SCENE vin
TRHRÈSE, BRIGITTE.
BR1GITTB, à pari.
Enfin, il est parti. [Faut.) Puisque maître Jean-Panl l’a permis... je vais rentrer dans ma chambre, madame Thérèse.
THÉRÈSB.
Pas encore, Brigitte, j’ai à te parler. Devant mon fils, je n’ai pas voulu le dire que je ne croyais pas un mot du conte que tu nous as fait en arrivant.
Un conte!
THÉRÈSE
Brigitte I tu n’as pas encore l’habitude du mensonge et tout à l’heure tu mentais.
BRIGITTE
Moi!
THÉRÈSE
Dans quel intérêt? pour quel motif? Je l’ignore et cherche en vain à le deviner; mais on ne trompe pas une mère aussi facilement qu’un mari. Voyons, pourquoi Marguerite t’a-t-elle envoyée ici? car c’est par son ordre, j’en suis sûre, que tu esè Marienberg. Pourquoi as-tu été si etfayée en entendant la vois de Jean-Paul, de Joan-Paul que tu croyais parti ? Enfin, pourquoi tout ce mystère?
BRIGITTE
Madame Thérèse... jo vous promets...
THÉRÈSE
Tiens, tu rougis encore en me disant cela... Allons, je n’insiste plus; à son retour j’iuterrogerri Marguerite, elle aura peut-être plus de franchise... Tiens, prends une lumière et rentre dans ta chambre!...
BR1GITTB.
Et vous, madame Thérèse, ne rentrez-vous pas aussi?
THÉRÈSE
Moi... J’avais encore quelque chose à te demander, Brigitte... mais tu ne voudras pas me dire...
BRIGITTE
Quoi donc, madame Thérèse?
Je suis inquiète à présent.
BRIGITTE
Inquiète?
THÉRÈSE
Oui... j’ai le pressentiment que mon pauvre Jean-Paul ne trouvera pas là-bas le bonheur qu’il va chercher.
BRIGITTE
Pourquoi supposez-vous cela ?
THÉRÈSE
Pourquoi ? parce que Jeau-Paul adore Marguerite et que Marguerite ne l’aime pas.
BRIGITTE
Elle?
THÉRÈSE
Quand elle a épousé mon fils, Marguerite obéissait à la dernière volonté de son père. Elle a toujours été douce et bonne avec son mari... mais pour lui, jamais, jamais un élan d’amour... J’ai cru que le mauvais état de sa santé était cause de cette froideur, de cette tristesse, qui inquiétaient Jean-Paul et qui me désespéraient... Mais depuis deux mois qu’elle est hors de toutdanger... son cœur a-t-il changé... non : dans ses lettres si pleines de tendresse pour Marie, à peine quelques mots... quelques phrases embarrassées pour son mari. Ce n’est pas ainsi que parle la femme qui aime. ..Je n'ai fait part ni de mes doutes, ni de mes craintes à personne... Propos de belle-mère, aurait-on dit... Je ne peux plus rien pour le bonheur de mon fils, moi... et je serais morte sans regret et en remerciant Dieu... si j’avais vu l’amour d’une jeune femme remplacer pour Jean-Paul la tendresse de sa pauvre vieille mère. Voyons, Brigitte, dis-moi la vérité. —A Spa, Marguerite te parlait-elle de Jean-Paul?
BRIGITTE
Oui, madame Thérèse... nous eu parlions tous les jours, et il est bien fâcheux que maître Jean-Paul ne soit pas resté avec madame.
THÉRÈSB.
Marguerite se plaignait de cette absence ?
BRIGITTE
Oui, souvent. (A part.) Elle lui a porté malheur. (Haut.) Dans un bon ménage comme était celui de maître Jean-Paul, et de madame Marguerite, on ne devrait jamais se séparer.
THÉRÈSE
Ainsi tu crois que Marguerite reverra Jean-Paul avec joie, avec bonheur ? (On entend sonner neuf heures.)
bricitte, à part.
Déjà neuf heures! (Haut.) Pardon, madame Thérèse; nous
insérons demain autant que vous le voudrez, mais ce soir, il