‹ La mémoire chez convolutaChapitre 33 sur 70 · II. — Lumière rouge · texte numérisé non relu

II. — Lumière rouge

Premier jour

Pleine mer : 4h. 4o dusoir.

Les C. de la plage ont achevé de disparaître à 2 h. ro.

A 2 heures du soir, des C. sont placées, les unes dans un vase entouré de papier rouge, les autres dans un vase plongé lui-même dans un bocal d’eau colorée au carmin ; l'orifice du double vase est recouvert de papier rouge.

Les C. se placent aussitôt et restent disposées de la façon

suivante : sous le papier, toutes uniformément réparties sur

le sable ; dans le bocal rouge, toutes entassées sur le sable

contre la paroi directement éclairée.

Deuxième jour

Pleine mer : 5 h.5 du matin. — 5 h. 30 du soir.

Les C. sont étalées sur la grève de 7 h. 15 du matin à 3 heures du soir.

Papier rouge : pendant toute la journée, quel que soi ? état-de la marée, toutes les C. sont également disséminées sur le sable et sur les parois du vase. Il n’y a donc aucune manifestation de la mémoire.

Bocal rouge : pendant mer basse, toutes les G. sont réparties sur toute la hauteur de la paroi directement éclairée ; pendant la pleine mer, elles sont toutes descendues sur le sable contre la paroi directement éclairée. Il y a mémoire.

Le matin, pendant marée basse, un lot de C. nouvellement recueillies est placé directement dans de l’eau de mer colorée avec une solution de carmin. Les C. serépartissent d’abord, conformément à la mémoire, tout le long de la paroi directement éclairée, depuis la surface du sable jusqu'à la surface de l’eau. Mais, une heure après, elles se sont aperçues qu’en se plaçant entre la paroi de verre et l'épaisseur du sable, elles pouvaient fuir la lumière rouge ; aussi toutes ont-elles redescendu, malgré le déterminisme mnémonique, pour se placer là où elles ne reçoivent plus que de la lumière blanche. Le sable est alors enlevé. Une demi-heure plus tard, elles sont réparties de la façon suivante : un petit nombre est disséminé, dans le liquide rougi, le longde la paroi directement éclairée : tout le reste se partage également entre le fond et

la surface ; une moitié est au fond, là où l'épaisseur du verre

accumule de la lumière blanche ; l’autre moitié est à la surface libre de l’eau et un peu au-dessus de cette surface de façon à être encore imprégnée d'humidité mais à échapper à la lumière rouge. L'activité mnémonique fait donc place à un effort continuel pour fuir la lumière rouge et retrouver la lumière blanche. Du papier rouge est fixé autour de la base du récipient pour empêcher que la lumière blanche n’agisse sur l'épaisseur de son fond ; son action ne peut plus s'exercer qu’à la surface libre du liquide. Pendant la mer haute, à 6 heures du soir, toutes les C. sont descendues au fond du vase, malgré la lumière rouge, sous l'influence de la mémoire. Troisième jour

Pleine mer : 5 h. 55 du matin. — 6h. 20 du soir.

Les C. sont étalées sur la plage de 8 h.5 du matin à 3 h. 50 du soir. |

Papier rouge : à 10 heures du matin, toutes les C. sont mortes.

Bocal rouge : à 5 heures du matin, toutes les C. sont étalées sur toute la hauteur de la paroi directement éclairée. Il y a donc oscillation iméronyctiqe ; il n’y a plus d’oscillation thalassique. Cette ascension se poursuit de façon à atteindre à 11 heures son maximum : la totalité des C. forme alors un demi-anneau à la surface de l’eau contre la paroi directement éclairée. Elles y restent toute la journée. Elles y sont encore à 10 heures du soir.

Eau de mer teinte en rouge : l'ascension commence à 7 heures du matin et s’achève à 10 heures ; elle est alors complète ; toutes les C. sont à la surface de l'eau, en demicercle contre la paroi directement éclairée, et se tenant

autant qu'il leur est possible à environ 1 millimètre au-

= 159 DE dessus de la nappe d’eau rouge. La descente mnémonique commence à 3 h. 30 du soir, mais les C. ne descendent qu’à mi chemin du fond. A 6 h. 30, la situation est restée la même. À 8 heures, les C., qui étaient descendues à mi-chemin du fond, se sont disposées en un anneau complet qui fait obliquement le tour du verre ; en effet, la portion de l’an-

neau située du côté de la fenêtre est remontée tout près de

la surface de l’eau, à x centimètre des G. qui ne l'ont pas quittée, tandis que la portion de l'anneau située du côté opposé à la fenêtre est restée à mi-hauteur. Il y a donc eu, à l'heure de la disparition des C. de la plage, une action mnémonique partielle s’exerçant sur la moitié des C. ; mais, quelques heures après, une partie de celles-ci échappait à cette action de la mémoire pour obéir à la seule attraction de la lumière De 8 h. 30 à 10 heures, l’anneau se redresse progressivement de telle sorte qu'il finit par se disposer en son entier à la surface de l’eau où il se confond avec les C. qui y étaient demeurées. Il y a donc inhibition de l’os-

cillation iméronyctique.

Quatrième jour

Pleine mer : 6 h. 46 du matin. — 7 h. 10 du soir.

Les C. couvrent la plage de 9 heures du matin à 4 h. 40 du soir.

Bocal rouge : toutes les C. sont, à 5 heures du matin, entassées sur le sable au côté directement éclairé ; elles ont dû y descendre vers le milieu de la nuit. L’ascension des C. se fait de 6 heures à 10 heures du matin: toutes Les C. sont alors à la partie supérieure de la paroi. Leur descente se fait

entre 7 h. 30 du soir et 8 h. 50.

Eau de mer teinte en rouge : à 5 heures du matin, il y a toujours, à la surface de l’eau, cette moitié de C. qui n’en avait pas bougé la veille; mais l’autre moitié, qui s'était disposée en anneau, forme encore un anneau qui est à 1 centimètre au-dessous de la surface de l’eau ; or, la veille, à 10 heures du soir, il était complètement remonté à cette surface ; il ya donc eu, pendant la nuit, une légère descente, une très faible reprise de l'influence iméronyctique. À 7 heures du matin, toutes les C. sans exception sont à la surface de l’eau, formant un cercle très épais du côté directement éclairé, très clairsemé du côté opposé et latéralement. Leur mémoire est donc maintenant tout à fait détruite. Troublée au début de l'expérience pendant la première marée basse, elle a agi complètement lors de la marée suivante qui était la première marée haute ; dans les secondes vingt-quatre heures de l'expérience, à la marée basse du matin, la palirrimnésie ne fait que retarder l’ascension iméronyctique, et, à la marée haute du soir, si la palirrimnésie agit à l'heure normale, elle n’agit que sur la moitié des C., parvient seulement à leur faire exécuter la moitié du mouvement, et ces C., quelques heures plus tard, échappent à l'action palirrimnésique, puis à l’action iméronyctique, pour rejoindre progressivement les réfractaires. Le troisième jour, au matin, l’iméronyctimnésie agit seule. La palirrimnésie s'est débattue contre la cause antagoniste pendant quarante-huit heures au bout desquelles elle est complètement vaincue.La descente iméronyctique des C., le quatrième jour, commence à 8h. 30 du soir: à 10 heures, la moitié seulement est descendue ; l’autre moitié a peut-être achevé

d'exécuter ce mouvement vers minuit, car, à 2 heures du

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