aussi bien la nuit que le jour ; il ajoutait qu’ « aucune influcace extérieure (éclairement, oxygénation, humidité) n'a pu altérer le rythme acquis » (2) ; il avait observé la
1. Proceedings of the Royal Society, 1903, vol. 72. 2. Compte rendu Acad. Sc. Paris, 12 oct. 1903.
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persistance en aquarium de ce synchronisme pendant quatorze marées consécutives ; il expliquait leurs mouvements sur la plage en disant qu'ils permeilent aux C. d'éviter deux dangers, l’entraînement par les vagues (grâce à l'immersion), la dessiccation (grâce à l'émersion).
M. Bohn a signalé la même périodicité de mouvements chez une annélide, l’Æediste diversicolor (1) ; une alternance régulière de vie ralentie par dessiccation pendant la morte eau et de vie active par réhydratation pendant la grande marée, chez un gastéropode, Littorina rudis, & rythme vital qui subsiste plusieurs mois quand on isole ces animaux des conditions naturelles et qu’on les place dans un milieu homogène et constant » (2) ; des oscillations variables suivant les habitats et les heures de la marée et du jour, et persistant en aquarium, chez Littorina littorea, L.obtusata, et quelques autres (3) ; un rythme nycthéméral chez les actinies (4).
MM. Fauvel et Bohn ont encore signalé la persistance, au laboratoire, d’un rythme d’étalement sur le ‘“sable:et de disparition dans la profondeur en rapport avec les marées, chez les diatomées littorales, notamment Pleurosigma æstuartii (5).