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IDENTIFICATION ET I.OC \ EISATION

tciiienl ce qui se passe : il répond à mon salut d'une façon absolument correcte et de Tair de quelqu’un qui se trouve en présence d’un inconnu.

Quelques paroles sont prononcées et sa physionomie change.

Il me dit en souriant : «je vous reconnais, maintenant, docteur, c’est bien vous qui m’avez reçu l’an dernier, à cette même heure dans ce meme salon. \ ous m’avez adressé les mêmes ipiestions et je vous ai répondu de même. Tout cela est très net pour moi. ^ ous jouez fort bien la surprise, mais il est inutile de continuer. » Malgré mes dénégations les plus énergiques Louis reste inébranlable dans sa conviction.

Quelques instants après scène identique avec M. Falret.

Toute cotte première journée se passe ainsi en reconnaissances saccessices de tout ce que Louis découvrait dans la maison.

La reconnaissance toujours rapide n était jamais instantanée .

Nous reviendrons plus longuement sur ce point d’nne grande importance.

Depuis ce [nemior jour de l’arrivée, l’état du malade ne s’est [>as sensiblement modilié dans .son ensemble.

Les Idées de persécution, dont nous pailerons d’abord, n’ont présenté aucune ap|)a ronce d’évolution. Louis n’a jamais eu iriialliicination d’aiicimo espèce, jamais il n’a dit avoir trouvé aux aliments mie odeur ou un gont suspects. Il reconnaît les dropues à leurs prétendus elTcts, d’ailleurs variables, tantêit excitants

el lanlôl déprimnnls. Il ne peut s'expliquer pourquoi on lui donne des drogues contraires, pourquoi surtout on choisit pour l’abrutir le moment pjrécis où il va mieux K

« L’illusion de déjà vu, que nous allons étudier maintenant, a conservé ses caractères de généralité et d’apparente continuité.

Elle embrasse les événements subjectifs comme les faits objectifs. Tous, ou presque tous les faits nouveaux de conscience alTeclent la double physionomie du souvenir et de l’actualité.

La reconnaissance illusoire est affirmée a^ec d'autant plus d’énergie que l’on attire davantage sur le fait l’attention du malade.

Louis n’a jamais cessé d’affirmer que son existence actuelle répète exactement sa Aie de l’an dernier. « Dans les six mois que je viens de passer ici janvier iSqS) il n’y a pas deux minutes qui diférent démon premier séjour ». Tl 7TCO/?/unY les faits quelconques de la vie (|uotidienne. Tl reconnaît aussi sans hésitation tous les événements publics dont on lui parle et qu'il ajqirend par les journaux ; la mort de M. ue Les- SEPS (décembre i8p'i), ta démission de M. Casimirl’ÉiuER et l'élection de M. F. F.u rk (janvier 1895), rex[H'dition de Madagascar (1890) et ses diverses ])bases, les fêtes de Kiel (juin 1895). la mort de Pasteur (septembre 189b). l'accident de la gare Alonl|)arnasse (ix’tobre 1890), etc., etc.

De clu'upie nouvelle reconnahsance il tire une ])reuve nouvelle et cluapie fois décisive de son pré-

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