TOUS LES TROIS
ROBIN
Moi... un ami... pour une distraction... J’ai oublié de ne pas emporter quelque chose... Ça peut arriver à tout le monde, en déménageant. (Changeant de ton.) Y a-t-il longtemps que nous ne nous sommes vus! Eh bienl est-ce que nous ne nous étreignons pas un peu?
soliman , avec fierté.
Rends l’argent, je te rendrai mon estime.
ROBIN
Elle ne serait pas chère... Savez -Vous ce qu’il y avait dans votre caisse ?... Trois livres quinze sous de France.
alcindor, à part.
Je ne croyais pas avoir laissé tant que ça !
SOLIMAN
Imprudent!...
ROBIN
Et c’est pour une pareille misère que nous briserions nos nœuds? Allons donc... D’ailleurs, je vous apporte un trésor!...
ALCINDOR et ROSALBA.
Un trésor ?...
ROBIN
Écoutez- moi... Il s’agit d’exciter l’admiration et de stimuler la générosité des épais habitants de cette ville... Kosalba m’a exposé votre métamorphose.
ROSALBA
Oui, nous nous sommes faits chanteurs d’opéra.
ROBIN
Je connais votre répertoire.
ALCINDOR
Nous chantons des duos à nous trois.
SOLIMAN
Ça va plus vite»
ROBIN
L’opéra, voilà pour le burlesque. Mais tout cela ne suffit pas pour composer un spectacle... il vous manque un élément... le plus important de tous... l’élément de terreur, d’épouvante... celui qui fait jeter les hauts cris et pleuvoir la monnaie... Ce moyen de terreur, l’espoir infaillible de la recette , c’est, à moi que vous le devrez, il me suit... le voilà. Parais, Colibri ! [En ce moment, deux valet» de saltimbanques amènent Marie , vêtue en saltimbanque.)