U MENDIANTE
LÉOPOLDINE
Ne m’aimez-vous plus comme autrefois?
THÉRÈSE
Oh ! si vraiment.
LÉOPOLDINE
F.h bien 1 appelez-moi donc Léopoldine, toujours, comme autrefois! Restée sans famille à dix-huit ans, je ne me crois pas tout à fait orpheline, car ici j’ai une seconde mère.
THÉRÈSE
Chère enfant... comment! sans famille!
LEOPOLDINE.
Oui! ma bonne Thérèse... j’ai perdu monsieur de Stolberg... mon oncle et mon tuteur ; c’était le seul parent que la mort m’eût laissé... Frappé presque subitement, monsieur de Stolberg n’avait pu mettre ordre à noire fortune , et me voilà, moi, pauvre jeune fille, obligée delà défendre contrôles gens de justice... Oh! rassurez-vous ; quoi qu’ils fassent, ils ne pourront pas me ruiner.
Puisque vous êtes votre maîtresse, vous nous donnerez quelques jours. Jean Paul sera bien joyeux de revoir celle qu’il appelait sa petite sœur.
LÉOPOLDINE
Et qui l’aimait, lui, comme un bon frère... Il ne me sera pas possible, ma chère Thérèse, de m’arrêter chez vous plus d’une heure... Je suis attendu à Dresde pour y signer des contrats, des actes de vente... que sais-je?... Je compte ensuite aller m’établir aux environs de ljeipsick, dans une des propriétés de mon Oncle; là, j’aurai pour me guider les conseils du pasteur Evrard, ami dévoué de notre famille. Mais c’est assez vous parler de moi, et puisque j’ai si peu de temps à vous donner, parlons de vous, de mon frère Jean-Paul... Il m’a appris son mariage il y a cinq ans avec une jeune fille qu’il adorait... (Soupirant.) Ah 1 il aime, lui!... il est aime d’amour!... On doit être bien heureux ici, n’est-ce pas?
TI1ËRÈSE.
Heureux... oui. Dieu a béni notre maison, car il y a laissé venir un de ses anges.
LÉOrOLBIXE.
Un enfant?
THÉRÈSE
Une petite fille... On lui a donné uu do vos noms; elle s’appelle Marie.