ALBERT, FERDINAND, JOSEPH
JOSEPH. Entrez, entrez, monsieur le vicomte , c’est vrai que je ne vous aurais jamais reconnu.
ALBERT , à part. Plus lard je verrai (Il rcfernip le srcrelairc. Jotc|ili sort.)
FERDINAVD. Bonjour , mon cher Cicéron , ch bien ! vous avez étudié mon af-
Digili.^ca cy Googic
LA MÉMOIBI d'on rÉKB.
faire, compulsé mon dossier, je vous plains; quoique cela me touche de près, je n'ai jamais eu ce courage ; vous me direz que ce n'est jias mon état
ALBEltT. Toute la nuit , monsieur le vicomte , j’ai été occupé de votre procès.
Fr.nDi.wvo. C'est comme moi, il ne m'est |).is sorti de la tète. Convenez aussi que la chose en vaut la peine. Depuis que j'ai hérité de la fortune de mon oncle, je me suis tellement identiiîéavec elle, que lions .sommes devenus inséparables, et il faudrait aujourd’hui la restituer à une jeune fille que je n’ai jamais vue , qui se dit enfant de mou oncle, en vertu d’un jiréteiidu mariage secret !
ALDEnr. Vous vous alarmez à tort.
vcnmvAVD. Je serais à ce compte-li obbllgé de veudre mon tandem , de mettre cln(| chevaux anglais sur le pavé, de congédier mon groom! il me faudrait prendre un logemeiilde mille francs, compter avec mon tailleur, renoncer h mes voyages de l’aris!... il n’y a pas d’existence jiossible comme cela...
ALBERT. Pourquoi vous inquiéter ainsi?
FKRDivtxD. C’est plus fort que moi ..
inqiossible de songer à autre chose ; imaginez-vous que je sors du bal, j’ai cru que {Il me distrairait, ah bien oui ! cette idée éiait toujours là .' je me suis dit : il doit y avoir des moyens pour m’en débarrasser...
je l’ai fait danser, valser, galoper !...
toujours là ! j'ai voulu la noyer dans le jiiinch , je la retrouvais sans cesse au fond du verre; poussé à bout, je l'ai conduite à la bouillotte.
Ain du Piègt<
Vuus m« croirei si vous voulez, mon cher,
Pour éloigner celle idile importune,
Je me ili.ais ; Jouons un jeu d’enrer...
Mais, concevez-vous la forlnne ?
Aiir^s m'avoir souri jusiju’à pre'seni,
Klle nie fuil, la chose est décidee.
En un iiislant j’ai tout perdu...
ALtIEItT.
Vraiment !
FFRDINAKD.
Oui, lout, exerpt^ mon idde,
J’ai toujours la mon ide'e.
ALBERT. Allons, allotis, rassurez-vous.
FERDINAND. Savei-voiis que c’est un grand service que vous m’avez rendu , eu vous chargeant de mon affaire?.. S.aiis vous, Jiioii cher Albert , que serais-je devemi !
Conçoit-on un homme coinine ccllclcoiir, ni va tomber malade, s’enrhumer, laveille u jour où lions devons paraître à l'an- " dience... romsncsi un avocat s’appartenait?
c’est d'une inconvenance mais grâce à
votre facilité, à votre talent , ma cause sera plaidée.
ALBERT. Et gagnée, je l'espère.
FERDINAND. Ahça! vousditesiloiic que...
ALBERT. C’est une affaire sûre.
FERDINAND. Votre sécurité iiic fait plaisir.... Ce diable de Belcour n’était pas aussi rassuré que vous; il prétendait qu’avec des témoignages.
ALBERT. Il n’y a pas la moindre ci aintc à avoir... ce sont les titres qui font foi.
FERDI.NAND. firavo!... Jc suis d’autant plus porté à vous croire, que votre opinion est entièrement confoniie à celle d'nii célèbre jurisconsulte qiicj’ai vu lors de mou dernier v^age à Paris... Un voyage délicieux ! Figurez-vous que m’étant aventuré dans la diligence , je me suis trouvé
avec une jeune personne cliarniantc
mais je vous conterai {a une autre fois...
car aujouitl’bui cette tiiallieiireuse idée de procès...
ALDERT. Soyez sans inquiétude , je vous réponds du succès. Il ne me manque plus que quelques renseignemens. ( // va à son bureau. ) J’ai dressé là une petite noie , ce sont des noms , des dates à rcinjilir , mais il me les faut absolument.
FERDINAND. Je Vais VOUS les donner.
ALBERT. Tenez , mettez-vous à mon bureau , et pendant que vous vous occuperez de cela... je vais faire un tour de terrasse... j’ai travaillé toute la nuit.... Je me sens la tête lourde... L’air du iiiatiu me fera du bien.
FERDINAND. Ail! inon ami , prenez garde, il fait très-froid aujourd'liui , vous uittez un appartement cliaud;ayez soin e bien vous envelopper. Suiioiit , ii’allcz pas faire comme llcicour. A présent j’ai une frayeur des rhumes !...
ALBERT. Soyez tranquille.
(Il sort par une pelilc porlr li gauche du ihcJlie.) 88D88DBB888Q98aaC8«888e9C8a«aa W a888«CB8a<l