‹ La memoire d'un pere comedievaudeville en un acteChapitre 21 sur 21 · SCE^'E XXI · texte numérisé non relu

SCE^'E XXI

Lu MImes, JOSEPH.

JOSF.PII. " Bravo! bravo! Vicioire.

FRRniM.v:«o. Déjà! Victoiru, pour qui, iiiibécillL' ?

JOSEPH. J’en luif encore tout atten-

dri.

ANÉLIE. Expliquez-vous.

JOSEPH. Iniapinci-voiis qu’on n'a jamais vu une foule semblable., les dames i la place du barreau , le barreau dans l'auditoire, l’auditoire dans la cour, des gendarmes à toutes les portes.

FEnoiXANO. Au fait, au fait.

lüSKPli.M'y voil.i!...la parole est à maître Belcoiir pour le demandeur. ( Frrilimiml,') C’est une justice à rendre à votre avocat, il a plaidé cotiuue uu ange.

FRlioivAND. J’en étais sûr !

JOSEPH. Le conseil de la partie Brizard répond : entre uous , il a été faible, décousu.

BEisniETTE, à part. Hélas.

JOSEPH. Je me disais en moi-métiie;

Mon garçon, tu barbottes, tu barbotles » Il s’enfonçait cotnplétement ,

uand tout-à-coitp uu bruit souid circule

ans la salle... j’en cliercliais le motif, lors<|ue j’aperçois mon maître, M. Albert qui venait de se lever , pâle , pâle , que j’avais toute la peine du monde à le reconnaître ! en moins de rien il est devenu plus rouge que la robe des juges... il a été écrasant, étourdissant, iuitnen.se...

Je n’entreprendrai pas de vous réciter le discours qti'd a protioncé en faveur de la jeune comtesse de .Sauvagny , vous le lirez dans la Oaifttr der Frihununi ; je n’esseyerai pas davantage de vous peindre l’effet qu’il a produit; l«siiomnie5 étaient émus, les femmes sanglotaient, les juges tiraient leurs mouclioiis .. on a vu , ô trioiiiplie de l’éloquence!. . nti larme dans l’œil du procureur du Roi... du procureur du Roi ! et pendant que la cour est allée aux opinions, moi je suis venu vous apprendre cette bonne nouvelle .

FERDINAND. Le diable t’einporte ! avec la nouvelle.

ABÉLtE , m'cc/«»V. Ab! s’il était vrai!

* Henriette, Anidie, Joseph, Ferdin

THisTasl..

JOSEPH. Eh! tenez, voici M. Albert qui va vous confirmer ce que je voua ai dit.

FERDINAND. Allons , je ne l’écliappcrai pas... J’aurais bien fait de me battre tout de suite.

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SCÈISE XXII.

Les Mêmes, ALBERT, entrant par le fond.

ABÉLIE, allant à In rrarontn d’Albert.

Eli bien!... cette jeune fille?...

ALBERT *. A perdu son procès.

HENRIETTE et AMÉLIE. Ciel!

FERDINAND, aoec jolt. Est-il possible?

ail! je respire., et cet autre qui vient avec scs histoires.

JOSEPH. On appelle ça des juges.

ALBERT , allant à Henriette. Mademoiselle, un instant, j’ai cru au succès de votre cause... le jugement est venu détruire toutes mes espérances

HENRIETTE. O ma mère.

FERDINAND. Qu’entends-je ! Eli! eb quoi, cette jeune personne serait...

AMÉLIE. Celle à qui vous venez de ravir son nom et sa fortune.

FERDINAND, A part. Est-il possible!...

en vérité, je crois que j’aimerais mieux avoir perdu ma cause... car dans ce cas, elle serait ma cousine... rien ne s’opposerait à l’accoinpIUssement d’un projet

AMÉLIE. Que voulez-vous dire?

FERDINAND. Rien... un instant j’avais cru entrevoir... (A part.) Mais mon nom, les convenances... la fille de Rose Brisard... Je n’y dois plus songer.

ALBERT. La fille de Ruse Brisant !....

Ainsi donc , monsieur , vous persistez à ne lui donner que ce nom ?.. 11 me semble cependant , qu’après l’aveu qui vous a été fait.

FERDINAND. Un aveu...

AMÉLIE. Que signifie?

ALBERT, à drml-mlt. à Amélie, J'ai dd le faire... ce matin un billet... Je lui ai tout appris.

AMÉLIE , allant à Ferdinand. Ali! moii-

* llrnrictlr, Amclir, Albert, Ferdinand, Joirph ** llrnrictlv, Albert, Aiadlie, Ferdinand, Joseph

la hêkoirb d’on père.

tieur , vous serez généreux ; cette lettre , elle ne sortira pas de vos mains.

FERDINAND. Une lettre ! d’honneur, je ne sais ce que vous voulez me dire.

JOSEPH. Je vois ce que c’est... Madame veut sans doute parler de celle que Philippe a rapportée , n’ayant pas trouvé IVI.

le vicomte... Pardon, j’oubliais de vous la remettre.

ALBERT. Il ignore encore...

AMÉLIE. De grâce , monsieur , je vous en supplie , rendez-moi cette lettre.

ALBERT. Relevez-vous, madame, car vous devez comprendre qu’à présent, plus ue jamais, l’honneur de cette jeune fille emande justice et réparation.

FERDINAND. Que vais-je apprendre ?

ALBERT, ù Ferdinand*. Jusqu’ici, monsieur, ma léputalion fut sans tache, ma vie sans reproche ; pensez-vous que je veuille aujourd’hui me déshonorer gratuitement par un infâme mensonge ?

FERDiN.VND. Monsieur !

ALBERT. Apprenez donc la vérité :

Henriette est la fille légitime de votre oncle ; j’ai vu l’acte de mariage du comte de Sauvagny avec Rose Brizard : je le jure sur mon honneur , ( avec force. ) sur ma vie.

AMÉLIE. Et moi aus.si , monsieur , je l’ai vu cet acte.

FERDINAND. Mais où est-il ?

ALBERT. Ce titre n’existe plus.

- FERDINAND. Quel mystère I

ALBERT. Lisez, monsieur... vous .allez le connaîtrez... et après cette lecture? vous ne refuserez pas de croire à la vérité d’une révélation qui va coûter l’honneur à une famille , la vie à un homme.

HENRIETTE. La vie! { Sr précipitant sur la lettre , et l'arrai hant des mains de Ferdinand. 3Ion bonheur à ce prix... jamais !

* Henriette, Aroe'lie , Albert, FertlinAnâ, Jeseph

FERDINAND. C’est bien ; c’est très-b'ien.

HENRIETTE. Uh ! ttia mère , pardonnemoi !

FERDINAND. Ah ! c’en est trop... je ne résiste plus... i^AHnnt a Al/icrt.) Je crois à votre parole, tiioiLsictir Vernier. . Tatit de vertu, tant de désinléresscmeiit , iitie conduite si noble!... ilenriettc, chère cousine !

\\K de Turenne.

Oui, cet arr^t rnvera vous si sévère^

Si vous vnul«t, je puis Tanrantir;

Vous reprendret le nom de votre |fèrCf Ses biens aussi, sans avoir k rougir;

.Mais ce moyen, j'hesite à vous roffrir...

Qu’un doux tien à jamais nous unisse,

Vous, ma eousine, et ma femme en ce jour Ah ! recevea deux fois de mon amour^

Ceque vous ravit la justice.

HENRIETTE , iiti tendant la mam. Monsieur !

ALBERT. Mais cette dette sacrée ?

AMÉLIE. Refuserez-vous encore de votre femme?

ALBERT. Non... car à présent je me sons la force de m’acquitter envers loi... O mon père ! ta mémoire restera pure.

KNSKMBI.E.

Air d*une Galope de Ch. Tolbecqut% Bannissons la Irislcsac,

Ce beau jour Enchaîne leur tendresse 5ans retour.

ALReiiT, OH public»

Am d'Arislippe.

Contre les coujis tl'un arrêt tropsêvère*

En vain, messieurs, j’ai voulu protester,

Eure moment, c'est devant le parterre Qu'humble avocat j'ose me pre.srnter;

J'attfnds l'arrêt que vous allrc diricr.

Qu’aucun de vous à mes v<xux ne s’oppose,

Ou nie verra tout fier tic ce succès,

Heureux encor d’avoir perdu ma cause.

Si devant vous jc^egne mon prorès.

{On reprend ensemble.)

Bannissons la tristesse, «te.

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